Horace Le Blanc

Horace Le Blanc
Naissance
Décès
Activité

Horace Le Blanc est un peintre français né à Lyon (Rhône) vers 1575 et mort dans la même ville le 26 octobre 1637[1].

Biographie

Horace Le Blanc est né à Lyon autour des années 1575-1580.

Les travaux récents[2], et notamment la découvert du contrat de mariage du peintre daté du 16 juin 1610, ont permis de révéler l'origine lucquoise d'Horace Le Blanc[3]. Son père, Paulino Banchi, est "corratier", c'est-à-dire agent de change. La communauté italienne s'illustre tout particulièrement dans cette activité, liée au secteur bancaire. Horace Le Blanc est ainsi proche des puissants Lucquois installés à Lyon comme l'imprimeur Horace Cardon ou encore les frères Bonvisi. Par ailleurs, cette information permet de corroborer le récit de Filippo Baldinucci affirmant que le peintre Pietro Ricchi, Lucquois lui aussi, vient à Lyon à la rencontre de "certi pittori di gran nome, e fra questi Monsu Blanchi di nazione Lucchese"[4].

Comme de nombreux artistes français, Horace Le Blanc fait un séjour en Italie. Il est attesté à Rome dès 1600: le 19 novembre 1600 il est cité comme témoin dans le procès de l'une des premières rixes connues du Caravage. »[5]. Il est accepté à l'Académie de Saint-Luc avant 1607. Il habite dans la paroisse Sant'Andrea della Fratte en 1607 et 1608[6].

Horace Le Blanc est inspiré par l'art développé par Giuseppe Cesari dit le Cavalier d'Arpin, (1568 -1640), un des derniers représentants du maniérisme italien. Vraisemblablement sur le chemin de son retour à Lyon, il fait un séjour à Venise où il côtoie dans l'atelier de Palma il Giovane qui l'influence particulièrement.

A son retour à Lyon, en 1610, il se marie. Horace Le Blanc s'impose peu à peu comme un artiste majeur de la ville. Dans les années 1620, il a notamment comme élève Jacques Blanchard (1600-1638) et François Sevin.

Le 18 mai 1623[7], pour éviter l'installation d'Horace Le Blanc à Paris, le consulat de Lyon décide de créer pour lui le poste de "peintre ordinaire de la ville de Lyon". Dans les années 1623-1625, il fait un séjour à Paris où il décore pour Charles de Valois, duc d'Angoulême, fils naturel de Charles IX la galerie des batailles du château de Grosbois. Ce décor, connu par plusieurs descriptions, est hélas perdu: vers 1809-1810, le nouveau propriétaire des lieux, le maréchal Berthier commande un nouveau cycle décoratif. Lors de son séjour parisien, il reçoit le titre de peintre du roi de France.

A son retour, vers 1625, il ne quitte plus Lyon jusqu'à son décès en 1637. Il peint pour la plupart des églises et couvents de la ville. Dans les années 1620, il exécute ainsi un cycle sur la vie de saint Bruno pour le cloître des Chartreux et un autre sur la vie de saint François de Paule pour les Minimes.

Si nous ne conservons aucun portraits de la main d'Horace Le Blanc, il était réputé en son temps pour ses talents de portraitiste. Il dès son retour d'Italie, il effectue plusieurs portraits des membres du consulat de Lyon. Devenu peintre ordinaire, il doit peindre les portraits des échevins et prévôts des marchands à chaque nouvelle élection. Selon les sources, il aurait exécuté aussi le portrait de Jacques Blanchard[8], qui, en retour, aurait réalisé le sien.

Il est inhumé dans la paroisse Saint-Paul de Lyon le 1er novembre 1637[9].

Il ne reste aujourd'hui de son œuvre que très peu de toiles[10], à peine une dizaine, datées entre 1605 et 1635, mais dont la plupart se situe autour des années 1620. Son corpus dessiné s'approche lui aussi de la dizaine de feuilles.

