Homosexualité dans la Bible chrétienne

(Redirigé depuis Homosexualité dans les sources chrétiennes latines)
Sodoma (Giovanni Antonio Bazzi), Saint Sébastien, 1525, Florence, palazzo Pitti[1].

La Bible chrétienne (Ancien Testament et Nouveau Testament), présente une vision globalement homogène des pratiques homosexuelles. Elles sont perçues de façon négative par les auteurs sacrés qui les présentent comme étant l'objet de la condamnation de Dieu. Cela dit, les divers interprètes du texte biblique débattent pour savoir quel sens donner à ces textes anciens et s'ils sont prescriptifs pour l'époque moderne.


L'homosexualité dans la Bible

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Ancien Testament

Livre de la Genèse

Article détaillé : Sodome.
Loth et ses filles, peinture à l'huile de Hendrik Goltzius, 1616

La demande adressée par tout le peuple de Sodome, des enfants aux vieillards à Lot : « Où sont les hommes qui sont venus chez vous cette nuit ? Amenez-les nous pour que nous les connaissions[2]. » a joué un grand rôle dans l'interprétation juive et chrétienne de cette histoire[3].

Le verbe hébreu ידע, transcrit yadā´, « connaître » peut exprimer de manière euphémique les rapports sexuels[3]. Certains commentateurs pensent que ce verbe ne s'applique qu'aux relations hétérosexuelles. L'Ancien Testament emploierait un autre verbe pour décrire les relations homosexuelles : shakam, « coucher » (Voir Lévitique 18, 22; 20, 13)[3]. Par conséquent le verbe yadā' signifierait, dans l'épisode de Sodome, « faire connaissance » avec les étrangers que sont les deux anges[3]. Cependant, la suite de l'histoire témoigne clairement d'un désir d'agression sexuelle[3]. Cela conduit Thomas Römer et Loyse Bonjour à privilégier l'interprétation selon laquelle ce désir d'agression, interprété alors comme un viol, acte de domination et d'appel à la soumission serait un manquement grave aux règles de l'hospitalité manifestant l'orgueil des habitants de Sodome[3]. En Jérémie 23, 14, il est question d'adultère, de fausseté, d'encouragement des malfaiteurs[3]. Deutéronome 29, 22 évoque l'idolâtrie, l'adoration des faux dieux[3]. On retrouve la critique de l'inhospitalité dans le livre apocryphe de la Sagesse de Salomon (19, 13-17) et chez l'historien judéen Flavius Josèphe au Ier siècle de notre ère[4].

L'interprétation purement sexuelle de l'épisode de Sodome aurait émergé lors de la confrontation de la culture judéenne avec le monde hellénistique autour du IIIe siècle avant notre ère[3]. Confrontés aux pratiques pédérastiques et à la nudité en vigueur dans les gymnases grecs et les compétitions sportives, les religieux les plus orthodoxes auraient vu en Sodome le symbole de la civilisation grecque qu'ils avaient tant de mal à accepter. On trouve cette relecture dans le Livre des Jubilés (IIe siècle avant notre ère), chapitre 16, dans le Testament de Nephtali, chapitre 3, dans le Testament de Lévi, chapitre 14[3]. On y fustige, certes, les rapports homosexuels mais également tout acte de « fornication », c'est-à-dire tout acte sexuel, hors mariage et ne s'ouvrant pas à la procréation[3].

La lecture sexuelle de Genèse 19 a eu un impact considérable sur la société chrétienne des siècles suivants. En effet, jusqu'au XVIIIe siècle, des traités de droit criminel[5] rappelleront en préambule l'épisode de Sodome, pour justifier la rigueur des lois en vigueur contre les sodomites. De plus la plupart des traités de morale chrétienne utiliseront ce même épisode pour condamner les pratiques homosexuelles[3].

Livre du Lévitique

Dans le livre du Lévitique de l'Ancien Testament, les unions homosexuelles masculines sont explicitement condamnées à deux reprises :

1) Lévitique 18, 22 : « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination. »
2) Lévitique 20, 13 : « Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux. »

Le terme « abomination » (hébreu תֹּועֵבָה, transcrit tōʻēḇā, grec βδέλυγμα, transcrit bdelugma, latin abominatio) désigne dans les Écritures juives et chrétiennes[6] :

  • tout péché, toute action criminelle en général : Lévitique 18, 22.28.28; Isaïe 41, 24; 66, 3; Jérémie 6, 15; 7, 10; Ézéchiel 5, 9.11; Malachie 2, 11; 1 Macchabées 1, 56...
  • en particulier, le péché d'idolâtrie : considérée comme une prostitution, l'idolâtrie est le culte des idoles dans le cadre de cérémonies rituelles et sacrificielles : Deutéronome 12, 31; 2 Chroniques 33, 2...
  • une idole, une fausse divinité : Exode 8, 28; Deutéronome 29, 17; 2 Rois 23, 13; Ézéchiel 7, 20; 11, 18.21; 1 Macchabées 6, 7...
  • la profanation de quelque chose de saint : Daniel 9, 27; 11, 31; 12, 11; 1 Macchabées 1, 51...
  • une chose objet d'horreur ou d'aversion : Psaume 87, 9; Proverbes 3, 32...

L'idée d'abomination semble donc concerner tout ce qui est interdit par le dieu hébreu, dans sa volonté de séparer, de mettre à part le peuple auquel il est lié. Dans ce cadre, l'union homosexuelle masculine est assimilée à un crime remettant en cause fondamentalement l'alliance du peuple avec le dieu d'Israël.

Le chapitre 18 s'adresse seulement au partenaire actif, tandis que le chapitre 20 envisage la peine de mort pour les deux partenaires[7]. C'est ici la relation homosexuelle en tant que telle qui est interdite et condamnée, contrairement à la législation d'autres peuples du Proche-Orient où seul l'acte de violence est flétri[7]. De plus, le statut social des deux hommes n'est pas précisé.

