Histoire du Cameroun

C'est l'historique de la République du Cameroun, un pays à l'Afrique centrale.

Époque pré-coloniale

Les premiers habitants du Cameroun furent probablement les Baka, également appelés pygmées. Ils habitent toujours les forêts des régions du sud et de l'est.

  • Ier millénaire av. J.-C. : la zone couvrant le sud-ouest de l'actuel Cameroun et le sud-est du Nigeria aurait été le berceau des peuples bantous.
  • Ve siècle av. J.-C. : d'après certains historiens, le carthaginois Hannon aurait atteint le mont Cameroun qu'il aurait baptisé le « char des Dieux ». D'autres historiens rejettent cette théorie arguant l'absence de trace de son passage au Cameroun et les conditions matérielles de l'époque qui n'auraient pas permis une expédition aussi éloignée de Carthage.

Bases africaines

La zone couvrant le sud-ouest de l'actuel Cameroun et le sud-est du Nigeria ont été le berceau des peuples bantous au Ier millénaire avant notre ère.

Les Tikars, les Bamouns et les Bamilékés migrent ensuite pour s'installer sur les hauts plateaux camerounais.

Au nord, la civilisation des Saos, mal connue, se développe dans le bassin du lac Tchad. Cette région passe au XVIe siècle sous le contrôle de l'empire de Kanem-Bornou. Le premier état connu des historiens dans la région est celui du Kanem, qui se développe autour du lac Tchad à partir du IXe siècle. Il devient musulman au XIe siècle et atteint son apogée à la fin du XVIe et au XVIIe siècle. Il impose sa souveraineté à la majeure partie du territoire camerounais. Mais il se heurte sans cesse à la résistance des peuples et des petits royaumes camerounais (notamment les royaumes kotoko et mandara).

À la fin du XVIe siècle, la grande vague migratoire des Peuls (ou Foulbés, du peul, Fulɓe), peuple de pasteurs nomades qui se déplacent d'ouest en est depuis le Macina, atteint le lac Tchad. Au siècle suivant, les Peuls s'implantent dans l'Adamaoua actuel, contribuant à la diffusion de l'islam. Ils s'organisent en petits États théocratiques musulmans, dirigés par un lamido, à la fois chef politique et spirituel.

Le royaume Bamoun est fondé à la fin du XVIe siècle et prend son essor sous le règne de Mboumbouo Mandù, à la fin du XVIIIe siècle, qui étend son territoire par la force des armes. Il s'emploie ensuite à consolider son pouvoir. Au début du XIXe siècle, les États musulmans étendent et consolident leur pouvoir.

En 1804, Usman dan Fodio et les Peuls du Nigeria lancent une guerre sainte contre les Haoussas afin d'étendre le royaume toucouleur. Forts de cet exemple, les Peuls du Sud rallient leur cause et propagent le djihad dans leur région. Adama, chef des Peuls du sud, prend le titre de cheikh et les plateaux du Sud islamisés prennent le nom d'Adamaoua. Leur capitale, Yola, se trouve sur la Bénoué. Le lamido Adama meurt en 1847.

Le royaume bamoun doit lutter contre l'expansion peule.

Du XVIe au XIXe siècle

À la recherche de la route des Indes, les Portugais arrivent sur les côtes en 1472. Étonné par le nombre de crevettes, le navigateur Fernando Póo baptise le pays « Rio dos Camaroes» ce qui veut dire "rivière des crevettes" (l'estuaire du Wouri). Vers 1532 la traite des Noirs se met en place notamment grâce à la collaboration des Doualas. Les européens n'y fondent cependant pas d´établissements permanents comme Luanda ou Saint-Louis à cause des côtes marécageuses, difficiles d'accès et infestées de malaria.

Au XVIIIe siècle arrivent les pasteurs peuls ou (Foulbe) venus de l'ouest, qui refoulent les Kirdis et les Massas de la plaine du Diamaré, entre Logone et Bénoué. Ils islamisent les plateaux du Sud. Leur chef, Ousmane dan Fodio, envoie son guerrier Adam islamiser les plateaux du Sud, rebaptisé Adamaoua. Il est stoppé par le royaume Bamoun. Le royaume Bamoun s'islamise sous l'impulsion du roi Njoya. Njoya restera célèbre pour l'alphabet composé d'idéogrammes qu'il crée et pour la carte du pays qu'il fait établir.

