Henri Bourgeois (journaliste)

Henri Bourgeois
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Henri Bourgeois, journaliste français, vers 1900
Nom de naissance Henri Victor Bourgeois
Naissance
Paris
Décès (à 82 ans)
Mussidan
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession
Journaliste, directeur des informations judiciaires au Petit Journal
Autres activités
Descendants

Henri Bourgeois, né à Paris XIe le et mort à Mussidan (Dordogne) le , est un journaliste français, fondateur de l'Association des informateurs judiciaires au Palais de justice de Paris.

Carrière

Henri Bourgeois est à vingt ans rédacteur au journal Le Radical[1] en 1884, puis au Petit Parisien[2] de 1886 à 1889. Dès 1886[3], il est membre du Syndicat de la presse parisienne[4]. Il rejoint le Petit Journal[5] en 1889, pour lequel il rédige des articles de reportage.

En 1896, Henri Bourgeois est élu vice-président de l’Association générale des nouvellistes parisiens, fondée en 1893 par son frère Charles[6]. L'année suivante, il reçoit la médaille des Secours mutuels, échelon argent [7]. Il est sociétaire de l’Association des journalistes parisiens[8] en mai 1898[9].

Henri Bourgeois devient directeur du service des informations judiciaires du Petit Journal à partir de 1899. Il est nommé officier d'académie dans l'ordre des Palmes académiques en mai 1899[10],[11]. Le 7 août de la même année, il est l'un des journalistes politiques accrédités assistant à la révision du procès Dreyfus à Rennes.

Il est promu officier de l'Instruction publique[12] des Palmes académiques le 23 janvier 1907[13],[14]. En décembre 1908, il fonde l'Association des informateurs judiciaires[15],[16],[17],[18],[19],[20] au Palais de justice de Paris et préside cette association en 1911, devenue Association des informateurs judiciaires parisiens[21],[22].

Parrainé par Charles Prévet, directeur du Petit Journal, Henri Bourgeois est décoré de la Légion d'honneur[23],[24],[25] par décret du 31 juillet 1911, pris sur le rapport de M. Joseph Caillaux, ministre de l'Intérieur et des Cultes. Il reçoit ses insignes de chevalier le 7 novembre. En novembre également, il est sollicité par son confrère Gustave Téry, pour être témoin du duel à l'épée qui l'oppose à Pierre Mortier, dans le cadre de la polémique de presse sur l'affaire Paul Langevin (dont il est le beau-frère par alliance) contre Marie Curie[N 1].

Il est le 260e journaliste à être admis membre de l'Association de la presse judiciaire au Palais de justice de Paris, par décision de l’assemblée générale du 21 mars 1916[26]. Il en est membre d'honneur en 1931[27].

Henri Bourgeois quitte la vie active à la fin des années 1920, après 40 ans d'exercice au service de la presse dont 30 ans au Petit Journal. Il se retire à Compiègne.

Décès

Henri Bourgeois meurt à l'âge de 82 ans le jour de Noël 1946, à l'hôpital de Mussidan (Dordogne), dans le Périgord blanc[28]. À ce jour, son lieu de sépulture est inconnu.

Famille

Henri Bourgeois est le :