Œuvres

Dessins

  • N - D - Annonciation, dessin, pierre noire et sanguine, collection particulière
  • N - D - Le Christ en croix avec la Vierge et saint Jean, pierre noire et sanguine, Paris, Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts
  • N - D - La Vierge avec l'Enfant Jésus, sainte Elisabeth et saint Jean, sanguine, collection particulière
  • vers 1621 - La Mise au tombeau en présence de donateurs, plume, encre brune, lavis brun, rehauts de blanc, pierre noire sur papier beige, Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques
  • vers 1623-1625? - Trois officiers devant des fantassins, plume et encre brune, lavis gris et bleu gris, rehauts de gouache blanche sur papier bistre, mise au carreau à la plume et encre brune, Darmstadt, Hessisches Landesmuseum
  • vers 1623-1625? - Assemblée de personnages, plume et encre brune et grise, lavis gris, rehauts de gouache blanche, mise au carreau à la pierre noire, Montpellier, musée Fabre

Peintures

Transverbération de Sainte Thérèse, 1621
  • 1605 - Le Mariage de la Vierge, HST, signée "Horacius", Rome, San Giuseppe dei Falegnami
  • 1621 - Transverbération de sainte Thérèse, HST, signée et datée "Horace Blangus Lugduny fecit 1621" Lyon, musée des Beaux-Arts
  • 1621 - Mise au tombeau, HST, signée et datée en bas "Hor. Blancus Lugduny Facit 1621", Grenoble, collégiale Saint-André
  • 1622 - Annonciation, HST, signée et datée : "Horatius Blancus Lugduny faciebat 1622" provient de l'église collégiale de Saint-Cerneuf de Billom et devait être à l'origine à la chapelle du collège des Jésuites de Billom
  • 1624 - Martyre de Saint Sébastien, HST; signée et datée "Hous Blangus F / 1624", dim. : H:225cm × L:150cm, Rouen, musée des beaux-arts de Rouen
  • vers 1620-1625? - Le Vœu de Louis XIII mettant la France sous la protection de la Vierge, HST, Tournon-sur-Rhône, collégiale Saint-Julien à Tournon-sur-Rhône
  • vers 1627 - Adoration de la Trinité, HST, Lyon, chapelle Ampère
  • N - D - Procession de la statue de la Vierge par saint Grégoire le Grand vers le château Saint-Ange Rome, HST, dim. : H:138cm × L:179cm, musée d'Art sacré à Dijon acquisition février 2004. Cette scène fut identifiée par Dominique Brème[11]
  • 1635 - La Mise au Tombeau, HST, signée et datée "Hous Blangus faciebat 1635", basilique N.-D de Gray
  • N - D - Sépulture de Jésus, HST; dans l'église des Carmélites de Lyon considéré par Louis-Mayeul Chaudon comme étant son chef-d'œuvre.
  • N - D - Céphale et Procris, HST, dim. : H113cm × L:95cm (attribué à) vente Millon & Associés, décembre 1997

