Histoire des Juifs en Belgique

Histoire des Juifs en Belgique
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Religion Judaïsme
Pays Belgique
Représentation Consistoire central israélite de Belgique
Président de la représentation Philippe Markiewicz
Autre représentation Comité de coordination des organisations juives de Belgique
Grand rabbin Albert Guigui
Langue(s) Néerlandais, français, hébreu, yiddish
Nombre de synagogues 45 (dont 30 à Anvers)
Population juive 29200 - 45000[1],[Note 1] (2018)
Localité significative Bruxelles, Anvers et autres
Groupes Ashkénaze, Séfarade et autres
Histoire
1261 Le duc Henri III de Brabant ordonne l'expulsion des Juifs
1832 Fondation du Consistoire central israélite de Belgique
1863 Inauguration de la Synagogue d'Arlon
1940 à 1945 Shoah en Belgique
26 mars 1969 Fondation du Comité de coordination des organisations juives de Belgique.
1981 Attentat de 1981 contre une synagogue d'Anvers
2005 Ouverture du musée juif de Belgique
Tuerie du musée juif de Belgique

Voir aussi

Histoire du judaïsme par pays

L'histoire des Juifs en Belgique ou sur le territoire lui correspondant actuellement, est attestée du xiiie siècle jusqu’à nos jours.

Une première installation de Juifs rhénans a lieu le long de l’axe commercial Bruges-Cologne mais elle disparaît ou se réduit presque totalement avant la fin du xive siècle. Des crypto-juifs s’installent également deux siècles plus tard dans le nord du pays afin d’échapper à l’Inquisition mais c’est surtout à partir du xixe siècle que se constitue le tissu juif du pays, avec un noyau de 30 000 personnes issues des communautés de France, des Pays-Bas et d’Allemagne, rejoints un siècle plus tard par des vagues originaires pour la plupart d’Europe de l’Est. La communauté juive atteint un pic à 100 000 membres à la veille de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah. Principalement concentrée autour des grandes villes de Bruxelles et d’Anvers, elle est actuellement descendue à moins de 30 000.

Moyen Âge

Rues des Juifs en Belgique

Belgium location map.svg

Baudour
Bourlers
Charneux
Couvin
Dison
Doische
Fontaine-L'Évêque
Forchies-la-Marche
Gedinne
Givry
Grandrieu
Grosage
Herchies
Jurbise
Matagne-la-Grande
Mons
Mussy-la-Ville
Neerheylissem
Nismes
Nivelles
Onnezies
Vance
Anvers
Budingen
Gand
Herenthout
Louvain
Malines
Saint-Trond
Tienen
Vlijtingen
Zoutleeuw
Eupen

Point carte.svg indique l'utilisation du terme juif ou Joden ou Juden

Des Juifs ont pu suivre les conquérants romains de la Gaule belgique mais la première mention incontestée d’une présence juive remonte aux environs de 1200, suite à l’arrivée de quelques familles en provenance de la région de Rhénanie ; suivant vraisemblablement l’axe commercial Bruges-Cologne, ils laissent des traces historiques à Jodoigne (au début du XIIIe siècle), Louvain (1220), Arlon (1226), Tirlemont (1232), Bruxelles (première moitié du XIIIe siècle), Léau (1253) et Malines (1273)[2],[3].

Quelques indices moins probants plaident en faveur d'implantations antérieures, mais qui n’auraient néanmoins pas été suffisamment significatives pour laisser des traces historiques. Il est fait état des bonnes relations entre l’évêché et les Juifs à Tongres et Tournai au ive siècle[4], d’une communauté juive à Gand dans une chronique du viiie siècle[5], de Juifs servant d’intérmédiaires commerciaux avec l’Orient pour le compte des Carolingiens, de marchands juifs en Flandre depuis les invasions normandes, d’une communauté à Huy au ixe siècle[6] et d’une disputation d’un médecin juif avec le prince-évêque Wazon à Liège au xie siècle[7].

Ils vivent principalement du commerce et du prêt sur gage car ce métier est interdit aux chrétiens[8] mais ils doivent faire face à une vive concurrence des banquiers lombards[9] ; perçus comme des étrangers et interdits de résidence, ils obtiennent des « privilèges » contre monnaie sonnante et trébuchante, qui ne les protègent ni de l’antijudaïsme de l’Église — ils sont astreints au port de la rouelle dès 1215, et à d’autres signes discriminatoires dont le judenhut, bien que ces mesures ne soient pas toujours appliquées[9] — ni de la vindicte populaire mais quelques juiveries et autres rues au nom évocateur apparaissent dès 1255 ainsi que des pierres tombales aux caractères hébraïques.
La volonté du duc Henry III d’expulser les usuriers juifs du Brabant et les conseils prodigués à sa veuve Aleyde par Thomas d’Aquin pour limiter leur influence, n’empêchent pas l’arrivée en Belgique d’autres Juifs, au gré des expulsions d’Angleterre ou de France[2],[10] (des Juifs arrivent ainsi dans le Hainaut en 1307, après avoir été expulés et spoilés par Philippe IV le Bel[11]).

Carte du centre de Bruxelles en 1695, indiquant les quatre Ioode trappen (« escaliers des Juifs ») dans ce qui était autrefois connu comme le quartier juif
L'« escalier des Juifs » en 1913 avec, à gauche l'hôtel Ravenstein, avant les grands travaux du centre-ville

Ces communautés disparaissent cependant avant la fin du xive siècle: décimés en 1309 lors de la Croisade des Pauvres , les Juifs, placés sous la protection du duc Jean II, parviennent à reconstituer une communauté assez importante pour produire un manuscrit enluminé du Pentateuque dédié à l’une des victimes des croisés[12], et se doter d’un rabbin. Ils sont cependant ravagés quelque cinquante ans plus tard par la peste noire qui déferle sur l’Europe, et doivent en outre faire face aux accusations d’avoir empoisonné les puits pour propager l’épidémie ou d’avoir profané des hosties pour tenter de porter atteinte au corps du Christ — une diatribe des Flagellants contre les Juifs-empoisonneurs provoque un massacre de centaines de Juifs à Bruxelles en 1349, lequel marque tant le moine tournaisien Gilles Le Muisit[13] que le martyrologe juif[14], et six à vingt Juifs sont exécutés sur le bûcher à la suite du Sacrement du Miracle en 1370, également appelé « miracle de l’hostie sanglante » ou « miracle de Bruxelles ». Abondamment relayé dans la culture belge, il donne lieu, après avoir été reconnu par l'Église catholique en 1402, à un culte antijuif des reliques qui ne prendra fin qu’au xxe siècle[15] ainsi qu’à une importante production iconographique dont une tapisserie à la cathédrale de Bruxelles ou les vitraux de l'église Saint-Nicolas à Enghien[16].

Bien qu’aucun décret n’impose leur expulsion de manière officielle, il n'y a plus de preuve d'une présence significative de Juifs en Belgique, et les sobriquets le Juif à Mons ou de Juede en Flandre ne permettent pas d'attester une véritable présence juive car ils peuvent donner lieu à diverses interprétations (les épisodes dits du sacrilège de Cambron et du sacrement de Bruxelles démontrent en effet que l’hostilité anti-juive ne disparaît pas avec un éventuel passage au christianisme, et le surnom pourrait n’indiquer qu’une ascendance voire une parenté avec un individu soupçonné de l’avoir été)[17]. La synagogue de Bruxelles aurait elle-même été convertie en un sanctuaire dédié au « Très Saint Sacrement »[18],[19] puis reconstruite en chapelle au xve siècle. La rue proche garde cependant le nom de Jodentrappen ( l'escalier des Juifs ) et l'édifice sera connu comme la « chapelle Salazar »[18],[20]. D'autres rues dans ce qui était connu comme le quartier des Juifs jusqu'au XIVe siècle[21], sont appelées « petit escalier des Juifs »[22], « montagne des Juifs »[22], « pont des Juifs »[22], « Jodenpoelstraat »[23] ou encore « rue du Juif », sont autant de vestiges de cette époque[24], et une partie de l'édifice connu aujourd'hui comme l'hôtel Ravenstein construit sur les lieux avoisinants, sera surnommée « La synagogue »[25].

Le comté de Luxembourg constitue une exception, étant sous la protection de l’empereur Charles IV et leur présence y est attesté notamment à Bastogne en 1352. Ceux-ci connaissent une certaine prospérité au siècle suivant grâce à la disparition de leurs concurrents lombards ainsi qu'à l’arrivée de Juifs expulsés de l’archevêché de Trèves en 1418[3].

