Hoazin huppé

Opisthocomus hoazin
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Hoazin huppé
Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves

Ordre

Opisthocomiformes
— auteur incomplet —, date à préciser

Famille

Opisthocomidae
Swainson, 1837

Genre

Opisthocomus
Illiger, 1811

Nom binominal

Opisthocomus hoazin
(Statius Müller, 1776)

Répartition géographique

Description de l'image Hoatzin_(Opisthocornus_hoazin)_world.png.

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

L’hoazin huppé ou hoazin, aussi appelé hoatzin ou sassa (en créole guyanais) (Opisthocomus hoazin), est une espèce d’oiseaux tropicaux que l’on rencontre en Amérique du Sud, dans les marais des bassins de l’Amazone et de l’Orénoque.

Description

Hoazin s'apprêtant à voler.

C'est un grand oiseau (62 à 70 cm de longueur) arboricole et grégaire. Sa queue est longue et ses ailes sont larges. Il possède un long cou et une petite tête. Celle-ci porte une huppe hérissée. Ses yeux rouges contrastent avec sa face bleue, dépourvue de plumes. C’est un piètre voilier.

C’est une espèce bruyante, qui émet toute une variété de cris rauques, dont un a été comparé à la respiration asthmatique d’un fumeur.

D'après un fossile découvert en Colombie daté du Miocène, il est considéré comme l'oiseau moderne le plus ancien encore existant : plus de 18 millions d'années[1].

Position taxinomique

On a beaucoup discuté de sa position taxonomique, c’est-à-dire sa parenté avec les autres espèces d’oiseaux. On a créé une famille qui lui est propre, les Opisthocomidae. Sibley le considérait proche des coucous, mais cela est remis en question du fait que les coucous ont un pied zygodactyle (2 doigts dirigés vers l’avant, 2 vers l’arrière), alors que l’Hoazin, d’une manière plus traditionnelle, a trois doigts vers l’avant et un vers l’arrière.

Il n'existe pas d'espèce qui lui soit proche, et donc ceux qui le placent dans un ordre créé rien que pour lui, Opisthocomiformes, expriment cette incertitude encore plus avant. Il a été auparavant placé dans les ordres des Cuculiformes, des Galliformes, et des Coliiformes.

Régime alimentaire

L'hoazin huppé phyllophage avec son jabot particulier.

L’hoazin consomme les feuilles et fruits de plantes qui croissent dans les marais où il vit. Une des nombreuses particularités de cette espèce est qu’elle possède un système digestif unique parmi les oiseaux. Les hoazins ont recours à une fermentation bactérienne dans la première partie de l’intestin, afin de réduire en morceaux les matières végétales qu’ils consomment, à la manière du bétail et des autres ruminants. Afin de pouvoir digérer la cellulose des feuilles, l’hoazin a développé un jabot particulier qui fait un tiers de son poids et qui fonctionne à la manière du rumen des ruminants, c'est pourquoi on surnomme parfois l’hoazin « la vache volante[3] ». Ce jabot et l'œsophage de l'oiseau hébergent des bactéries qui dégradent la cellulose en acides gras volatils assimilables par l'intestin grêle. La présence de ces bactéries engendre une odeur parfois repoussante, ce qui vaut à l'animal le surnom d'« oiseau puant [4]». L’hoazin est ainsi le seul animal à sang chaud qui ne soit pas un mammifère présentant un tel système de digestion de la cellulose.

Les hoazins sont grégaires et nichent en petites colonies. Ils pondent 2 ou 3 œufs dans un nid de brindilles placé dans un arbre qui surplombe l’eau.

Un cas particulier : les griffes des juvéniles

Illustration de 1922 montrant un jeune hoazin escaladant une branche avec ses griffes alaires.

Le poussin, qui est nourri par régurgitation, présente lui aussi une curieuse particularité : il possède, cas unique chez les espèces d'oiseaux actuelles, une « main » munie de deux doigts griffus à chaque aile ; appelées griffes alaires, elles l’aident à s’agripper aux branches quand il grimpe parmi les arbres, après s’être volontairement laissé tomber du nid dans l'eau (méthode de défense). Au bout de quelques semaines, les griffes, désuètes, s'atrophient et disparaissent ; néanmoins, certains spécimens adultes ont été observés avec leurs griffes encore présentes[5].

Ce trait particulier amène inévitablement à faire des comparaisons avec les fossiles d’Archéoptéryx. L’hoazin serait, en somme, une sorte de chaînon manquant entre les oiseaux modernes et les dinosaures théropodes. Néanmoins, l’hoazin possède des caractéristiques d'oiseaux modernes, et seules les « griffes » semblent être un caractère primitif à part entière. Cela reste néanmoins une preuve supplémentaire de la parenté intime entre les oiseaux et les dinosaures

Il existe deux théories sur l'apparition de ces griffes chez les petits : il s'agirait soit d'atavisme : il existerait donc un gène héréditaire donné commun à tous les oiseaux, normalement inactif, et qui a pour origine les dinosaures théropodes, et qui serait redevenu actif pour l'hoazin, lui donnant un avantage de survie supplémentaire, ce qui démontrerait irréfutablement la parenté entre les oiseaux et les dinosaures ; soit, bien que cela soit considéré généralement comme moins probable, d'un cas particulier d'évolution parallèle : l’hoazin aurait évolué pour développer ces griffes, et ce caractère n'aurait pas de lien avec les dinosaures théropodes. Il se peut aussi que l'animal ait toujours eu cette particularité depuis que son ancêtre ait commencé à évoluer : il aurait acquis des caractéristiques des oiseaux en continuant d'avoir ses griffes à la différence des autres espèces.

Aussi, il n'est pas réellement le seul à posséder cette particularité, certaines espèces d'oiseaux, comme les jacanas, le Vanneau à éperons et le Vanneau Téro possèdent un éperon griffu à l'endroit où devrait se trouver la « main » de l'animal. Des oiseaux « modernes » aujourd'hui disparus, les Phorusrhacidae (ou Oiseaux Terreurs), possédaient, pour certaines espèces, des doigts très développés aux ailes.

Notes et références

  1. (en) Alden H. Miller, « A fossil Hoatzin from the Miocene of Colombia », Auk, vol. 70, no 4,‎ , p. 484–495 (lire en ligne [PDF]).
  2. (en) Janet René Kornegay, Evolution of Avian Lysozymes, University of California, , p. 10.
  3. Olivier Dautel, Jean-Yves Nogret, La biologie pour les nuls, First Éditions, , p. 294.
  4. Amélie Puthon, « L'Hoazin huppé » [PDF], sur association Kwata, étude et conservation de la faune de Guyane, Direction régionale de l'environnement de Guyane, (consulté le 29 février 2016), p. 4.

Liens externes

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Espèce