Groupe de Visegrád

Groupe de Visegrád
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Carte de l'organisation
Carte des pays membres.
Situation
Région Europe centrale
Création
Budget 8 millions d’euros (2014)
Organisation
Membres

Site web http://www.visegradgroup.eu/

Le groupe de Visegrád (aussi appelé Visegrád 4 ou V4 ou triangle de Visegrád) est un groupe informel réunissant quatre pays d’Europe centrale : la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie. Ces pays sont tous des États membres de l'Union européenne et de l'OTAN. La population du groupe s’élève à 63,8 millions d’habitants en 2016 (13 % de la population de l’UE). L’Indice de développement humain moyen est élevé et croissant (l’indice moyen est de 0,8535 d’après le rapport de 2016 sur l’année 2015). Le PIB total du groupe est estimé à 876 milliards de dollars.

Historique

Václav Havel, József Antall et Lech Wałęsa lors de la création du groupe de Visegrád, en février 1991.

Le groupe de Visegrád trouve son origine en automne 1335, lorsque les rois de Bohême, de Pologne et de Hongrie se rencontrèrent dans la ville hongroise de Visegrád pour créer une alliance anti-Habsbourg. Les trois dirigeants se sont mis d’accord sur la création de nouvelles routes commerciales qui permettraient un accès facilité aux marchés européens[1].

Le V4 moderne a démarré lors d’un sommet des chefs d’État ou de gouvernement de Tchécoslovaquie, Hongrie et Pologne dans la ville de Visegrád le , afin de mettre en place des coopérations entre ces trois États, en vue d’accélérer le processus d’intégration européenne. De là vient le premier nom du groupe, « triangle de Visegrád » ; ces trois États allaient devenir quatre avec la partition de la Tchécoslovaquie le , mais le terme de « triangle » s’utilise encore parfois.

Caractéristiques des pays

Pays Capitale Superficie (km 2) (2016)[2] Population en millier

(2016)[3]

Taux de chômage (%) (2017)[4] Taux d’imposition total (% des bénéfices commerciaux)[5] PIB par habitant ($) (2016)[6] PIB en millions ($) (2016) [7] Dépenses militaires (en % du PIB) (2016) [8] Devise IDH (2015)[9] Poids des votes au Conseil de l'Union européenne Chef de l’État Depuis Chef du gouvernement Depuis
Drapeau de la République tchèque République Tchèque Prague 78 870 10 561,63 3,3 50 18 266,5 192 924,59 1 Couronne tchèque (CZK) 0,878 12 Miloš Zeman 8 mars 2013 Andrej Babiš 6 décembre 2017
Drapeau de la Pologne Pologne Varsovie 312 680 37 948,02  5,2 40,4 12 372,4 469 508,68 2 Złoty (PLN) 0,855 27 Andrzej Duda 6 août 2015 Mateusz Morawiecki 11 décembre 2017
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie Bratislava 49 035 5 428,70 8,5 51,6 16 496,0 89 551,83 1,1 Euro (EUR) 0,845 7 Andrej Kiska 15 juin 2014 Peter Pellegrini 22 mars 2018
Drapeau de la Hongrie Hongrie Budapest 93 030 9 817,96 4,3 46,5 12 665,8 124 342,94 1 Forint (HUF) 0,836 12 János Áder 10 mai 2012 Viktor Orbán 29 mai 2010
Ensemble 533 616 63 756,31 4,75 47,125 13 745,1 876 328,04 1,3 0,8535 (très élevé) 58/352

Attributions

Visegrad group.png

Le V4 renferme une conception politique de l’Europe centrale. En effet, il a facilité leur intégration à l’OTAN et l’Union européenne. Après l’implosion soviétique, ces quatre pays avaient peu sinon pas d’influence dans la sphère européenne. Donc, leur consolidation mutuelle a permis de prouver à l’Europe leur capacité à coopérer en tant qu’États de l’ancien bloc de l'Est.

Le groupe de Visegrád, malgré les mauvaises interprétations, n’est aucunement une organisation ayant comme objectif la concurrence à l’Union européenne. Cette organisation supra-nationale a eu le mérite de permettre à ses membres d’adhérer consécutivement à l’OTAN et l’UE.

Pérennité

Depuis l’adhésion de ses membres à l’OTAN et à l’Union européenne, l’utilité du V4 a été relativisée. Il existe toujours cependant une continuité dans la dynamique des coopérations où ceux-ci tentent d’accroitre leurs intérêts dans leur sphère supra-nationale, par exemple par l’aide à des ONG ou encore une implication commune dans la société civile. Le groupe de Visegrád a permis et réussi le rapprochement intellectuel et culturel.

Lors de la crise migratoire en Europe, en 2015-2016, le groupe de Visegrád se réunit à plusieurs reprises. Il fait alors savoir sa ferme opposition à l’accueil de migrants dans leurs pays, rejetant notamment l’idée des institutions européennes d’un système de répartition obligatoire des migrants et critique la régulation de Dublin[10],[11].

