Igor Strelkov (colonel)

Igor Vsevolodovitch Guirkine
Igor Guirkine dit Strelkov
Igor Guirkine dit Strelkov
Fonctions
Ministre de la Défense de la République populaire de Donetsk

(2 mois et 29 jours)
Prédécesseur Igor Kakidzianov
Successeur Vladimir Kononov
Biographie
Nom de naissance Игорь Всеволодович Гиркин
Date de naissance (46 ans)
Lieu de naissance Moscou
Nationalité Russe

Signature de Igor Vsevolodovitch Guirkine
Igor Vsevolodovitch Guirkine
Игорь Всеволодович Гиркин
Surnom Igor Ivanovitch Strelkov
Origine Russe
Allégeance Drapeau de la Russie Russie
New Donetsk Peoples Republic flag.svg République populaire de Donetsk (depuis 2014)
Grade Colonel
Conflits Guerre du Dniestr
Guerre de Bosnie-Herzégovine
Première guerre de Tchétchénie
Seconde guerre de Tchétchénie
Guerre du Donbass
Commandement Milice de Sloviansk

Igor Vsevolodovitch Guirkine (en russe : Игорь Всеволодович Гиркин) dit Igor Ivanovitch Strelkov (И́горь Ива́нович Стрелко́в)[1],[2],[3], né le à Moscou, est un ancien militaire russe. Selon les media ukrainiens relayés en France il serait le commandant du GRU en Ukraine[4],[5],[6],[7]. Néanmoins, les nouvelles autorités ukrainiennes n'ont jamais réussi à prouver ces allégations. Le 12 mai 2014, il devient commandant des forces d'auto-défense de la République populaire de Donetsk et, le 16 mai suivant, le ministre de la Défense de cette république auto-proclamée, non reconnue internationalement.

Il est marié et père de deux fils adolescents vivant avec leur mère à Moscou.

Biographie

Il naît à Moscou dans une famille de militaires de père en fils et très tôt s'intéresse à l'histoire[8]. Il termine l'institut des archives de Moscou et s'oriente ensuite vers la carrière militaire.

Il participe aux combats de Transnistrie en juin-juillet 1992 en tant que volontaire des Cosaques de la mer Noire, à Coșnița et à Bendery, puis en Bosnie en novembre 1992 à mars 1993 dans un régiment de volontaires russes[9]. En mars-octobre 1995, il est en Tchétchénie dans une brigade de tirailleurs motorisés. Il retourne en Tchétchénie entre 1999 et 2005, cette fois-ci dans les forces spéciales (Spetsnaz). Il publie une autobiographie à la fin des années 1990 intitulée Journal bosniaque («Боснийский дневник»). C'est le 6 octobre 1998 que paraît le premier article de Strelkov dans le journal d'extrême-droite Zavtra (« Demain » en russe) à propos des volontaires russes ayant combattu en Bosnie. Il publie régulièrement jusqu'en l'an 2000 d'autres articles dans ce journal à propos de la situation en Tchétchénie ou dans d'autres points chauds du territoire de la Fédération de Russie. Il y est assez critique envers la politique nationale du gouvernement[10]. C'est par l'intermédiaire du journal qu'il fait la connaissance du journaliste politologue Alexandre Borodaï, nommé premier-ministre de la république populaire de Donetsk, le 16 mai 2014. Ils partent tous les deux en août 1999 en tant que correspondants et envoyés spéciaux du journal Zavtra dans l'enclave islamiste d'obédience wahabbite, autour du village de Karamakhi au Daghestan. Elle s'étend dans la zone des grottes de Kadar. Commandés par un certain « émir Djaroulla », les hommes occupent une base territoriale d'environ un demi millier de djihadistes combattants. Les combats débutent le 27 août et l'emprise wahabbite est liquidée le 12 septembre suivant. Borodaï et Strelkov rédigent des articles à propos de la situation dans la zone de combat et dans les villages environnants.

