Institut français de Pondichéry

Institut français de Pondichéry
Informations
Fondation
Type Institut français de recherche à l'étranger
Localisation
Coordonnées 11° 56′ 13″ nord, 79° 50′ 10″ est
Ville Pondichéry
Pays Inde
Campus Urbain
Direction
Directeur Pierre Grard
Divers
Site web ifpindia.org

Géolocalisation sur la carte : Inde

(Voir situation sur carte : Inde)
Institut français de Pondichéry

L’Institut français de Pondichéry (IFP) est une université française située à Pondichéry, qui fait partie du réseau mondial des instituts français.

Statut

L’Institut français de Pondichéry (IFP), UMIFRE 21 CNRS-MAE, est un établissement à autonomie financière sous la double tutelle du ministère français des Affaires étrangères (MAE) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Il est partie intégrante du réseau des 27 centres de recherche de ce ministère. Avec le Centre de sciences humaines (CSH) à New Delhi, il forme l’USR 3330 du CNRS « Savoirs et Mondes indiens ». L’IFP est un centre de recherche affilié à l’université de Pondichéry.

Historique

Créé à la faveur du traité de cession des établissements français en Inde, l’Institut français de Pondichéry a été inauguré le 21 mars 1955. Il était à son origine, engagé, sous l’impulsion de son premier directeur (Jean Filliozat), dans l’étude de la civilisation indienne, et notamment de l’histoire et des religions de l’Inde du Sud.

Dans les années 1960, un département d’écologie a été créé pour collecter des informations sur l’état et l’évolution de l’environnement en Inde du Sud (végétations, sols, changements climatiques…) avec comme aire de prédilection, les Ghâts Occidentaux, un des 34 « hotspots » mondiaux pour la biodiversité.

La création du département de sciences sociales dans les années 1980 inscrit l’évolution et la dynamique de la société indienne comme champ de recherche à l’IFP.

Le développement de la recherche et la nécessité de la supporter avec des méthodologies et des instruments modernes, a amené la création du laboratoire d’informatique appliquée et de géomatique (LIAG). L’installation du LIAG comme outil commun, a grandement permis le développement de nouveaux objets de recherche.

L’Institut dispose également d'une bibliothèque abritant des collections spécialisées dans les recherches propres à l’IFP, et qui s’enrichit au fil des années grâce à une politique d’acquisition dynamique. Elle est ouverte au public dans un cadre fixé par l’IFP.

Missions et vocation

La mission de l’IFP est précisée dans l’article 24 du traité de cession des établissements français en Inde (1956), comme établissement d’enseignement supérieur et de recherche.

L’Institut a pour vocation d’intervenir en Asie du Sud et du Sud-Est

Champs de recherche

  1. Indologie : société, histoire et culture indiennes : sources et ressources
  2. Écologie : environnement et développement durable
  3. Sciences sociales : dynamiques sociales contemporaines

Départements de recherche

  • Le département d’Indologie (département historique) se focalise sur les clés de l’Inde classique, celles de ses religions, de sa littérature, de ses langues (le sanskrit, le tamoul...) pour mieux interpréter et étudier les fondements de l’Inde moderne.
  • Le département de Sciences sociales promeut des recherches sur les grandes questions de société et sur les relations entre les sociétés humaines et leur environnement : gestion sociale de l’eau, développement urbain, démographie et mobilité sociale, finance et dette, impact de l’industrialisation sur les systèmes ruraux, diffusion des nouvelles technologies, systèmes de soins traditionnels, problèmes de santé liés à la diffusion des maladies transmissibles, etc. Dans le cadre de l’USR 3330, il engage également des recherches en économie, dans le domaine des relations internationales, et sur les questions socio-politiques.
  • Le département d’Écologie centre ses recherches sur la biodiversité et notamment sur le fonctionnement d’écosystèmes fragiles (forêts, mangroves…), en considérant l’homme comme un paramètre important de leur évolution. Il conduit des recherches visant à comprendre et à évaluer la diversité biologique des écosystèmes, naturels comme anthropisés, avec l’objectif de contribuer à la mise en place de schémas de conservation et de gestion durable des ressources naturelles. Une place significative est dédiée aux recherches en paléo-environnements sur la base d’une importante collection de pollens.

Axes et projets scientifiques

Établissement à vocation pluridisciplinaire, l’Institut accueille tout ou partie de projets de recherche, répartis selon 10 axes :

  1. Indologie
    • Analyses indiennes de la langue et de la littérature sanskrite
    • Histoire des religions
    • Études tamoules
    • Héritage archéologique de l’Inde du sud
  2. Écologie
    • Laboratoire de paléoécologie et palynologie
    • Laboratoire de foresterie et de botanique
    • Laboratoire de gestion et conservation des écosystèmes et paysages
    • Mathématique et informatique appliquées à l’écologie
  3. Sciences Sociales
    • Santé, médecine et société en Asie du Sud
    • Dynamiques urbaines
    • Économie, finance, travail et mobilité
    • Anthropologie juridique

Structures d’appui à la recherche

  • Un Laboratoire d’informatique appliquée, qui exerce ses compétences dans les domaines suivants : cartographie numérique, utilisation de l’imagerie satellite, systèmes d’information géographique et modélisation, valorisation multimédia. Il met également en œuvre les ressources informatiques et des technologies de l’information au sein de l’établissement. Son fonds documentaires se compose de 3 000 cartes et de plusieurs bases de données.
  • Des ressources documentaires, comprenant 3 sections :
    • La bibliothèque: Le fonds, informatisé, comprend notamment : 60 000 ouvrages ; 800 périodiques dont 250 suivis.
    • La collection de manuscrits : 8 500 manuscrits sur feuilles de palme (la plus grande collection du monde des textes sur la Shaïva Siddhanta et enregistrée comme telle dans le registre de la « Mémoire du Monde » de l’UNESCO, avec l’IFP considéré comme un « Manuscript Resource Centre » par la National Mission for Manuscripts du Gouvernement indien) ; 1 144 transcrits.
    • La photothèque: une collection de 140 000 photos, de temples et d’édifices de l’Inde du Sud notamment.

