Grand-Pont (Lausanne)

Grand-Pont
Image illustrative de l'article Grand-Pont (Lausanne)
Géographie
Pays Suisse
Canton Canton de Vaud
Commune Lausanne
Coordonnées géographiques 46° 31′ 15″ N, 6° 37′ 52″ E
Fonction
Franchit la vallée du Flon
Fonction routier, piéton
Caractéristiques techniques
Type pont en arc
Longueur 175 m
Largeur 15 m
Hauteur 13 m
Matériau(x) maçonnerie
Construction
Construction 1839-1844
Architecte(s) Gabriel-Marc-Adrien Pichard

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Grand-Pont

Le Grand-Pont, initialement appelé Pont Pichard, est un pont de Lausanne (Suisse).

Situation

Le Grand-Pont franchit la vallée du Flon. Il prolonge la place Saint-François au sud-est et l'avenue du Grand Pont et la place Bel-Air au nord-ouest. Il enjambe la rue Centrale.

Histoire

Vallée du Flon en 1853. Le Grand-Pont est désigné Nouveau Pont. Notez le Flon qui coule encore à l'air libre.

Projets

Au début du XIXe siècle, on prend conscience que la construction de nouvelles voies de communication aiderait au développement socio-économique de la ville de Lausanne. La topographie accidentée de la ville rend toute amélioration des chemins existants impossible. En 1836, Adrien Pichard, ingénieur urbaniste lausannois, dessine un plan de la traversée de Lausanne. L’ingénieur cantonal propose de nouvelles artères sur "le terrain hors des murs", afin d’entourer la ville d’une route à faible dénivellation. Pour y arriver, deux ouvrages d’art sont nécessaires : un tunnel sous la Barre et un pont sur le Flon, dont la construction relierait l'est et l'ouest de la ville.

Il propose plusieurs projets, dont deux ponts à 6 arches (arc plein cintre ou ogive), un pont incliné à 2 étages d’arches, trois ponts suspendus en fil de fer, un pont en pierre et un pont à niveau. C'est ce dernier qui sera finalement construit.

Construction du pont

La mise en route du chantier est retardée, certaines personnalités politiques de la ville contestant les études effectuées. Une mise au concours est demandée afin d’élargir le champ d’investigation. L'ouvrage est commencé en 1839.

Pichard meurt en 1841. Ce sont finalement l'ingénieur William Fraisse, adjoint de Pichard, et l'architecte Henri Perregaux qui terminent les travaux.

L’inauguration du Pont Pichard a lieu le . Le coût de sa construction aura été de 407 000 francs (130 000 francs à la charge de la ville de Lausanne, le reste à la charge du canton de Vaud).

Rapidement, vu ses dimensions, le Pont Pichard prend le surnom de "grand pont". Ce nom va progressivement remplacer celui de Pont Pichard jusqu'à devenir officiel[réf. nécessaire].

Caractéristiques initiales

À l'origine, le pont comptait 19 arches supérieures et 6 arches inférieures (dont une pour laisser passer le Flon, une autre le canal des Moulins et une troisième le chemin du Pas-des-Ânes).

Les piles sont composées d’une maçonnerie extérieure porteuse, en pierre de taille de Meillerie (de grosseur variable appareillées en assises régulières), et d’un noyau non porteur en maçonnerie de remplissage constitué d’éclats, de mortier et de pierres cassées. Les culées sont formées d'un massif de maçonnerie permettant l’appui des arches.

Initialement d’une hauteur de 25 m au-dessus du Flon, il fait, culées comprises, 175 m de longueur. Il y a une ouverture de 7.20 m des arches. Le tablier a une largeur de 10 m, occupés sur 6.60 m par la route, de chaque côté de laquelle sont placés des trottoirs de 1.40 m, des garde-corps en fonte d'une hauteur de 1.20 m et 14 candélabres. La présence de trottoirs n'était pas courante à l'époque, car la rue était un espace public. Il s'agissait peut-être de permettre aux piétons d'éviter le crottin des chevaux.

Un macadam est posé en 1855.