Du xvie siècle à l’indépendance

En 1523, un droit de séjour est conféré aux membres de la « nation portugaise » venus s’établir quelques décennies plus tôt dans la ville portuaire d’Anvers, qui fait alors partie des Dix-Sept Provinces sous la tutelle des Habsbourg. La banque Mendès ouvre en outre ses bureaux à Bruxelles, et quelques militaires dont Miguel de Barrios y effectuent leur service dans les rangs de l’armée espagnole[12].
Jouissant d’une grande liberté de mouvement car le drapeau du Portugal flotte en tous coins de la planète, les Portugais développent à Anvers le commerce de l’argent et des épices ainsi que l’industrie des pierres précieuses et du sucre, participant à la fondation de la première bourse internationale de valeurs d’Europe en 1536. Certains de ces commerçants, dont les Rodriguez d'Evora, font si bien prospérer leur négoce qu’ils parviennent à intégrer complètement l'aristocratie flamande. Beaucoup sont cependant arrivés sur les bordures de l’Escaut pour s’éloigner autant que possible des tribunaux de l’Inquisition qui soupçonne — souvent à juste titre — ces Juifs séfarades contraints à la conversion en 1497 d’observer secrètement le judaïsme. Las pour eux, Anvers ne partage pas l’esprit de tolérance qui caractérise Amsterdam, où les Juifs sont autorisés à revenir ouvertement au judaïsme: bien que l’Inquisition n’ait pas été autorisée à y ouvrir ses tribunaux, plusieurs procès en hérésie sont menés, le plus fameux ayant lieu en 1532 et vise Diogo Mendes à titre posthume car la ville d’Anvers entend confisquer ses possessions si l’enquête devait le révéler mauvais chrétien[26]. En 1549, Charles Quint révoque le permis de séjour des Portugais car nombre de marranes propagent les idées et écrits de la réforme de Luther — là aussi, certains y adhèrent complètement tandis que d’autres veulent avant tout miner l’influence de l’orthodoxie catholique, et hâter la venue de l’esprit d’Amsterdam. La capitale des Pays-Bas est la destination privilégiée mais d’autres, parmi lesquels Beatriz de Luna, qui s’était établie à Anvers en 1536, choisissent de rejoindre Venise ou l’empire ottoman[26] ; quelques conversos regagnent Anvers au début du xviie siècle en raisons des troubles qui déchirent les Pays-Bas septentrionaux, et l’évêque d’Anvers obtient le démantèlement d’une synagogue secrète en 1682 mais lorsque la chose se reproduit en 1694, le converso Eliya Andrada porte l’affaire devant le tribunal, demandant la restitution de ce qui lui a été confisqué au nom du roi d’Espagne[2],[26],[27].

La situation des Juifs des Pays-Bas méridionaux s'améliore après la signature du traité d’Utrecht qui consacre la cession des Pays-bas méridionaux à l’empire d’Autriche. La priorité n’est en effet plus à la persécution mais à la captation ; bien que les taxes visent aux même but, savoir la limitation de l’immigration ou de l’installation, et qu’elles ne soient pas exemptes de vexations, assimilant les taxés à des biens meubles ou des bestiaux, des Juifs ashkénazes venus des contrées avoisinantes jugent les conditions de vie assez satisfaisantes pour y demeurer. Une communauté dont le rabbin est venu de Cracovie se développe à Bruxelles après 350 ans d’absence, et quelques Juifs parmi les plus aisés sont admis, malgré les fortes résistances du clergé, à la bourgeoisie de Bruxelles, d’Anvers ou d’Ostende quelques décennies plus tard — on dénombre ainsi quelque cent Juifs possédant un domicile fixe à Bruxelles en 1786. L’édit de tolérance de Joseph II, promulgué en 1781 à l’intention exclusive des protestants mais étendu aux Juifs en 1789, leur confère un accès plus étendu à certaines professions, une plus grande liberté cultuelle et une abolition de certaines discriminations[10],[28] ; les Juifs de Gand obtiennent ainsi le droit de prier dans une pièce d’un lieu, bien que leurs nouvelles libertés agacent les chrétiens[29].

En 1797, les Pays-Bas méridionaux ainsi que les pays de Liège, Stavelot et Malmédy, passent sous la domination de la République puis de l’Empire français — c’est de cette période que datent les premières preuves concrètes d’une installation juive dans ces régions, bien qu’il fût fait état d’une conversion en 1573 ou de vingt autres entre 1722 et 1787[7],[10]. Or, la France, traversée comme l’Autriche par l’esprit des Lumières, a voté en 1791 l’émancipation des Juifs qui cessent d’être les membres d’un groupe toléré pour devenir des « Français de confession israélite ». Les décrets impériaux de 1808 concernant les Juifs sont appliquées sur l’ensemble des possessions françaises et les Juifs des neuf départements belges sont rattachés aux consistoires israélites de Krefeld et de Trèves qui administrent les synagogues. Par ailleurs, quelques 852 Juifs de ces territoires, installés principalement à Anvers, Bruxelles, Herentals, Liège et Mons[2], adhèrent avec un enthousiasme grandissant à la Haskala, version juive des Lumières amorcée par le penseur berlinois Moses Mendelssohn qui a pour but de « régénérer » les Juifs afin de les intégrer dans leurs sociétés d’accueil. Cette régénération s’effectue par un changement de noms et prénoms, la diversification des activités professionnelles (marchands, artisans ou dentistes pour les hommes, brodeuses, garde-couches, institutrices ou servantes pour les femmes) en même temps que la suppression de l’usure avec laquelle ils s’étaient maintenus jusque-là ; ces changements entraînent un clivage entre une classe aisée d’installation ancienne, et une classe de pauvres qui sont pour la plupart issus de l’immigration[10].

Des familles importantes arrivent d’Angleterre, d’Allemagne et de Hollande comme les Landau, Lippman, Fürth, Hirsch et Simon — ces derniers s'illustrent dans la médaillerie et la sigillographie, et Jean Henri-Simon  effectue des commandes pour Charles-Alexandre de Lorraine ou le Duc d'Orléans avant de s’engager dans l'armée pour devenir lieutenant-colonel d'une compagnie franche. Les Juifs de Hollande font le commerce de perles, de diamants et de pierres précieuses ainsi que de crayons et de papeterie. Celles d’Allemagne se spécialisent dans la dentelle et la galanterie mais aussi dans le commerce de chevaux. Les métiers des familles ordinaires sont beaucoup plus divers: ils sont commercants, colporteurs, ouvrier-maçons, brocanteurs, bouchers, boulangers ou même artisans en lutherie et en gravure. Certains sont fournisseurs de vin ou de produits de droguerie, d'autres sont instituteurs ou libraires. Au XIXe siècle, s'ajoutent les métiers de l'imprimerie et de la publicité ainsi que les métiers du domaine médical. D’anciens colporteurs ouvrent des échoppes et des magasins, d’anciens artisans montent leur entreprise de verres et cristaux, deviennent fournisseurs d'équipement militaire ou fondent une fonderie[30].

Le régime hollandais de 1815 à 1830 ne modifie pas l'organisation institutionnelle, à mi-chemin entre le modèle napoléonien de la communauté et les Lumières qui cantonnent la judéité au domaine privé[10],[28] mais il s’accompagne d’un mouvement d’immigration significatif puisque la Belgique compte environ 3 500 Juifs à la veille de son indépendance. Chaque communauté affiche son propre profil socio-économique, comportant une proportion variable de Juifs originaires de France, d’Allemagne ou de Hollande: les premiers sont les plus faiblement représentés car beaucoup se sont repliés sur la France en 1815 ; les seconds constituent l’essentiel de la classe moyenne et la plupart des grandes fortunes juives en sont issus ; les troisièmes sont au contraire les plus récemment arrivés et les plus démunis mais ils composent plus de la moitié de la population juive. C’est en outre d’Amsterdam qu’arrive l’érudit juif allemand Hartog Somerhausen pour devenir le secrétaire de la communauté juive et établir une école israélite à Bruxelles qui entend mettre l’accent sur l’hollandisation de ses élèves, ce qui lui vaut d’être déclarée “école modèle”[31]. Une maison de la rue aux Choux puis de la rue de l’Écuyer assure la célébration du rite hébraïque à Bruxelles[24]. Les Juifs de Gand changent eux aussi souvent de locaux, puisqu’un Juif déclare en 1809 que la synagogue de la Waaistraat est désormais située à Minnemanssteeg, et qu’elle se retrouvera ultérieurement dans l’Abrahamstraat, la Winkelstraat puis, beaucoup plus tard, dans la Vlaanderenstraat[32].

De l’indépendance à la Grande Guerre

Le premier timbre belge, à l’effigie du roi Léopold Ier, réalisé par Jacob Wiener. Ses frères Charles et Léopold se sont, eux aussi, illustrés dans la gravure et la médaillerie

L’indépendance de la Belgique, proclamée en 1830, entraîne des évènements décisifs pour les communautés juives qui l’habitent: du point de vue politique, elle est motivée par une idéologie libérale qui a tôt fait de séparer l’État de l’Église, et d’abroger les discriminations antijuives dont le serment more judaico pluriséculaire[10] ; du point de vue démographique, près d’un tiers des Juifs hollandais font le choix de revenir sous la tutelle orangiste, à l’instar des Juifs de France qui étaient retournés dans le giron de Louis XVIII en 1815, et les Juifs originaires d’Allemagne deviennent prépondérants dans la communauté. Plusieurs de ces familles, dont les Bischoffsheim, Oppenheim ou Wiener, rejoints par les Errera de Venise et les Lambert de France, mettent leur fortune au service de la jeune nation belge[28]. Les Juifs venus d’Allemagne sont surreprésentés dans les instances communautaires, en particulier à la présidence du Consistoire central israélite de Belgique, créé en 1832 pour assurer la liberté de culte et la prise en charge des salaires des ministres du culte par l’État garantie par la constitution de 1831 (son existence demeure cependant implicite jusqu’à sa reconnaissance par arrêté royal en 1876)[28]. Leur contribution au développement de la Belgique n’est pas seulement financière: Adolphe Oppenheim est l’un des souscripteurs à la création de l’Université Libre de Bruxelles, Jonathan-Raphaël Bischoffsheim siège à la ville de Bruxelles où il crée le premier enseignement professionnel pour filles en 1864[33],[34], puis au sénat pendant quinze ans, et Jacob Wiener devient le graveur du roi, réalisant le premier timbre belge.

