Horst Rosenthal

Horst Rosenthal
Biographie
Naissance
Décès
(à 27 ans)
Auschwitz
Nationalités
Allemand (-), Allemand (-), Français
Activités
Autres informations
Religion

Horst Rosenthal (, Breslau, aujourd'hui en Pologne - , Auschwitz) est un artiste peintre juif allemand émigré en France puis victime de la Shoah, connu pour avoir laissé un témoignage dessiné de son internement dans le camp de Gurs.

Biographie

Horst Siegmund Rosenthal naît le , à Breslau en Pologne, dans une famille de la petite bourgeoise juive locale, Rosenthal, militant social-démocrate, émigre à Paris en pour fuir l'Allemagne nazie[1]. Dans les années suivantes, il occupe divers petits emplois tout en prenant des cours de dessin[1]. Brièvement incarcéré au camp de Marolles au début de la Seconde Guerre mondiale avec d'autres citoyens allemands, Rosenthal est libéré peu après[2].

Il est à nouveau incarcéré le , d'abord à Dreux puis dans d'autres camps destinés aux réfugiés politiques allemands, avant d'être transféré au camp de Gurs le avec d'autres juifs[3]. Les prisonniers comptent de nombreux enfants et Rosenthal « travaille au service du Secours suisse et de sa nursery »[4]. Il y réalise trois carnets de dessins et, notamment, en 1942, une bande dessinée de 15 pages, Mickey au camp de Gurs, relatant son internement, premier usage métaphorique de la souris pour désigner les victimes du génocide juif, 50 ans avant Maus d'Art Spiegelman[5]. En effet, Rosenthal se dépeint sous les traits de Mickey. Ce choix artistique s'explique, entre autres, par l'immense popularité de Mickey Mouse, par sa symbolique d'innocence[6] et par la volonté de ne pas choquer les lecteurs, à savoir les enfants enfermés[4]. L'auteur, au lieu de montrer les horreurs, « peint la machine bureaucratique à l'œuvre dans les camps ». Les autres carnets de l'artiste sont La Journée d'un hébergé et Petit guide à travers le camp de Gurs[7].

Livré aux nazis le par le gouvernement français collaborationniste, Rosenthal est transféré à Rivesaltes, puis Drancy, d'où il est convoyé à Auschwitz, par le convoi no 31[8], en date du [3]. Légèrement handicapé au bras gauche, donc jugé inapte au travail[9], il est exécuté à son arrivée[3].

Notes et références

  1. a et b Pasamonik 2015, p. 93.
  2. Pasamonik 2015, p. 93-94.
  3. a b et c Pasamonik 2015, p. 94.
  4. a et b Kotek et Pasamonik 2017
  5. Pasamonik 2015, p. 95.
  6. Frédéric Potet, « Faire rentrer l'horreur dans des bulles », Le Monde,‎
  7. François Ménia, « Mickey Mouse dans un trou de nazis », Le Figaro, no 21841,‎
  8. Serge Klarsfeld. Le Mémorial de la déportation des Juifs de France. Beate et Serge Klarsfeld: Paris, 1978. Nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms. FFDJF (Fils et Filles des Déportés Juifs de France), 2012.
  9. La rédaction, « L'émouvant carnet d'un jeune réfugié », La Croix,‎

Annexes

Bibliographie

Édition critique de Mickey au camp de Gurs
Articles
Études
  • Joël Kotek et Didier Pasamonik, « Premiers témoins, premiers dessins », dans Shoah et bande dessinée. L'image au service de la mémoire, Mémorial de la Shoah et Denoël Graphic, (ISBN 9782207136683), p. 23-26

Articles connexes

Liens externes