Les arches lui donnant un air simple et sévère, un soin particulier a été prêté aux aspects esthétiques et décoratifs. Le parapet était composé de bahuts de marbre de Saint-Triphon, situés à la verticale de chaque pile, entre lesquels courait une balustrade en fer fondu qui correspondait exactement aux vides des arches. Quatre dés de marbre surmontaient les piliers des culées. Un long mur d’accompagnement continuait le pont au nord-ouest, du côté de la place Bel-Air. Les bandeaux de voûte faisait assez peu ressortir les arches, mais l’ensemble des corniches, les consoles régulièrement espacées et les gargouilles donnaient à l'époque beaucoup de relief à l’ouvrage.

Comblement de la vallée du Flon

Vue depuis la passerelle menant à la gare du Flon
La Tour de Bel-Air, le Flon et le Grand-Pont

À la suite d'une épidémie de choléra en 1832 et en raison de l'urbanisation croissante de la ville, le Flon est progressivement, dès 1836, canalisé sur son tronçon lausannois, puis enfoui. Ainsi, en 1873, le Grand-Pont est comblé jusqu’à son deuxième rang d’arches, faisant passer sa hauteur de 25 à 13 m, et la zone industrielle Mercier est créée.

Premier élargissement (1892)

En 1892, vu l'important accroissement de la population de la ville, le Grand-Pont doit être élargi. On élargit les trottoirs sur des encorbellements métalliques, au moyen de fers Zorés transversaux ancrés, sur lesquels reposent des aires de béton, du carrelage en ciment et des poutrelles métalliques présentant l’aspect d’arcs évidés. Ces derniers s’appuient sur des panneaux pleins reliant la double console, initialement destinés à supporter des écussons et autres décorations qui ne verront jamais le jour, par manque d'argent. Les garde-corps d'origine, les gargouilles, les consoles et les dés en pierre de taille sont remplacés par de nouveaux garde-corps, en fonte, mesurant 1.10 m de haut. Ils ont été dessinés par les architectes Bezencenet & Girardet et réalisés par l'entreprise Louis Fatio. La largeur du pont passe de 10 à 12.80 m.

Les garde-corps d'origine, après quelques années passés au Pré Panchaud, sont placés vers 1900 au sud de la place du Tunnel, scellés sur le couronnement du mur de contention qui domine la rue des Deux-Marchés.

Le premier tramway franchit le Grand-Pont le .

Deuxième élargissement (1933)

Les voies du tramway, datant de 1904, doivent être changées et la ville en profite pour élargir à nouveau le pont. L'élargissement de 7 m initialement prévu rencontre des problèmes, liés notamment aux retards rencontrés par les expropriations. Il est alors décidé de n'élargir le pont que de 2 m. Le Grand-Pont a alors une largeur de 15,30 m : 8 m pour la chaussée, 3 m pour le trottoir sud et 4 m pour le trottoir nord.

Restauration (1994-1996)

En 1994, les joints de parement sont dans un état d'usure avancé et on note en outre que la pierre s’altère lentement. L’ouvrage subissait depuis des années les conséquences des conditions atmosphériques et de la pollution. Les six ateliers et dépôts situés sous les arches ont de plus passablement endommagé la maçonnerie.

Le conseil communal accorde un crédit de 1 200 000 francs pour la réfection du pont. Une demande de subvention, adressée aux monuments historiques du canton, est faite par les responsables du projet, les ingénieurs Pascal Guex et Eric Studer. Mais elle est refusée car l'aspect du pont est trop éloigné de celui d'origine. Le Grand-Pont est malgré tout classé monument historique d’importance régionale.

En 1995, au début des travaux, il apparaît que 500 moellons doivent être changés au lieu des 50 initialement prévus.

La totalité de la maçonnerie, environ 5 600 m2, est nettoyée par sablage humide, permettant d’enlever la croûte de saleté, et de redonner au pont son aspect d’origine. Quinze kilomètres de joints, sur les 42 que comporte l’ouvrage, sont de plus remplacés.

Depuis, un éclairage a été installé qui illumine le pont dès la nuit tombée.

Avenir du Grand-Pont

Il est dorénavant prévu d'effectuer un entretien tous les cinq ans, pour éviter que le pont noircisse à nouveau. En outre, un concours, lancé pour le remplacement des garde-corps a retenu en 2005 le projet Catalpa des architectes bernois Schenker, Stuber & von Tscharner, qui a été proposé à la municipalité[1].

Notes et références

Liens externes