Initiation chrétienne

L'initiation chrétienne comprend trois sacrements : Baptême, Confirmation et Eucharistie. Selon le Catéchisme de l'Église catholique, « par les sacrements de l’initiation chrétienne, le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie, sont posés les fondements de toute vie chrétienne. »[1]

Ces trois sacrements sont d'ailleurs donnés en même temps dans les traditions liturgiques orientales, qui n'ont pas connu la séparation du baptême et de la confirmation[2]. Comme toute véritable initiation, cependant, elle ne se limite pas à cet aspect rituel extérieur, mais consiste en un véritable rite de passage, une expérience effective de transformation de l'identité.

Les « sacrements » sont des « mystères »[3], ce terme grec ayant été traduit par celui de « sacrement » dans l'Occident latin. Le christianisme n'est-il pas, à certains égards, un culte à mystères ? Dans le paléochristianisme, la « discipline de l'arcane » est un aspect de cette notion d'initiation chrétienne, même si elle était due en partie au climat de persécution dans lequel se faisait l'initiation.

Révélation contre initiation

Pour toute la tradition chrétienne, le grand initiateur[4], c'est le Christ lui-même[5]. Dans la nuit de Pâques, chez les Pères de l’Église, c’est la réception des sacrements, comme telle, qui constitue l’initiation et fait des nouveaux initiés des fidèles du Christ[6]. En même temps, la tradition de l’Église appelle Christiani (Chrétiens) ceux qui n’ont pas encore reçu le baptême, mais qui ont été marqués de la croix du Christ sur le front[7].

Certains chrétiens récusent un quelconque aspect ésotérique de leur religion. La religion chrétienne serait en effet exotérique par nature : les sacrements sont les signes tangibles de la grâce de Dieu qui s'offre aux chrétiens, de manière mystérieuse (parce que cela dépasse la raison humaine), mais ouvertement offerte à tous, venue d'en-haut. Le mystère chrétien n'est donc pas à comprendre avec le même sens que celui d'un culte à mystères : il s'agit d'une réalité qui n'est pas seulement une connaissance (gnose). Elle dépasse l'entendement et s'offre tout de même à la compréhension et à la vie du chrétien.

L'initiation chrétienne, au sens proprement chrétien, ne serait donc pas à prendre comme un parcours du bas vers le haut (de "non initié" à "initié", selon ce que veut l'ésotérisme) mais au sens de la compréhension et de l'adhésion par la foi à cette croyance que Dieu se révèle et se donne, par amour, à l'homme de bonne volonté et même au nouveau-né (du haut vers le bas)[8].

Réponse

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Bibliographie

  • P.M. Gy, « La notion chrétienne d'initiation », La Maison-Dieu, 132 (1977), 39-44
  • J-M Verlinde, Le christianisme au défi des nouvelles religiosités, P. de la Renaissance 264 (2002)
  • Bibliographie historique et thématique

Textes patristiques sur l'initiation chrétienne

  • L'Initiation chrétienne, textes recueillis et présentés par A.HAMMAN, introduction par Jean Daniélou, Nouvelle édition, Ichtus / Les Pères dans la foi, Desclée de Brouwer, Paris, 1980, 298 pages.
  • Le Catéchuménat des Premiers Chrétiens. AUGUSTIN, Catéchèse des débutants. CYRILLE DE JERUSALEM, GREGOIRE DE NYSSE, JEAN CHRYSOSTOME, THEODORE DE MOPSUESTE, AUGUSTIN, Instructions baptismales, traduction par Muriel DEBIE, Monique PEDEN-GODEFROI, Christian BOUCHET, Jean BOUVET, Adalbert-G.HAMMAN Les Pères dans la foi, Migne, Brepols, Paris, 1994, 191 pages.
  • Clément d'Alexandrie, Protr. 12, 118-120; Paed. I, 5, 26
  • Origène, In Jud. hom. 5, 6; C. Cels. III 50
  • Tertullien, Apol. 7, 7

Notes

  1. CEC §1212
  2. Sur ce point, voir : DE CLERCK Paul, « La dissociation du baptême et de la confirmation au haut Moyen Âge », La Maison-Dieu n°168, 1986, p.47-75.
  3. cf. AMBROISE DE MILAN, Des Sacrements. Des Mystères, introduction, texte critique, traduction et notes de B.MOTTE, Sources Chrétiennes n°25 bis, Cerf, Paris, 1994, 3,14-15 p.100-101
  4. « Nous courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les regards fixés sur celui qui est l’initiateur de la foi et qui la mène à son accomplissement, Jésus. » (He 12,1-2).
  5. « Lorsque Pierre baptise, c’est le Christ qui baptise; lorsque Paul baptise, c’est le Christ qui baptise », [et même] « lorsque Judas baptise, c’est le Christ qui baptise. » Augustin d’Hippone, Homélies l’Evangile de Jean, homélie VI, §7, DDB, coll. « Bibliothèque Augustinienne » n°71, p.357. (cf. Concile Vatican II, Constitution sur la Sainte Liturgie, qui cite ce texte)
  6. Pour les Pères, « le moment où l’on passe de l’état de non-initié à celui d’initié se trouve dans la célébration - d’ordinaire la veillée pascale - où l’on reçoit le baptême, le don de l’Esprit, et où l’on accède pour la première fois à la table du Seigneur » . Pierre-Marie GY, « La notion chrétienne d'initiation. — Jalons pour une enquête. », La Maison-Dieu n°132, 1977, p.53, repris dans La Liturgie dans l'Histoire, Préface de Jacques LE GOFF, coll. Liturgie, Saint Paul / Cerf, Paris, 1990, 329 pages, ch. I, p.38.
  7. cf. Louis-Marie CHAUVET, « Étapes vers le baptême ou étapes du baptême ? », La Maison-Dieu n°185, 1991, p.35-46. « En reprenant les termes de Saint Augustin, on peut donc dire d’eux que s’ils ne sont pas encore fidèles, puisqu’ils n’ont pas reçu le « sacrement de la foi» qu’est le baptême, ils n’en sont pas moins déjà christianisés, puisque marqués du signe de la croix, c’est-à-dire membres de l’Église : iam de domo sunt Christi (OICA, 18). » (p.39)
  8. Joseph-Marie Verlinde, Les impostures antichrétiennes, Presses de la Renaissance; M. Redon, Pastorale, sectes et nouvelles croyances, Conférence épiscopale de France, SNOP du 2 juillet 1999 et La Documentation Catholique du 3 octobre 1999, n° 2211, pp. 839-841