Certains exégètes, comme J. McNeill[8], pensent que cette interdiction concerne surtout les actes homosexuels pratiqués dans le cadre des cultes de fécondité cananéens[7]. Jacob Milgrom[9], suivi par d'autres, pensent que les chapitres 18 et 20 du livre du Lévitique ne visent que les relations sexuelles interdites au sein d'un groupe familial ou clanique. L'interdiction de l'homosexualité masculine ne viserait donc que des hommes liés par des liens familiaux[7]. Enfin, d'autres commentateurs comme S. Olyan[10] et J. T. Walsh[11], pensent que l'interdiction vise tout particulièrement la pénétration anale pratiquée par un homme sur un autre homme. Cette interprétation, déjà donnée par les commentaires rabbiniques, révélerait l'interdit de la confusion des genres, un homme ne devant pas adopter la position passive féminine[7]. Thomas Römer et Loyse Bonjour confirment que « l'enjeu de l'interdit est la transgression des frontières entre les genres », comme l'indique le texte lui-même. Ni la masturbation, ni l'homosexualité féminine ne sont mentionnées car elles ne remettent pas en cause le rôle actif de l'homme qui doit être clairement différencié de la passivité féminine[7].

Les exégètes les plus orthodoxes jugent que le terme d' « abomination » suffit à saisir d'horreur les fidèles quant à la réprobation divine. Ils assimilent, presque sans nuance, l'homosexualité à tous les autres types d'abomination décrits plus haut. Si tous les exégètes conservateurs soulignent l'accent clairement réprobateur des passages du Lévitique concernant les actes homosexuels, seuls les plus modérés d'entre eux se rapprochent de la critique historique développée par les exégètes libéraux. Ainsi ils considèrent que ces textes juridiques sont peu pertinents et que l'homosexualité doit être considérée de façon plus large[12].

Livre des Juges

Ce récit évoque par bien des aspects l'aventure de Loth à Sodome. Des étrangers sont reçus comme hôtes par l'un des habitants de la ville. Les habitants tentent de les agresser sexuellement. La ville est finalement détruite par le feu. De plus, beaucoup de motifs et de tournures de phrases sont identiques[3]. La triste différence est que la concubine, après le viol d'une longue nuit, meurt. Ce qui est en cause ici, c'est la violence et la brutalité des agresseurs qui offensent gravement le devoir d'hospitalité[3]. On pourrait d'ailleurs renouveler ici les commentaires du récit de Loth à Sodome.

Pour conclure la réflexion sur ces deux récits, on peut se demander pourquoi les auteurs ont choisi d'illustrer la condamnation de l'orgueil et du déni d'hospitalité par deux histoires mettant en scène une tentative de viol commis par des hommes sur d'autres hommes[3]. La réponse se trouve sûrement dans les concepts de domination et de pouvoir du Proche-Orient ancien[3]. Certains textes (notamment d'Égypte et de Mésopotamie) mentionnent, en effet, la sodomie dans un contexte militaire, afin de priver les vaincus de leur honneur et de leur dignité d'hommes (de « mâles »)[3]. Ainsi l'acte de sodomie est une manifestation de puissance et de soumission de la personne violée[3]. Enfin, ces deux récits illustrent combien le viol d'hommes par d'autres hommes était beaucoup plus intolérable que celui de femmes, fussent-elles des filles ou des concubines.

Premier et second livres de Samuel

Princes bibliques Jonathan et David. Vers 1300.

David, futur roi d'Israël, fait la connaissance de Jonathan, le fils du roi Saül, à la fin d'une bataille[13]. Dès le premier abord, leur relation paraît forte et intime[13] :

1 Samuel, 18, 1-4 : « Or, dès que David eut fini de parler à Saül, Jonathan s'attacha à David et l'aima comme lui-même. Ce jour-là, Saül retint David et ne le laissa pas retourner chez son père. Alors, Jonathan fit alliance avec David, parce qu'il l'aimait comme lui-même. Jonathan se dépouilla du manteau qu'il portait et le donna à David, ainsi que ses habits, et jusqu'à son épée, son arc et son ceinturon[14] ».

La dimension symbolique et politique de cet acte semble très forte : en se dénudant, Jonathan renonce à son futur trône en faveur de David[13]. Il faut noter une différence par rapport aux traités de vassalité assyriens : s'ils utilisent abondamment le mot « aimer » pour décrire la relation entre deux rois égaux ou l'amour que le vassal doit à son roi, il s'agit ici d'une relation inversée. Un prince s'abaisse à aimer un inconnu[13]. Il s'établit ainsi une alliance, un pacte tout spécial entre David et Jonathan qui cherche à protéger son ami :

1 Samuel 19, 1-2 : « Saül parla à son fils Jonathan et à tous ses serviteurs de son projet de faire mourir David. Or, Jonathan, fils de Saül, aimait beaucoup David. Jonathan informa David : « Mon père Saül, dit-il, cherche à te faire mourir. Tiens-toi sur tes gardes demain matin, reste à l'abri et cache-toi[14] ».

Pour assurer la sécurité de David, Jonathan promet à David de le prévenir des intentions malveillantes de Saül et fait promettre à David et à sa maison de rester fidèle à la maison royale régnante, c'est-à-dire à lui-même et à ses descendants :

1 Samuel 20, 16-17 : « Et Jonathan conclut un pacte avec la maison de David : « (...) et le Seigneur en demandera compte à David, ou plutôt à ses ennemis ! ». Jonathan fit encore prêter serment à David, dans son amitié pour lui, car il l'aimait comme lui-même[14] ».

Plus tard, lorsque Jonathan succombera, avec son père Saül, sur le champ de bataille, David s'écriera :

2 Samuel 1, 26 : « Que de peine j'ai pour toi, Jonathan, mon frère ! Je t'aimais tant ! Ton amitié était pour moi une merveille plus belle que l'amour des femmes[14] ».

