Gyula Andrássy

Gyula Andrássy

Gyula Andrássy
Illustration.
Gyula Andrassy par Gyula Benczúr (1884)
Fonctions
Ministre-président du Royaume de Hongrie
Prédécesseur Bertalan Szemere 
Successeur Menyhért Lónyay
Ministre des Affaires Étrangères d'Autriche-Hongrie
Prédécesseur comte von Beust
Successeur baron von Haymerle 
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Oláhpatak
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Volosko, Littoral autrichien
Nationalité Hongrois
Conjoint comtesse Katinka Kendeffy 
Photographie du comte Andrássy, 1870

Le comte Gyula Andrássy (né le à Oláhpatak en Haute-Hongrie et mort le à Volosko  sur le littoral autrichien) est un homme d'État austro-hongrois. Il fut premier ministre du royaume de Hongrie et ministre impérial.

Biographie

Issu d'une famille aristocratique de magnats hongrois, il est le fils du comte Károly Andrássy et de la comtesse Etelka Szapáry.

Après des études de droit à Pest, il est élu en 1847 député à la Diète hongroise. Âgé de 24 ans, il s'y signala par son éloquence et ses idées libérales. Lors de la révolution hongroise de 1848, il se prononça pour l’indépendance de son pays, devint főispán (préfet) du comitat de Zemplén et se rallia à Lajos Kossuth qui l'envoya en mission à Constantinople (1849).

Après la défaite de la révolution, Andrássy, condamné à mort par contumace et pendu en effigie, se réfugia à Paris puis à Londres. Il vécut en exil jusqu’à l’amnistie de 1857 collectionnant les succès féminins. Il était surnommé "Le beau pendu".

Élu en 1860 député de Zemplin à la Diète, il siégea dans les rangs du parti de Ferenc Deak, qui revendiquait, par les voies légales, l'autonomie législative de la Hongrie.

La défaite de l'Autriche lors de la Bataille de Sadowa (1866) força le gouvernement autrichien à entrer dans la voie des concessions libérales ; un ministère spécial ayant été constitué en Hongrie le 11 février 1867, Andrássy entra en qualité de président du conseil et de ministre pour la défense du pays. La monarchie des Habsbourg-Lorraine devint alors l'Autriche-Hongrie (au grand dam des populations allemandes et aux dépens des populations slaves de l'empire). Le 8 juin 1867, l'empereur d'Autriche François-Joseph Ier et la très hungarophile impératrice Elisabeth (en hongrois : Erzsebet) furent solennellement couronnés roi et reine de Hongrie à Buda, Andrassy tenant l'un des rôles principaux au cours de la messe composée par Franz Liszt.

Pour remercier leur nouvelle reine, les Hongrois lui offrirent le château de Gödöllő qui devint sa résidence favorite.

L'année suivante, l'impératrice-reine attendant un enfant souhaitait ardemment donner un "roi à la Hongrie" qui entérinerait la fin de la double monarchie. Elle mit au monde une fille qu'elle prénomma de son propre chef Marie-Valérie en l'honneur de la Hongrie (Valeria est le nom de la région dont le chef-lieu est Budapest). Certains attribuèrent la paternité de l'enfant à Andrassy, mais la ressemblance entre l'archiduchesse Marie-Valérie et l'empereur-roi fut de plus en plus frappante, et réduit à néant la rumeur. Contrairement à sa mère, l'archiduchesse deviendra une fervente germanophile. En revanche, il est également démontré l'importance qu'eut Andrassy dans la vie de la reine.

Lors de la déclaration de guerre de la France à la Prusse le 15 juillet 1870, Andrássy se prononça énergiquement en faveur de la neutralité et réussit à imposer ses idées. Les talents dont il avait fait preuve lui valurent d’être appelé à succéder, le 14 novembre 1871, au comte de Beust en tant que ministre des Affaires étrangères de la Double-monarchie.

Lorsqu’en 1875 se déclencha l'insurrection de l'Herzégovine et de la Bosnie, le comte adressa au gouvernement ottoman une note exposant les réformes dont l'urgence s'imposait en décembre 1875. Il maintint la plus stricte neutralité lorsque la guerre éclata entre l'Empire ottoman d'une part, la Serbie et le Monténégro de l'autre (1876).

Après la victoire de la Russie sur les Turcs, il fit triompher l'idée d'un congrès européen chargé d'empêcher l'émergence d'une fédération balkanique dominée par une Grande Bulgarie, et fixant les frontières des nations chrétiennes de manière à les séparer par une Turquie d'Europe allant jusqu'à l'Adriatique. C'est ce qui fut décidé au congrès qui se réunit à Berlin le 13 juin 1878 et qui, en outre, permit à l'Autriche-Hongrie d'occuper la Bosnie et l'Herzégovine. Pour ces succès, l'empereur conféra à Gyula Andrássy le prestigieux Ordre de la Toison d'or.

L'année suivante, le comte Andrássy donnait sa démission de président du conseil et à partir de ce moment, il ne prit que rarement la parole à la Diète hongroise, se consacrant à sa vie privée.

Il est le père de Gyula Andrássy le Jeune (1860-1929), dernier ministre des Affaires étrangères de l'Autriche-Hongrie.

Notes et références

Liens externes