En mars 2017, le groupe de Visegrád rejette à nouveau les quotas obligatoires de répartition des migrants entre les pays de l’UE dénonçant « le chantage » et « le diktat » européens à leur égard concernant la politique migratoire commune[12]. Une réunion avec le président français en juin 2017 ne rapproche pas les points de vue mais la volonté de maintenir le dialogue est affirmée[13]. Le président français affirme quelques jours plus tôt que « certains États d'Europe de l'Est trahissent, par une approche cynique de l'Union? qui servirait à dépenser les crédits sans respecter les valeurs »[14].

Le 19 juillet 2017, le sommet annuel des chefs de gouvernement du groupe de Visegrád se tient à Budapest en présence du Premier ministre israélien. Ceux-ci décident d’approfondir leur partenariat en matière d’innovation via des startups, et de tenir en 2018 un sommet commun en Israël[15],[16]. Le sommet envoie également une lettre au gouvernement italien en vue « d’endiguer les vagues de migration irrégulière qui partent depuis la Libye et autres endroits d’Afrique du Nord »[17],[18],[19].

Initiative des trois mers

Les membres de l’Initiative des trois mers sont en vert. Les pays membres du groupe de Visegrád sont en vert plus foncé.

Le groupe de Visegrád est au centre de l’Initiative des trois mers, lancée le 25 août 2016 à Dubrovnik en présence de représentants des États-Unis et de la Chine[20]. Cette organisation rassemble douze pays européens de la Baltique à la mer Noire et à l’Adriatique – groupe de Visegrád plus Lituanie, Estonie, Lettonie, Autriche, Slovénie, Croatie, Roumanie, Bulgarie – autour de projets communs d’infrastructures et en particulier la coopération énergétique, notamment pour favoriser la pluralité des sources d’énergie et diminuer la dépendance énergétique envers qui que ce soit. Le général américain James L. Jones, président de Jones Group International et ancien conseiller à la sécurité nationale du président Obama a déclaré que le développement de l’Initiative des Trois Mers doit être un élément non seulement de développement européen mais aussi de sécurité. Le général Jones a insisté sur l’emploi par la Russie de sa position de fournisseur d’énergie pour augmenter son influence économique et renforcer ses objectifs géopolitiques[21].

 Présidence du groupe

Commémoration

La Slovaquie a réalisé en 2011 une pièce de deux euros commémorative à l’occasion des 20 ans de la formation du groupe le .

Notes et références

  1. (en) « György Rácz: The Congress of Visegrád », sur International Visegrad Fund. (consulté le 7 juin 2015).
  2. (en-US) « Superficie (kilomètres carrés) | Data », sur donnees.banquemondiale.org (consulté le 22 août 2017)
  3. (en-US) « Population, total | Data », sur donnees.banquemondiale.org (consulté le 22 août 2017)
  4. (en) « Unemployment - Unemployment rate - OECD Data », sur theOECD (consulté le 2 septembre 2017)
  5. (en-US) « Total tax rate (% of commercial profits) | Data », sur data.worldbank.org (consulté le 2 septembre 2017)
  6. (en-US) « PIB par habitant ($ US courants) | Data », sur donnees.banquemondiale.org (consulté le 22 août 2017)
  7. (en-US) « PIB ($ US courants) | Data », sur donnees.banquemondiale.org (consulté le 22 août 2017)
  8. (en) « SIPRI Military Expenditure Database | SIPRI », sur www.sipri.org (consulté le 22 août 2017)
  9. « Données sur le développement humain (1980-2015) | Human Development Reports », sur hdr.undp.org (consulté le 22 août 2017)
  10. Georgi Gotev, « Le groupe de Visegrad oppose un refus sans appel aux quotas de réfugiés », EurActiv, .
  11. BFM TV, AFP, « Le groupe de Visegrad refuse les quotas de migrants », BFM TV, .
  12. Migrations: le groupe de Visegrad dénonce "le chantage" européen, actu.orange.fr, 28 mars 2017.
  13. « Bruxelles : Macron et le « groupe de Visegrád », une confiance à restaurer », sur RFI (consulté le 25 novembre 2018).
  14. « Groupe de Visegrad : qui sont ces pays « dissidents » d’Europe de l’Est ? », sur Les Échos (consulté le 25 novembre 2018).
  15. Netanyahu affiche son entente avec l’Europe de l’est - AFP / Le Point, 19 juillet 2017.
  16. Joint Statement of the Prime Ministers.
  17. V4 letter to the Prime Minister of Italy.
  18. Support to Italy regarding migration crisis - Daily News Hungary, 19 juillet 2017.
  19. (en) Joint Declaration on Migration - Site officiel, 19 juillet 2017.
  20. L’Europe centrale et orientale se prend en main, VPost, 28 août 2016. – L’Initiative des Trois Mers : renforcer la coopération en Europe centrale et orientale - VPost, 13 mai 2017.
  21. A Varsovie, Donald Trump conforte le gouvernement polonais contre l’UE - Le Monde, 7 juillet 2017.

 Annexes

Articles connexes

Liens externes