Selon la BBC diffusée en langue russe en direction de l'espace russophone, Strelkov est spécialisé dans les opérations de lutte contre le terrorisme, au sein du Deuxième Service[11]. Après sa retraite du service actif, il semble qu'il ait organisé les services de sécurité du jeune milliardaire russe Constantin Malofeïev, fondateur du fonds d'investissement Marshall Capital Partners. Il quitte le FSB en 2013[12]

Crise ukrainienne

En janvier 2014, il est chargé de la surveillance de l'exposition des reliques de Kiev provenant du mont Athos représentant les présents des rois mages. C'est ainsi qu'en visitant régulièrement la place de l'Indépendance, juste à côté, il prend la mesure des événements de l'Euromaïdan qu'il visite et en constate la bonne organisation et le soutien des relais d'information[13], tant nationaux qu'internationaux, ainsi que l'ampleur des discours galvanisant la foule contre la Russie. Il se retrouve ensuite, à partir de début mars 2014 au service de sécurité de Sergueï Aksionov en Crimée pendant la période de transition de ce territoire de l'Ukraine vers la Russie[14].

Vue d'une barricade à Sloviansk.

Selon les déclarations d'un des membres du service de sécurité d'Ukraine, Vitaly Naïda, le colonel Strelkov passe le 8 avril 2014 de Crimée à Rostov-sur-le-Don par la péninsule de Kertch.

Le 12 avril 2014, il se retrouve en territoire ukrainien et s'installe à Sloviansk, d'où il organisera la rébellion armée contre le pouvoir central de Kiev[14]. Le 15 avril, il est frappé d'un mandat d'arrêt par les autorités ukrainiennes pour entreprise criminelle et le 21 mai pour terrorisme séparatiste. Le 26 avril 2014, il donne sa première interview au journal russe Komsomolskaïa Pravda décrivant la situation et ses propres motivations. Après la capture du ministre de la Défense de la RPD Igor Kakidzianov par le bataillon Azov, il dirige le 12 mai les forces d'autodéfense de Sloviansk et le 16 mai, il est nommé ministre de la Défense de la République populaire de Donetsk.

Selon un rapport[15] du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme Strelkov ordonne le 26 mai 2014 l’exécution de deux de ses hommes, Dmytro Slavov et Mykola Loukianov, s’appuyant sur l’oukase no 219 du Præsidium du Soviet suprême du 22 juin 1941 (о военном положении, « de l’état de guerre »). Le 29 mai 2014, il est frappé par les mesures d'interdiction de visa et de sanctions économiques par l'Union européenne, sous le nom d'Igor Strelkov. Basé à Sloviansk, Igor Strelkov et ses combattants peinent à communiquer avec Donetsk, car l'armée ukrainienne bombarde quotidiennement la ville et ses faubourgs. L'eau, l'électricité et le téléphone y sont largement coupés[16]. Le 10 juin, Strelkov arrête et démet de ses fonctions le maire autoproclamé de Sloviansk, Viatcheslav Ponomarev.

Le 5 juillet, le colonel Strelkov et ses hommes quittent Sloviansk et se replient vers Donetsk sous la pression de l'armée régulière ukrainienne qui reprend la ville.

Le 17 juillet 2014, un message publié sur le réseau social russophone Vkontakte sous le nom d’Igor Strelkov et publié à l’heure de la disparition du vol MH17 de Malaysia Airlines annonce la destruction d’un Antonov de l’armée ukrainienne dans la région[9],[17],[18]. Le tabloïd néerlandais De Telegraaf publie le 19 juillet une première page avec les photos de Strelkov et Borodaï et les accuse d’être des « meurtriers » (Moordenaars)[19].

Le colonel Strelkov fait partie de la liste des personnalités frappées des sanctions de l'Union européenne.

Le 14 août, Alexandre Borodaï annonce qu’Igor Strelkov, après des informations contradictoires sur une grave blessure subie la veille[20],[21], démissionne de ses fonctions de ministre de la Défense[22] au profit de Vladimir Kononov[23].

Le 15 juillet 2015, six parents de victimes du vol MH17 déposent une plainte contre Igor Guirkine à Chicago, l’accusant d’avoir « ordonné, aidé et/ou encouragé cette action et/ou conspiré avec les personnes ayant tiré le ou les missiles »[24].

Intérêts

Igor Strelkov et Evgeniy Gorbik en uniforme de l’armée lors d’une reconstitution historique de la Seconde Guerre mondiale.

