Gilardini

Gilardini S.p.A.
Création 1831
Dates clés 1972 rachat par Carlo De Benedetti
Disparition 1976 intégration dans le groupe Magneti-Marelli
Fondateurs Antonio Gilardini
Personnages clés Carlo De Benedetti
Forme juridique S.A.
Siège social Turin
Drapeau d'Italie Italie
Actionnaires Fiat
Société mère Fiat S.p.A.

Gilardini est une équipementier automobile.

Histoire

L'entreprise Gilardini a été créée par Antonio Gilardini, originaire de Gignese, une petite bourgade du Verbano près de Pallanza. En 1831, il installe à Turin un atelier de fabrication de parapluies.

La principale production était les parapluies mais très vite, l'entreprise s'engagea dans la fabrication d'articles de maroquinerie avec des accessoires en cuir pour les soldats. Quelques années plus tard, Giovanni, le fils aîné, suit une formation dans la tannerie, un secteur dans lequel la région de Turin vantait une longue tradition, depuis le début du XVIIe siècle, il y avait une guilde des tanneurs. Il développa l'usine pour répondre à une forte demande du marché, en particulier des pouvoirs publics. Les commandes du gouvernement avaient commencé à croître fortement après 1840, coïncidant avec les premières mesures prises pour la construction de routes et de lignes de chemin de fer et pour le renforcement de l'armée.

En 1861, Giovanni Gilardini crée une entreprise avec ses fils mais décède l'année suivante à l'âge de cinquante-trois ans. Ce furent donc ses fils, Pietro et Vincenzo qui assumeront la direction de la société qui, dès 1860 était devenue un énorme complexe industriel fabriquant de très nombreux articles pour les militaires, avec la tannerie comme fournisseur de la matière première. Les produits fabriqués ont commencé à être appréciés même à l'étranger. La société Gilardini créa des succursales à Palerme, Florence, Naples et Rome et remporta de nombreux prix dans diverses expositions internationales. À partir de 1870, un certain nombre de gouvernements étrangers, en particulier français, ont commandé des fournitures de base pour leurs armées : sacs à dos, guêtres, cartouchières, chaussures, selles de cheval, garnitures, fournitures pour campements.

À la suite du rapide développement de la production et malgré les nombreuses adaptations et extensions de l'usine originelle, il était devenu indispensable de construire une nouvelle usine qui sera achevée en 1876, au même endroit où était située la toute première usine, Corso Ponte Moscou (renommé Corso Giulio Cesare). À cette époque, l'entreprise Gilardini comptait environ 500 ouvriers : forgerons, tailleurs, cordonniers, chapeliers, menuisiers, ferblantiers, fabricants de parapluies, maroquiniers, gantiers, décorateurs, galvano-plasteurs et tanneurs.

À la fin du XIXe siècle, la société a considérablement augmenté sa production grâce à la nouvelle usine et la section tannerie a pris une forte importance. Au début des années 1890 la société Gilardini était classée dans les recensements industriels dans le groupe de sociétés d'ingénierie et de mécanique et dans la catégorie transformation du cuir. C'était une entreprise industrielle très importante comparée à ses concurrents directs. Elle comptait pas moins de 600 à 750 ouvriers dans le secteur mécanique, selon les périodes de l'année et engendrait un nombre équivalent d'emplois extérieurs chez les sous-traitants, sans compter les 120 postes fixes, un sixième de la population active totale occupée dans les vingt-deux tanneries actives à Turin.

En 1916, Gilardini qui était devenu un complexe industriel particulièrement bien équipé pour la production de matériel militaire, obtient le statut d'entreprise auxiliaire agissant pour le compte de l'État et à ce titre, soumise à des obligations très précises. À côté des divisions tannerie et cordonnerie, Gilardini avait développé dans une usine indépendante Via Aosta, une grande unité industrielle comprenant des ateliers de mécanique et de forgeage. Ce nouveau site comprenait de nombreux outillages de production : vingt-cinq machines-outils, dix-huit tours, sept marteaux hydrauliques, cinq forges et vingt-six presses.

Cette division de l’entreprise, qui comptait 170 ouvriers, a été transformée dès 1916 pour assurer la production de bombes “Dumezil” pour les canons en tranchées. Elle intensifia ainsi ses rapports de coopération avec la société Diatto à qui elle fournissait depuis des années des éléments forgés et autres composants ferroviaires. La société Diatto faisait partie du groupe géré par Dante Ferraris qui voulait créer un groupe industriel puissant dans le secteur de l'armement (projectiles et explosifs). Il disposera rapidement de plus de 300 entreprises petites et moyennes dans toute l'Italie sous la bannière "Gruppo Industriale Piemontese" qui avaient la capacité inégalée en 1917 de fabriquer quotidiennement 18.000 projectiles de tous calibres.

En juillet 1916, la division tannerie et maroquinerie Gilardini, qui occupait le site de Ponte Mosca à Turin, disposait de 75 groupes électrogènes de 350 ch pour produire sa propre énergie électrique. Elle disposait d'un outillage qui lui permettait de fournir 400 peaux par jour en un seul poste de travail et 2.000 paires de chaussures militaires. L'effectif était de 1.398 ouvriers dont 408 femmes.

À partir de 1920, Gilardini connait une période de crise. Les ateliers transformés pour les productions de guerre ont été démobilisés mais aucune production pour le marché civil ne put occuper le personnel qui fut licencié. La société était très endettée auprès des banques. En 1921, après avoir assaini les comptes de la société sur ses fonds propres, la famille Gilardini décide de vendre l'entreprise, une des seules de son secteur cotée à la Bourse de Milan, à Bartolomeo Boglione qui dirigera la société pendant les trente années qui suivirent.

La société connut une nouvelle période de grandes difficultés avec la Seconde Guerre mondiale et le bombardement du 13 juillet 1943 durant lequel les ateliers furent quasiment détruits. L'entreprise se relèvera de cette aventure mais la crise du secteur de la tannerie lui assènera un coup fatal en 1955 où l'activité de la société s'interrompra à partir du mois de mai.

La société restera opérationnelle grâce au maintien d'une petite activité mécanique et son secteur immobilier avec le développement de la promotion immobilière liée au miracle économique italien des années 1960.

La société sera ensuite rachetée par l'homme d'affaires Carlo De Benedetti et son frère Franco (futur sénateur) en 1972. Sous la direction de Carlo, la société est transformée en une holding industrielle à succès spécialisée dans le secteur mécanique et électromécanique. En quelques mois, il réussit à racheter plus de dix sociétés dans le secteur de l'équipement et la sous-traitance automobile comme les sociétés Savara et Valentini (composants pour automobiles), Sureco de Milan et Industriale de Gènes (spécialisée dans l'aménagement de sites industriels). En 1976, grâce à l'appui de son ami d'enfance Umberto Agnelli, il est nommé à la direction opérationnelle du Groupe Fiat. Il apporte alors toutes les parts qu'il détient dans le groupe Gilardini, soit 60 % du capital, en échange de 5 % de la division automobile de Fiat.

Fiat récupère ainsi la dizaine de sociétés du groupe Gilardini dont il rachète le solde du capital avant de les intégrer dans sa filiale d'équipements automobiles, le groupe Magneti Marelli.

Notes et références

Voir aussi

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