La racine hébraïque khaphets est rendue par la Traduction Œcuménique de la Bible par « aimer beaucoup ». Or ce terme marque une relation d'appropriation très forte qui s'adresse plus aux choses qu'aux personnes[13]. Dans le cas de l'attirance d'une personne pour une autre, il est porteur, dans l'Ancien Testament, d'une connotation sexuelle[13] (cf. Genèse 34, 19; Deutéronome 21, 14). La traduction grecque de 1 Samuel 19, 1 rend ce terme par εραω, transcrit erao, « désirer, aimer »[13]. D'ailleurs, la racine khaphets, plus que le verbe `ahab, « aimer », implique une dimension physique et inconsciente[13]. En outre, la relation entre David et Jonathan est également décrite par le verbe qashar, « attacher, lier », qui signale un attachement fort, un lien vital, un amour profond[13]. Enfin, lorsque David se lamente sur la mort de son ami, il utilise non pas le mot « amitié » comme le rend la Traduction Œcuménique de la Bible, mais le mot 'ahavah, « amour », le même qu'il emploie pour parler de l'amour des femmes[13], le même qui décrit la relation du Bien-Aimé et de la Bien-Aimée du Cantique des Cantiques (Cantique des Cantiques, 2, 5 : holat `ahava ani : « je suis malade d'amour »[15]). Dans ce dernier hommage, David exprime pour la première fois ce qu'il ressent pour Jonathan[13].

Il est difficile de connaître la nature exacte des relations entre David et Jonathan. Leur lien évoque celui des héros mésopotamiens Gilgamesh et Enkidu[13]. La relation entre David et Jonathan possède plusieurs dimensions: personnelle, politique, religieuse. Ces deux personnages, de surcroît, sont mariés et ont des enfants. Le récit biblique, à lui seul, reste ambigu[13].

Indépendamment de son interprétation, c'est en référence à ce récit que l'association David et Jonathan, mouvement chrétien d'accueil des personnes homosexuelles, a choisi son nom et agit depuis sa fondation en 1972[16].

Toutefois, la Bible explicitera plus tard le terme aimer comme soi-même. Dans les Évangiles, Jésus prend soin de préciser qu'il faut aimer son prochain comme soi-même, rappelant le commandement donné par YHWH dans Lévitique 19, 18. Il est assez clair que Jésus parlait d'un amour bienveillant et n'encourageait pas son interlocuteur à entretenir des relations homosexuelles avec son prochain. Matthieu 22, 39

Le rejet de la prostitution sacrée masculine

Plusieurs passages des livres vétéro-testamentaires évoquent l'existence de prostitués sacrés masculins, liés à un temple, en Israël :

Deutéronome 23, 18-19 : « Il n'y aura pas de courtisane sacrée parmi les filles d'Israël ; il n'y aura pas de prostitué sacré (héb. קָדֵשׁ, transcrit qâdesh, gr. πορνεύων, transcrit porneuôn, lat. scortator) parmi les fils d'Israël. Tu n'apporteras jamais dans la maison du Seigneur ton Dieu, pour une offrande votive, le gain d'une prostituée ou le salaire d'un « chien » (héb. כֶּלֶב, transcrit kêlêb, gr. κυνὸς, transcrit kunos, lat. canis) car, aussi bien l'un que l'autre, ils sont une abomination pour le Seigneur ton Dieu[14] ».
1 Rois 14, 22-24 : « Juda fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur (...). Comme ceux-ci, ils bâtirent à leur usage des hauts lieux, des stèles et des poteaux sacrés sur toutes les collines élevées et sous tout arbre verdoyant; il y eut même des prostitués sacrés (héb. גַם־קָדֵשׁ, transcrit gam qâdesh; gr. σύνδεσμος, transcrit sundesmos; lat. effeminati) dans le pays, ils agirent selon toutes les abominations des nations que le Seigneur avait dépossédées devant les fils d'Israël[14] ».
1 Rois 15, 11-12 : « Asa fit ce qui est droit aux yeux du Seigneur, comme David son père. Il élimina du pays les prostitués sacrés (héb. קְּדֵשִׁים, transcrit qedeshîm; gr. τελετὰς, transcrit teletas, lat. effeminatos) et supprima toutes les idoles qu'avaient fabriquées ses pères[14] ».
1 Rois 22, 45-47 : Josaphat fit la paix avec le roi d'Israël. Le reste des actes de Josaphat, les exploits qu'il accomplit, ses guerres, cela n'est-il pas écrit dans le livre des Annales des rois de Juda ? Il balaya du pays les derniers prostitués sacrés (héb. קָּדֵשׁ, transcrit qâdesh, lat. effeminatorum) qui subsistaient du temps d'Asa, son père[14] ».
2 Rois 23, 5-8 : « Il supprima la prêtraille que les rois de Juda avaient établie pour brûler de l'encens sur les hauts lieux des villes de Juda et des environs de Jérusalem. Il supprima aussi ceux qui brûlaient de l'encens en l'honneur du Baal, du soleil, de la lune, des constellations et de toute l'armée des cieux. Il transporta de la Maison du Seigneur, hors de Jérusalem, au ravin du Cédron, le poteau sacré qu'on brûla dans le ravin du Cédron ; il le réduisit en cendres qu'il jeta à la fosse commune. Il démolit les maisons des prostitués sacrés (héb. קְּדֵשִׁים, transcrit qedeshîm, gr. καδησιμ, transcrit kadèsim, lat. effeminatorum) qui étaient dans la Maison du Seigneur et où les femmes tissaient des robes pour Ashéra. Il fit venir des villes de Juda tous les prêtres ; il souilla les hauts lieux où ces prêtres avaient brûlé de l'encens, depuis Guèva jusqu'à Béer-Shéva. Il démolit les hauts lieux des portes (...)[14] ».
Job 36, 13-14 : « Quant aux impies endurcis dans leur colère, eux n'implorent pas, lorsqu'il les enchaîne. Leur existence s'éteint en pleine jeunesse et leur vie s'achève parmi les prostitués (héb. קְּדֵשִׁים, transcrit qedeshîm, gr. ἀγγέλων, transcrit aggelôn, lat. effeminatos) [14] ».