  • XVIe siècle : Fondation du royaume Bamoun.
  • 1827 : exploration britancamerounaise[Quoi ?] et du Biafra
  • 1845 : début de l'évangélisation par lnique[Quoi ?] de la côte a Baptist Missionary Society de Londres[pas clair]
  • 1847 : mort du lamido Adama ; la capitale de l'Adamaoua, Yola, se trouve alors sur la Bénoué. Le royaume bamoun, dont la capitale se situe à Foumban, doit lutter contre l'expansion peule.
  • 1868 : installation de négociants allemands
  • 1884 : les Doualas signent un traité d'assistance avec l'Allemagne, celle-ci proclame sa souveraineté sur le Kamerun
  • 1890 : installation de la Societas Apostolus Catholici (évangélisation)

Époque coloniale

La construction de l'état Camerounais :
Article détaillé : Histoire coloniale du Cameroun.

En 1845, des missionnaires baptistes britanniques s'installent au Cameroun, qui entre de fait dans la zone d'influence de la Grande-Bretagne. Mais cela ne dure pas très longtemps : en 1868 un comptoir allemand est ouvert près de Douala par Carl Woermann , un marchand de Hambourg.

Colonisation allemande

La colonisation allemande commence en 1884 avec la signature en juillet d'un traité entre le roi de Bell et Gustav Nachtigal. Le protectorat s'étend du lac Tchad au nord aux rives de la Sangha au sud-est. La ville de Buéa au pied du mont Cameroun en devient la capitale avant d'être destituée au profit de Douala en 1908. En 1911, un accord franco-allemand étend les possessions allemandes à certains territoires de l'Afrique-Équatoriale française.

L'Allemagne est en particulier intéressée par le potentiel agricole du Cameroun et confie à de grandes firmes le soin de l'exploiter et de l'exporter. Le chancelier Bismarck définit l'ordre des priorités comme suit : le marchand d'abord, le soldat ensuite. Ce serait en effet sous l'influence de l'homme d'affaires Adolph Woermann, dont la compagnie a implanté une maison de commerce à Douala, que Bismarck, d’abord sceptique sur l’intérêt du projet colonial, s'est laissé convaincre. De grandes compagnies commerciales allemandes (Woermann, Jantzen und Thoermalen) et compagnies concessionnaires (Sudkamerun Gesellschaft, Nord-West Kamerun Gesellschaft) s'implantent massivement dans la colonie. Laissant les grandes compagnies imposer leur ordre, l'administration se contente de les épauler, de les protéger, et de tenter d'éliminer les rébellions indigènes[1].

Colonisation franco-britannique

Après la Première Guerre mondiale, pendant laquelle le Cameroun est conquis par les forces franco-britanniques, la colonie allemande est partagée en deux territoires confiés à la France (pour les quatre cinquièmes) et le restant au Royaume-Uni par des mandats de la Société des Nations (SDN) en 1922. Pendant les vingt premières années, la France s'emploie notamment à liquider les rébellions de populations Kirdi dans le nord du Cameroun. Si la pacification de cette région s'accompagne de massacres et de pillages récurrents, la France, à la différence de l'Allemagne, pratique aussi une politique d'assimilation à l'instar de ce qui se passe dans ses autres colonies.

L'administration française, réticente à rétrocéder aux compagnies allemandes leurs possessions d'avant guerre, en réattribue certaines à des compagnies françaises. C'est notamment le cas pour la Société financière des caoutchoucs, qui obtient des plantations mises en exploitation pendant la période allemande et devient la plus grande entreprise du Cameroun sous mandat français. Des routes sont construites pour relier les principales villes entre elles, ainsi que diverses infrastructures telles que ponts et aéroports. La ligne de chemin de fer Douala-Yaoundé, commencée sous le régime allemand, est achevée. Des milliers d'ouvriers sont déportés de force vers ce chantier pour y travailler cinquante-quatre heures par semaine. Les ouvriers souffrent également du manque de nourriture et de la présence massive de moustiques. En 1925, le taux de mortalité sur le chantier s'élève à 61,7 %. Les autres chantiers ne sont cependant pas aussi meurtriers, bien que les conditions de travail y soient généralement très dures[1].