Attestant de la nouvelle liberté religieuse, des synagogues monumentales apparaissent en plusieurs coins de la Belgique: après l’inauguration en 1878 de la Grande synagogue de Bruxelles sise rue de la Régence, innovant sur la stricte tradition juive par son orgue et dirigée par le grand-rabbin Élie-Aristide Astruc, la synagogue de la rue de Bavière qu’avait inaugurée avec effusion Elyakim Carmoly en 1834[35], est cédée en 1886 par le Parti ouvrier belge qui en fera sa Maison du Peuple en 1892[36]. De même à Anvers: après s’être tenu dans la maison de Moïse Kreyn, la communauté ashkénaze de Hollande inaugure sa synagogue en 1832 dans la rue Paardenmarkt (ainsi qu’un bain rituel l’année suivante), avant de se déplacer en 1864 sur le site d’une ancienne église à la Grote Pieter Potstraat[26],[37], alors que l’on construit la synagogue d’Arlon. Ce judaïsme se veut intégré et patriote: le Règlement organique pour le service public du culte dans les synagogues, adopté par le Consistoire et approuvé par le grand-rabbin Carmoly, stipule que les sermons synagogaux doivent être accompagnés d'une prière pour le Roi des Belges, pour l’administration publique, le Consistoire, pour toute la communauté juive ainsi que pour les étrangers. Une dernière prière est adressée aux malades, aux femmes enceintes, aux voyageurs et en général « pour tous ceux qui ont besoin d'un secours particulier de la Providence[38]. »

Émigrants dans la rue Montevideo, pastel montrant des Juifs d'Europe de l'Est en attente près des bureaux de la Red Star Line à Anvers, dans l'espoir d'être expédiés à Ellis Island, par E. van Mieghem, 1899

Diverses vagues d’émigration accroissent la population juive au cours du xixe siècle: de la révolution de 1848 à la guerre de 1870, l’atmosphère libérale de Bruxelles séduit nombre d’agitateurs ou dissidents politiques qui indisposent les régimes changeants de France, et de nombreux Juifs viennent trouver refuge sur le sol belge ; les divers changements qui secouent l’Allemagne encouragent aussi une immigration juive, en particulier d’académiciens empêchés par les quotas ou autres restrictions qu’ils ne recontrent pas à l’Université Libre de Bruxelles ; la modernisation des techniques de taille, provoquée par la découverte en 1870 de gisements diamantifères en Afrique du Sud, couplée à l’insécurité économique des Juifs de Hollande, provoque leur afflux à Anvers dans les années 1880. C’est cependant à partir de 1881 que le visage du judaïsme belge se modifie: fuyant les pogroms et la misère, des Juifs arrivent en masse de la zone de résidence que leur a assignée l’empire russe, rejoints dix ans plus tard par des Juifs de Galicie et du reste de l’empire austro-hongrois.
L’immigration est, à l’image des contrées dont ces Juifs proviennent, fort hétérogène: la prégnance de la tradition juive est souvent plus importante parmi les arrivants, qu’ils viennent des petites bourgades isolées ou des grandes villes, mais l’on compte aussi de nombreux révolutionnaires — qu’ils militent pour l’établissement d’un foyer national juif, luttent pour la création d’une humanité internationale et athée où tous, Juifs inclus, seraient camarades et égaux ou pour le regroupement des travailleurs autour d’une union qui garantirait le maintien de leur propre culture, yiddishophone et laïque — pour lesquels la Belgique n’est censément qu’une étape avant « l’Amérique » ; refoulés, ils choisissent pour la plupart de demeurer à Anvers qui devient le principal centre du judaïsme belge au tournant du xxe siècle[10],[28].

Jours de deuil, huile sur toile montrant l'intérieur d'une maison juive en deuil, J. Voerman , v. 1884

Les Juifs ne représentant pas une entité hostile, la Belgique n’a pas de raison de les repousser, d’autant qu’ils font prospérer l’économie locale, en particulier le commerce diamantaire ; elle se réserve cependant le droit de naturaliser les arrivants ou leurs enfants même lorsqu’ils naissent sur le sol belge, ce qui facilite une éventuelle expulsion[39].

Les différents groupes du judaïsme belge s’organisent: trois synagogues sont érigées à Anvers pour répondre au besoin de ses trois communautés — la communauté ashkénaze venue des Pays-Bas, aisée, bilingue et de modèle consistorial, fait bâtir la synagogue hollandaise en 1893 à la Bouwmeestersstraat tandis que la communauté séfarade, issue des marranes du xvie siècle inaugure la synagogue portugaise à la Hovenierstraat vingt ans plus tard. Bien que plus ancienne que la précédente, elle n’aura été reconnue officiellement qu’en 1910, en même que la nouvelle des Machsikei Hadas (« les maintenants de la religion ») qui devra attendre quant à elle 1914 pour ouvrir sa synagogue officielle mais qui aura déjà acquis l’école Yessodei HaTorah (« les fondements de la Torah ») en 1895 ainsi que le cimetière juif de la ville hollandaise de Putte aux Pays-Bas[26] car elle garantit une inhumation à perpétuité alors que les cimetières belges exigent le renouvellement du bail selon les modalités de chaque commune[réf. souhaitée]. Privilégiant le clivage du diamant et d’autres opérations qui peuvent être effectuées à domicile ou en comité restreint, et sont donc plus compatibles avec leur mode de vie, les nouveaux immigrants orthodoxes s’établissent le long de la voie ferroviaire, et dotent en 1902 la zone d’un erouv pour faciliter leurs déplacements lors du chabbat. Sept ans plus tard, Jacob Eisenmann établit sa propre synagogue à titre privé ; arrivé à Anvers en 1884, ce marchand s’est engagé auprès du rabbin Samson Raphaël Hirsch, le père de l’orthodoxie juive moderne, de n’y demeurer qu’à condition d’y vivre en conformité avec les préceptes de la loi juive, et il a par conséquent fait venir un abatteur rituel, ce qui permet l’ouverture de restaurants et points d’alimentation dont la supervision assure la cacheroute[39].
Anvers abrite aussi de nombreuses organisations sionistes, désapprouvée par les Juifs de Bruxelles qui défendent un patriotisme belge et craignent l'antisémitisme, malgré la sympathie affichée par diverses personnalités politiques belges envers la cause sioniste, dont Émile Vandervelde, Camille Huysmans, Louis de Brouckère et Georges Lorand[40].

L’immigration juive à Bruxelles se distribue dans l’ensemble de la ville, avec une plus forte concentration autour de la gare du Midi et de Cureghem. Vers le milieu du xixe siècle, ils sont nombreux à habiter dans un quartier du centre-ville, entre la rue Neuve, la rue du Marais, la rue de la Blanchisserie et la rue de l’Écuyer[41], vivant du commerce ambulant ou de l’artisanat — maroquinerie, casquetterie, fourrures. Les Israélites d’installation plus ancienne habitent généralement dans les beaux-quartiers de la capitale, sont éduqués dans les meilleures écoles, en particulier l’athénée de Bruxelles, produisent des grands noms de la société belge dont le médailleur Charles Samuel ( ainsi que son épouse la sculptrice Juliette Blum[42]), se font souvent les champions du libéralisme (outre Bischoffsheim et Samson Wiener qui sont célèbres pour avoir défendu ces idées au parlement, Louis Frank se distingue comme l’un des premiers militants pour les droits des femmes[43]), et se font enterrer, parfois à grands frais au cimetière de Dieweg. Ils affichent volontiers un certain détachement vis-à-vis du legs spirituel ancestral — Marie Oppenheim-Errera qui tient un journal largement consacré à ses émois esthétiques, se déclare non croyante mais nullement honteuse de sa “race” voire fière de son excellence morale, et désireuse d’élever ses enfants dans la “religion juive” après avoir été charmée par un sermon du grand-rabbin Astruc[44] — et leur volonté de s’intégrer pleinement à la nation belge prend parfois le pas sur celle de se maintenir dans leur communauté d’origine: les fils du docteurs Salomon Hymans, natif de Hollande, se marient tous deux avec des lettrées non-juives, et l’aîné Louis donne naissance au parlementaire Paul Hymans qui, bien que né d’une mère protestante, n’ayant pas été élevé dans le judaïsme, ne le pratiquant pas et ne participant pas à la vie communautaire juive, n’en demeure pas moins considéré par certains comme une figure juive marquante de l'histoire belge[45] ; il en est de même pour le milliardaire Alfred Loewenstein, fils d’un agent de change juif allemand et de la fille de son employeur, qui tient à préciser lui-même qu’il ne l’est pas[46]. Nombreux sont cependant les Israélites qui souhaitent préserver un ciment communautaire, adhérant au chapitre belge de l’Alliance israélite universelle présidé par le compositeur Jules Erlanger qui a par ailleurs contribué à la fonder ; le botaniste Léo Errera s’implique également dans la vie communautaire, et les femmes de sa famille ainsi que d’autres membres de l’élite juive tiennent des salons mondains sur le modèle de Paris ou œuvrent, comme Clara de Hirsch, à la bienfaisance envers les défavorisés[10],[47].