On le voit, dans ces passages, le même mot hébreu qâdesh (pluriel: qadeshîm) est traduit de diverses manières par la Septante grecque (porneuôn: « [homme] se prostituant »; sundesmos: « union, lien, conjonction »; teletè: « cérémonie d'initiation »; kadèsim, retranscription grecque de l'hébreu; angelos : « messager », messager de dieu, ange ») ou la Vulgate latine (qui se limite à scortator: « homme débauché, coureur » et effeminatus: « mou, efféminé, énervé ; de mœurs contre nature)[17].

La racine du mot qâdesh, קדשׁ, transcrit QDSH, évoque la séparation du profane[18]. Cette idée de séparation suggère l'étanchéité en même temps que le contact entre deux espaces qui peuvent, à tout moment, échanger, communiquer, alterner, permuter leur contenu[18]. La racine קדשׁ dérive elle-même de la forme primitive קד, transcrit QD, qui signifie « diviser », « couper »[18]. Tout ce qui est lié à l'idée de sainteté (actes), de sacralité (choses) évoque l'idée de séparation et tout ce qui est séparé est préservé de la souillure et, donc, pur[18],[19]. Quel que soit le contexte, la consécration se fait, par conséquent, au moyen d'une purification assurée par une série de rites[18]. Les deux actes de consécration et de purification sont liés à tel point qu'on ne peut clairement séparer les deux notions[18]. La consécration est un acte sacrificiel de séparation[18].

Pour éclairer cette situation, il faut de se reporter aux sociétés mésopotamiennes antiques[20]. Dans celles-ci, la sexualité n'est ni un tabou, ni un péché[20]. Elle fait partie des comportements sociaux qui se manifestent différemment selon le statut social[20]. En matière de relations homosexuelles, le travesti sera toujours un partenaire passif et l'aristocrate tiendra toujours le rôle actif[20]. Il faut distinguer, ici, deux types de personnes au comportement homosexuel, qui ne sont pas reconnues socialement de la même façon : d'une part, les prostitués (akkadien kurgarrû, assyrien assinnu) de la déesse Ishtar (la déesse de l'amour plaisir et de la fécondité), forment une partie de son clergé. Ce sont des homosexuels « professionnels »[20]. On retrouve leur trace dans les textes bibliques sous le nom de « chiens » (Deutéronome 23, 19)[20]. Mais ce terme n'est pas forcément péjoratif : un prêtre peut être désigné ainsi, cette qualification rappelant la fidélité au dieu à l'image de celle du chien pour son maître[20]. Bien qu'intégrés à la hiérarchie sociale, ils en occupent le bas de l'échelle[20]. D'autre part, des hommes appartenant pleinement à cette même hiérarchie rendent visite aux prostitués d'Ishtar ou ont une relation secondaire ou passagère, tous comportements admis socialement. Le verset du Deutéronome indique qu'il existait bien des prostitué(e)s sacré(e)s en Israël[21]. Ils étaient vraisemblablement désignés par le terme hébreu qâdesh, qadeshim « saint, consacré »[21]. Les prostitués hommes étaient aussi appelés des « chiens »[21]. La condamnation de la prostitution sacrale évoquée dans les passages bibliques cités ci-dessus, manifeste le rejet de tout culte des dieux autres que celui de la divinité hébraïque Yahweh ou Yahou[21]. Il s'agit non seulement de supprimer la prostitution sacrale masculine et féminine et ses « établissements », mais également les hauts lieux, les poteaux, les stèles sacrées, les idoles, les sacrifices d'encens en l'honneur des dieux du ciel, etc. Tout ce qui est lié à ces cultes constitue une « abomination[22] ».

Nouveau Testament

Évangile de Matthieu

S'emportant contre la cité de Capharnaüm en Galilée, sise au bord du lac de Tibériade, Jésus compare la situation de la ville avec celle de l'antique Sodome en Judée, sise au bord de la Mer Morte. Selon Jésus-Christ, le péché de Capharnaüm, qui ne l'a pas reconnu et accueilli, est plus grave que celui de Sodome :

Matthieu 11, 23-24 : « Et toi, Capharnaüm, est-ce que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Tu seras abaissée jusqu’aux enfers, car si les miracles qui ont été faits dans tes murs, avaient été faits dans Sodome, elle serait restée debout jusqu’à ce jour. Du reste, je te le dis, il y aura au jour du jugement, moins de rigueur pour le pays de Sodome que pour toi. »

Épitre aux Romains

L'Apôtre Paul, Rembrandt 1635

Dans les chapitres 1 à 4 de son Épître aux Romains, Paul de Tarse essaie de démontrer l'universalité du péché[23]. Face à ce péché partout présent, l'Évangile annonce « la justice de Dieu par la foi et pour la foi[24] ». Paul de Tarse condamne les idolâtres : alors que les « perfections invisibles de Dieu » sont manifestées dans sa création, ils ne l'ont pas connu, glorifié, remercié. Bien plus, ils se sont mis à adorer des images d'hommes ou d'animaux[25]. Mais Dieu n'a pas cherché à guérir une plaie inguérissable[26]. Au contraire, il a aggravé encore plus ce que Paul de Tarse juge comme des déviances[26].

