Hassan Rohani

Hassan Rohani
(fa) حسن روحانی
Hassan Rohani en 2013.
Hassan Rohani en 2013.
Fonctions
Président de la
République islamique d'Iran
En fonction depuis le
(4 ans, 3 mois et 8 jours)
Élection
Réélection
Vice-président Eshaq Jahangiri
Prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad
Secrétaire général du
Mouvement des non-alignés

(3 ans, 1 mois et 13 jours)
Prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad
Successeur Nicolás Maduro
Membre de l'Assemblée des experts
En fonction depuis le
(17 ans, 8 mois et 17 jours)
Réélection
26 février 2016
Vice-président du Majlis

(7 ans, 11 mois et 28 jours)
Prédécesseur Hossein Hashemian
Successeur Behzad Nabavi
Membre du Majlis

(19 ans, 11 mois et 28 jours)
Élection
Réélection


Biographie
Nom de naissance Hassan Fereydoun
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance Sorkheh (Senman, Iran)
Nationalité Iranienne
Parti politique IRP (1979-1987)
CCA (1987-2013)
PMD (depuis 1999)
Conjoint Sahebeh Arabi
Diplômé de Université calédonienne
de Glasgow

Université de Téhéran
Religion Islam chiite
Résidence Palais Sa'dabad (Téhéran)

Hassan Rohani
Présidents de la République islamique d'Iran

Hassan Rohani (prononcé « Rouhani », en persan حسن روحانی), né le à Sorkheh, est un homme d'État, diplomate et universitaire iranien, président de la République islamique d'Iran depuis 2013.

Candidat à l'élection présidentielle iranienne de 2013, Hassan Rohani, présenté comme le seul candidat modéré de la campagne, est élu président de la République islamique d'Iran au premier tour, avec 50,7 % des suffrages exprimés. Il est réélu en 2017, dès le premier tour, avec 57 % des voix.

Biographie

Jeunesse et études

Sahebeh Arabi en octobre 2013.

Né à Sorkheh, près de Semnan, il commence ses études religieuses en 1960, d'abord dans le séminaire de Semnan avant de rejoindre celui de Qom en 1961. Admis à l'université de Téhéran en 1969 où il obtient sa maîtrise de droit en 1972, Rohani continue ses études au Royaume-Uni à l'université calédonienne de Glasgow dont il détient un doctorat en droit constitutionnel[1],[2].

Outre sa langue maternelle, le persan, il parle couramment l'anglais, le français, l'allemand, le russe et l'arabe[3].

Religieux

En tant que jeune clerc, il commence ses activités politiques en suivant Rouhollah Khomeini pendant les débuts du mouvement de protestation islamique en Iran.

Après la Révolution de 1979

Après la victoire de la révolution, il est élu député au Majlis en 1980 et le demeure pendant vingt ans, occupant la fonction de vice-président de l'Assemblée de 1992 à 2000. Durant la guerre Iran-Irak, Rohani est membre du Conseil suprême de défense de 1982 à 1988 et le chef de son Comité exécutif entre 1986 et 1988. Il est également le commandant des Forces aériennes iraniennes de 1986 à 1991.

En 1986, avec un groupe d'officiels Iraniens modérés, il fait pression pour que les Américains vendent du matériel militaire à l'Iran en échange de négociations avec le Hezbollah, afin de faire libérer les otages américains au Liban. Cela déboucha sur l'affaire Iran-contra, scandale de l'ère Reagan où la vente d'armes à l'Iran par l'administration américaine fut révélée[4].

Hassan Rohani est le secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale de 1989 à 2005. Il est par ailleurs membre du Conseil de discernement depuis 1991, puis de l'Assemblée des experts depuis 2000. D'octobre 2003 à août 2005, il est également le négociateur en chef du dossier nucléaire iranien. À ce poste, il accepte en novembre 2004 la proposition formulée par la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne visant à suspendre l'enrichissement de matière fissile jusqu'à ce que l'Iran puisse prouver qu’il ne cherche pas à obtenir la bombe atomique ; cette décision lui vaut de devenir la cible de nombreux conservateurs iraniens, qui l'accusent d'avoir cédé aux demandes occidentales, et l'amènent à envoyer son collaborateur Mohammad Javad Zarif (devenu en 2013 son ministre des Affaires étrangères) renégocier un accord, finalement refusé par les Européens[5].