Décorations

Sources bibliographiques

Livres
  • Conseil général de la Seine, Mémoires de M. le préfet de la Seine & de M. le préfet de police et procès-verbaux des délibérations, Imprimerie municipale, 1911.
  • Léon Ernest Jacques, Les partis politiques sous la IIIe République : doctrine & programme, organisation & tactique, d'après les derniers congrès, éditions L. Larose & L. Tenin, 1913.
  • André Billy et Jean Piot, Le monde des journaux, éditions G.Crès & Cie, 1924.
  • Raymond Manevy, La presse de la IIIe République, éditions J. Foret, 1955.
  • René de Livois, Histoire de la presse française, vol. 2, éditions les Temps de la Presse, 1965.
  • Marc Martin, Médias et journalistes de la République, éditions Odile Jacob, 1997.
  • Christian Delporte, Les journalistes en France (1880-1950) éditions du Seuil, 1999.
  • Jean-Marie Mayeur et Arlette Schweitz, Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République, vol. 2, dict. biographique, publications de la Sorbonne, 2001.
  • Nobuhito Nagaï, Les conseillers municipaux de Paris sous la Troisième République (1871-1914) publications de la Sorbonne, 2002.
  • Christophe Charle, Le Siècle de la presse (1830-1939), éditions du Seuil, 2009.
Presse
  • Le Matin n° 4648, 19 novembre 1896.
  • Bulletin officiel du Ministère de l’Éducation nationale, p. 596, Ministère de l'Éducation nationale, 1899.
  • Journal officiel de la République française : lois et décrets, 24 mai 1899.
  • Le Figaro n° 145, 25 mai 1899.
  • Annuaire de la presse française et étrangère et du monde politique, dir. Paul Bluyssen, Paris, 1908 et 1909.
  • Le Figaro n° 365, 30 décembre 1908.
  • Le Petit Parisien, 1er août 1911.
  • La Presse n° 6937, 1er août 1911.
  • Le Gaulois n° 12.345, 2 août 1911.
  • Le XIXe Siècle n°15118, 2 août 1911.
  • Le Journal des débats politiques et littéraires n° 78, 19 mars 1912.
  • Le Gaulois n°12574, 18 mars 1912.
  • La Lanterne n°12749, 19 mars 1912.
  • Annuaire de la presse, de la publicité et de la communication, Écran Publicité, 1912.
  • Le Petit Parisien, 1er août 1912.
  • La Croix n° 9012, 2 août 1912.
  • Bulletin des lois de la République française, vol.6, Imprimerie nationale, 1913.
  • Bulletins de l’Association des journalistes parisiens, n°s 20 (1905) ; 23 (1908) ; 28 (1913) ; 30 (1915) ; 31 (1916) ; 34 (1919) ; 35 (1920) ; 36 (1921) ; 40 (1925) ; 42 (1927) ; 43 (1928) ; 45 (1930).
  • Collectif, Editor & Publisher, vol.53, éditions Editor & Publisher Co. (US), 1921.
  • Annuaire de la presse française et étrangère, vol. 55, 1937.
Archives écrites
  • Archives municipales du cimetière de Sceaux, titre n° 1.795, 12 mai 1938.
  • Livre-matricule de l'Association de la presse judiciaire, 2012.
  • Dossier militaire aux Archives départementales de Paris, cote D.4R1-392.

