Gaullisme de gauche

Le gaullisme de gauche est un courant de pensée travailliste français se réclamant des convictions de gauche au sein des partisans du général de Gaulle. Les fondateurs de ce courant sont pour la plupart des anciens socialistes, radicaux et autres sociaux-démocrates de la France libre et la Résistance, soutenus par le général, représentent une minorité réformiste au sein des mouvements gaullistes des différentes époques.

Regroupés un temps au sein de l'Union démocratique du travail (UDT), ils se sont progressivement ralliés à la gauche traditionnelle quand celle-ci a accepté les institutions de la Ve République en réaction à la droitisation du néo-gaullisme pompidolien et au tournant atlantiste du RPR.

Ils n'ont actuellement plus de formation politique autonome et sont dispersés, notamment, entre la France en mouvement[1], le MRC et Debout la France, prenant dans ces deux dernières formations le nom de gaullistes sociaux. Mais également le Club Nouveau Siècle[2] et l'Union des jeunes pour le progrès (UJP)[3], qui restent proches du parti Les Républicains.

Thèses

Gaullistes remettant en cause le capitalisme pour bâtir une « troisième voie » sociale, par l'association du capital et du travail et la participation, les gaullistes de gauche sont en partie les héritiers du christianisme social et des idées de Fourier, visant à surmonter la lutte des classes pour garantir l'unité et l'indépendance nationales.

La société de participation qu'ils défendent entend redonner toute sa dignité à l'homme en lui reconnaissant sa représentativité et sa responsabilité en tant que tel : le référendum de 1969, dont le texte prévoyait de fusionner le Sénat et le Conseil économique et social pour en faire une assemblée des forces vives de la nation, et de créer des collectivités décentralisées régionales, en est un exemple[4].

Cette participation s'étend au monde de l'entreprise, où les gaullistes de gauche contestent la mainmise du capital dans la gestion au détriment du travail. Ils envisagent simultanément l'intégration des salariés en tant que tels au processus de décision (système de cogestion), assortie d'une large et systématique distribution d'actions aux travailleurs en fonction de l'expansion économique de leur outil de production (théorie du pancapitalisme de Marcel Loichot). Ils sont impliqués aussi dans l'union de la gauche et le programme commun.

Principaux mouvements gaullistes de gauche

Années 1950-1960

Années 1970-1980

En activité aujourd'hui

  • L'Union des jeunes pour le progrès (UJP) dont le président, actuellement Ferréol Delmas, est notamment chargé de remettre le prix de l'Appel du 18 juin à une personnalité gaulliste marquante[8].
  • Le Club Nouveau Siècle (CNS) a été fondé par Philippe Dechartre en 2001. Il avait un statut de personne morale associée (PMA) à l'UMP entre 2002 et 2015. Il est présidé depuis 2006 par Bernard Reygrobellet.
  • La Convention des gaullistes sociaux pour la Ve République (CGS), fondée par Jean Charbonnel en 2008.
  • L’Initiative républicaine et sociale (IRS) est une amicale politique fondée en 2013. Elle se réclame du gaullisme de gauche et du gaullisme social. Cependant, ses membres restent des proches du centre.  
  • La France en mouvement (LFEM!) est un parti politique fondé en 2017, proche du centre qui se réclame du gaullisme social et des mouvements. Son objectif est de défendre l’humain, loin des appareils des grands partis politiques avec un certain nombre de valeurs traditionnelles de la France rurale.

Quelques personnalités gaullistes de gauche

Depuis les années 1980, ces mouvements se sont ralliés soit au néo-gaullisme du RPR, soit à la Gauche traditionnelle par rapprochement avec le PS lors de l'alternance de 1981[10], rejoignant la majorité présidentielle sans pour autant s'organiser dans une structure commune. Certains ont rejoint le Pôle républicain de Jean-Pierre Chevènement sur la gauche de l'échiquier politique, puis le Mouvement républicain et citoyen.

Bibliographie

Jérôme Pozzi, Les Mouvements gaullistes. Partis, associations et réseaux 1958-1976, Rennes, PUR, 2011.

Notes et références