Hattie McDaniel

Hattie McDaniel
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Hattie McDaniel en 1939

Naissance
Wichita (Kansas)
Nationalité Drapeau : États-Unis Américaine
Décès (à 57 ans)
Los Angeles (Californie)
Profession Actrice
Films notables Autant en emporte le vent

Hattie McDaniel est une actrice américaine, née le à Wichita (Kansas) et morte le à Los Angeles. Elle est la première femme noire à recevoir un oscar, le 29 février 1940 lors de la 12e cérémonie des Oscars, comme second rôle féminin, pour le rôle de Mammy dans Autant en emporte le vent (Gone with the Wind).

Biographie

Fille d'un père pasteur baptiste de Richmond (Virginie) et d'une mère originaire de Nashville (Tennessee). Dès 1909, elle quitte l’école pour chanter et danser au sein de la troupe de son frère Otis, The Mighty Minstrels. En 1911, Hattie se marie avec le pianiste Howard Hickman, et se lance dans la création de spectacles uniquement féminins. En 1916, son frère Otis décède, et la troupe commence à perdre de l’argent.

Au début des années 1920, McDaniel rejoint la troupe de George Morrison, Melody Hounds, et passe cinq ans en tournée aux Etats-Unis. Elle a alors l’opportunité de chanter à la radio pour la première fois avec les Melody Hounds, ce qui lui permettra d'accéder à une première reconnaissance du public. En 1922, McDaniel perd successivement son mari et son père. En 1932, elle fait ses débuts au cinéma où on la cantonnera essentiellement à des rôles de domestiques. En 1936, Show Boat lui vaut d'être une première fois remarquée.

À la suite du krach boursier de 1929, Mc Daniel est contrainte de prendre un travail de serveuse et plongeuse dans un club de Milwaukee, avant d'obtenir de son patron la possibilité de se produire sur scène. En 1931, elle rejoint son frère Sam et sa sœur Etta, artistes également à Los Angeles. Sam lui obtient une chronique à la radio, où elle interprète « Hi-Hat Hattie », une domestique qui ne « sait pas rester à sa place ». Elle devient alors extrêmement populaire, bien que ne recevant qu’un salaire misérable qui l’oblige à travailler comme domestique.

Mais c'est en 1939, avec son rôle de Mamma dans Autant en emporte le vent, qu'elle atteint la renommée. Le , lors de la première mondiale au Fox Theater ségrégationniste à Atlanta, on lui interdit l'accès à la projection. Le , elle obtient l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, devenant la première artiste noire à obtenir cette récompense[1],[2],[3]. Vingt-quatre années s'écouleront avant de voir un autre acteur noir recevoir un Oscar dans le rôle principal (Sidney Poitier).

En 1938, Hattie se marie avec Howard Hickman, dont elle divorce la même année. Elle se remariera avec James Lloyd Crawford en 1941 puis Larry Williams en 1949.

Par la suite, l'actrice joue encore quelques rôles de domestique jusqu’à son dernier film, Family Honeymoon, en 1949. Elle reprend alors une carrière à la radio dans la série comique Beulah, puis joue dans l’adaptation télévisuelle de l’émission. Elle y prend la suite de l’actrice Ethel Waters, qui au terme de la première saison a critiqué les stéréotypes racistes liés au rôle. Au printemps 1952, McDaniel qui s’est découverte atteinte d’un cancer du sein, est trop malade pour continuer à travailler et laisse la place à Louise Beavers.

Hattie McDaniel meurt le 26 octobre 1952 à l’âge de 57 ans. Durant toute sa carrière, elle apparaît dans plus de 300 films, n’apparaît dans les crédits que de 80 films et joue 74 rôles de domestique.

Elle était la sœur des acteurs et chanteurs Otis McDaniel (1882-1916), Sam McDaniel (1886-1962) et Etta McDaniel (1890-1946).