Le Cameroun français se rallie à la France libre en août 1940. Le système instauré par la France libre s'apparente à une dictature militaire. Leclerc instaure l'état de siège sur tout le territoire et abolit presque toute liberté publique. L'objectif est de neutraliser tout sentiment potentiellement indépendantiste ou de sympathie pour l'ancien colonisateur allemand. Les indigènes connus pour leur germanophilie sont exécutés en place publique[1]. En 1945, le pays est placée sous tutelle de l'ONU. Malgré cela, il devient en 1946 un « territoire associé » de l'Union française.

Après la Seconde guerre mondiale, deux évènements accélèrent le développement d'un sentiment nationaliste et anticolonial. En septembre 1945, à Douala, des colons ouvrent le feu sur une manifestation de grévistes la faisant dégénérer en émeute. Les affrontements s'étendent et un avion sera même utilisé pour mitrailler les émeutiers. Officiellement, selon les autorités coloniales, le bilan serait de 8 morts et 20 blessés, mais selon l'historien Richard Joseph, ce bilan serait très inférieur à la réalité et les morts se compteraient en dizaines. Le second évènement majeur est la création du Rassemblement démocratique africain à Bamako en septembre 1946, auquel participe des militants camerounais comme Ruben Um Nyobe[2].

Chemin vers l'indépendance

En 1948, l'Union des populations du Cameroun (UPC), un mouvement nationaliste, est fondée et Ruben Um Nyobe en prend la direction. En mai 1955, les arrestations de militants indépendantistes sont suivies d'émeutes dans plusieurs villes du pays. La répression fait plusieurs dizaines (l'administration française en recense officiellement vingt-deux, bien que des rapports secrets en reconnaissent beaucoup plus) ou centaines de morts. L'UPC est interdite et près de 800 de ses militants sont arrêtés, dont beaucoup seront battus en prison. Recherchés par la police, des militants de l'UPC se réfugient dans les forêts, où ils forment des maquis, ou au Cameroun britannique voisin. Les autorités françaises répriment ces événements, et procèdent à des arrestations arbitraires. Le parti reçoit le soutien de personnalités comme Gamal Abdel Nasser et Kwame Nkrumah et l'action de la France est dénoncée à l'ONU par les représentants de pays comme l'Inde, la Syrie et l'Union soviétique[1].

Une insurrection éclate chez les bassa dans la nuit du 18 au  : plusieurs dizaines de personnalités hostiles à l'UPC sont assassinées ou enlevées, des ponts, des lignes téléphoniques et d'autres infrastructures sont sabotées. Des unités de la garde camerounaise répriment violemment ces évènements ce qui entraîne le ralliement des paysans aux maquis. Plusieurs maquis de l'UPC sont constitués avec ses « généraux » et ses « capitaines » à la tête de « régiments » (150-200 guérilleros) et « bataillons » (50 guérilleros). L'armement est très sommaire : quelques fusils et pistolets dérobés, mais essentiellement des machettes, gourdins, arcs et flèches. Pour isoler la rébellion de la population civile Bassa, suspectée d’être particulièrement indépendantiste, cette dernière est déportée vers des camps situés le long des principaux axes routiers. Le général Lamberton, en charge des forces françaises, ordonne : « Toute case ou installation subsistant en dehors des zones de regroupement devra être entièrement rasée et leurs cultures avoisinantes saccagées. » Les villageois sont soumis au travail forcé pour le compte de la société Razel, notamment dans la construction de routes. Les Bassa vivant en ville sont expulsés vers leur région d'origine pour éviter que le « virus de la contestation » ne se propage[1].