Fresques

  • 1622-1625 - Vie de saint Bruno, cloître des Chartreux de Lyon

Musées, monuments

Expositions

Bibliographie

  • Oriane Lavit, « Horace Le Blanc (vers 1575-1637) et son atelier: itinéraires de peintres lucquois entre Lyon et Rome », Artisti e committenti lucchesi del Seicento a Roma, actes de colloque, sous la direction de Stefan Albl, Sybille Ebert-Schifferrer et Michele Nicolaci, à paraître.
  • Jean-Christophe Stuccilli, « Horace Le Blanc, peintre du roi et premier peintre de la ville de Lyon », in Philippe Dufieux et Jean-Christophe Stuccilli, L'Art de Lyon, Paris, éditions Place des Victoires, 2017, p. 214-218 (ISBN 9782809914382).
  • Oriane Lavit, Horace Le Blanc (vers 1575-1637), Etat de la recherche, sous la direction d'Olivier Bonfait, Mémoire de master 2 de l'Ecole du Louvre, 2014.
  • Jean-Christophe Stuccilli, « Tentations caravagesques et buon disegno bolonais : la peinture à Lyon des années 1630 », dans les actes du colloque Nicolas Tournier et la peinture caravagesque en Italie, en France et en Espagne, Toulouse, CNRS – Université Toulouse-Le Mirail, 2003, p. 125-137.
  • Jean-Christophe Baudequin, Quelques nouveaux dessins d'Horace Le Blanc, coll. Rencontres de l'École du Louvre, Paris, 2003.
  • Jean-Christophe Stuccilli, « Pietro Ricchi à Lyon : les fresques du château de Fléchères », Revue de l’Art, n° 138, 2002-4, p. 63-70.
  • Christiane Claerr-Roussel, « Un nouveau tableau d'Horace Le Blanc à la Basilique N.D de Gray », dans Revue de l'Art, no 126, 1999, p. 83-84.
  • Michel Hilaire, « Blanchard et le milieu parisien des années 1630 », dans Dossier de l'Art no 45 du 3 mars 1998, p. 26-39.
  • Marceline Brunet, « Un tableau d'Horace Le Blanc à Billom (Puy de Dôme) », dans Revue de l'Art, no 1, vol. 94, année 1991, p. 83-84.
  • Jacques Foucart, "La Transverbération de sainte Thérèse, un nouvel Horace Le Blanc (1621) pour le musée de Lyon", Bulletin des Musées et Monuments lyonnais, 1987, n° 3, p. 4-19, 3 pl. en coul., 2 fig. en noir.
  • Gilles Chomer, "Horace Le Blanc : essai de catalogue raisonné", Bulletin des Musées et Monuments lyonnais, 1987, n° 3, p. 20-52, [16] ill. en noir.
  • Louis-Mayeul Chaudon, Dictionnaire Universel, historique, critique, bibliographique, imp. de Mame frères, 1810.
  • Pierre-Marie Gault de Saint-Germain, Trois siècles de la peinture en France, Paris, Belin, 1808.

Notes et références

  1. Oriane Lavit, Horace Le Blanc (vers 1575-1637), Etat de la recherche, sous la direction d'Olivier Bonfait, Mémoire de master 2 de l'Ecole du Louvre,
  2. Oriane Lavit, Horace Le Blanc (vers 1575-1637), Etat de la recherche, , sous la direction d'Olivier Bonfait, Mémoire de master 2 de l'Ecole du Louvre
  3. Oriane Lavit, « Horace Le Blanc (vers 1575-1637) et son atelier: itinéraires de peintres lucquois entre Lyon et Rome », Artisti e committenti lucchesi del Seicento a Roma, actes de colloque, sous la direction de Stefan Albl, Sybille Ebert-Schifferrer et Michele Nicolaci, à paraître.
  4. Jean-Christophe Stuccilli, « Pietro Ricchi à Lyon : les fresques du château de Fléchères », Revue de l’Art, n° 138, 2002-4, p. 63-70
  5. A ce sujet voir: Caravaggio a Roma: un vita dal Vero (cat. exp. sous la direction d'Eugenio Lo Saro, Michele di Sivo, Orietta Verdi, Rome, Archivio di Stato, Sant'Ivo alla Sapienza, 11 février-15 mai 2011], Rome, 2011, p. 249-250, n° 23
  6. Jacques Bousquet, "Les artistes français à Rome au XVIIe siècle à travers quelques exemples lyonnais", dans L'Art baroque à Lyon (actes de colloque, sous la direction de Daniel Ternois), Lyon, 1975, p. 186. Rossella Vodret (dir.), Alla ricerca di "Ghiongrat" Studi sui libri parrocchiali romani (1600-1630), Rome, 2011, p. 455.
  7. Lyon, Archives municipales, BB 163, folios 123v°-125v°.
  8. Charles Perrault, Les Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce Siècle: avec leurs portraits au naturel, Paris, 1700, t. II, p. 94.
  9. Lyon, archives municipales, 1GG442, folio 310r°
  10. Le premier corpus des œuvres d'Horace Le Blanc a été établi par Gilles Chomer (1987). Voir aussi Oriane Lavit, Horace Le Blanc (vers 1575-1637), Etat de la recherche, sous la direction d'Olivier Bonfait, Mémoire de master 2 de l'Ecole du Louvre, 2014, vol. II.
  11. « Acquisition – Dijon, Musée d'Art Sacré », sur La Tribune de l'art,