Hassan Rohani exprime son soutien aux manifestants lors du soulèvement postélectoral de 2009 et critique la répression menée par le régime à la suite de la réélection contestée du conservateur Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de l'Iran[6],[3].

Président de la République

Candidat des réformateurs et modérés en 2013

Le , il annonce sa candidature à l'élection présidentielle du mois de juin[7].

Perçu comme partisan d'un rapprochement avec les pays occidentaux et du respect des droits de l'Homme[8], il bénéficie du soutien des « modérés » et fédère autour de lui le camp des « réformateurs » de l’opposition : il reçoit ainsi le soutien des anciens présidents Hachemi Rafsandjani, dont la candidature a été rejetée, et Mohammad Khatami. Quatre jours avant le scrutin, le candidat Mohammad Reza Aref se retire en sa faveur[9].

Premier mandat

Le 14 juin 2013, il est élu président de la République à la surprise générale, en remportant 18 613 329 voix sur un total de 36 704 156, soit 50,71 % des suffrages, loin devant ses cinq adversaires, parmi lesquels le maire de Téhéran, Mohammad Ghalibaf (16,56 %). Hassan Rohani parle de « victoire de la modération sur l'extrémisme », tout en reconnaissant qu'il n'existe pas de solutions miracles pour résoudre les problèmes rencontrés par le pays, notamment au niveau économique. Il devra en outre composer avec le guide de la Révolution, Ali Khamenei, dont les pouvoirs sont importants, et un Parlement à majorité très conservatrice[3].

Considéré comme plus modéré que son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad, il est toutefois parfois accusé de tenir un double discours, comme le pense le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, le comparant à « un loup déguisé en mouton », après des déclarations qu'il aurait prononcées le à l'occasion de la Journée annuelle de Jérusalem[10],[11].

Le 11 novembre 2015, à la veille d'une visite officielle en France, il déclare à la télévision française « l'État actuel d'Israël n'est pas légitime »[12].

Article détaillé : Programme nucléaire iranien.

Après l'élection d'Hassan Rohani à la présidence de la République, l'Iran fait publiquement part de sa plus grande disposition à trouver un accord sur le nucléaire, alors que les sanctions prises par les pays occidentaux depuis plusieurs années portent leurs fruits. Le 24 novembre 2013 à Genève, l'intention de lever progressivement les sanctions à l'égard de l'Iran, en échange d'un gel temporaire de son programme nucléaire, est en effet officiellement exprimée. Selon toute vraisemblance, la position américaine aurait changé de manière radicale après une conversation téléphonique entre Obama et Rohani, fin septembre 2013[13].

Fin novembre, un accord est trouvé entre Téhéran et le groupe 5 + 1 (États-Unis, Royaume-Uni, France, Chine, Russie + l'Allemagne), qui prévoit notamment que l'Iran n'enrichisse pas d'uranium à plus de 5 % pendant six mois, dilue la moitié de ses stocks actuels, suspende les usines de Natanz, Fordow et Arak sans construire de nouveaux sites d'enrichissement, alors que l'AIEA aura désormais un accès quotidien et sans préavis à Natanz et Fordow. En contrepartie, les Occidentaux s'engagent à suspendre leurs sanctions économiques sur l'industrie, l'automobile, le commerce de l'or ou encore les exportations pétrochimiques, à ne pas essayer d'entraver encore plus la vente du pétrole iranien, en notant que ces levées sont « limitées, temporaires et ciblées » et peuvent à tout moment être annulées en cas de non-respect des engagements iraniens[14],[15].

Hassan Rohani a également favorisé une présence féminine, encore timide, dans les instances dirigeantes du pays. Les Iraniennes peuvent être députées et même ministres, mais n’ont pas accès aux fonctions de juges. Aucune n’a été autorisée à se présenter à la présidentielle depuis 1979. Pour autant, si l’on compare l’Iran et les autres pays de cette région du monde, le statut des iraniennes reste un peu plus favorable et une volonté s’affirme progressivement de lutter contre la discrimination. En 1997, l’ex-président Mohammad Khatami avait nommé Masoumeh Ebtekar vice-présidente de la République et ministre de l’Environnement. L’ex-président Mahmoud Ahmadinejad, qui l'a précédé, avait nommé en 2009 une femme à la tête du ministère de la Santé avant de la révoquer en 2013. Hassan Rohani, peu après sa nomination, nomme Elham Aminzadeh vice-présidente chargée des Affaires juridiques et des relations avec le Parlement. Il appelle aussi ses ministres à féminiser davantage leur ministère. Et il met en exergue par un message sur Twitter la nomination de Marzieh Afkham comme porte-parole de la diplomatie iranienne[16]. Par contre, il ne crée pas de ministère de la Femme, bien qu’il l’ait promis alors qu'il était candidat à la présidence[17].