L'Assemblée territoriale est élue au suffrage universel et avec un collège unique pour la première fois en décembre 1956 mais seules des formations sélectionnées par les autorités peuvent y participer[2]. André-Marie Mbida est choisi par Pierre Messmer comme premier ministre en mai 1957 et Ahmadou Ahidjo est nommé premier ministre adjoint. Il est remplacé par Ahmadou Ahidjo en février 1958.

Indépendance

Article détaillé : Guerre du Cameroun.

Le Cameroun français acquiert son indépendance le et devient la République du Cameroun. Les élections sur le territoire sous tutelle française sont entachées par des émeutes ethniques notamment en pays bamiléké. Les différentes ethnies réclament chacune leur indépendance. L'année suivante, la colonie britannique se divise en deux après un référendum d'autodétermination. Le Nord, principalement musulman, choisit d'intégrer le Nigeria. Quant au Sud, principalement chrétien, il choisit de rejoindre la République du Cameroun pour former la République fédérale du Cameroun. Le premier président du Cameroun est Ahmadou AhidjoPeul musulman du Nord – qui était Premier ministre depuis 1958. Dès son arrivée au pouvoir, Ahidjo favorise son ethnie, les Peuls (ou Foulbés) (politique, emploi, formation). Ahidjo est invité et reçu par le Président John Fitzgerald Kennedy aux États-Unis en 1962.

Pendant les premières années du régime, l'ambassadeur français Jean-Pierre Bénard est parfois considéré comme le véritable "président" du Cameroun. Cette indépendance est en effet largement théorique puisque des « conseillers » français sont chargés d'assister chaque ministre et disposent de la réalité du pouvoir. Le gouvernement gaulliste préserve son ascendant sur le pays à travers la signature « d'accords de coopération » touchant à tous les secteurs de la souveraineté du Cameroun. Ainsi, dans le domaine monétaire, le Cameroun conserve le franc CFA et confie sa politique monétaire à son ancienne puissance tutrice. Toutes les ressources stratégiques sont exploitées par la France, des troupes françaises sont maintenues dans le pays, et une grande partie des officiers de l'armée camerounaise sont Français, y compris le chef d'état-major[1].

Lors de son accession à l'indépendance, en 1960, le Cameroun se dote d'une Constitution à vocation pluraliste qui prévoyait le multipartisme. Cette constitution est, à peu de chose près, similaire à la constitution française. La France, "gendarme" des États-Unis, se fait l'apôtre des idées libérales face à la menace communiste. Toutefois, Dès le début des années 1960, les autorités multiplient les dispositions légales leur permettant de s’affranchir de l’État de droit : prolongation arbitraire des gardes à vue, interdiction des réunions et rassemblements, soumission des publications à la censure préalable, restriction de la liberté de circulation à travers l'établissement de laissez-passer ou du couvre-feu, interdiction pour les syndicats de lancer des souscriptions, etc. Toute personne accusée de « compromettre la sécurité publique » se voit privée d'avocat et ne peut faire appel du jugement prononcé. Les condamnations aux travaux forcés à perpétuité ou à la peine capitale — les exécutions peuvent être publiques — se font ainsi nombreuses. Un régime à parti unique est instauré en 1966[1].

Révolte et répression

En avril 1964, Marguerite Mbida, épouse de André-Marie Mbida, se présente comme tête de liste du PDC aux élections législatives d’avril 1964. Le PDC est le seul parti politique à se présenter à ces élections. Les responsables politiques camerounais de cette époque sont tous soit en exil soit en prison. Les électeurs du PDC descendent dans la rue pour protester contre les fraudes. Le gouvernement fait alors intervenir la gendarmerie dans les villages, et les protestataires sont massivement déportés vers les camps de concentration de Mantoum, Tcholliré et Mokolo.

L’État camerounais d'Ahmadou Ahidjo poursuit la lutte contre l'UPC et sa branche armée, l'Armée de libération nationale du Kamerun (ALNK). Il passe des accords de défense avec la France : « des personnels français sont chargés de procéder à l'organisation, à l'encadrement et à l'instruction des forces armées camerounaises »[3]. De violentes émeutes ensanglantèrent le pays Bamiléké et la région Bassa.

