Glacier Thwaites

Glacier de Thwaites
Vue de la langue glaciaire du glacier Thwaites.
Vue de la langue glaciaire du glacier Thwaites.

Pays Drapeau de l'Antarctique Antarctique
Revendication territoriale Aucune (Terre Marie Byrd)
Type Glacier côtier
Altitude du front glaciaire 0 m
Coordonnées 74° 00′ S, 108° 30′ O

Géolocalisation sur la carte : Antarctique

(Voir situation sur carte : Antarctique)
Glacier de Thwaites

Le glacier de Thwaites en anglais : Thwaites glacier est un glacier faisant partie de l'inlandsis Ouest-Antarctique en Antarctique.

Il a été ainsi nommé par l'ACAN[1] en hommage Fredrik T. Thwaites, géologue spécialiste des zones froides, géomorphologiste et professeur émérite à l'Université du Wisconsin à Madison[2].

Géomorphologie

Le glacier de Thwaites s'écoule dans la baie de l'île du Pin en mer d'Amundsen, à l'est du mont Murphy, sur la côte Walgreen de la Terre Marie Byrd[3].

Évolution

Fonte accélérée

Ce glacier est considéré comme exceptionnellement large et rapide pour l'Antarctique ; sa vitesses mesurée en surface dépasse 2 km/an près de sa ligne de mise à la terre. Son écoulement le plus rapide est centré entre 50 et 100 km à l'est du mont Murphy.

L'accélération de la fonte de ce glacier a été signalée en 2001[4] puis confirmée en 2002[5], et il est surveillé de près avec quelques autres en raison de son potentiel en termes de contribution à l'élévation du niveau des mers[6]. Cette fonte semble due au réchauffement de cette partie de l'océan antarctique[7].

Avec le glacier de Pine Island, le glacier de Thwaites a été décrit comme le « ventre mou » de la calotte glaciaire ouest-antarctique, en raison de sa vulnérabilité apparente et d'un recul important déjà mesuré. Cette hypothèse est basée sur des études théoriques de la stabilité des calottes glaciaires marines et des observations récentes de grands changements sur ces deux glaciers. Ces dernières années, l'écoulement de ces deux glaciers s'est accélérée, leurs surfaces ont diminué et leurs lignes de mise à la terre ont reculé.

En 2011, les données géophysiques recueillies par la NASA et une étude réalisée par des scientifiques (Columbia University’s Lamont-Doherty Earth Observatory) ont montré la présence d'une arrête rocheuse (une crête de 700 mètres de haut) qui ancre le glacier et freine sa glissade vers la mer.
On cherche à mieux comprendre la topographie de son fond afin de prédire comment ce glacier se comportera dans un proche avenir[8].

Langue de glace du glacier Thwaites

l'iceberg B-22, issu de la langue du glacier Thwaites

Selon les photos et observations faites depuis 1947, la langue de glace du glacier Thwaites (75° 00′ S, 106° 50′ O), mesure environ 50 km, et s'est récemment raccourcie à la suite du vêlage d'énormes icebergs. Cette langue s'avance dans la mer, dans le prolongement de la vallée glaciaire.

Le 15 mars 2002, le National Ice Center a signalé un iceberg (nommé B-22) qui s'est détaché de cette langue (environ 85 km de long sur 65 km de large, pour une superficie totale d'environ 5 490 km2). En 2003, B-22 s'est brisé en cinq morceaux, avec B-22A resté dans les environs de la langue, alors que les autres morceaux plus petits dérivaient vers l'ouest.

Langue d'iceberg de Thwaites

La langue d'icebergs du Thwaites ((74° 00′ S, 108° 30′ O) était un énorme iceberg échoué dans la mer d'Amundsen, à environ 32 km au nord-est de la péninsule de l'Ours.

Sa taille était d'environ 112 km de long sur 32 km de large. En janvier 1966 sa partie sud était située à seulement 5 km au nord de la langue du glacier de Thwaites. Il se composait d'un ensemble d'icebergs issus de la langue de glace du Thwaites et échoués mais il ne doit pas être confondue avec celle-ci (qui est encore attaché au glacier et à la terre).

Il a été cartographié par l'USGS à partir de photographies aériennes recueillies lors de l'Opération Highjump et de l'Opération Deep Freeze[2].

Encore présent dans les années 1930, cet ensemble s'est finalement détaché, est parti vers le large et s'est disloqué à la fin des années 1980[9],[10].