Romains 1, 24-32 : « C'est pourquoi, Dieu les a livrés, par les convoitises de leurs cœurs (gr. ἐπιθυμίαις τῶν καρδιῶν αὐτῶν, transcrit epithumiais tôn kardiôn autôn, lat. desideria cordis eorum), à l'impureté (gr.ἀκαθαρσίαν, transcrit akatharsian, lat. inmunditiam) où ils avilissent eux-mêmes leurs propres corps. Ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge, adoré et servi la créature au lieu du créateur qui est béni éternellement. Amen. C'est pourquoi Dieu les a livrés à des passions avilissantes (gr. πάθη ἀτιμίας·, transcrit pathè atimias, lat. passiones ignominiæ): leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature (gr. τὴν φυσικὴν χρῆσιν εἰς τὴν παρὰ φύσιν, transcrit tèn phusikèn chrèsin eis para phusin, lat. naturalem usum in eum usum qui est contra naturam); les hommes de même, abandonnant les rapports naturels (gr. τὴν φυσικὴν χρῆσιν, transcrit tèn phusikèn chrèsin, lat. naturali usu) avec la femme, se sont enflammés de désir (gr. ὀρέξει, transcrit orexei, lat. desideriis) les uns pour les autres, commettant l'infamie (gr. ἀσχημοσύνην, transcrit aschèmosunèn, lat. turpitudinem) d'homme à (gr. ἐν, transcrit en, lat. in) homme et recevant en leur personne le juste salaire de leur égarement (gr. πλάνης, transcrit planès, lat. erroris). Et comme ils n'ont pas jugé bon de garder la connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à leur intelligence sans jugement : ainsi font-ils ce qu'ils ne devraient pas. Ils sont remplis de toute sorte d'injustice, de perversité (gr. πονηρίᾳ, transcrit ponèria, lat. malitia fornicatione), de cupidité (gr. πλεονεξίᾳ, transcrit pleonexia, lat. avaritia), de méchanceté (gr. κακίᾳ, transcrit kakia, lat. nequitia), pleins d'envie, de meurtres, de querelles, de ruse, de dépravation (gr. κακοηθείας, transcrit kakoètheias, lat. malignitate), diffamateurs, médisants, ennemis de Dieu, provocateurs, orgueilleux, fanfarons, ingénieux au mal, rebelles à leurs parents, sans intelligence, sans loyauté, sans cœur, sans pitié. Bien qu'ils connaissent le verdict de Dieu déclarant dignes de mort ceux qui commettent de telles actions, ils ne se bornent pas à les accomplir, mais ils approuvent encore ceux qui les commettent[14] ».

Paul de Tarse interprète ici la situation des idolâtres à la manière du récit du livre de l'Exode (Ancien Testament) qui illustre les relations du Pharaon égyptien avec les Hébreux. Au lieu d'empêcher Pharaon d'accomplir ses desseins envers le peuple de Moïse, Yahvé endurcit son cœur plus encore afin qu'il ne laisse partir les fugitifs[27]. Selon Michel Quesnel, Dieu précipite l'avancée vers la mort pour que devienne possible un nouveau commencement[26],[28]. Et en effet, Paul de Tarse, dans ce passage de l'épître aux Romains, utilise, à plusieurs reprises, le vocabulaire des passions qu'il associe à l'idée d'infamie, de déshonneur, d'indignité. Or, la passion implique l'idée de passivité. Les hommes et les femmes que Paul de Tarse condamne paraissent ne plus pouvoir se maîtriser, comme si une force plus puissante qu'eux-mêmes les possédait. Le texte semble suggérer qu'il s'agit de l'action même de Dieu qui livre les idolâtres à l'impureté. Néanmoins, ce passage de l'épître aux Romains montre comment l'idolâtrie est directement associée aux pratiques homosexuelles des hommes et des femmes. Le fait d'adorer, dans l'idolâtrie, des figures de créatures, au lieu de rendre un culte au Créateur, conduit les païens à blesser les lois de la nature dont Dieu est le grand ordonnateur. Perdant l'usage naturel de leur sexe, ils perdent aussi leur intelligence, leur moralité personnelle et les vertus sociales de loyauté, d'affection, de compassion. C'est pourquoi ils commettent le mal, sont faux, cupides et orgueilleux.

Épitre aux Corinthiens

Paul de Tarse, s'adresse dans cette épître à l'église des chrétiens de Corinthe. Selon un autre ouvrage du Nouveau Testament, les Actes des Apôtres 18, 1-17, il aurait fondée cette communauté. Corinthe est située à la jonction de la Grèce balkanique et de la péninsule du Péloponnèse. Elle comptait, à l'époque romaine, de 52500 à 87000 habitants[29]. Corinthe avait, dans l'Antiquité, mauvaise réputation[30]. Chez les Grecs, κορινθιάζομαι, transcrit korinthiazomai signifiait « je vis en libertin »[30]. Dans le théâtre le Κορινθιαστής, transcrit Korinthiastès est le type même du débauché[30]. Le poète latin Horace disait : « Chacun ne peut aller à Corinthe », parce que cela nécessitait beaucoup d'argent[30]. Les Corinthiens vénéraient surtout la déesse Aphrodite que servaient plus de mille prostituées sacrées[30]. C'est dans ce contexte que Paul rappelle la condamnation qui attend les pécheurs :

1 Corinthiens 6, 9-10 : « Ne savez-vous pas que les injustes (gr. ἄδικοι, lat. iniqui) n'hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les fornicateurs (gr. πόρνοι, lat. fornicarii), ni les idolâtres, ni les adultères (gr. μοιχοὶ, lat. adulteri), ni les efféminés (gr. μαλακοὶ, lat. molles), ni ceux qui couchent avec des hommes (gr. ἀρσενοκοῖται , lat. masculorum concubitores), ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n'hériteront le royaume de Dieu. »

Les différentes traductions varient quant aux termes évoquant l'homosexualité. Pour les mots μαλακοὶ' et ἀρσενοκοῖται, la Bible de Jérusalem rend : « dépravés » et « gens de mœurs infâmes », la Bible de Louis Segond (1910) rend « efféminés » et « infâmes », la Bible de Darby rend « efféminés » et « ceux qui abusent d'eux-mêmes avec des hommes », la Traduction Œcuménique de la Bible rend « efféminés » et « pédérastes ».