La communauté liégeoise qui est la plus importante de Wallonie — ayant atteint le millier d’individus au tournant du siècle, après que le noyau de Juifs venus du Limbourg néerlandais est rejoint par des Juifs en provenance de Pologne et de Hongrie ou de Roumanie ; les premiers sont des ouvriers en recherche de travail dans une industrie sidérurgique alors florissante tandis que les derniers veulent intégrer les hautes-écoles de la ville où l’admission des Juifs n’est pas soumise à un quota — présente un profil similaire car les Juifs ont tôt fait de s’intégrer à la vie de la Cité ardente: diplômé de l’école des mines à l’université de Liège (où le Bund ouvre par ailleurs une antenne ainsi qu’à l’université de Gand[28]), Georges Montefiore-Levi fournit les câbles du premier réseau téléphonique belge en 1879, et fonde l’un des plus anciens instituts d’ingénieurs du pays quatre ans plus tard ainsi que divers asiles à Esneux, Bruxelles ou Borgoumont avant d’entrer en politique[48] ; Louis Hillier met en musique le Chant des Wallons[49], et Jacques Ochs fait équipe avec Gaston Salmon pour offrir la médaille d’or d’escrime à la Belgique aux Jeux olympiques d'été de 1912[50]. La synagogue de Liège est construite dans l’actuelle rue Léon-Frédéricq en 1899.
À Arlon, on dénombre en 1865 trente-deux familles juives, soit le double de l’effectif en 1834, venues d’Alsace et de Lorraine et perpétuant leur métier de vente de bétail et de grain. Des communautés se forment à Namur et à Ostende après l’indépendance ; elles seront reconnues en 1874 et en 1904 respectivement[10],[51].

Un tel accroissement ne va pas sans rencontrer de résistance: si Victor Tesch et Jules Bara tentent de freiner l’érection de la Grande synagogue de Bruxelles, leur opposition ne semble pas viser le judaïsme en tant que tel mais la subvention d’un culte réprouvée par leur libéralisme bien que des débats parlementaires portent sur la malignité des Juifs et le mauvais accueil qu’ils feraient aux chrétiens qui pénétreraient en leurs lieux de culte[52]. L’entrée de nombreux Juifs au sein de loges maçonniques, en particulier celle de Théodore Verhaegen, est moins motivée par l’espoir d’ascension sociale que le souhait d’échapper à l’antijudaïsme ambiant[47]. Cependant, c’est l’arrivée des Juifs d’Europe de l’Est qui, suscitant la crainte de la compétition ainsi qu’une xénophobie instinctive, aurait provoqué l’apparition d’un nouveau discours fondé sur des doctrines récemment formulées en Allemagne, lesquelles fondent la judéophobie sur le concept de race. Émergeant dans les allocutions du Parti ouvrier belge qui greffe ces théories sur celles de la lutte des classes, l’antisémitisme « à la Belge » s’étend aux salons puis à la presse où il s’en prend à l’assimilation des Juifs au sein de la société, et des personnalités juives illustres comme Fernand Bischoffsheim ou Georges Montefiore-Levi sont nommément attaquées. Il connaît plusieurs regains en réaction à des flambées allemandes ou lors de l’affaire Dreyfus car la presse catholique belge — qui se distancie du discours racial — est anti-dreyfusarde et recourt aux mêmes clichés lorsqu’elle invente une cabale de Juifs dans la lignée des Sages de Sion, qui soutiendrait le parlementaire libéral Jan Van Rijswijck[53].

Les Juifs de Belgique pendant la Première Guerre Mondiale

On ne constate cependant pas de violences caractérisées avant l’occupation de la Belgique par l’Allemagne au cours de la Première Guerre Mondiale. Les Juifs venus d’Allemagne ou de Prusse sont amalgamés à l’envahisseur car ils en conservent parfois la culture et pratiquent une langue qui sonne fort allemande aux oreilles de non-initiés. De chuchotis populaires en manchettes de journaux, ils sont à tout le moins soupçonnés de chercher à tirer profit des troubles quand on ne les accuse pas de pactiser avec l’ennemi — la pose de drapeaux allemands aux devantures des Grands Magasins Tietz à Bruxelles[54] et la parution en 1915 d’une tribune en faveur de l’invasion signée Fritz Norden, avocat juif et issu de l’immigration allemande, déchaînent les fantasmes)[55].

La communauté d’Anvers est particulièrement frappée: des rues entières ainsi que les districts de Zurenborg et Borgerhout sont vidés de leurs habitants qui, lorsqu’ils n’ont pas fui, sont escortés par l’armée à la gare centrale d’Anvers tandis que leurs avoirs sont confisqués. Bien qu’exemptés de ces mesures en vertu de leur nationalité, les Juifs venus de Russie choisissent de partager le destin de ceux qui sont venus d’Allemagne ou de Galicie, rejoignant la cohorte de réfugiés forte d’un million et demi d’âmes dont vingt-cinq mille Juifs qui quittent la Belgique pour les cieux plus cléments de Grande-Bretagne ou de Hollande. Tandis que les réfugiés échoués en Angleterre sont logés selon leur statut social qui au luxueux hôtel Manchester qui dans des quartiers crasseux qui rappellent aux natifs de Lodz les rues de leur enfance, des Juifs galiciens arrivent à Scheveningen et y recréent une enclave qui reproduit le tissu social anversois, avec son club Antverpia dirigé par Romi Goldmuntz, ses cercles sionistes et même sa revue sioniste dont la durée de parution sera brève, maintenant leur indépendance vis-à-vis des associations sionistes néerlandaises avec lesquelles elles demeurent tout de même en contact étroit[54].

Rien de cela ne refroidit toutefois l’ardeur du Consistoire central israélite de Belgique: tandis que le sionisme fait une timide progression à Bruxelles, où la communauté juive — même d’immigration récente — sera moins malmenée[54], le grand-rabbin Armand Bloch, arrêté pour patriotisme par les Allemands, devient le symbole de la loyauté juive, et ses administrés s’engagent en nombre dans la Grande Guerre[40] quand bien même ils devraient faire face à d’autres Juifs sur le front (les frères Philippson sont dans ce cas, chacun défendant avec ferveur sa patrie respective)[54] ; beaucoup en sortent décorés, en particulier Ernest Wiener[56] et le général Louis Bernheim, « petit Français d’origine juive, devenu Belge par naturalisation […] qui rendit à la Belgique des services inestimables. »[57]. Le philanthrope américano-belge Dannie N. Heineman s’emploie par ailleurs à renforcer la population en négociant le Comité national de secours et d’alimentation et la Commission for Relief in Belgium, tandis que Thérèse Goldschmidt, qui se fera connaître pour ses engagements féministes et sociaux, met en place une association d’aide aux infirmières[58], et que la Belgique demande à Salomon Benatar, un aventurier juif de Rhodes qui a développé la communauté juive dans les possessions belges au Congo, d’organiser le ravitaillement des troupes belges massées à la frontière avec la colonie allemande du Burundi[59]. Alfred Errera  s'engage comme volontaire dans l'armée et est décoré de l'Ordre de la Couronne pour avoir inventé un système de repérage des batteries ennemies[60]. La plaque commémorative de la synagogue israélite de Bruxelles comporte en outre quelques noms aux consonances nord-africaines ou levantines[61] car des Juifs d’Algérie et de Turquie se sont installés à Bruxelles au tournant du siècle, les premiers fuyant les retombées de l’affaire Dreyfus tandis que les seconds semblent avoir été attirés par les opportunités économiques qu’offre la Belgique[62].

Entre-deux-guerres

Après la guerre dont on assure qu’elle sera la Der des Ders, Alfred Loewenstein participe à la reprise de l'économie du pays en formant la Société Internationale d'Énergie Hydro-Électrique, société belge de portefeuille, avec Henry Schroeder et Dannie N. Heineman[63]. L’immigration repart elle aussi de plus belle, et la population juive atteint 100 000 personnes à la veille de la Seconde Guerre Mondiale[28].

La première vague d’immigration a lieu dans les années 1920: chassés de Pologne par le marasme économique, l’antisémitisme qui l’accompagne ou le numerus clausus pratiqué par les universités, des Juifs de tous bords et horizons débarquent à Anvers, où la plupart choisit de rester lorsque les mesures mises en place par les États-Unis limitent les départs pour l’Amérique (le fait est assez notable pour être évoqué dans l’un des romans de Cholem Aleikhem). Quelques familles arrivent dans le Pays noir, développant la communauté de Charleroi en 1925, d’autres rejoignent les centres juifs à Bruxelles et dans le reste de la Belgique — ils ont de ce fait tendance à se masser autours des gares, des synagogues ou de quartiers à forte densité juive, et perpétuent les modèles sociaux, professionnels et culturels qui avaient cours dans les pays qu’ils ont à peine quitté. Beaucoup arrivent « en chaîne », rejoignant qui un parent, qui un camarade, qui un membre de la cour hassidique qu’il fréquentait[39].

Déjà dominante avant cet afflux, Anvers devient le cœur battant et palpitant du judaïsme belge, et abrite toutes les composantes de sa diversité: les Juifs modernisés qui se sont éloignés du judaïsme traditionnel mais ont constaté leur rejet par la population belge lors des remous de judéophobie en fin de siècle précédent, entendent maintenir une cohésion sociale et érigent différents cercles et associations représentant divers corps de métier (artisans, journalistes, vendeurs sur les marchés etc.). Le Joodse Muziekvereniging est créé en 1925 par Freddy Grunzweig ; les uns le verront comme un cercle musical pour Juifs tandis que d’autres le voudront laboratoire d’une musique nouvelle et spécifiquement juive — il intégrera dans son répertoire de nombreuses compositions d’inspiration hébraïque de musiciens juifs (dont Milhaud, Bloch et Wieniawski) ou non-juifs, et des morceaux de musique klezmer[47].