Eau sous-glaciaire

Des zones d'eau fondues sont présentes sous le glacier, mais pas partout, ce qui devrait retarder son écoulement, par friction contre le substrat, mais ce glacier ne peut être considéré comme stable, qu'à court terme[11].

Mort annoncée du glacier de Thwaites

Une étude de l'Université de Washington à la fois basée sur des mesures satellitaires et des modélisations informatiques, a conclu que le glacier de Thwaites fond progressivement, conduisant à un effondrement irréversible du glacier dans un délai encore difficile à prévoir mais compris entre 200 et 1000 ans[12], avec un probable emballement qui le fera (avec d'autres glacier antarctiques[13]) contribuer à la hausse du niveau des océans.

Activité volcanique ?

L'allègement de la masse de glaciers pourrait éventuellement avoir des conséquences en termes d'isostasie voire d'activités volcaniques (on a montré en qu'un volcan sous-glaciaire est déjà entré en éruption sous la calotte Antarctique il y a seulement 2 200 ans environ[14].

Notes et références

  1. (en) « Thwaites Glacier », Geographic Names Information System, United States Geological Survey (consulté le 23 octobre 2011)
  2. a et b (en) « Thwaites Iceberg Tongue », Geographic Names Information System, United States Geological Survey (consulté le 23 octobre 2011)
  3. (en) « Thwaites Glacier: Antarctica, name, geographic coordinates, description, map », Geographic.org (consulté le 13 mai 2014)
  4. (en) E. Rignot, « Evidence for rapid retreat and mass loss of Thwaites Glacier, West Antarctica », Journal of Glaciology, 47(157), 2001, pages 213-222.
  5. (en) E. Rignot, D. G. Vaughan, M. Schmeltz, T. Dupont, D. MacAyeal, « Acceleration of Pine Island and Thwaites Glaciers, West Antarctica », Annals of Glaciology, 34(1), 2002, pages 189-194.
  6. (en) W. T. Pfeffer, J. T. Harper, S. O'Neel, « Kinematic constraints on glacier contributions to 21st-century sea-level rise », Science, 321(5894), 2008, pages 1340-1343.
  7. (en) A. Shepherd, D. Wingham, E. Rignot, « Warm ocean is eroding West Antarctic ice sheet », Geophysical Research Letters, 31(23), 2004.
  8. (en) Scientists Predict Faster Retreat for Antarctica’s Thwaites Glacier ; Study Identifies Underwater Ridge Critical to Future Flow, 26 octobre 2011.
  9. (en) Larry Reynolds, « Where a cold tongue isn't », Teachers Experiencing Antarctica, 4 mars 2000. Consulté le 16 juin 2009.
  10. (en) B.K. Lucchitta, C.E. Smith, J. Bowel, K.F. Mullins, « Velocities and mass balance of Pine Island Glacier, West Antarctica, derived from ERS-1 SAR », Pub. SP-361, 2nd ERS-1 Symposium, Space at the Service of Our Environment, Hamburg, Germany, 11–14 oct. 1993 Proceedings, 1994, pp. 147–151.
  11. (en) « Scientists Image Vast Subglacial Water System Underpinning West Antarctica’s Thwaites Glacier », University of Texas, (consulté le 9 juillet 2013)
  12. (en) « Irreversible collapse of Antarctic glaciers has begun, studies say », Los Angeles Times, (consulté le 13 mai 2014)
  13. RFi, « En Antarctique, l'inexorable recul du glacier de l'île du Pin », sur www.rfi.fr, (consulté le 14 janvier 2014)
  14. (en) Ancient Antarctic eruption noted, BBC News, 30 janvier 2008.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • J. W. Holt, D. D. Blankenship, D. L. Morse, D. A. Young, M. E. Peters, S. D. Kempf, H. F. Corr, et al., « New boundary conditions for the West Antarctic Ice Sheet: Subglacial topography of the Thwaites and Smith glacier catchments », Geophysical Research Letters, 33(9), 2006.
  • I. Joughin, S. Tulaczyk, J. L. Bamber, D. Blankenship, J. W. Holt, T. Scambos, D. G. Vaughan, « Basal conditions for Pine Island and Thwaites Glaciers, West Antarctica, determined using satellite and airborne data », Journal of Glaciology, 55(190), 209, pages 245-257.
  • B. K., Lucchitta, C. E. Rosanova, « Velocities of Pine Island and Thwaites Glaciers, West Antarctica, from ERS-1 SAR images », ESA SP, 1997, pages 819-824 (résumé).