Or μαλακός (transcrit malakos), au sens premier du terme, s'oppose à σκληρος (transcrit sklèros: « sec, dur «). Il signifie « mou, moelleux ». Au sens figuré, il signifie « doux, agréable », puis « facile, complaisant ». En mauvaise part, son sens est « mou, sans vigueur » et par voie de conséquence, ( s'opposant à καρτερικός transcrit karterikos, « ferme, patient, dur au mal, persévérant »), « mou, efféminé »[31]. La traduction latine de la Vulgate, mollis, va dans le même sens : « mou, tendre », « mou, qui s'étend, qui se raréfie », « mou, délicat, doux au toucher », « doux, paisible », « mou, délicat, amolli par les délices ou plaisirs », « mou, lâche, paresseux » et enfin « impudique, efféminé ». Le dictionnaire de philologie sacrée[32] qui donnent ces définitions, ajoute : « Ces impudiques sont, ou ceux qui se corrompent eux-mêmes, ou ceux qui se prostituent aux autres du même sexe. Latin: Catamiti, pathici. » Le Glossarium Eroticum Linguæ Latinæ est encore plus clair : il donne à mollis les sens suivants : « pathicus, patiens in pædicatione » (« passif lors de la sodomie »), « pædico » (« sodomite/homosexuel »), « effœminatus, libidinosus » (« efféminé, débauché »)[33]. Le même Glossarium cite d'ailleurs le médecin latin Cælius Aurelianus qui s'étonne de l'existence possible des homosexuels : « Molles sive subactos Græci Malthacos vocaverunt, quos quidem esse nullus facile virorum credit. Non enim hoc humanos ex natura venit in mores, sed pulso pudore, libido etiam indebitas partes obscænis usibus subjugavit.[34] » (« Aucun homme ne croit facilement que les molles ou « soumis » appelés « Malthakos[35] » par les Grecs, existent [vraiment]. En effet, cela n'appartient pas aux mœurs humaines par nature, mais, en blessant la pudeur, le désir désordonné a soumis même les parties indues [du corps] à des usages obscènes. »

Concernant le mot ἀρσενοκοῖται, transcrit arsenokoitai, il s'agit de la forme pluriel du grec ἀρσενοκοίτης/ἀρρενοκοίτης, transcrits arsenokoitès/arrenokoitès que le dictionnaire grec-français Bailly traduit par « homme de mœurs contre nature[36] ». Ce mot est composé de άρρην, transcrit arren (ou άρσήν, transcrit arsèn), « mâle, homme » et de κοίτη, transcrit koitè, proprement « couche », particulièrement « lit nuptial », d'où « relations intimes » et en mauvaise part « libertinage »[37]. On peut donc traduire le mot entier littéralement « celui qui a des relations intimes/libertines avec un homme ». D'ailleurs le latin de la Vulgate masculorum concubitores, « ceux qui couchent avec des hommes » rend très bien ce sens. Le dictionnaire de philologie sacrée[38] définit concubitor masculorum ainsi : « sodomite, abominable ».

Cette juxtaposition des mots μαλακοὶ' et ἀρσενοκοῖται peut suggérer que, pour Paul de Tarse, il existe une différence entre ces deux termes. Le premier désignerait plus particulièrement les hommes doux, sensibles, peureux, impulsifs[39] et qui, par là, ne respecteraient pas, par leurs attitudes et leur comportement, les exigences du genre viril : dureté, patience, persévérance, courage, amour des femmes. Le second terme désignerait plus directement ceux des hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes. Il est aussi possible de penser que Paul de Tarse fait simplement la distinction entre les homosexuels passifs (ceux qui, selon Cælius Aurelianus, soumettent « même les parties indues [du corps] à des usages obscènes ») et les homosexuels actifs qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes en conservant une position dominante.

Paul de Tarse, dans ce texte, fait donc la liste de tous les injustes qui ne pourront accéder aux Royaume de Dieu : Les idolâtres, c'est-à-dire les adeptes des religions non-juives et non-chrétiennes, ceux qui commettent des infractions de droit commun (« voleurs », « ravisseurs »), des personnes que l'on pourrait juger immoraux ou impolis (« cupides », « injurieux »), des personnes que les modernes jugeraient malades (ivrognes), et enfin tous les amateurs d'union sexuelle hors mariage : les fornicateurs, les adultères, les efféminés, les homosexuels.

Première épitre à Timothée

Pareillement à la lettre précédente, dans la première épître à Timothée, Paul de Tarse dresse une liste des « injustes » et des pécheurs. Il place les homosexuels aux côtés de tous ceux qui sont opposés à la « saine doctrine ».

1 Timothée 1, 8-11 : « La loi, nous le savons en effet, est bonne, dans la mesure où on la prend comme loi. En effet, comprenons bien ceci : la loi n'est pas là pour le juste, mais pour les gens insoumis et rebelles, impies et pécheurs, sacrilèges et profanateurs, parricides et matricides, meurtriers, débauchés (gr. πόρνοις, transcrit pornois, lat. fornicariis) pédérastes (gr. ἀρσενοκοίταις, transcrit arsenokoitais, lat. masculorum concubitoribus), marchands d'esclaves, menteurs, parjures, et pour tout ce qui s'oppose à la saine doctrine. Voilà ce qui est conforme à l'Evangile de gloire du Dieu bienheureux, qui m'a été confié[14] ».

Pour ce passage, on peut se référer aux commentaires du paragraphe précédant. Pour traduire le mot ἀρσενοκοίταις, la Bible de Jérusalem et la Bible du Semeur donnent « homosexuels », la Bible de Darby donne « ceux qui abusent d’eux-mêmes avec des hommes », la Bible de Segond donne « infâmes », et la Bible Chouraki donne « pédérastes ».

Apocalypse

Ce passage du livre néo-testamentaire de l'Apocalypse est situé à la toute fin de l'ouvrage. Celui qui se proclame « l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » annonce qu'il vient bientôt, lui et sa rétribution[40]. Se dessine alors la récompense de ceux qui « lavent leurs robes », et le châtiment des pécheurs :

Apocalypse 22, 14-15 : « Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d'avoir droit à l'arbre de vie, et d'entrer, par les portes, dans la cité. Dehors les chiens (gr. κύνες, transcrit kunes, lat. canes) et les magiciens, les impudiques (gr. πόρνοι, transcrit pornoi, lat. impudici) et les meurtriers, les idolâtres et quiconque aime ou pratique le mensonge [14]! ».