Les départements et les instruments développent des espaces scientifiques communs afin de répondre au mieux aux standards de la recherche internationale.

Autres missions

Les résultats de la recherche sont l’objet de publications de différents types :

  • dans des revues à comité de lecture et dans des actes de congrès nationaux ou internationaux ;
  • par l’Institut : collections d’ouvrages et CD-ROM multimédia ; rapports d’étape ou d’expertises ; cartes avec notices sur les sols et la végétation en Inde du Sud.

Par ailleurs, l’Institut publie une lettre d’information, « Pattrika », en collaboration avec le CSH de Delhi et l’EFEO (2 numéros par an) L’Institut organise également des manifestations scientifiques sur des thèmes variés.

Personnels

Le personnel de l’IFP est constitué en moyenne de 80 personnes :

  • personnels expatriés, détachés du MAE ;
  • chercheurs indiens ;
  • assistants de recherche (ingénieurs et techniciens) ;
  • personnels de service (documentalistes, administratifs, personnel de maintenance).

Outre ces personnels affectés à l’Institut ou rémunérés par lui, l’Institut accueille chaque année des chercheurs et assistants de recherche contractualisés sur projets financés sur ressources extérieures, et des chercheurs confirmés et des étudiants de toutes nationalités, associés aux projets de l’Institut et effectuant des séjours d’étude de durées variables.

Accords de partenariat

  • Accords avec les institutions françaises : aux conventions avec le CIRAD, le CNEARC, l’EFEO, l’EHESS, l’EPHE, l’ENGREF, l’INALCO, l’INRA, l’IRD et les Universités d’Aix-Marseille, Bordeaux, Montpellier, Paris (I, III, IV, VI, VII, X, XII), Rennes et Rouen, s’ajoutent des partenariats non institutionnalisés avec diverses universités.
  • Accords avec les institutions indiennes : nombreuses conventions avec des universités, des instituts de recherche et des services techniques des administrations (forestières et de l’environnement) : Calicut University, Indian Space Research Organisation, Jawaharlal Nehru University, National Mission for Manuscripts, National Remote Sensing Agency, Physical Research Laboratory, Pondicherry Institute of Linguistics and Culture…
  • Autres accords de coopération : l’IFP collabore avec des équipes européennes (Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, etc.), américaines et de l’Asie du Sud et du Sud-Est (Bangladesh, Laos, Népal, Sri Lanka, Pakistan) : American Institute of Indian Studies, Washington and Lee University, University of Jaffna, University of California, University of Michigan ; Swarthmore College ; Eastern University of Sri Lanka ; University of Toronto ; Autonomous University of Barcelona ; Darmouth College ; Durham University ; Facultés universitaires Saint-Louis ; Harvard University ; Institut universitaire d’études du développement ; Institut de Ciencia i Tecnologica Ambientals ; Kyushu University ; National Herbarium Nederland ; National University of Laos ; Oxford University ; Pontifica Universita Gregoriana ; Ruhuna University ; University College ; University of Copenhagen ; University of Heidelberg ; University of Kent ; University of Leiden ; University of Minnesota ; University of Sussex ; Victory University...

Moyens de fonctionnement

Une partie du soutien (direct ou indirect) aux projets de recherche, est assuré par des ressources extérieures : indiennes (universités, National Mission for Manuscripts, National Remote Sensing Agency, CEFIPRA) ; françaises (IRD, CIRAD, EFEO, CNRS, universités, ANR, ANRS, MEDD) ; internationales (Union européenne, Banque mondiale, BIT, Ford Foundation, AUF, Universités européennes et américaines).

Le budget de l’IFP est composé de dotations de base (principalement du MAE) et de ressources extérieures (contrats, ANR…). Les programmes scientifiques sont majoritairement autofinancés, la dotation de base ne permettant plus de les soutenir. Le CNRS fournit des ressources immatérielles (bibliothèque électronique, effet de levier dans les appels d’offre…) et le prochain passage en SOR permettra d’accueillir des personnels.

Sur une surface utile de 3 000 m2 répartis entre un bâtiment datant du début du XIXe siècle, récemment rénové, et une aile construite en 2002-2004, l’Institut dispose, outre du laboratoire d’informatique et du centre de ressources documentaires (cf. plus haut) de : 26 bureaux ; 1 herbier et 1 collection de pollens ; 1 salle de lecture de 30 places ; 1 salle de conférence de 40 places ; diverses pièces de stockage de documents (les collections de feuille de palme sont conservées à l’IFP dans des locaux spécialement aménagés) ; 1 laboratoire photographique ; 1 hall d’exposition ; 4 chambres d’hôtes. L’Institut est doté d’un réseau informatique intégré et rénové.

Voir aussi

Bibliographie

  • Jacky Royer, « L'institut français de Pondichéry », Arts & Métiers du livre, no 290, mai/juin 2012.

Articles connexes

Liens externes