Polémique sur le nombre de victimes

Les avis diffèrent sur le nombre de victimes. En 2001, l'écrivain camerounais Mongo Beti indique :

« Les estimations varient d'un plancher de soixante mille morts, chiffre brandi par les dirigeants officiels, à quatre cent mille, statistique revendiquée par les dirigeants nationalistes radicaux. C'est bien connu, les bourreaux minimisent, les victimes maximalisent. ».

L'historien Marc Michel indique que l'essentiel des combats a eu lieu après l'indépendance. Il estime que « plus vraisemblablement, la guerre a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, principalement des victimes de la "guerre civile", après l’indépendance »[5]. Pour l'historien Bernard Droz, auteur d'un ouvrage sur la décolonisation, les évènements de la période 1955-1959 ont fait de l'ordre d'une dizaine de milliers de morts[6]. Les manuels scolaires d'histoire camerounais parlent eux d'« une rude répression ».

Époque contemporaine

Article détaillé : Histoire contemporaine du Cameroun.

En 1972, la république fédérale est remplacée par un État unitaire. Le Cameroun devient un pays producteur de pétrole en 1977. Prétendant vouloir faire des réserves pour les temps difficiles, les autorités gèrent les recettes pétrolières "hors budget" dans la plus totale opacité (les fonds sont placés sur des comptes parisiens, suisses et new-yorkais). Plusieurs milliards de dollars sont ainsi détournés au bénéfice de compagnies pétrolières et de responsables du régime. L'influence de la France et de ses 9 000 ressortissants au Cameroun reste considérable. La revue African Affairs note au début des années 1980 qu'ils « continuent à dominer presque tous les secteurs clés de l'économie, à peu près comme ils le faisaient avant l'indépendance. Les ressortissants français contrôlent 55 % du secteur moderne de l'économie camerounaise et leur contrôle sur le système bancaire est total[1].

Ce n'est qu'en novembre 1982 qu'Ahidjo démissionne, officiellement pour « raisons de santé », et est remplacé par son ancien Premier ministre, Paul Biya – chrétien du Sud. Il regrette son choix ultérieurement, mais, à la suite d'un coup d'État manqué de la part de ses partisans, il est contraint à l'exil en 1984. Cette révolution de palais met ainsi fin à un régime auquel un haut magistrat reprocha par la suite l'« hypertrophie du pouvoir exécutif, renforcé par le monopartisme envahissant, et [l']atrophie de tous les contrepoids, pour ne pas dire tout court [l']absence de contrepoids ». Le président Biya tente alors d'affermir son pouvoir en renouvelant totalement les cadres et les structures du parti unique, rebaptisé en 1985 Rassemblement démocratique du peuple camerounais. Il réussit même à y rallier quelques opposants « de l'intérieur ». L'ouverture est marqué, également, lors des élections municipales d'octobre 1987 : des élections pluralistes dans le cadre du parti unique. Quelques mois plus tard, Biya est réélu président, tandis que la quasi-totalité des députés sont battus par des nouveaux venus lors des législatives.

Néanmoins, des affrontements violents à Yaoundé mettent aux prises étudiants et policiers dès décembre 1987 et, la situation économique empirant, de nouveaux troubles sociaux éclatent à partir de 1989. Le , l'Assemblée nationale adopte une série de lois destinées à contrôler la création de nouveaux partis, alors que la Constitution prévoyait explicitement le multipartisme intégral. Plusieurs partis « proches du pouvoir » se font ainsi reconnaître sans problèmes, mais la plupart des partis d'opposition, dans le pays ou en exil, refusent de cautionner ce « multipartisme sous contrôle ».

Le , Sisiku Ayuk déclare symboliquement l'indépendance de la république d'Ambazonie, déclenchant une répression par les forces de l'ordre se soldant par des morts, des blessés, des émeutes, barricades, manifestations, couvre-feu, etc[7]. En janvier 2018, le Nigéria compte entre 7 000 et 30 000 réfugiés liés au conflit et à la répression à la suite de cette déclaration d'indépendance[8].