En parallèle, les Juifs orthodoxes multiplient lieux de culte et d’étude (on en compte 27 entre les deux guerres, rattachés à une famille, une cour hassidique ou un cercle lituanien)[39].

En effet, la Belgique connaît une première vague d'immigration de réfugiés Juifs de Pologne dans les années 1920 et durant la période de 1933-1940, une seconde vague de réfugiés fuyant les persécutions en Allemagne[40]. En arrivant en Belgique, ils subissaient des conditions de vie précaires[64] et les réfugiés devaient souvent combiner diverses sources de revenus[65]. Un comité d'aide fut mis en place pour leur apporter de l'assistance. En décembre 1938, le gouvernement autorise l’accueil de 2 000 enfants, mais certains enfants venus seuls sont expulsés vers l'Allemagne, ce qui provoque l'émoi de la presse belge[64]. Dans certains cas, certains immigrent à nouveau, comme Ilex Beller arrivé à Anvers à 14 ans et qui se retourne vers le France.

Pendant la crise des années 1930, nombre de Juifs subsistent de petits métiers et connaissent une pauvreté parfois extrême. Dès le début de la crise, des mesures économiques sanctionnent les commerçants étrangers, qui sont principalement juifs. En 1934, le commerce ambulant est visé par des taxes et par l’exigence d’un permis difficile à obtenir. En 1936, la vente au porte-à-porte est interdite pour la maroquinerie, les épices et autres. Des quotas pour la main d’œuvre étrangère et des mesures anti-immigrés sont mis en place. Beaucoup de Juifs se retrouvent sans revenus, sans indemnités de chômage et subsistent de la charité publique. Certains témoignent d'être contraint d'exercer dans « des ghettos » juifs. Beaucoup jouèrent alors un rôle dans les mouvements de grève (comme les frères Emiel et Israël Piet Akkerman[66])[64].

Jusqu'à la fin des années 1930, à Bruxelles, beaucoup de Juifs travaillaient dans l’industrie textile et dans l’industrie du cuir (confection et vente de maroquinerie, couturiers et chapelière ). D'autres étaient commerçants ou exerçaient d’autres professions (comme cordonniers, gantiers, fourreurs, etc)[67]. Dans la commune de Molenbeek-Saint-Jean par exemple, les familles juives travaillaient dans le commerce alimentaire ou la confection, ainsi que dans l'hôtellerie ou la construction. Les femmes sont principalement présentes dans le domaine domestique (femme de ménage, gouvernante), celui de la vente au détail, mais aussi comme secrétaires et infirmières[68]. À Anvers, le secteur du diamant jouait un rôle central dans la vie juive. Mais durant cette période, la ville voit l'arrivée de nouveaux membres dans d'autres domaines, comme celui du textile, du cuir ou du colportage[39]. À Liège et à Charleroi, une importante partie travaillait dans les mines, dans la sidérurgie et dans la métallurgie[64].

Trois principaux courants de pensée partagent ces nouveaux immigrés juifs en Belgique, à la veille de la Seconde guerre mondiale : les Juifs orthodoxes principalement à Anvers, les sionistes (bourgeois-libéraux ou ouvriers) et les socialistes (communistes ou bundistes)[28].

Marion Schreiber décrit les Juifs comme souvent des citoyens respectés et parle d'une cohabitation pacifique. Elle cite le cas de l'accueil des réfugiés du Saint Louis en 1939, alors que les autres nations les avaient rejetés, pour démonter la bonne volonté de la Belgique[69]. Anne Morelli, remet en question la perception d'« une terre d'accueil » pour les réfugiés. Elle cite une volonté de la Belgique d'empêcher l'arrivée de réfugiés juifs italiens fuyant les mesures antijuives en 1938, en s'empressent de rétablir le visa obligatoire depuis l'Italie et elle considère que les Juifs fuyant l'Allemagne nazie ont fort souffert des limitations de l'asile, en particulier ceux déportés vers la France et qui ont fini dans les camps d'extermination[70].

La Shoah

Affichage de l'ordonnance allemande du portant sur le recensement des Juifs de Bruxelles sous la signature du bourgmestre de Bruxelles, Joseph Vandemeulebroek.
Felix Nussbaum, Autoportrait au passeport juif (circa 1940). Représentant de la Nouvelle Objectivité allemande, le peintre avait cru trouver refuge en Belgique. Il sera déporté en 1944 au camp d’Auschwitz et y disparaîtra

Avant la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive en Belgique s'élève à 100 000 personnes (dont 55 000 à Anvers et 35 000 à Bruxelles). Parmi elle, 20 000 individus sont des réfugiés juifs allemands.

Le roi Léopold III décide, sans consulter son gouvernement, d'une reddition en . Le gouvernement belge s'exile à Londres et la Belgique est occupée pendant la plus grande partie de la guerre. La Belgique et le Nord de la France sont placés sous le commandement militaire d'une Militärverwaltung. À la fin novembre 1940, le mathématicien Alfred Errera, qui avait été décoré durant la Première guerre mondiale, ainsi que d'autres membres de familles qui ont joué un rôle important pour la Belgique, demandent au roi Léopold III d'être considérés comme belges plutôt que comme juifs et dénoncent les ordonnances antijuives comme étant anticonstitutionnelles. Le professeur est malgré cela démis de son poste à l'Université libre de Belgique et de ses fonctions d'échevin d'Uccle[60]. Des ordonnances antisémites ne tardent pas à être promulguées imposant, notamment, la création de l'Association des Juifs en Belgique (AJB) () à laquelle est assignée la tâche du recensement des Juifs résidant sur le territoire. Les mesures économiques contre les Juifs sont suivies par le travail forcé et le port de l'étoile jaune, qui est distribuée par certaines communes, principalement dans le Grand Anvers, et son port devient obligatoire à partir de . Y figure une lettre noire "J" (pour Juif en français et Jood en néerlandais), visant à stigmatiser les Juifs qui doivent l'arborer.

L'Association des Juifs en Belgique adressera également les convocations à Malines, enjoignant ses ressortissants à se présenter spontanément à la caserne Dossin pour le, soi-disant, travail obligatoire ; pour la déportation en fait. Lorsque, sous l'action de la résistance juive, ils cessèrent de se présenter spontanément à la caserne, des rafles et des arrestations domiciliaires furent organisées.

La police communale d'Anvers prit ainsi part à l'arrestation de nombreux Juifs à leur domicile et leur acheminement à la Caserne Général-Dossin à Malines, en vue de leur déportation vers Auschwitz.

Le plus important mouvement juif de résistance en Belgique pendant la guerre fut le Comité de défense des Juifs (CDJ). Il fut fondé en sous l'impulsion d'Hertz et d'Yvonne Jospa et de certains membres de l'AJB comme Maurice Heiber qui était le responsable de la section enfance du CDJ et occupait la même fonction au sein de l'AJB. Le CDJ était rattaché au Front de l'indépendance. La seule section enfance du CDJ disposait de l'appui de 138 institutions et plus de 700 familles d'accueil qui permirent de soustraire au plan d'extermination nazi plus de 4 000 enfants. Dans cette tâche, le CDJ, au travers de l'implication d'Yvonne Nèvejean disposait de l'assistance de l'Office de la naissance et de l'enfance et d'un réseau catholique à travers l'action de membres du clergé comme Joseph André ou Dom Bruno qui permirent de placer les enfants, sous une fausse identité, dans des foyers ou des familles d'accueil[71],[64].

La résistance juive s'illustra par différentes actions contre l'occupant et ses relais collaborationnistes. Parmi les principaux faits d'armes, l'incendie des locaux de l'AJB en et en , l'assassinat de son directeur, Robert Holzinger ou encore, l'attaque du XXe convoi par Youra Livchitz et ses deux coéquipiers en [72].

Le premier convoi de la déportation des Juifs de Belgique quitte Malines, le 4 août 1942. Il y eut ainsi 28 convois dont la destination était le camp d'extermination d'Auschwitz. Le dernier convoi quitta le territoire le . Certains Juifs résidant en Belgique furent déportés via le camp de Drancy, d'autres périrent en France dans le cadre de l'Organisation Todt. Plus de 25 000 Juifs de Belgique périrent entre août 1942 et juillet 1944[73].

Le monument national aux martyrs juifs de Belgique se trouve à Bruxelles. Plus de vingt mille noms de victimes juives belges sont inscrits sur les murs du monument, dont certains ont été tués sur le territoire belge, mais nombre d'entre eux ont été expédiés vers les camps nazis de la mort et exécutés à l'Est.

En 2004, le gouvernement belge demande au Centre d'études guerre et société (CEGES) d'établir un rapport sur l'implication des autorités belges au sujet de la spoliation et la déportation des juifs en Belgique. L'ouvrage, de plus de mille pages, est remis en 2007, il s'intitule: La Belgique docile. Le gouvernement belge avait présenté officiellement ses excuses à la communauté juive en 2002, elles sont réitérées après le rapport, en 2012.

En 2012 également, l'historienne allemande Insa Meinen y apporte un complément en insistant sur la résistance juive et en distinguant les situations particulières rencontrées, par exemple, à Anvers, d'une part, et à Bruxelles, d'autre part. Elle appuie son analyse sur des documents allemands d'époque auxquels elle a pu, pour la première fois, avoir accès.

