Histoire contemporaine du Cameroun

Cet article concerne uniquement l'histoire du Cameroun indépendant, donc depuis le .

Règne d'Ahidjo (1960-1982)

République Fédérale du Cameroun

Drapeau de la Fédération

Ahmadou Ahidjo fut élu président du Cameroun en 1960, et John Ngu Foncha devint vice-président.

En 1961, lors de l'unification du Cameroun français et de la partie sud du Cameroun britannique (le Southern Cameroons), le pays pris le nom de « République Fédérale du Cameroun ». On rajouta deux étoiles sur le drapeau du Cameroun français afin de symboliser la fédération.

En 1962, le Franc CFA devint la monnaie officielle du pays (dans les deux zones).

Le multipartisme fut interdit, et le parti unique fut appelé Union nationale camerounaise (UNC).

En 1970, Salomon Tandeng Muna remplaça Augustine Ngom Jua comme 1er ministre du Cameroun britannique puis fut élu vice-président de la république fédérale.

République unie du Cameroun

Le 20 mai 1972, le président Ahidjo organisa un référendum pour mettre fin au système fédéral en vigueur jusqu'à cette époque. Le référendum fut largement gagné et le 20 mai devint la fête nationale d'un Cameroun qui s'appellera désormais « République Unie du Cameroun ».

À la même époque, le président Ahidjo adopte la nouvelle doctrine économique du Cameroun, le libéralisme planifié, qui mènera quelques années plus tard, le pays dans la voie du sur-endettement.

Création du poste de premier ministre

Le président Ahidjo organisa un nouveau référendum pour réviser la constitution en 1975. Ce référendum fut gagné par le président. Cette révision permit la création d'un poste de premier ministre et Paul Biya, un chrétien du Sud, y fut nommé.

Ce n'est qu'en novembre 1982 qu'il démissionna pour « raisons de santé » et fut remplacé par son ancien Premier ministre, Paul Biya. Ahidjo regretta son choix ultérieurement, et, à la suite d'un coup d'État manqué de la part de ses partisans, il fut contraint à l'exil en 1983.

Règne de Paul Biya (1982- )

Reprise en main et la modernisation

Paul Biya, nouveau président du Cameroun, nomma Bello Bouba Maigari premier ministre avant de supprimer ce poste un an plus tard.

Cette révolution de palais mettait ainsi fin à un régime auquel on reprochait le trop de pouvoir de l'exécutif aidé d'un parti unique qui encadrait sévèrement la population.

Le , le pays prit le nom de République du Cameroun à la faveur d'une révision de la constitution adoptée par l'Assemblée Nationale.

Libéralisation du régime

Le président Biya tente alors de remédier progressivement aux maux légués par son prédécesseur en renouvelant totalement les cadres et les structures du parti unique, rebaptisé en 1985 Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Il réussira même à y rallier quelques opposants "de l'intérieur". L'ouverture se marquera également lors des élections municipales d'octobre 1987, pluralistes dans le cadre du parti unique. Quelques mois plus tard, Biya est réélu président, tandis que la quasi-totalité des députés sont battus par des nouveaux venus lors des législatives.

Néanmoins, des affrontements violents à Yaoundé avaient mis aux prises étudiants et policiers dès décembre 1987 et, la situation économique empirant, de nouveaux troubles sociaux éclatèrent à partir de 1989. Le 5 décembre 1990, l'Assemblée nationale adopte une série de lois destinées à contrôler la création de nouveaux partis, alors que la Constitution prévoyait explicitement le multipartisme intégral. Plusieurs partis "proches du pouvoir" se font ainsi reconnaître sans problèmes, mais la plupart des partis d'opposition, dans le pays ou en exil, refusent de cautionner ce "multipartisme sous contrôle".

Dès le mois d'avril 1991, les opérations « villes mortes », les émeutes et les manifestations s'étendent à l'ensemble du pays. Pour tenter de résoudre la crise politique, le président Paul Biya rétablit le poste de Premier ministre, annonce des élections et une réforme constitutionnelle. Devant l'ampleur des mobilisations, un état d'urgence de fait est instauré avec la création en mai 1991, de « commandements militaires opérationnels » pour pacifier le pays. Le président Biya ayant annoncé les élections législatives pour le 16 février 1992, le Premier ministre Sadou Hayatou ouvre le 30 octobre 1991, la conférence tripartite gouvernement-opposition-société civile destinée à définir le cadre électoral et l'accès aux médias publics. L'opposition se divise entre les partisans du préalable d'une conférence nationale et ceux qui sont favorables à une participation immédiate à la compétition électorale.

En 1992, des élections présidentielles multipartites ont lieu. Paul Biya est réélu président (39,9 %) devant John Fru Ndi (35,9 %), candidat du Social Democratic Front (SDF). Les résultats sont très contestés. À la suite de manifestations et d'incidents dans la région de Bamenda, l'état d'urgence y est décrété. Le 21 janvier 1996 ont lieu les premières élections municipales pluralistes, le RDPC emporte 65 % des communes mais de grandes villes dont Douala passent au SDF. Le 10 février 1996, les Sawa de Douala protestent contre la désignation de maires non-sawa dans les mairies d'arrondissement remportées par SDF.

Le , un décret présidentiel érige une dizaine des plus grandes villes en "communes à régime spécial", dont la plupart avaient été gagnées par l'opposition, afin de confisquer le pouvoir aux mairies. L'opposition dénonce vivement cette mesure et lance en mai 1996, les opérations « ville morte » relativement peu suivie.

Élections

Le , Sisiku Ayuk déclare symboliquement l'indépendance de la république d'Ambazonie, déclenchant une répression par les forces de l'ordre se soldant par des morts, des blessés, des émeutes, barricades, manifestations, couvre-feu, etc[1]. En janvier 2018, le Nigéria compte entre 7 000 et 30 000 réfugiés liés au conflit et à la répression à la suite de cette déclaration d'indépendance[2].

Le 5 janvier 2018, des membres du gouvernement intérimaire d'Ambazonia, dont le président Sisiku Julius Ayuk Tabe , ont été arrêtés au Nigéria et déportés au Cameroun. Ils ont ensuite été arrêtés et ont passé 10 mois dans un quartier général de gendarmerie avant d’être transférés dans une prison à sécurité maximale de Yaoundé. Un procès a débuté en décembre 2018.

Le 4 février 2018, il a été annoncé que M. Samuel Ikome Sako deviendrait le président par intérim de la République fédérale d'Ambazonia, succédant temporairement à Tabé. Sa présidence a vu l'escalade de la guerre et son extension à tout le sud du Cameroun. Le 31 décembre 2018, Ikome Sako a déclaré que 2019 verrait le passage d'une guerre défensive à une guerre offensive et que les séparatistes s'efforceraient d'obtenir une indépendance de facto sur le terrain.

Hors élections

Notes et références

  1. « Le Cameroun anglophone, en ébullition, compte ses morts », Le Monde,‎
  2. Joan Tilouine, « Patrick, Camerounais anglophone réfugié au Nigeria : “Plus que jamais, je suis ambazonien !” », sur Le Monde Afrique,
Néant

Voir aussi

Bibliographie

  • Pierre Kamé Bouopda, Histoire politique du Cameroun au XXe siècle, Éditions l'Harmattan, Paris, 2016, 594 p. (ISBN 978-2-343-10469-0)

Articles connexes