India Song

India Song
Réalisation Marguerite Duras
Scénario Marguerite Duras
Acteurs principaux
Sociétés de production Sunchild Production
Les Films Armorial
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 120 minutes
Sortie 1975

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

India Song est un film réalisé par Marguerite Duras sorti en 1975.

Il est adapté de sa pièce de théâtre éponyme publiée en 1973, pièce elle-même inspirée de son roman Le Vice-Consul publié en 1966.

Il a été récompensé par le prix de l'Association française des cinémas d'art et d'essai[1].

La première partie évoque la vie d'Anne-Marie Stretter aux Indes, la seconde met en scène la réception qui a lieu à l'Ambassade de France, et la dernière se situe aux îles de l'embouchure du Gange. La particularité du film se situe dans la désynchronisation de ce que Duras appelle « le film des voix » et « le film des images ». En effet, les personnages ne parlent jamais en « son synchrone in » (leurs paroles ne sont accompagnées d'aucun mouvement des lèvres).

Synopsis

Dans l’Inde britannique des années 1930, à l'ambassade de France de Calcutta, des voix évoquent le souvenir d’une femme aujourd’hui disparue et inhumée au cimetière de la ville : Anne-Marie Stretter, autrefois épouse de l’ambassadeur… Un soir, lors d’une réception à l’ambassade et dans la torpeur estivale de la mousson, le vice-consul de France à Lahore avait crié son amour à Anne-Marie au beau milieu de la réception...

Fiche technique

Distribution

Production

Tournage

Les prises de vue ont été effectuées durant 12 jours en 1974. Bien que l'action se déroule à Calcutta, les extérieurs ont été tournés en France, à Boulogne-Billancourt, au château Rothschild[4]. Les intérieurs ont été tournés dans un autre lieu, le château étant trop délabré à l'époque.

L'hôtel des Roches Noires (Trouville-sur-Mer) tient aussi lieu de tournage [5].

L'acteur Michael Lonsdale raconte qu'il n'était pas prévu au départ que le film soit tourné en voix off : « Le premier jour de tournage, c'était la scène de bal. Marguerite envoie la musique et nous demande de dire notre texte. L'ingénieur du son lui explique que ce n'est pas possible, que c'est l'un ou l'autre. Elle ne connaissait rien au mixage. Alors elle dit : "Très bien, on enregistre la musique et ils se taisent." C'est comme ça que le film est entièrement en voix off ! »[6]

Musique

  • La musique de Carlos d'Alessio entendue par Marguerite Duras[Note 1],[Note 2],[7] : « À vrai dire, je ne sais pas trop d’où il vient Carlos d’Alessio, on dit du pays argentin, mais lorsque j’ai entendu sa musique pour la première fois, j’ai vu qu’il venait du pays de partout, j’ai vu des frontières aplanies, des défenses disparues, la libre circulation des fleuves, de la musique, du désir, et j’ai vu que j’étais aussi bien de cette nation argentine que lui, Carlos d’Alessio, de ce Viêtnam, du Pacifique Sud, quelle joie, j’ai été heureuse, et je lui ai demandé de faire la musique pour un film de moi, il a dit oui, j’ai dit sans argent, et il a dit oui, et moi j’ai fait les images et les paroles en raison du blanc que je lui laissais pour sa musique à lui et je lui ai expliqué que ce film se passait dans un pays qui nous était inconnu, aussi bien à lui qu’à moi, les Indes coloniales, l’étendue crépusculaire, de lèpre et de faim des amants de Calcutta, et que nous devions les inventer tous les deux en entier. Nous l’avons fait. Et de cette façon, la chose s’est faite, nous avons fait complètement ensemble, lui et moi, ce film du titre India Song et le film a été terminé et il est sorti de nos mains, et il nous a quittés, et il est en train de parcourir le monde contenant à jamais dans son être les éclats douloureux arrachés de notre corps, et nous laissant toujours privés, et de même toujours privés de nous-mêmes ensemble la faisant, nous laissant là, à faire d’autres musiques, d’autres films, d’autres chansons, et à toujours nous aimer aussi fort, tellement, si vous saviez. »
  • Musique additionnelle : no 14 (grave e maestoso) des 33 Variations sur une valse de Diabelli de Ludwig van Beethoven[7].

Distinctions

Récompenses

Nominations et sélections

Autour du film

C'est durant la projection d’India Song, en 1975, au cinéma Lux à Caen, que Marguerite fait la rencontre de Yann Andréa, écrivain qui fut son dernier compagnon et à qui elle dédia certaines de ses œuvres.[réf. nécessaire]

Notes et références

Notes

  1. Dédicace pour la BOF éditée par le label Le Chant du Monde.
  2. Marguerite Duras a ultérieurement écrit des paroles sur le thème principal, ce qui est devenu la chanson India Song interprétée par Jeanne Moreau et reprise ensuite par d'autres chanteurs (voir India Song dans le répertoire des œuvres de la Sacem).

Références

  1. Christiane Blot-Labarrère, Marguerite Duras, Le Seuil, 1992, p. 296.
  2. a et b CNC
  3. « La leçon de cinéma de Michael Lonsdale », sur Paris Cinéma, (consulté le 1er novembre 2015)
  4. La Croix, 14 août 2014.
  5. Jean-Marc Lalanne, « Michael Lonsdale », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne)
  6. a et b India Song : la mélopée du désir, ad libitum sur Syntone.fr.
  7. Unifrance.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Sémir Badir, « India Song ou le temps tragique », Cinémas : revue d'études cinématographiques / Cinémas: Journal of Film Studies, vol. 5, nos 1-2,‎ , p. 123-133 (lire en ligne)
  • Marguerite Duras, Notes sur India Song, Albatros,
  • Alissa Wenz, « L’année dernière à Calcutta », Critikat,‎ (lire en ligne)
  • Thierry Jutel, « Marguerite Duras et le cinéma de la modernité : tout [est] ce qu'il n'y a pas dans India Song », The French Review, vol. 66, no 4,‎ , p. 638-647 (lire en ligne)

Discographie

Vidéographie

Liens externes