Après la Seconde Guerre mondiale

De 1945 à 1948, l'émigration des réfugiés juifs vers la Palestine mandataire depuis la Belgique, se fait « quasi légalement » ; le gouvernement aurait « fermé les yeux » malgré les craintes britanniques[74]. De nombreux survivants juifs à la Shoah trouvèrent refuge en Belgique ou y transitèrent en route vers les États-Unis d'Amérique. Le fut fondée la CCOJB (comité de coordination des organisations juives de Belgique).

Face à la crise économique d'après guerre, Camille Gutt, économiste d'origine juive, est chargé de mener l'opération Gutt pour combattre l'inflation. Il devient par la suite Directeur général du Fonds monétaire international.

De nos jours

Deux juifs orthodoxes à Anvers, devant la synagogue Machsiké Hadass
Angela Merkel et le rabbin Pinchas Goldschmidt dans la Grande synagogue de Bruxelles

Les communautés de Bruxelles, la capitale de l’État belge fédéré et d'Anvers, le centre de l’un des plus grands marchés du diamant au monde, « sont les deux pôles de la communauté juive belge », à l'image de l'histoire de leur pays binational[73].

En 2014, il y aurait environ 30 000 Juifs en Belgique selon Sergio DellaPergola[75]. La communauté orthodoxe d'Anvers (environ 15 000 personnes) est l'une des plus importantes d'Europe et l'un des rares centres au monde où le yiddish est toujours la première langue d'une communauté juive nombreuse (à la façon de certaines communautés orthodoxes et hassidiques de New York ou d'Israël). De plus, une large majorité (95 %) des enfants juifs d'Anvers reçoivent une éducation juive. Cinq journaux juifs sont édités et il y a plus de 45 synagogues actives (dont 30 à Anvers) dans l'ensemble du pays. Les abattoirs casher d'Anvers et ses boulangeries juives exportaient de la viande et des matzots aux communautés juives de l'Europe[73]. En 2019 la Shehita, l'abattage juif, est interdit en Flandre ainsi qu'en Wallonie[76].

Les villes d’Anvers et de Bruxelles abritent plus de 95 % de la communauté juive de Belgique.

En 2019, d'après un sondage sur les jeunes Juifs à Bruxelles âgés de 14 à 18 ans, 94 % d'entre eux se sentent Juifs et leur identité juive s'exprime principalement « de manière culturelle et passe par leur fréquentation de l’école juive, du mouvement de jeunesse juif et de leur relation avec Israël ». 3 % d'entre eux se rendent à la synagogue chaque semaine. La majorité accepte une intégration à la société majoritaire et la mixité ne pose aucun problème pour eux[77].

À Anvers, Le quartier juif aurait progressivement changé depuis la fin de la guerre avec l'arrivée d'immigrants non-juifs. Le vice-président du Consistoire Pinhas Kornfeld décrit une augmentation de la population ultra-orthodoxe et une diminution des autres populations juives. Économiquement, le domaine du diamant, autrefois entretenu par la communauté juive est devenu un métier principalement tenu par des commercants indiens[78].

En 2020, durant la pandémie de Covid-19, il semblerait que la communauté juive d'Anvers ait été particulièrement touchée par le virus[79].

Les institutions juives belges du XXe siècle et début du XXIe siècle

Le Consistoire central israélite de Belgique (CCIB) représente les juifs de Belgique auprès de l'État belge et des autres religions. Il regroupe quinze des dix-sept communautés juives de Belgique dont il contrôle la gestion. Chaque communauté a à sa tête un conseil d'administration avec un rabbin et un collège de laïcs élus par la communauté. Les rabbins et les ministres du culte sont payés par le gouvernement. La commune peut aussi fournir un logement au rabbin[28]. Le Consistoire englobe une communauté orthodoxe et des communautés traditionalistes. La communauté juive libérale ne fait pas partie du Consistoire mais est reconnue par l'État qui la finance[28].

Le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), fondé en 1969, se veut la représentation de l'ensemble de la communauté juive[28]. Le CCOJB est membre du Congrès juif européen et du Congrès juif mondial. Son objet est « la défense, l'étude et le développement des valeurs juives en Belgique et dans le monde ». En 1994 a été fondé à Anvers un pendant néerlandophone au CCOJB, le Forum des organisations juives , dont le but est de rassembler toutes les organisations juives de la métropole flamande[28].

En 1920, est fondée à Anvers De Centrale ( Koninklijke Vereniging voor Joodse Weldadigheid ) par Nico Gunzburg pour venir en aide aux « pauvres et indigents de notre société ». En 1950, est fondé La Centrale pour venir en aide notamment aux maisons de retraite comme l’Heureux Séjour fondé en 1875[80].

En 1939, à Bruxelles, l'organisation Solidarité juive est créée par des militants révolutionnaires juifs, qui seront à l'orignie du Comité de Défense des Juifs. Après la guerre est créée l'organisation AVON (Aide aux Victimes de l’Oppression Nazie ) par principalement des membres Parti communiste belge[80].

Il existe aujourd'hui deux principales institutions à but social, le Service social juif, créé en 1961 et le Centraal Beheer van Joodse Weldadigheid en Maatschappelijk Hulpebetoon (Administration centrale de la bienfaisance et de la protection sociale juives)[28] qui fait suite à l’Association des Israélites victimes de la Guerre (AIVG) de 1944. Le centre Romi Goldmuntz d'Anvers à quant à lui fermé ses portes[80].

Le Centre Communautaire Laïc Juif est fondé en 1959, pour reconstruire la vie juive en se focalisant sur des activités politico-culturelles[80] et de représentation de la communauté juive. Il publie le journal communautaire le Regards depuis 1965. À Anvers le Joodse Actueel existe depuis 2007. De nombreux journaux d'avant la Shoah, notamment de langue Yiddish, n'existent plus. Le Cercle Ben Gourion , fondé en 1979 et qui entretient une station de radio, Radio Judaïca depuis 1980.

Dans le monde académique, l'Université libre de Bruxelles est la seule à posséder un institut d’Études du Judaïsme, l'Institut Martin Buber, qui a pour spécialisation : « l'étude des multiples dimensions du monde juif de l’antiquité à nos jours ainsi qu’à l’étude de ses différentes formes d’expression artistique, linguistique et littéraire »[80]. Les étudiants juifs sont fédérés dans la très active Union des étudiants juifs de Belgique (UEJB). À Bruxelles comme à Anvers existent plusieurs écoles juives[28].

Les principales organisations juives internationales ont aussi leur section locale (Fonds National Juif, B'nai Brith, WIZO)[28].

Deux musées illustrent l'histoire des communautés juives de Belgique : le Musée juif de Belgique à Bruxelles qui abrite une collection permanente d'objets cultuels ou culturels juifs et qui organise fréquemment des expositions temporaires, et le musée de l'Holocauste et des droits de l'homme, installé depuis 2012 en face de la caserne Dossin à Malines, lieu de transit des Juifs de Belgique déportés vers Auschwitz. La Fondation Auschwitz est créée en 1980 par le rescapé d’Auschwitz, Paul Halter se substituant à d'autres associations qui œuvre à l’étude de l’histoire et de la mémoire des victimes du génocide. En 2004, elle créée un centre de documentation Mémoire d'Auschwitz pour géré ses archives. L'association participe à l’éducation sur la Shoah.

Démographie

La Belgique comptait environ 3 500 Juifs lors de l'indépendance, 12 000 en 1892, plus de 25 000 en 1905 et pas loin de 40 000 à la veille de la Première Guerre mondiale[10]. À la suite de l'immigration pendant l'Entre-deux-guerres, la population juive en Belgique atteint 100 000 personnes à la veille de la Seconde guerre mondiale[2]. En 1945, il n'en restait plus que 30 000[28].

Le nombre relativement stable de Juifs en Belgique pourrait être expliqué par la présence juive orthodoxe de la ville d'Anvers ainsi que grâce au développement de la capitale belge, qui a attiré des Juifs d'autres pays européens[75].

En 2018, la population juive de Belgique pouvait être estimée à 29 200 personnes si l'on s'en tient à ceux se déclarant comme Juifs ou à 40 000 personnes si l'ensemble des personnes ayant un grand-parent juif sont inclus[75]. La grande majorite des Juifs belges vivent à Bruxelles ou à Anvers. De plus petites communautés de moins de 1 000 personnes sont établies à Charleroi et à Liège et de plus petites encore à Gand, Bruges, Arlon et Ostende. La ville balnéaire de Knokke compte une population juive significative en été[81].

Le phénomène d'émigration des Juifs, reflète une préoccupation croissante concernant l'islamisme, le terrorisme et l'antisémitisme croissant[75]

Attentats et manifestations antisémites

Avant les années 1980, la haine antisémite s'exprime : En 1969, une grenade est lancée contre les bureaux de la compagnie aérienne israélienne El Al et blesse deux employés ; en 1972, un fonctionnaire de l'ambassade d'Israël est grièvement blessé de trois balles de revolver, à Bruxelles[82].

Depuis les années 1980, plusieurs attentats antisémites ont frappé la communauté juive belge[82], dont certains font un ou plusieurs morts :

En 1980, des grenades sont lancées à Anvers par les membres d'un commando palestinien sur un groupe d'enfants juifs dont l'un, Français âgé de 15 ans, est tué[82].

Le professeur Joseph Wybran, chef du service immunologie de l'hôpital universitaire Erasme et président du CCOJB, assassiné le 3 octobre 1989

Le , une voiture piégée explose devant une synagogue d'Anvers située à Hovenierstraat, faisant trois morts et soixante blessés[83].

