Histoire de l'Afrique-Occidentale française pendant la Seconde Guerre mondiale

Carte de l'Afrique-Occidentale française en 1936 à la veille de la guerre.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'Afrique-Occidentale française (AOF) ne fut pas le théâtre de combats majeur. Il y eut une seule action de grande envergure: la bataille de Dakar (23-25 septembre 1940). La région resta sous le contrôle de la France de Vichy après la chute de la France (25 juin 1940) et ce jusqu'à l'invasion alliée de l'Afrique du Nord (8-16 novembre 1942). Craignant l'agitation le gouvernement de Vichy envoya l'amiral Platon prôner la fidélité à Pétain dans une tournée des capitales de l'Afrique Occidentale française[1].

Le Congo français, la seule colonie de l'Afrique-Équatoriale française ne rejoignit pas la France libre après l'armistice. Il tomba aux mains des Forces françaises libres après la campagne du Gabon (8-12 novembre 1940), isolant davantage encore l’Afrique de l'Ouest.

Contrairement à la France métropolitaine, les troupes coloniales françaises en Afrique de l'Ouest ne furent pas réduites après l'armistice 1940 et les puissances de l'Axe n’interfèrent que peu dans la région, fournissant un appoint précieux aux forces de la France libre après avoir été libéré. Avant cela, il y eut quelques tensions entre les Français et les colonies britanniques voisines, notamment la Sierra Leone, conduisant à la formation du Freetown Defence Flight en juin 1941, mais aucun incident militaire n’eut lieu.

Histoire de l'Afrique-Occidentale française pendant la Seconde Guerre mondiale

Sommaire

Bataille de Dakar

Article détaillé : Bataille de Dakar.

Le sentiment antibritannique en Afrique avait atteint des sommets après que le cuirassé français Richelieu avait été touché dans le port de Dakar, au Sénégal, en Afrique-Occidentale française le 10 juillet 1940[2]. En août, le général de la France libre Charles de Gaulle suggéra une campagne par voie terrestre, à partir de Conakry, en Guinée française. Il prévoyait que le soutien populaire pour la France Libre se construirait en se dirigeant sur Dakar. Mais la suggestion de Gaulle fut rejetée par les Britanniques qui désiraient agir rapidement.

Le 18 septembre, trois croiseurs légers français, le Georges Leygues, le Gloire et le Montcalm furent interceptés par les navires alliés en route vers Libreville. Les navires d’interception alliés incluaient le croiseur lourd HMAS Australia. Les trois croiseurs légers français furent forcés de battre en retraite.

La résistance de Vichy se raidit à la suite des attaques sur les navires français. La bataille de Dakar (du 23 septembre au 25 septembre 1940) eut lieu après que les forces alliées ne réussirent pas à convaincre les défenseurs français vichystes de Dakar de leur permettre d'entrer pacifiquement dans la ville. Les forces alliées essayèrent d'abord de persuader les forces de Vichy par le biais de la propagande. Ils tentèrent ensuite de prendre de Dakar par les armes. Les deux tentatives finirent par une défaite. Les espoirs alliés de reprendre l'Afrique-Occidentale française furent réduits à néant, à ce moment-là, laissant l'Afrique-Équatoriale française, moins développée et moins importante économiquement, être le principal territoire français libre au lendemain de l'Armistice.

Références

  1. Pierre Montagnon, La grande histoire de la Seconde Guerre mondiale, Pygmalion 1999, T.I p. 277
  2. « The Second World War in the French Overseas Empire » (consulté le 27 février 2006)

Bibliographie

  • Catherine Akpo-Vaché, L'AOF et la Seconde Guerre mondiale: la vie politique, septembre 1939-octobre 1945, Paris, Editions Karthala, (ISBN 9782865376407).
  • Ruth Ginio, French Colonialism Unmasked: the Vichy Years in French West Africa, Lincoln, University of Nebraska Press, (ISBN 0803217463).
  • Colin Smith, England's last war against France : fighting Vichy 1940-1942, London, Weidenfeld & Nicolson, , 1st éd. (ISBN 9780297852186).
  • Warren Tute, The Reluctant Enemies: the Story of the Last War between Britain and France, 1940-1942, London, Collins, (ISBN 0002153181).

Liens externes