Georges Lemoine (homme politique)

Georges Lemoine
Fonctions
Secrétaire d'État chargé des Départements et Territoires d'outre-mer

(2 ans, 11 mois et 25 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Pierre Mauroy III
Laurent Fabius
Prédécesseur Henri Emmanuelli
Successeur Bernard Pons (ministre)
Secrétaire d'État auprès
du ministre de la Défense

(1 an, 8 mois et 27 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Pierre Mauroy II
Prédécesseur poste créé
Successeur François Autain
Secrétaire d'État chargé de l'Énergie

(1 mois)
Président François Mitterrand
Gouvernement Pierre Mauroy I
Prédécesseur poste créé
Successeur Edmond Hervé (ministre délégué)
Député de la 1re circonscription
d'Eure-et-Loir

(5 ans et 17 jours)
Prédécesseur Gérard Cornu
Successeur Jean-Pierre Gorges

(7 ans et 16 jours)
Prédécesseur Jean Gallet
Successeur Gérard Cornu

(3 ans, 4 mois et 5 jours)
Prédécesseur Claude Gerbet
Successeur Jean Gallet
Maire de Chartres

(20 ans, 10 mois et 2 jours)
Élection 20 mars 1977
Prédécesseur Jean Laillet
Successeur Jean-Louis Guillain
Conseiller général d'Eure-et-Loir
Elu dans le Canton de Chartres-Sud-Est

(14 ans, 2 mois et 20 jours)
Prédécesseur Maryvonne Radix-Martin
Successeur Élisabeth Fromont

(15 ans et 2 jours)
Prédécesseur Marcel Gaujard
Successeur Maryvonne Radix-Martin
Biographie
Date de naissance (83 ans)
Parti politique PS
POI (depuis 2008)
Diplômé de ENS Saint-Cloud
Profession Maître de conférences

Georges Lemoine, né le 20 juin 1934 à Rouen, est un homme politique français socialiste. Fils d'une famille modeste dont le père était cheminot à Sotteville-lès-Rouen.

Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, maître de conférences en littérature générale et comparée, professeur honaire de la Sorbonne ancien maire de Chartres (1977-1998), ancien député, ancien ministre socialiste, il a marqué la vie politique du département d'Eure-et-Loir pendant de nombreuses années.

1973-1995 : chef de file des socialistes euréliens

Georges Lemoine connaît sa première expérience en politique en se présentant sur une liste de centre gauche à Dreux (tout au nord du département d'Eure-et-Loir) aux élections municipales de 1971. Après cet échec, il rejoint le Parti socialiste, dont il souhaite faire une force politique importante dans un département encore dominé par une tradition radical-socialiste.

Sa carrière politique commence véritablement en septembre 1973 quand il remporte les élections cantonales et se confirme en 1977, quand il est élu maire de Chartres dès le premier tour par 50,55% des voix et surtout l'année suivante quand il devient député.

En mai 1981, à la faveur de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, Georges Lemoine devient un cadre important du PS. Nommé secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'industrie, il occupe cette fonction un mois seulement, jusqu'aux élections législatives anticipées. Réélu député au second tour contre Monique Pelletier[1], il cède aussitôt son mandat à son suppléant pour participer à trois autres gouvernements pendant cinq ans, jusqu'en mars 1986 (détail : infra).

Par deux fois il est réélu député. Tout d'abord en mars 1986, alors que l'Assemblée passe à la droite, puis en juin 1988, quand, après la réélection de Mitterrand à l'Elysée, elle revient à la gauche.

Lors des législatives de 1993, quand la gauche redevient minoritaire, Lemoine est en revanche battu par Gérard Cornu[2]. Cet échec marque un premier tournant dans sa carrière politique car, pour la première fois, il n'est plus soutenu par son parti. Lors des élections cantonales de 1994, en effet, le PS accorde l'investiture à la conseillère sortante, Maryvone Radix-Martin, par ailleurs adjointe à la mairie de Chartres et que Lemoine démet alors aussitôt de ses fonctions. Résolu à ne rien se laisser imposer par son parti, quitte à s'opposer à lui, il fonde l'Union des républicains d'Eure-et-Loir (UREL), association rassemblant des militants et élus issus du PS et du MRG et remporte l'élection dès le 1er tour.

1995-2001 : une période de transition

Après avoir contourné une contestation interne au PS en créant l'UREL, Georges Lemoine est réélu maire de Chartres en 1995.

Mais qualifiée par la presse de « belle endormie »[4], la ville doit faire face à une situation financière difficile, rendue publique par un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) de 1996. Lemoine prend alors des mesures drastiques (augmentation forte des impôts et maîtrise sévère des dépenses) pour éviter une mise de la ville sous la tutelle du préfet[6].