En 1982, un homme armé ouvre le feu à l'entrée de la grande synagogue de Bruxelles et blesse quatre personnes[82].

En 1989, le Dr Joseph Wybran, président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique est assassiné à l'hôpital universitaire Erasme (ULB), à Bruxelles[82],[84].

En 2002, la synagogue de Charleroi est mitraillée. La même année, des lieux de culte sont attaqués à Anvers et à Anderlecht, dans la banlieue de Bruxelles. « Des représentants de la communauté juive évoquent de nombreux actes et agressions contre des personnes »[82].

Rassemblement silencieux devant la synagogue de la Paix à Strasbourg après l'attentat de Bruxelles, 26 mai 2014

Le , un individu fait irruption dans le musée juif de Belgique à Bruxelles et ouvre le feu sur deux touristes, une bénévole française, Dominique Sabrier[85] et le préposé à l'accueil. Les trois premiers meurent sur le coup, le quatrième est très grièvement blessé et meurt quelques jours plus tard[86].

En , après la répétition sur plusieurs années au Carnaval d'Alost de défilés de chars véhiculant des stéréotypes racistes (antisémites et négrophobes) ou de messages « ridiculisant » les Juifs et « insultant les souvenirs d'expériences historiques douloureuses » et de « représentations blessantes » allant à l'encontre de ses critères, l'UNESCO décide de retirer le carnaval de sa liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. L'UNESCO demande également aux autorités belges de réagir « à de telles manifestations de haine »[87]. La Commission européenne déclare quant à elle, qu'il est « impensable que cela soit encore visible en Europe, 74 ans après l'Holocauste » et condamne les événements[88].

Le 28 juin 2020 à Bruxelles, des slogans antisémites et des appels à la guerre contre les Juifs) sont hurlés lors d'une manifestation pro-palestinienne contre les projets d'annexion israéliens. Un petit groupe d’activistes marginaux ont en effet entonné des slogans à caractère antisémite à l'insu des organisateurs qui dénoncent ces faits[89].

Les Juifs dans la société belge

Cette section reprend les principaux domaines d'activités de la société belge, marqués par les Juifs de Belgique depuis le XXe siècle.

Domaine scientifique

Parmi les scientifiques d'origine juive, il y a deux prix Nobel: Ilya Prigogine un chimiste et François Englert un physicien. Englert était enfant caché durant la Shoah et Prigogine était issu d'une famille juive qui avait fui la Russie communiste en 1921[90].

Jacques Errera[4] se voit décerner le prix Francqui, tout comme Léon Rosenfeld, physicien, connu pour le tenseur Belinfante–Rosenfeld. Maurice Philippson est pionnier dans la communication radio avec des ballons et Robert Goldschmidt[4] est quant à lui pionner dans la communication sans fils et développe le microforme au début du XXe siècle.

Le chimiste Gilbert Stork connu pour son éude sur l'alkylation Stork enamine émigre en 1935 tout comme le mathématicien Elias Menachem Stein qui émigre en 1940, et est quant à lui connu pour le théorème Stein–Strömberg et ses études sur l'analyse harmonique. Ils sont tous les deux bénéficaires du prix Wolf. D'autres scientifiques émigrent également en réaction à la guerre, comme le mathématicien Maurice Kraitchik ou le chercheur Charles Saul Lieber.

Domaine sportif

La famille Blitz fait remporter quant à elle des médailles olympiques à la Belgique. Gérard Blitz remporte des médailles olympiques en 1920, 1924 et 1936. En 1936 Gérard Blitz ( neveu du précédent ) est également l'un des rares sportifs juifs à participer aux jeux olympiques de Berlin[91]. Il y remporte deux médailles. À la suite de la Seconde Guerre mondiale il sera décoré de la croix de guerre belge ainsi que la médaille de la résistance. Il fondera le Club Méditerranée avec son père Maurice Blitz, également champion olympique.

Dans les années 1970, François Goldstein remporte à quatre reprises le championnat du monde de karting.

George Koltanowski et Mikhaïl Gourevitch sont les deux joueurs d'échecs juifs ayant atteint le titre de Grand maître international. Tous les deux ont représenté la Belgique aux compétitions internationales.

Plus récemment des sportifs israéliens ont choisi de devenir Belges, comme les footballeurs Ronnie Rosenthal[92] ou Lior Rafaelov[93], après leurs parcours dans des clubs belges.

Domaine de la politique

Lutte féministe :

À la fin du XIXe siècle, l'avocat Louis Frank représente Marie Popelin dans son combat pour le droit des femmes devant les tribunaux, et continuera de soutenir la cause. En 1924, la militante socialiste Alice Pels, participe à la création et devient la rédactrice en chef du premier journal national de recrutement féministe La voix de la femme[58]. Betty Marcousé milite également pour le droit des femmes en temps que journaliste. De son coté, Régine Karlin milite pour le droit des femmes et des étrangers et contribue à la création de la Ligue belge des droits de l'homme en 1954[58]. Geneviève Janssen-Pevtschin devient quant à elle la première femme magistrate en 1948[58]. La juriste Éliane Vogel-Polsky, milite à partir des années 1960, en particulier pour l'égalité salariale[58]. La militante socialiste, Estelle Goldstein, œuvre en faveur de l'épanouissement de la femme et rédige des livres féministes, dont dans Madame, le bourgemestre publié en 1967[58]. Au début des années 1980, la militante socialiste Fanny Fuks, met en place une campagne d'information pour encourager les femmes à participer à la vie politique[58]. Plus récemment l'historienne et psychanalyste féministe Sylvie Lausberg réalise un documentaire sur l’histoire du droit à l’avortement en Belgique.

Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale :

  • Mala Zimetbaum, une figure importante de la résistante juive belge, exécutée à Auschwitz.
  • Hertz et Yvonne Jospa ont joué un rôle important pour la sauvegarde des Juifs durant la Shoah, la résistance juive et dans la reconstruction de la communauté. Ils mènent aussi un combat pour la défense des droits de l'homme.

Politique belge :

Domaine artistique

Dans le domaine des arts visuels, il y'a Pierre Alechinsky, le sculpteur Nat Neujean qui consacre une grande partie de son œuvre à la mémoire des victimes de la Shoah[94], Stéphane Mandelbaum dont l’œuvre tourne autour de la redécouverte de l'identité juive, Serge Goldwicht qui commence sa carrière sur le thème du judaïsme, Marcel Hastir avec son école de peinture[95], Maurice Pasternak[42] ou encore Richard Kenigsman qui expose sur le thème de la Shoah, avec une surveillance policière en 2019[96].

Les souvenirs de la Shoah marquent les œuvres d'artistes d'après geurre comme René Kalisky, Jacques Ledoux, Idel Ianchelevici[42], Etju Schoenfeld[42] ou Charles Szymkowicz. D'autres sont déportés comme Lon Landau, sont déplacés dans un autre pays comme Georges Goldkorn[42] ainsi que périssent durant l'occupation comme Ferdinand Schirren. Schirren attribuait sa sensibilité artistique à ses origines juives[97]. Le musée juif expose des œuvres d'artistes juifs comme celles d'Arnó Stern[98] ou de la famille d'artiste Kaliski : Sarah, Chaïm et René[99].

Le collectionneur David van Buuren lègue sa maison et ses œuvres d'art pour en faire un musée à Bruxelles en 1975.

Dans le domaine du cirque, des centaines de familles juives connaissent un succès à travers l'Europe du XIXe siècle. Les Sosman fondent en 1860 la première troupe en Belgique, et s'associent avec les Cohen. Le clown Gustave-Joseph Sosman sous le nom Pipo en est le plus connu. Les Pauwels, avec des racines en Belgique, s'y réinstalle au début du XXIe siècle[100].

Le cinéma juif est particulièrement vivant, avec des réalisateurs célébres et qui abordent le sujet de l'identité juive. Parmi les plus connus : Samy Szlingerbaum réalise un film sur l'installation de ses parents à Bruxelles[101], Boris Lehman produit un Cycle judaïque[102], Hélène Lapiower décide de réaliser un documentaire sur la difficulté d'assumer l'héritage culturel juif[103], Gérard Preszow s'intéresse à la relation entre Juifs et Arabes de Belgique[104], Micha Wald réalise un film sur l'humour et la névrose juive ashkénaze[105], Maurice Rabinowicz y met une touche de cinéma culturel[106], Riton Liebman rend un hommage à son père qui a traversé la Shoah[107], Stefan Liberski revendique dans ses films de l'humour juif[108], Marc-Henri Wajnberg réalise un film sur le thème des Juifs de l'Union soviétique[109], Alain Berliner qui affirme une identité « juif et goy à la fois »[110], Guy-Marc Hinant réalise un film sur les Juifs du Birobidjan[111], Anne Lévy-Morelle dans la réalisation de Falsch ( avec Jean-Pierre et Luc Dardenne ), Lydia Chagoll dans un hommage aux enfants victimes de la Shoah[112], ou encore Jonathan Zaccaï et Sam Garbarski qui dans Le Tango des Rashevski, explorent leurs racines[113]. Selon le cinéaste Luc Dardenne, la cinéaste Chantal Akerman « a surtout défini une nouvelle manière de faire du cinéma en s’appuyant sur quatre éléments essentiels : le féminisme, le cinéma expérimental américain qu’elle connaissait très bien, la Nouvelle vague et la mémoire de la Shoah »[114]. Comme acteurs d'origine juive, il y'a Ronald Guttman, qui joue notamment le rôle d'un rabbin ou de personnages juifs[115], Michel Israël, issu de la communauté des Juifs du Congo belge[116], Arieh Worthalter qui joue le rôle d'un Juif marocain dans le film Razzia, ou bien Virginie Efira, qui se décrit comme d'origine juive laïque[117]. Charles Kleinberg, survivant de la Shoah, devient connu comme comédien dans le théâtre. Ce sont les frères Huisman, acteurs et metteurs en scènes qui fondent le Théâtre National, qui sera dirigé par Jacques, tandis que Maurice dirigera La Monnaie[118].