Jusqu’à son engagement dans le conflit ukrainien Igor Strelkov était actif dans la scène des reconstitutions historiques. En plus d’être modérateur du forum livinghistory.ru il participait à des groupes recréant le régiment des dragons de Moscou de 1812 (époque des guerres napoléoniennes), une unité de mitrailleuses de la garnison de 1914[25], le peloton de mitrailleuses de la 75e brigade de tirailleurs de marine de 1941 ainsi que la 6e légion romaine « ferrata » des guerres daciques[26]. En mai 1996 il rejoint, sous le nom de Guirkine, l’union de Drozdovski au rang de sous-officier[27].

Notes et références

  1. (de) Neue Zürcher Zeitung, Article biographique à propos de Strelkov, le 11 juin 2014
  2. (uk) Стрєлков, який насправді має інше ім'я, наказував викрасти інспекторів ОБСЄ
  3. (ru) « Боевые заслуги: кто научил воевать Игоря Стрелкова », sur СвободнаяПресса,‎ (consulté le 18 août 2015)
  4. Ukraine : l'UE implique directement des agents de Moscou, Le Figaro, 29 avril 2014.
  5. Le GRU, le plus secret des services russes, Le Figaro, 29 avril 2014.
  6. Ce colonel Strelkov qui défie ouvertement Kiev, Le Figaro, 29 avril 2014.
  7. Igor Strelkov, l’homme à la tête des milices pro-russes du Donbass, Le Courrier de Russie, 1er mai 2014.
  8. (ru) Par ses qualités morales et éthiques, il n'est pas de ce siècle. Comment un garçon littéraire est-il devenu commandant des rebelles du Donbass. Article de la Moskovskaïa Komsomolskaïa Pravda du 28 mai 2014
  9. a et b (en) Gianluca Mezzofiore, « Igor Strelkov: Key MH17 Crash Suspect Linked to Massacre of 3,000 Bosnian Muslims in 1992 », sur International Business Times, (consulté le 28 juillet 2014).
  10. (ru) Liste des articles de Strelkov dans Zavtra
  11. (ru) Raphaël Saakov Article du 30 avril 2014 à propos de Denis Pouchiline où il est fait mention de Strelkov
  12. (ru) Ostap Joukov Le héros du Donbass Igor Strelkov : des études jusqu'au commandement militaire // Komsomolskaïa Pravda, 12.07.2014
  13. (ru) Alexeï Ovtchinnikov, Komsomolskaïa Pravda, Interview de Strelkov du 26 mai 2014
  14. a et b (ru) « Qui êtes-vous "sniper" ? », sur zavtra.ru,
  15. Report on the human rights situation in Ukraine, 15 juin 2014 p. 35.
  16. Louis Imbert, Le Monde, 14 juin 2014, p. 4
  17. (de) « Ostukraine: USA haben Hinweise auf gezielten Abschuss der Boeing », sur spiegel.de, (consulté le 28 juillet 2014).
  18. Copie archivée sur Wayback Machine
  19. (nl) « Van leegte tot ‘Moordenaars’ - voorpagina’s kranten op een rij », sur nrc.nl, (consulté le 28 juillet 2014).
  20. (ru) « Бородай: Стрелков ушел в отставку с поста министра обороны ДНР », sur lifenews.ru,‎ (consulté le 14 août 2014).
  21. (ru) « Заявление о ранении Стрелкова », sur icorpus.ru,‎ (consulté le 18 août 2014).
  22. (ru) « Игорь Стрелков тяжело ранен », sur novorosinform.org,‎ (consulté le 14 août 2014).
  23. (ru) « Владимир Кононов назначен и. о. министра обороны ДНР вместо Игоря Стрелкова », sur kommersant.ru,‎ (consulté le 15 août 2014).
  24. (en) « MH17: Russian separatist leader sued for $900 million by crash victims », sur telegraph.co.uk, (consulté le 17 juillet 2015).
  25. Les photos le montrent portant des pattes d’épaules de sergent de l’armée impériale russe puis de caporal des armées blanches[1] lors de reconstitution de combats de la guerre civile russe.
  26. Livinghistory.ru Profil d’Igor Strelkov
  27. (ru) « История Дроздовского Объединения », sur drozdovtsy.ru (consulté le 12 août 2014)

Voir aussi

Liens externes

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