Ici encore nous est donc présentée une liste de pécheurs qui ne pourront jouir de la vie future. On note le mot « chiens » qui paraît isolé au sein de cette énumération. Il est possible que ce mot renvoie aux « prostitués sacrés » avec lesquels il est clairement associé dans le livre vétérotestamentaire du Deutéronome, au chapitre 23, verset, 19. De plus, si l'on se réfère au paragraphe précédent concernant la prostitution masculine sacrale, on observera que cette qualification était, de la même façon, appliquée aux prostitués sacraux masculins de Mésopotamie. Enfin, le mot « chiens » est lié, dans ce passage, entre autres, au terme πόρνοι, transcrit pornoi qui désigne les « débauchés » ou les personnes qui « se prostituent[41] », c'est-à-dire toutes personne ayant des relations sexuelles hors mariage. Or les passages précédemment cités de la première épitre aux Corinthiens ou de la première épître à Timothée unissaient également, dans leur liste de pécheurs, les « débauchés » et ceux dont on peut penser qu'ils sont homosexuels.

Notes et références

  1. Référence citée par Dominique Fernandez, L'amour qui ose dire son nom. Art et homosexualité, Stock, Paris, 2001, p. 94 : [Parlant de l'homosexualité] « En revanche, nombreux sont les peintres et sculpteurs dont l'œuvre trahit une arrière-pensée incontestable. De la part de Sodoma, surnom éloquent d'un peintre qui s'appelait de son vrai nom Giovanni Antonio Bazzi, on ne s'en étonne pas. ». D'autres sources mettent en doute l'homosexualité de l'artiste. Cf. (en) Patricia Simons, « Il Sodoma (Giovanni Antonio Bazzi) (1477-1549) », GLTBQ (An encyclopedy of gay, lesbian, bisexual, transgender, & queer culture). Article en ligne.
  2. Genèse 19, 5. Traduction Œcuménique de la Bible (T.O.B.).
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Thomas Römer, Loyse Bonjour, L'homosexualité dans le Proche-Orient] ancien et la Bible, Labor et Fides, Genève, 2005, p. 50-59.
  4. Flavius Josèphe, Antiquités juives, Livre I, 194-195. Référence citée par Thomas Römer, Loyse Bonjour, L'homosexualité dans le Proche-Orient] ancien et la Bible, Labor et Fides, Genève, 2005, p. 50-59.
  5. Par exemple : Daniel Jousse, Traité de la justice criminelle de France, Tome 4, Debure père, Paris, 1771, p. 118-122. Ouvrage en ligne.
  6. Huré, Dictionnaire universel de philologie sacrée, Tome 1, col. 33 in Migne, Encyclopédie théologique, Tome 5, Ateliers catholiques, 1846.
  7. a, b, c, d, e et f Thomas Römer, Loyse Bonjour, L'homosexualité dans le Proche-Orient] ancien et la Bible, Labor et Fides, Genève, 2005, p. 40-43.
  8. J. McNeil, L'Église et l'homosexualité, un playdoyer, Labor et Fides, Genève, 1982. Référence citée par Thomas Römer, Loyse Bonjour, L'homosexualité dans le Proche-Orient ancien et la Bible, Labor et Fides, Genève, 2005, p. 42, note 7.
  9. Jacob Milgrom, Leviticus 17-22 (AB 3A), Doubleday, New York et al., 2000, p. 1568-1569. Référence citée par Thomas Römer, Loyse Bonjour, L'homosexualité dans le Proche-Orient ancien et la Bible, Labor et Fides, Genève, 2005, p. 42, note 9.
  10. S. Olyan, « And With A Man, You Shall not Lie The Lying Down of a Woman : On the Meaning and Significance of Leviticus 18:22 and 20:13 », Journal of the History of Sexuality, 5, 1994, p. 179-206. Référence citée par Thomas Römer, Loyse Bonjour, L'homosexualité dans le Proche-Orient ancien et la Bible, Labor et Fides, Genève, 2005, p. 42, note 10.
  11. J. T. Walsh, « Leviticus 18:22 and 20:13: Who is Doing What to Whom ? », JBL 120, 2001, p. 201-209. Référence citée par Thomas Römer, Loyse Bonjour, L'homosexualité dans le Proche-Orient ancien et la Bible, Labor et Fides, Genève, 2005, p. 42, note 10.
  12. Voir notamment l'avis du Dr James Stamoolis, « Scripture and Hermeneutics: Reflections over 30 years », Evangelical Review of Theology, vol. 28, no 4, 2004, p. 400–401.
  13. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Thomas Römer, Loyse Bonjour, L'homosexualité dans le Proche-Orient] ancien et la Bible, Labor et Fides, Genève, 2005, p. 68-79.
  14. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Traduction Œcuménique de la Bible
  15. Catherine Chalier, Spinoza lecteur de Maïmonide: la question théologico-politique, Cerf, Paris, 2006, 326 p., p. 303.
  16. Voir le site en ligne de l'association.
  17. Pour la traduction des mots grecs, voir A. Bailly, Dictionnaire grec-français, 11e édition, Hachette, Paris. Pour celle des mots latins, voir F. Gaffiot, Dictionnaire latin-français, Hachette, Paris, 1934. Cf. l'ouvrage complet en ligne.
  18. a, b, c, d, e, f et g Pascale Hummel, Vie (privée): essai sur l'idée de destinée, Peter Lang SA, Éditions scientifiques européennes, Berne (Suisse), 2005, p. 204-205.
  19. (en) G. Johannes Botterweck, Helmer Ringgren, Heinz-Josef Fabry (éd.), Theological dictionary of the Old Testament, vol.  12, Wm. B. Eerdmans Publishing Co., Grand Rapids (Michigan, États-Unis), Cambridge (U.K), 2003, p. 523-524.
  20. a, b, c, d, e, f, g et h Thomas Römer, Loyse Bonjour, L'homosexualité dans le Proche-Orient ancien et la Bible, Labor et Fides, Genève, 2005, p. 18-23.
  21. a, b, c et d Thomas Römer, Loyse Bonjour, L'homosexualité dans le Proche-Orient ancien et la Bible, Labor et Fides, Genève, 2005, p. 38-39.
  22. Voir supra, sur le livre du Lévitique.
  23. Romains 3, 9-10 : « Mais quoi ? Avons-nous encore, nous Juifs, quelque supériorité ? Absolument pas ! Car nous l'avons déjà établi : tous, Juifs comme Grecs, sont sous l'empire du péché. Comme il est écrit : Il n'y a pas de juste, pas même un seul. », Traduction Œcuménique de la Bible (T.O.B.).
  24. Romains 1, 17. Traduction Œcuménique de la Bible (T.O.B.).
  25. Romains 1, 19-23. Traduction Œcuménique de la Bible (T.O.B.).
  26. a, b et c Michel Quesnel, Les chrétiens et la loi juive. Une lecture de l'épître aux Romains, Les éditions du Cerf, coll. « Lire la Bible », Paris, 1998, p. 17-18.
  27. Voir par exemple Exode 4, 21 : « Yahvé dit à Moïse : "Tandis que tu retourneras en Égypte, vois les prodiges que j'ai mis en ton pouvoir : tu les accompliras devant Pharaon, mais moi, j'endurcirai son cœur et il ne laissera pas partir le peuple. ». Traduction Œcuménique de la Bible (T.O.B.).
  28. On retrouve cette idée dans le livre néotestamentaire de l'Apocalypse 22, 11 : « Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore; (...) ».
  29. D. Engels, Roman Corinth. An Alternative Model to the Classical City, Chicago, 1990, p. 81-84. Référence citée par Andrianjatovo Rakotoharintsifa, Conflits à Corinthe: église et société selon I Corinthiens : analyse socio-historique, Labor et Fides, Coll. Le Monde de la Bible, Genève, 1997, p. 32, note 39.
  30. a, b, c, d et e Francis Baudraz, Les Épîtres aux Corinthiens, Labor et Fides, Genève, 1965, p. 14.
  31. A. Bailly, Dictionnaire grec-français, 11e édition, Hachette, Paris, p. 1222.
  32. Huré, Dictionnaire universel de philologie sacrée, Tome 2, col. 1102-1103 in Migne, Encyclopédie théologique, Tome 6, Ateliers catholiques, 1846
  33. Pierre Pierrugues, Glossarium Eroticum Linguæ Latinæ, H. Barsdorf Verlag, 1908, 518 p., p. 325-326. Ouvrage complet en ligne.
  34. Caelius Aurelianus, Chronicarum passionnum, 4.9, §. 131
  35. Équivalent de malakos selon A. Bailly, Dictionnaire grec-français, 11e édition, Hachette, Paris, p. 1223.
  36. A. Bailly, Dictionnaire grec-français, 11e édition, Hachette, Paris, p. 274.
  37. A. Bailly, Dictionnaire grec-français, 11e édition, Hachette, Paris, p. 1112.
  38. Huré, Dictionnaire universel de philologie sacrée, Tome 5, col. 833 in Migne, Encyclopédie théologique, Tome 9, Ateliers catholiques, 1846.
  39. Voir les traductions énumérées ci-dessus.
  40. Apocalypse 22, 12-13.
  41. A. Bailly, Dictionnaire grec-français, 11e édition, Hachette, p. 1607.