Plus récemment, Ellie Delvaux représente la Belgique au Concours Eurovision de la chanson 2017 et Michel Kichka publie des caricatures.

Dans le monde de la mode, Olivier Strelli, modéliste et Diane von Fürstenberg, créatrice de mode, sont tous les deux des célébrités juives.

Dans la littérature, les poètes Alain Bosquet et Werner Lambersy[119], tous deux d'origine juive, s'opposent durant leur vie au nazisme.

Musique juive

Les chants liturgiques du hazzan lors de la prière existent depuis le Moyen Âge, tandis que les chants polyphoniques deviennent courant durant le XIXe siècle[68].

Comme musique traditionnelle, il y' a la musique juive ashkénaze, dont la musique klezmer. Il existe aussi une musique traditionnelle d’origine sépharade[68].

La vie musicale se fait dans l’intimité familiale et dans les salons, au XIXe siècle et début du XXe siècle. Par la suite, les cercles juifs étaient associés à un domaine politique, social ou artistique, et fonctionnaient comme des « microsociétés » permettent aux Juifs de se rassembler. Le Cercle musical juif (Joodse Muziekvereniging) créé en 1925 à Anvers fut l'un des plus populaires et organisait des concerts de la musique classique ou contemporaine et d’inspiration hébraïque avec des musiciens de premier plan[47]. D'autres compositeurs juifs s'illustrent en Belgique comme Daniel Sternefeld[47], Ida Simons[47], et Stéphane Ginsburgh.

La musique perdra de son importance à la suite des événements tragiques que vivra la communauté. Néanmoins des musiciens excellent sur leurs instruments, comme Philippe Hirschhorn, qui immigre en Israël, mais décide finalement de s'installer en Belgique après qu'il remporte le Concours Reine Élisabeth[120].

De nos jours, il y'a une volonté de conserver la musique juive, par exemple Paul Ambach, perçu comme un « ambassadeur culturel flamand »[78] connaît un succès en chantent sur de la musique klezmer ou dans les années 1990, un groupe Yiddish Tantz Rivaïvele est créé pour faire revivre cette traditon, avec des chants en Yiddish[121].


Autres domaines

La Belgique compte enfin nombre d’intellectuels juifs comme Siegi Hirsch ou Esther Perel qui interrogent le vécu des Juifs après le traumatisme de la guerre. En philosophie Chaïm Perelman invente un nouveau mode de pensée connu comme l'École de Bruxelles et Léopold Flam publie de nombreux livres.

Des rescapés comme Paul Sobol, Natan Ramet et Henri Kichka, militeront pour le devoir de mémoire auprès des jeunes Belges. Arthur Langerman, s'interroge sur les causes de la haine et choisit de documenter l’iconographie antisémite. Le survivant Sylvain Gutmacher publie des témoignages, poèmes et contes avant de se suicider[122]. Son frère, Félix Gutmacher est l'auteur de l'ouvrage Jamais je ne vous oublierai. Le journal d'Abraham Fogelbaum est publié en 2012. De nos jours, un groupe d'historiens spécialisés, retrace l'histoire juive de Belgique, avec par exemple Maxime Steinberg et Jean-Philippe Schreiber.

En pâtisserie, le confiseur juif Jos Hakker est l'inventeur de la spécialité culinaire anversoise, les Mains d'Anvers.

Le judaïsme

Les grands rabbins de Belgique sont Eliakim Carmoly (1832-1834), Henri Loeb (1834-1859), Élie-Aristide Astruc (1866-1879), Jacques-Henri Dreyfuss (1880-1891), Armand Bloch (1891-1923), Ernest Ginsburger (1924-1931), Joseph Wiener (1932-1940), Salomon Ullman (1940-1957), Robert Dreyfus (1963-1978) et depuis Albert Guigui[123].

La communauté est aussi représentée par le Consistoire central israélite de Belgique.

À Bruxelles, il y a le rabbin David Berman de 1927 à 1947. Il est le gendre du grand-rabbin Armand Bloch.

À Anvers pour les communautés orthodoxes, il y a: les grand-rabbins d'Anvers: (de 1920 à 1935) le rabbin Mizrachi (sioniste religieux) Moshe Avigdor Amiel (1883-1946), qui devient le grand-rabbin de Tel-Aviv (1935-1946), (de 1935[124] à 1943) Markus Rottenberg, (de 1954 à 2001)[125]) Chaim Kreiswirth, les grands-rabbins hassidiques Moshe Yitzchok Gewirtzman et Yaakov Leiser.

Dans la communauté libérale il y'a le rabbin Albert Abraham Dahan depuis 1965[126] ou anciennement Floriane Chinsky, la première femme rabbin de Belgique, et rabbin de Chir Hadach, une communauté Massorti de Bruxelles (Fondatrice),[128]

Plaque commémorative de la synagogue rue de Lenglentier, de style éclectique et d'inspiration mauresque[129], construite après l'arrivée massive de réfugiés dans les Marolles[130]

Depuis les années 1960, il existe aussi un judaïsme réformé ( aussi appelé libéral ), qui vise à être accepté dans le monde juif et à la tolérance et l'ouverture sur le monde. Avec comme principale synagogue Beth Hillel[131]. Le courant se veut par exemple, tolérant vis-à-vis de la prière avec les femmes, accessible entre autres aux couples mixtes ou homosexueles et les prières sont parfois faites également dans la langue du pays[68].

Il existe également un judaïsme humaniste ( aussi appelé laïc ), qui met en valeur un aspect culturel commun, et est représenté par le Centre communautaire laïc juif[68].

Différentes synagogues ont été fermées ou ne sont plus en activité. En 1995, la dernière synagogue de Gand ferme[29]. Ainsi que d'autres comme la synagogue Simon et Lina Haïm, la synagogue Ahavat Shalom, la synagogue Ahavat Reïm de Saint Gilles, la synagogue Adat Israël de Schaerbeek et autres.

Selon une étude de 2018 sur des jeunes Juifs de 14 à 18 ans, 61 % ne respectent pas les rites du judaïsme. ≈90% ne respectent pas les règles du Shabbat, 60% ne se rendent pas à la synagogue et 70% ne mangeraient jamais casher[132].

Rites et festivités

Les principales fêtes célébrées sont Rosh ha-Shana, Yom Kippour, Soukkot, Simhat Torah, Hanoukkah, Pessah et Shavouot. À cela s'ajoute les rites de naissance, de circoncision, de bar ou bat mitsva, de mariage et de décès.

Au XIXe siècle à Arlon, on relève une traditon de confection de langes décorés pour le nouveau-né après sa circoncision, les mappoth. Ce sont la mère et les sœurs qui en sont chargées de la confection[133].

Selon Philippe Pierret : « La sanctification de tous les aspects de la vie favorise l’échange et la transmission de pensées affectueuses et de vœux, aux amis, à la parentèle, à l’occasion des fêtes »[134].

Langues

Outre les langues du pays, le yiddish et l'hébreu sont des langues parlées par les Juifs en Belgique. Depuis la Shoah, le yiddish n'est resté vivant que dans des communautés orthodoxes d'Anvers[68].

Haïm Vidal Séphiha, linguiste, promeut toute sa vie le judéo-espagnol.

Cuisine

Exemple de cuisine ashkénaze

La plupart des Juifs ont adopté la cuisine locale, toutefois certains respectent le régime de la Casherout. La cuisine juive en Belgique recouvre une variété de cuisines juives. Les principales influences sont celles de la cuisine ashkénaze, sépharade et de nos jours aussi israélienne. Lors des fêtes juives, des plats traditionnels sont préparés.

La cuisine permet aussi de jouer le rôle de symbole d’une « identité juive, au cœur d’une mémoire familiale et dans la mémoire du groupe »[135].

Notes et références

Notes

  1. 29200 personnes s'identifient comme juives et 35000 personnes s'identifient comme partiellement juives (avec un parent juif par exemple). À ceux-ci, 5000 personnes ont un parent juif mais ne se revendiquent pas comme Juifs. Au total, 45000 personnes s'identifient comme Juifs, partiellement Juifs, ont un parent juif ou font partie d'un ménage juif ( sans prendre en compte leurs identifications comme Juifs ou pas). ( Selon le démographe Sergio DellaPergola). Secondement, ces chiffres ne prennent pas en compte les personnes avec des origines juives qui ne les revendiquent pas ou les ignorent ainsi que les personnes de conviction personnelle dans le judaïsme
  2. Étoile jaune portée par Jos Kutner, né le 13/02/1911 à Anvers

Références

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  16. Voir e.a.:
  17. D’après Tollebeek 1984 mais voir Waelput 2001
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  19. Cf. Coudenberg, Le Palais du Coudenberg à Bruxelles : Du château médiéval au site archéologique, , p. 237 & Jacques Van Wijnendaele, Promenades insolites dans Bruxelles disparu, p. 97
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Annexes

Bibliographie

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Articles connexes

Liens externes