Garniérite

Garniérite - Thio - Nouvelle-Calédonie

La garniérite n’est pas une espèce minérale mais un terme générique qui recouvre plusieurs espèces nickélifères, de phyllosilicates. Leur teneur élevée en nickel les fait rechercher comme minerai de ce métal. Il s’agit de la népouite, pimélite, et la willemseite.

Inventeur et étymologie

On doit à Jules Garnier, ingénieur des mines, la découverte de ce minerai par une publication en juin 1876 à l'Académie des sciences, mais c'est le minéralogiste australien W. B. Clarke qui est l'inventeur du terme, dédié au découvreur[1],[2].

Topotype

Nouvelle-Calédonie

Synonymie

En dehors des synonymes s’appliquant aux trois espèces sus-citées, la garniérite a un synonyme : la nouméite (Liversidge)[3] ou nouméaite en référence à la province de découverte Nouméa en Nouvelle-Calédonie.

Gitologie et cristallochimie

Les gisements sont situés dans le profil d’altération : la garniérite se forme par suite de l'altération des roches ultrabasiques nickélifères. Lors du processus d'altération de la roche mère (harzburgite et dunite) la silice et le magnésium sont expulsés des silicates qui les contiennent. Les saprolites ainsi constituées contiennent alors au maximum 6 à 7 % de nickel. Puis, lorsque l'altération atteint le stade des latérites rouges et des cuirasses ferralitiques, c'est le tour du nickel d'être expulsé. Ce nickel se retrouve en solution dans les eaux météoriques infiltrées, avec d'autres éléments chimiques. Généralement par percolation, ces solutions traversent la zone d'altération et se précipitent au contact de la roche mère imperméable, ainsi que dans les fractures.

Histoire

Du point de vue historique, les garniérites furent le premier minerai de nickel exploité en Nouvelle-Calédonie. Leur forte concentration en nickel autorisait une exploitation artisanale, qui a laissé de nombreuses traces sur les massifs calédoniens. Pratiquement épuisées aujourd'hui, ce sont désormais les saprolites et latérites qui intéressent l'industrie minière. Peut être utilisée comme gemme[4].

Notes et références

  1. Bernard Brou - Richesses minières en Nouvelle-Caledonie, p. 10
  2. Jules Garnier, « Notice historique sur la découverte des minerai de nickel de la Nouvelle-Calédonie », dans Mémoires et comptes rendus des travaux de la société des ingénieurs civils, CNAM, (lire en ligne), p. 89-93
  3. Société française de minéralogie et de cristallographie Bulletin de minéralogie : volumes 59 à 60 1936
  4. garnierite, yourdictionnary