Annexes

Bibliographie

  • John Boswell, Christianisme, tolérance sociale et homosexualité, Paris, Gallimard, 1985.
  • John Boswell, Les unions de même sexe dans l'Europe antique et médiévale, Fayard, Coll. « Nouvelles études historiques », Paris, 1996, 540 p.
  • Jean-Baptiste Edart[NB 1], Innocent Himbaza[NB 2] et Adrien Schenker[NB 3], Clarifications sur l'homosexualité dans la Bible, Paris, Ed. Cerf, 2007. (ISBN 978-2204083362).
  • Daniel Helminiak[NB 4], Ce que la Bible dit vraiment de l'homosexualité, Institut Sanofi-Synthélabo, Les Empêcheurs de penser en rond, 2005.
  • Thomas Römer, Loyse Bonjour, L'homosexualité dans le Proche-Orient ancien et la Bible, Labor et Fides, Genève, 2005.
  • Thomas E. Schmidt[NB 5], L’homosexualité - Perspectives bibliques et réalités contemporaines, Ed. Excelsis, 2002, 256 p.
  1. Est prêtre du diocèse de Rouen, membre de la communauté de l'Emmanuel, bibliste, enseignant à Rome à l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille. Il est spécialiste de l’anthropologie biblique et de la théologie paulinienne. Voir le texte de présentation sur le site des Éd. du Cerf.
  2. Est né au Rwanda, pasteur de l’Église évangélique réformée du canton de Fribourg (Suisse). Il enseigne l’exégèse et la théologie de l’Ancien Testament, ainsi que la littérature juive de l’époque hellénistique et romaine à la Faculté de théologie de l'université de Fribourg. Voir le texte de présentation sur le site des Éd. du Cerf.
  3. est religieux dominicain catholique romain, professeur émérite d'Ancien Testament à l'université de Fribourg et enseignant à l'École biblique et archéologique de Jérusalem. Voir le texte de présentation sur le site des Éd. du Cerf.
  4. Est prêtre catholique romain et théologien. Il enseigne la psychologie et la spiritualité en tant que professeur de l' University of West Georgia. Il est également psychothérapeute, auteur et conférencier.
  5. Ancien professeur de Nouveau Testament à Westmont College.

Articles connexes