En 1997, il est réélu député d'Eure-et-Loir, cette fois d'extrême justesse, par 50,82% des voix au second tour[7]. Pour éviter le cumul des mandats, il doit démissionner de son mandat de maire l'année suivante. Demeurant toutefois membre du conseil municipal, il est élu premier adjoint au nouveau maire, Jean-Louis Guillain (sans étiquette), conservant son ancien bureau à l'hôtel de ville, et il est maintenu à la présidence de la Communauté d'Agglomération Chartraine (COMACH, aujourd'hui Chartres Métropole), dont il accroît les compétences par rapport à celles des communes membres.

Qui plus est, en mars 2001, il est réélu au conseil général d'Eure-et-Loir.

2001-2002 : la perte des mandats municipaux et de député

Coup sur coup, Georges Lemoine va alors connaître deux cuisants échecs électoraux.

Suite aux difficultés financières rencontrées, plusieurs listes sont en concurrence à Chartres, à gauche comme à droite.
- À gauche, Pascal Ory, candidat investi par le PS et soutenu par Lemoine, est concurrencé par une liste dissidente, Énergie Citoyenne, conduite par Philippe Méry, qui demande explicitement à Lemoine de se retirer de la vie politique.
- À droite, la liste investie par le RPR et l'UDF, conduite par Éric Chevée, est elle aussi distancée par une liste dissidente, conduite par Jean-Pierre Gorges.

Au premier tour, Chevée (20,6%) se retire au profit de Gorges (22,6%) tandis qu'à gauche, la liste Ory (27,2%) fusionne avec la liste Méry (14,3%) mais au prix d'âpres négociations et avec l'engagement qu'en cas de victoire, Lemoine ne soit ni maire ni président de la Communauté d'Agglomération. Au second tour, le 23 mars, la liste menée par Gorges l'emporte par 51,8% .

Pour Lemoine, cet échec a une autre conséquence : la ville de Lucé, deuxième commune de l'agglomération chartraine, ayant conduit à la mairie un membre "divers droite", le conseil de la COMACH devient majoritairement composé d'élus de droite et du centre. Tout fraichement élu maire de Chartres, Gorges succède alors à Lemoine à sa présidence.

En octobre Martial Taugourdeau (RPR), président du Conseil général depuis 1986, décède accidentellement. Lemoine souhaite alors devenir le nouveau leader de l'opposition dans le département. Mais une nouvelle déconvenue l'attend l'année suivante.

Après qu'aux élections présidentielles, le candidat de la gauche, Lionel Jospin, se soit fait éliminer du second tour par le candidat du Front national, Jean-Marie Le Pen, la droite remporte aisément la majorité absolue des sièges à l'Assemblée. Comme beaucoup d'autres membres de la « gauche plurielle », donc, Georges Lemoine est battu, en l'occurrence au second tour, par 45,7% des voix contre 54,3% pour Jean-Pierre Gorges[9]. Le 18 juin, il ne conserve plus alors que deux mandats : conseiller général du canton de Chartres Sud-Est et conseiller municipal de Chartres.

2002-2011 : le déclin politique

Après ses récents échecs électoraux, Lemoine va peu à peu perdre son leadership dans le département, rencontrant un concurrent en la personne de Jacky Jaulneau. Depuis 1999, celui-ci est le député PS de la 3ème circonscription d'Eure-et Loir, en tant que suppléant de François Huwart (nommé secrétaire d'État au sein du gouvernement Jospin).

En 2004, les cantonales reconduisent la majorité UMP/UDF/DVD à la tête du Département. Lemoine quitte alors le groupe de l'opposition PS/DVG/Républicains qui ne l'a pas réélu à la commission permanente, et crée le "groupe autonome pour la démocratie sociale" (GADS), tentant une ouverture auprès des membres UDF, DVD et DVG. Celle-ci ne se concrétisant pas, il demeure l'unique membre du GADS et vote pour le budget présenté par le président UMP (en 2005, 2006 et 2007, en revanche, il unira sa voix à celles des membres du groupe d'opposition, en s'abstenant sur le budget). Il indique son intention de constituer une liste aux municipales de 2008, intention qu'il ne concrétisera finalement pas.

En 2007, Lemoine annonce sa candidature sur la commune du Favril, à peine peuplée de 300 habitants (qui plus est sur une liste menée par un membre de l'UMP) ainsi que sa candidature aux cantonales de 2008, ceci malgré l'investiture de David Lebon par le PS.