Le racisme à Hollywood

Comme le montre Jill Watts dans l'ouvrage Hattie McDaniel: Black Ambition, White Hollywood, en tant que femme noire dans une société américaine ayant institutionnalisé la ségrégation raciale, McDaniel a souffert de nombreuses discriminations[4]. Comme beaucoup d'acteurs noirs de cette période, elle a été cantonnée à des rôles racialement stéréotypés de domestiques, parfois pas même crédités au générique. Lorsqu'elle est récompensée par un Oscar pour son rôle dans Autant en emporte le vent, elle n'a pas été autorisée à assister à la première du film, au Loew’s Grand Theatre à Atlanta[Informations douteuses] [?], tout comme tous les acteurs noirs de l'époque, également exclus de toute la promotion du film dans les États du Sud. Même à Hollywood, lors de la cérémonie des Oscars, elle est contrainte de s’asseoir au dernier rang, réservé aux noirs, loin du reste de l'équipe du film[5]. L'Oscar a d'ailleurs été reçu de manière contrastée par la communauté africaine-américaine. En saluant cette victoire, certains jugent que le film fait l’apologie du système esclavagiste. L’Oscar démontrait alors que seuls ceux qui acceptaient les stéréotypes racistes d’Hollywood pouvaient y avoir du succès. McDaniel est donc accusée de collaborer au maintien des stéréotypes racistes sur les noirs dans le cinéma hollywoodien.

Pourtant, même célèbre, McDaniel continue à subir la discrimination raciste. Lorsqu'elle s'installe à Hollywood au début des années 1940, dans le quartier de West Adams, un quartier alors majoritairement blanc mais attirant progressivement la bourgeoisie noire, au point d'être rebaptisé Sugar Hill, la jeune actrice défie la barrière raciale et subit le racisme des résidents blancs du quartier[6]. Une association de quartier, la West Adams Height Improvement Association porte plainte et l'affaire monte jusqu'à la Cour suprême de Californie. L'association avance qu'en vendant des propriétés à des acheteurs noirs, les propriétaires blancs avaient violé la loi garantissant la ségrégation raciale dans le domaine de l'immobilier[7]. Les propriétaires noirs de Sugar Hill, dont Hattie McDaniel, sont soutenus par les avocats de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP). La presse raciste ne manque pas de réagir : en illustrant son article d'une photographie de la demeure possédée par McDaniel, le journal Los Angeles Sentinel s'insurge sur sa première page "Les nègres de Californie peuvent désormais habiter partout![8]". En 1948, les défenseurs de Sugar Hill remportent néanmoins le procès.

Orientation sexuelle

Si McDaniel fut mariée quatre fois, sa bisexualité est souvent évoquée par les rumeurs hollywoodiennes et est toujours supposée jusqu'à aujourd'hui. On lui attribue une liaison avec l'actrice Tallulah Bankhead, évoquée par Kenneth Anger dans Hollywood Babylon[9]. Pour la biographe de Hattie McDaniel, Carlton Jackson, il n'y a aucune preuve, hormis une déclaration ambiguë de Bankhead [10].

Filmographie partielle

Notes et références

  1. Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos, « 29 février 1940 : scandale à Hollywood, une "négresse" reçoit un oscar » [php], sur lepoint.fr, Le Point, (consulté le 14 juin 2016).
  2. (en) Annette Witheridge, « 'I'd rather make $700 a week playing a maid than working as one': how the first black Oscar winner dealt with being segregated from white Gone with the Wind co-stars at Academy Awards » [html], sur dailymail.co.uk, Daily Mail, (consulté le 14 juin 2016).
  3. Marie Monier, « Oscars 2016 : le 29 février 1940, la première actrice noire a été récompensée » [html], sur rtl.fr, RTL, (consulté le 14 juin 2016).
  4. Jill Watts, Hattie McDaniel: Black Ambition, White Hollywood, Amistead, 2005.
  5. http://nypost.com/2014/09/28/why-gone-with-the-wind-will-never-be-forgotten/
  6. https://www.nps.gov/nr/feature/afam/2010/afam_los_angeles.htm
  7. Darnell M. Hunt,Ana-Christina Ramón, Black Los Angeles: American Dreams and Racial Realities, New York, NYU Press, 2010, p. 69.
  8. Idem.
  9. Kenneth Anger, Hollywood Babylone 2, HC Dutton 1984.
  10. Carlton Jackson, Hattie: The Life of Hattie McDaniel, Madison Books, 1990, p. 134.

Bibliographie

  • (en) Carlton Jackson, Hattie : the life of Hattie McDaniel, Lanham, Madison Books, , 220 p. (ISBN 978-0-8191-7295-2, OCLC 19322347, lire en ligne)
  • (en) Jill Watts, Hattie McDaniel : Black ambition, White Hollywood, New York, Amistad, , 352 p. (ISBN 978-0-06-051490-7, OCLC 57641677)

Liens externes