Le 5 janvier 2018, des membres du gouvernement intérimaire d'Ambazonia, dont le président Sisiku Julius Ayuk Tabe , ont été arrêtés au Nigéria et déportés au Cameroun. Ils ont ensuite été arrêtés et ont passé 10 mois dans un quartier général de gendarmerie avant d’être transférés dans une prison à sécurité maximale de Yaoundé. Un procès a débuté en décembre 2018.

Le 4 février 2018, il a été annoncé que M. Samuel Ikome Sako deviendrait le président par intérim de la République fédérale d'Ambazonia, succédant temporairement à Tabé. Sa présidence a vu l'escalade de la guerre et son extension à tout le sud du Cameroun. Le 31 décembre 2018, Ikome Sako a déclaré que 2019 verrait le passage d'une guerre défensive à une guerre offensive et que les séparatistes s'efforceraient d'obtenir une indépendance de facto sur le terrain.

Références

  1. a b c d e f g et h Thomas Deltombe, Manuel Domergue, Jacob Tatsita, Kamerun !, La Découverte,
  2. a et b Saïd Bouamama, Figures de la révolution africaine, La Découverte, , p. 98-116
  3. Article premier de ces accords de défense - cité par Dieudonné Oyono dans Avec ou sans la France ? La politique africaine du Cameroun depuis 1960, L'Hamattan, 1990
  4. Marc Michel, La guerre oubliée du Cameroun, in L'Histoire, no 318, mars 2007, p. 53
  5. Histoire de la décolonisation au XXe siècle, Points histoire, 2009, (ISBN 2757812173)
  6. « Le Cameroun anglophone, en ébullition, compte ses morts », Le Monde,‎
  7. Joan Tilouine, « Patrick, Camerounais anglophone réfugié au Nigeria : “Plus que jamais, je suis ambazonien !” », sur Le Monde Afrique,

Voir aussi

Bibliographie

  • Louis Ngongo, Histoire des forces religieuses au Cameroun, Karthala, Paris, 1982, 300 pages.
  • (en) Mark Delancey Historical dictionary of the Republic of Cameroon, Scarecrow Press, Lanham, Md., 2000, XXXVI-359 p. (ISBN 0-8108-3775-7)
  • (en) Victor Julius Ngoh, History of Cameroon since 1800, Presbook, Limbe, 1996 (édition révisée), 367 p.
  • Franklin Eyelom, L'impact de la Première Guerre mondiale sur le Cameroun, L'Harmattan, Paris, 2007, 198 p. (ISBN 978-2-296-04528-6)
  • Dieudonné Tahafo Fonguieng (dir.), Histoire des femmes célèbres du Cameroun, Cognito, Yaoundé, 2008, 178 p. (ISBN 978-995-641201-3)
  • Aliou Shetima Le Cameroun après l'indépendance (petit écrivain) Ngaoundéré- Cameroun. *élève lycée classique*
  • Jean-Claude Kanmogne-Tamuedjon, La colonisation et le Cameroun contemporain. Cinquante ans après l'Indépendance et la réunification, L'Harmattan Cameroun, Paris, Yaoundé, 2012, 188 p. (ISBN 9782296964525)
  • M.Z. Njeuma (dir.), Histoire du Cameroun (XIXe s.-début XXe s.), (traduit de l'anglais par J.A. Mbembe et E. Nguematcha), L'Harmattan, Paris, 1989, 312 p. (ISBN 2738400167)
  • Jules Sansterre Nkarey, Afrique : l'histoire entre le Cameroun anglophone et le Cameroun francophone : de 1472 à 2003, Publibook, Paris, 2004, 2006, 266 p. (ISBN 2-7483-0362-8)
  • Timothée Zogo, Les grandes lignes de l'histoire du Cameroun de 1472 à nos jours, Direction des recherches et des publications, Yaoundé, 1998, 23 p.

Articles connexes

  • Chronologie de Douala 

Liens externes