En 2008, à l'issue du 1er tour de la cantonale, il arrive en deuxième position (21,5%), derrière Élisabeth Fromont, candidate de l'UMP (25,21%), mais peu avant David Lebon (20,57%). Ce dernier lui reproche d'avoir fait figurer sur ses bulletins la mention « candidat socialiste », source selon lui de confusion. Contrairement à ses engagements pris publiquement avant le 1er tour, il maintient sa candidature au second tour. Bénéficiant alors d'un report partiel des voix du MoDem, il obtient 35,1% des voix, devançant cette fois largement Lemoine (24,76%). Les divisions des deux hommes favorisent Élisabeth Fromont, qui est élue à 40,14%[10]. Autre échec : Lemoine n'est pas élu à la municipalité du Favril.

Au soir du 16 mars, l'ancien ministre et député-maire se retrouve pour la première fois depuis 1973 sans aucun mandat électif. À la suite de l'annulation de l'élection de Françoise Vallet, il annonce en juillet qu'il se porte candidat dans la 1re circonscription. Alors que ses adversaires sont à nouveau David Lebon (PS) et Jean-Pierre Gorges (UMP), il motive ainsi sa candidature : « Le Parti socialiste n'ayant pas de candidat répondant à la philosophie que j'ai toujours eue, c'est-à-dire l'union de la gauche, j'ai décidé d'être candidat »[11]. Ayant reçu le soutien du Parti ouvrier indépendant (ex-Parti des travailleurs)[12], il ne recueille au premier tour que 14,51 % des voix, ce qui le place en troisième position, derrière David Lebon (28,09 %) et Jean-Pierre Gorges (47,76 %). Ne pouvant maintenir sa candidature, « [il laisse] ses électeurs et électrices se déterminer en toute liberté pour le second tour »[13],[14]. Le 14 septembre 2008, Gorges est finalement réélu.

En octobre 2010, Lemoine annonce cette fois sa candidature aux cantonales de 2011 sur le canton de Mainvilliers avec l'investiture du Parti ouvrier indépendant, dont il se déclare membre depuis plusieurs années[15]. Classé 5ème au premier tour, avec seulement 5,74% des voix, il se retire et c'est le candidat du PS, Nicolas André, qui est finalement élu (détail des résultats).

Son action politique prend ainsi fin le 27 mars 2011.

Après la politique

Après son retrait de la vie politique, l'ancien secrétaire d'état vit des moments difficiles[16]. Interrogé peu avant son 80ème anniversaire, pendant la campagne des municipales de 2014, il déclare qu'il aurait aimé "créer (à Chartres) un centre d'histoire et de recherches sur le parvis de la cathédrale, pour que l'on puisse faire connaître l'évolution de ce site historique au fil des siècles"[17].

Mandats et fonctions

Fonctions gouvernementales

Secrétaire d’État auprès du ministre de l’industrie, chargé de l’énergie :

Secrétaire d'État auprès du ministre de la défense :

Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur et de la décentralisation, chargé des départements et des territoires d’outre-mer :

Mandat national

Mandats locaux

Notes et références

  1. Reportage de TF1, Document INA
  2. Résultats des législatives de 1993 : 1ère circonscription de l'Eure-et-Loir, Politiquemania
  3. Michel Godet, La France des bonnes nouvelles, Odile Jacob, 2012, p.91
  4. Audrey Eymery, "Du rififi au PS", Le Point, 27 janvier 2005
  5. Résultats des législatives de 1997 : 1ère circonscription de l'Eure-et-Loir, Politiquemania
  6. Résultats des élections législatives 2002 à Chartres, L'Express
  7. Résultats des élections cantonales 2008, canton Chartres Sud-est, Ministère de l'Interieur
  8. lesechos.fr Brève publiée le 23 juillet 2008 - site consulté le 25/07/2008.
  9. http://lapiquouse.info/archives/1797#comments Communiqué du POI repris sur la Piquouse de rappel - publié le 22 août 2008 - consulté le 23 août 2008
  10. L'Echo républicain - 08/09/2008
  11. Blog de campagne de Georges Lemoine - Post du 7/09/2008 - site consulté le 10/09/2008« Alfredo Do Rosario et Georges Lemoine, candidats aux élections législatives partielles du 7 septembre 2008 remercient les électrices et les électeurs qui ont voté pour eux. Respectueux des principes de la démocratie, ils laissent leurs électrices et électeurs se déterminer en toute liberté pour le second tour ».
  12. L'Écho républicain - 26 octobre 2010 « Cantonales 2011 : Georges Lemoine candidat à Mainvilliers. Le Parti ouvrier indépendant annonce qu’il se lance dans la bataille des élections cantonales. Et surprise, c’est Georges Lemoine, l’ancien maire socialiste de Chartres, qui portera ses couleurs à Mainvilliers. ».
  13. L’ancien secrétaire d’Etat Georges Lemoine arrêté ivre dans un train, Actu.fr
  14. "Georges Lemoine, ancien maire de Chartres et ancien ministre, témoin des municipales", L'Écho républicain, 4 mars 2014

Liens externes

Pour en savoir plus :