Liens externes

Notes et références

Note

  1. L'affaire Langevin-Curie et le duel du 24 novembre 1911 au vélodrome du Parc des Princes : « À la suite d’une polémique de presse au sujet de Mme Curie, M. Gustave Téry (de l'Œuvre) a envoyé ses témoins, MM. Urbain Gohier et Henri Bourgeois, à M. Pierre Mortier (du Gil Blas) qui a constitué, pour le représenter, MM. Alfred Périvier et Georges Breittmayer. Une rencontre à l’épée a été décidée. Elle a lieu ce matin au Parc des Princes dans les conditions suivantes : chacun ses armes personnelles, martingale facultative. À la fin de la première reprise, M. Pierre Mortier a été atteint au biceps. Ses témoins déclarèrent qu’il pouvait continuer. A la seconde reprise, M. Pierre Mortier fut de nouveau atteint à l’avant-bras droit d’une blessure pénétrante qui mit fin au combat. Les docteurs Hercoët et Lévy assistaient les combattants ». « À la suite d'un article paru dans le Gil Blas du 23 novembre sous la signature de M. Pierre Mortier, M. Gustave Téry s'étant jugé offensé a constitué comme témoins MM. Urbain Gohier et Henri Bourgeois. De son côté, M. Pierre Mortier s'est fait représenter par MM. Alfred Périvier et Georges Breittmayer. Une rencontre a été reconnue inévitable. Elle aura lieu demain, à l'épée de combat : chacun ses armes, martingale facultative, chemise molle ou maillot, gants de ville et chaussures libres. Deux minutes de combat, repos de trois minutes. Quinze mètres de terrain derrière chaque adversaire. Direction alternative. Le combat cessera sur l'avis des témoins du blessé. À 11 heures du matin, les combattants arrivent au Parc des Princes. Comme la consigne est formelle et qu'on ne veut tolérer personne sur le terrain, les reporters grimpent, au moyen d'une échelle, sur le toit des cabines des coureurs. C'est du haut de cet observatoire que nous allons assister au combat. Il est fort court et ne nécessite d'ailleurs que deux reprises. Sous la bise qui souffle âprement, les épées sont engagées et le combat commence sous la direction de M. Breittmayer. M. Téry, plein de sang-froid, solidement campé sur ses jambes, adopte une garde de tierce qu'il conservera jusqu'à la fin et qui paraît lui être familière. Il emploie continuellement le contre qu'il roule pour attaquer ensuite en main de tierce toujours. M. Pierre Mortier, d'allure plus svelte, a un jeu plus heurté, avec une garde allongée et cherche souvent à envelopper le fer de son adversaire mais sans y réussir. Pour nous qui l'avons vu dans un duel précédent, il paraît avoir calmé une fougue qui le desservit et sa tenue d'hier en n'excluant pas un visible courage, sembla l'écarter d'un fâcheux emballement. Il découvre malencontreusement, toute sa ligne de sixte. Aussi, M. Téry en profite-t-il pour passer et lui infliger deux blessures, l'une au biceps, l'autre à l'avant-bras droit. Cette dernière - à la seconde reprise dirigée par M. Urbain Gohier - met fin au combat. Sans aucune réconciliation, les adversaires quittent le terrain, suivis de leurs témoins. Les journalistes dégringolent de leur toit. Les autos ronflent et s'éloignent. C'est fini... »

Références

  1. Quotidien fondé par Victor Simond le 10 août 1881
  2. Quotidien fondé par Louis Andrieux le 15 octobre 1876
  3. In dossier de la Légion d'honneur, base de données Léonore
  4. Organisation fondée en 1882
  5. Quotidien fondé par Moïse Polydore Millaud en 1863
  6. Le Matin no 4648 du 19 novembre 1896
  7. Remplacé par l’ordre du Mérite social en 1936
  8. Association fondée en décembre 1884
  9. Bulletin de l’Association des journalistes parisiens, 1925
  10. Journal officiel de la République française du 24 mai 1899 sur Gallica
  11. Le Figaro no 145 du 25 mai 1899
  12. Ancien nom du ministère de l’Éducation nationale, de la Révolution à 1932
  13. Journal officiel de la République française du 13 février 1907 sur Gallica
  14. Annuaire de la presse française et étrangère et du monde politique, 1908
  15. Le Figaro no 365 du 30 décembre 1908
  16. La Croix n°7903 du 31 décembre 1908
  17. Gil Blas n°10750 du 30 décembre 1908
  18. Le Radical n°365 du 30 décembre 1908
  19. Recueil des actes administratifs du département de la Seine de janvier 1909
  20. Journal officiel du 1er janvier 1909
  21. Le Gaulois no 12345 du 2 août 1911
  22. Le Journal des débats politiques et littéraires no 78 du 19 mars 1912
  23. Journal officiel de la République française du 1er août 1911 sur Gallica
  24. Base de données Léonore
  25. Le Petit Parisien du 1er août 1911
  26. Certaines sources erronées lui en attribuent la création. Il s'agit d'une confusion avec l'Association des informateurs judiciaires
  27. Livre matricule de l'Association de la presse judiciaire (fondée en 1887)
  28. Acte de décès d'Henri Bourgeois n°66, Mairie de Mussidan, réf. BX55355