Googlization des médias

Googlization des médias

La Googlization des médias est un concept introduit par Badillo et Bourgeois, professeurs dans les universités de Genève et Fribourg (voir http://patrickbadillo.com/ pour différentes ressources sur le sujet). La « googlization » signifie que les médias tendent, sous l’influence de la logique des moteurs de recherche, de Google en particulier, et des réseaux sociaux, à avoir comme principal objectif d'augmenter leur trafic sur Internet. L’ancien modèle de la production d’information était fondé sur une logique éditoriale prééminente, qui était en général l’objectif fondamental des médias. Aujourd’hui, le modèle lié à la googlization vise l’accroissement du trafic sur Internet. Ce trafic permet de capter des données qui pourront être utilisées au bénéfice des médias concernés, via la logique du "Big Data". Le trafic sur internet, son observation et sa mesure deviendraient, tendanciellement, le nouveau cœur de métier des médias. Ces derniers ne créeraient plus du contenu en pensant fondamentalement à l'information, mais pour obtenir des données exploitables. Par exemple, un article sur la santé pourrait devenir une source majeure de revenu de la façon suivante : un article sur le diabète attirerait des lecteurs qui seraient « repérés » sur le Web, et deviendraient des cibles « marketing » pour des opérateurs divers de santé (groupes pharma, matériel individuel de prise de sang etc.). Nous serions donc dans un nouvel âge des médias, dans lequel le modèle éditorial, traditionnel, serait remplacé par un modèle basé sur le digital et l'algorithmique.

Corrélativement, nous assistons dans nombre de pays à une diminution drastique des ressources des médias, avec écroulement des revenus publicitaires, et une baisse du nombre des journalistes professionnels dans la presse écrite. Une forte concentration de la presse s’ensuit. Les revenus publicitaires sont d’ores et déjà captés principalement par les géants d'Internet, notamment Google et Facebook. De plus, ces acteurs ont dans une large mesure un contrôle du trafic entrant vers les médias via les moteurs de recherche (pour Google) ou via les réseaux sociaux (pour Facebook ou d’autres réseaux). Ce contexte diminue donc les ressources des médias traditionnels et provoque une rareté de l'information de qualité (moins de journalistes professionnels, moins de journaux, moins d’enquêtes…) et laisse la part belle aux "fakes news" qui deviennent un problème majeur de nos sociétés.

[1]https://www.tdg.ch/reflexions/googlization-medias-uvre/story/17278617

Le lien suivant https://www.unige.ch/actualites/archives/2019/googlization-et-concentration-des-medias-conference-du-prof-badillo-jeudi-4-avril/ dirige vers la conférence faite par le professeur Badillo à Sion, le dans le cadre de l’Université de Genève dans le Valais.

Notes et références

  1. Patrick-Yves Badillo- Professeur Université de Genève, « La «googlization» des médias est à l’œuvre », TDG,‎ (ISSN 1010-2248, lire en ligne, consulté le 19 mai 2019)

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