Gauche radicale (politique)

La gauche radicale[1] est un courant politique hétérogène qui désigne les individus, groupes, mouvements, organisations et partis entre les partis sociaux-démocrates et l'extrême gauche[2].

La signification de l'expression « gauche radicale » est souvent mal interprétée, en particulier avec l'utilisation de l'adjectif « radical » qui, historiquement, se réfère d'abord à des mouvements et organisations issus du radicalisme[3].

Idéologie

Aujourd'hui, les thèses partagées au sein de la gauche radicale sont l'antilibéralisme et la promotion d'un monde écologiste, féministe, antiraciste et « solidaire ». En revanche, à la différence de l'extrême gauche, la gauche radicale n'agit pas dans le but de renverser le système capitaliste, ni de se revendiquer comme partie prenante de la lutte des classes, mais se situe plutôt dans le registre de l'action citoyenne. Elle se prononce notamment pour une Europe sociale, pour une extension des services publics, pour un développement respectueux de l'environnement et contre la logique « gaspilleuse et prédatrice » du libéralisme.

L'universitaire Timothée Duverger estime que « si la critique du capitalisme continue de structurer la gauche radicale, si les organisations d’encadrement populaire (syndicats, associations) l’alimentent encore, son agent de la transformation sociale n’est plus le prolétaire, mais le citoyen. Elle s’ouvre ainsi aux revendications de la nouvelle gauche en faveur des droits des minorités, de l’écologisme ou encore de la démocratie participative. La question démocratique y est centrale, de même que le combat culturel – entendu comme une stratégie d’hégémonie dans le vocabulaire gramscien – dans le champ de la démocratie représentative »[5].

Histoire

Le radicalisme historique

Le terme radicalisme est une tendance républicaine qui est apparu dans les années 1840 au début de la révolution industrielle (notamment la campagne électorale d'Alexandre Ledru-Rollin en 1841) et se développa au début de la Troisième République en opposition au gouvernement des Républicains opportunistes (Gambetta, Jules Ferry, etc.)[6]. Ce mouvement se cristallisa lors de la naissance du Parti républicain, radical et radical-socialiste. Au début situé à l'extrême gauche de l'échiquier politique, le radicalisme fut poussé au centre avec l'émergence du socialisme sur sa gauche, jusqu'à devenir, en France, une tendance ambivalente du centrisme, souvent adossée aux partis majoritaires de la droite et de la gauche française.

Le radicalisme post-marxiste

D'après l'universitaire Timothée Duverger, « la gauche radicale est née en Europe occidentale sur les décombres de l’effondrement du bloc communiste, dans un contexte d’hégémonie du libéralisme culturel, de la mondialisation dite « heureuse », du capitalisme actionnarial, de l’éclatement du salariat et de l’essor des préoccupations écologiques »[5].

Idées

Pour Timothée Duverger, la gauche radicale « offre un espace de recomposition à la division traditionnelle entre communistes et socialistes. C’est un lieu de convergence entre des communistes orthodoxes, la gauche de la social-démocratie, des partis rouges-verts et d’extrême gauche révolutionnaire »[5].

Personnalités

Notes et références

  1. Nonna Mayeer, Pascal Perrineau, Le comportement politique des Français, Paris, Armand Colin, 1991.
  2. (it) Sinistra radicale, che fare di quel 15 % ?, Article du 14 juillet 2004
  3. (it) La sinistra radicale et le partito radicale, article sur Infodem
  4. a, b et c Timothée Duverger, « Qu’est-ce-que la deuxième gauche radicale? », sur ess.hypotheses.org, (consulté le 9 février 2017).
  5. Serge Berstein, Histoire du Parti radical, 2 vol., Presses de la FNSP, Paris, 1982

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes