Gopher

Gopher
Fonction Transfert de documents / Moteur de recherche / Connexion Telnet / Annuaire téléphonique
Date de création 1991
Port 70
RFC RFC 1436[1]
RFC 1738[2]
RFC 4266[3]

Gopher est un monde parallèle à celui du Web (et créé à la même époque que ce dernier). Tout comme le Web, il y a des sites à travers le monde sur lesquels on peut surfer avec un analogue d'un navigateur Web. Il permet de télécharger des fichiers librement et, secondairement, de se connecter sur un serveur Telnet ou un serveur de renseignements. Les navigateurs et sites Gopher répondent à des protocoles Internet normalisés. Le monde Gopher a connu un fort déclin lors de la montée en puissance du Web.

Historique

Gopher était à l'origine une application créée en 1991 pour le portail Internet de l'université du Minnesota par Mark McCahill, Farhad Anklesaria, Paul Lindner, Daniel Torrey, Adam Huminsky et Bob Alberti. Elle tire son nom de la mascotte « Golden Gopher » de cette université. Cette application permettait de consulter l'annuaire téléphonique de l'université, lire des textes en ligne, télécharger des fichiers binaires, faire des recherches par mots clés et des connexions à des serveurs Telnet. Les clients Gopher étaient au début en mode texte puis ont évolué vers le mode graphique. L'application évolua en une seconde version, dite Gopher+, avec des fonctionnalités supplémentaires convenant aux nouveaux clients en mode graphique. Le succès de cette application dépassa le cercle de l'université et gagna la totalité du monde universitaire relié à l'Internet, puis les administrations gouvernementales. Gopher devint un protocole Internet en mars 1993 et sa version évoluée, Gopher+, en décembre 1994 par la RFC 1738[2]. Gopher était dans la lignée des serveurs WAIS et ARCHIE qui existaient déjà et contemporain au WEB créé à la même époque. Ce dernier, employant le protocole HTTP et le format HTML, fut plus long à mettre au point que le protocole Gopher mais finit par le supplanter courant 1995. Aujourd'hui, le protocole Gopher est encore pratiqué par quelques passionnés.

Navigateurs Internet supportant Gopher en mode graphique

  • Mozilla Firefox avec le module OverbiteFF ou OverbriteWXpour Firefox 56 et supérieur
  • SeaMonkey avec le module OverbiteFF
  • Konqueror avec l'extension kio_gopher
  • Camino
  • Internet Explorer avant la version 6, et la version 6 en réactivant le support dans la base de registres[4], prend en charge le protocole Gopher.
  • WebPositive sous Haiku peut utiliser Gopher par le Service Kit depuis la révision hrev47571.

Navigateurs Internet supportant Gopher en mode texte

  • Lynx : mode semi-graphique.
  • ELinks : mode semi-graphique.
  • www : mode ligne de texte. Le plus ancien des navigateurs Internet disponibles.
  • snarf : permet de télécharger un fichier situé sur un serveur Gopher, depuis un terminal.

Logiciels pour créer un site Gopher

  • Aftershock — écrit en Java.
  • Bucktooth — serveur Gopher moderne écrit en Perl.
  • Geomyidae — écrit en C. Domaine public.
  • GN
  • GoFish
  • GOGOPH Server — serveur gopher moderne écrit en Java basé sur Netty (JBoss), GPL.
  • GOPHSERV — cross-platform, GPLv3, FreeBASIC.
  • Gopher Cannon — Windows 32 et 64 bits, gratuiciel, écrit en .NET 3.5.
  • Goscher — écrit en Scheme.
  • mgod
  • Motsognir — écrit en C, multiplateforme, GPLv3.
  • PyGopherd — Serveur Gopher+ écrit en Python.
  • PyGS
  • gophrier — écrit en C, GPL.
  • Gophernicus — supporte AIX, GNU/Linux, MacOSX, BSDs et Haiku ; écrit en C, BSD.

Passerelles entre le monde Gopher et le monde Web

Des sites Web permettent d'afficher des pages Gopher depuis un navigateur Web :

  • Floodgap Public proxy
  • Gopher Proxy proxy
  • WikkaGopher proxy.

Certains sites Gopher fonctionnent en double mode, Gopher et Web.

Un proxy, comme squid, peut faciliter l'accès au monde Gopher depuis un réseau local.

Licence

En mars 1993, l'université du Minnesota décide de demander des redevances sur l'utilisation du serveur. En avril 1993, le CERN fait l'inverse pour le Web. Au vu de ces éléments, il est couramment admis que la licence a causé un tort majeur à Gopher. Dans son mémoire Internet Project Gopher, The Rise and the Fall of Gopher, Robert Alberti combat cette opinion et montre que le déclin de Gopher coïncide plutôt avec l'adjonction de la balise image (IMG) dans le HTML, qui jusqu'à ce moment-là affichait uniquement du texte (tout comme Gopher). Ce n'est qu'en 2000 que l'université de Minnesota a libéré le code source de ses logiciels en rapport avec ce protocole en les plaçant sous la licence publique générale GNU[5].

Références

  1. (en) « The Internet Gopher Protocol (a distributed document search and retrieval protocol) », Request for Comments no 1436, mars 1993.
  2. a et b (en) « Uniform Resource Locators (URL) », Request for Comments no 1738, décembre 1994.
  3. (en) « The gopher URI Scheme », Request for Comments no 4266, novembre 2005.
  4. « Floodgap HELP: Using a web browser to access gopher space » (consulté le 6 août 2014)
  5. UMN Gopher(d) released under the GPL!, news:comp.infosystems.gopher

Voir aussi

Liens externes

  • (en) L'actuel serveur racine de l'espace gopher, contient un moteur de recherche des sites gopher
  • Phlog Le weblog version GOPHER.
  • Veronica — Le système de moteur de recherche pour le protocole Gopher.
  • Gopher+ — Extensions proposées au protocole Gopher.
  • GopherVR
  • Jugtail — Un système de moteur de recherche alternatif pour le protocole Gopher. Jugtail était autrefois connu comme Jughead.
  • SDF Public Access Unix System — Une organisation à but non lucratif qui fournit l'hébergement de Gopher libre et gratuit.
  • Un article sur le protocole Gopher
  • (en) Le mémoire de Robert Alberti — Les débuts de Gopher par l'un de ses créateurs.