En décembre 2014, à la suite de la révélation d'une affaire d'escroquerie, il affirme vouloir combattre la corruption, dénonciation que les observateurs replacent dans le cadre de la lutte avec le clan conservateur, notamment le chef de la justice, Sadegh Larijani [18]

Candidat à l'élection présidentielle iranienne de 2017

Le , Hassan Rohani a déposé sa à candidature à l'élection présidentielle iranienne de 2017 du 19 mai. Il défend un « bilan économique problématique, qui sera tout l’enjeu de sa campagne »[19].

Second mandat

Il est réélu dès le premier tour avec 57 % des voix[20] et son élection est « approuvée » le 3 août 2017 par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei[21]. Il prête serment le 5 août au cours de la cérémonie d'investiture devant le Parlement[22].

Notes et références

  1. Amir Dastmalchian, « Iranian Election Candidate Queried on Academic Credentials », Huffington Post,‎ (lire en ligne).
  2. (en) « Investigating Presidential Prospect Rowhani's Academic Past », Iran Election Watch, (consulté le 15 juin 2013).
  3. a, b et c (en) « Profile: Hassan Rouhani », BBC News, 16 juin 2013.
  4. « Foreign Policy », The Kerry Doctrine, numéro 203, P 80, décembre 2013.
  5. Renaud Girard, « Le chemin de crête du négociateur en chef de la République islamique », Le Figaro, vendredi 8 novembre 2013, page 2.
  6. « Hassan Rohani : un religieux modéré partisan d'une détente avec l'Occident », Le Figaro, 15 juin 2013.
  7. « L'ex-négociateur nucléaire iranien candidat à la présidentielle », Le Monde, 11 avril 2013.
  8. « Qui est Hassan Rohani, le nouveau président iranien ? », LCI-TFI, 15 juin 2013.
  9. « Iran : le modéré Hassan Rohani remporte la présidentielle dès le premier tour », Les Échos, 15 juin 2013.
  10. Lina Ziadi, « « Iran : premiers signaux ambigus du président Rohani » », dans Le Figaro, samedi 3 / dimanche 4 août 2013, page 4.
  11. « Les propos d'Hassan Rohani ont été déformés », lalibre.be, publié le vendredi 02 août 2013 à 12h38 - mis à jour le mardi 6 août 2013.
  12. « L'état d'Israel n'est pas légitime », Le Figaro, 12 novembre 2015.
  13. Véronique Schultz (dir.), « Accord sur le nucléaire iranien : au bénéfice de qui? », Infoveille, Centre de documentation de l'école militaire, no 37,‎ .
  14. Isabelle Lasserre, « Un accord historique freine le nucléaire iranien », dans Le Figaro, lundi 25 novembre 2013, p. 6.
  15. « Les principaux points de l'accord », dans Le Figaro, lundi 25 novembre 2013, p. 6.
  16. AFP, « Marzieh Afkham, première femme porte-parole de la diplomatie iranienne », Libération,‎ (lire en ligne).
  17. Rédaction Le Point, « Iran : les femmes du président », Libération,‎ (lire en ligne).
  18. « Iran : Hassan Rohani entend se battre contre la corruption », keyhani.blog.lemonde.fr, 8 décembre 2014.
  19. « Le président iranien, Hassan Rohani, fait campagne sur son bilan », Le Monde, 17 avril 2017.
  20. Louis Imbert, « Election présidentielle en Iran : Hassan Rohani a été réélu avec 57 % des voix », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  21. Investiture de Rohani : les directives du Guide suprême, Press TV, 4 août 2017.
  22. Le président Rohani prête serment pour son second mandat, Press TV, 5 août 217.

Annexes

Article connexe