Gare de Volgelsheim

Volgelsheim
Image illustrative de l’article Gare de Volgelsheim
Le bâtiment voyageurs de la gare de Volgelsheim.
Localisation
Pays France
Commune Volgelsheim
Adresse 2, rue de la Gare
68600 Volgelsheim
Coordonnées géographiques 48° 01′ 08″ nord, 7° 32′ 43″ est
Gestion et exploitation
Propriétaire • Commune de Volgelsheim (BV)
• Port rhénan de Colmar/Neuf-Brisach (voies)
Exploitant Chemin de fer touristique du Rhin
Services Train touristique
Caractéristiques
Ligne(s) Colmar-Central à Neuf-Brisach
Neuf-Brisach à Bantzenheim (en partie HS)
Altitude 190 m
Historique
Mise en service 1880
Architecte inconnu (style EL)
Correspondances
correspondance croisière sur le Rhin

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Volgelsheim

Géolocalisation sur la carte : Haut-Rhin

(Voir situation sur carte : Haut-Rhin)
Volgelsheim

La gare de Volgelsheim, autrefois appelée Neuf-Brisach Gare[1], est une gare ferroviaire française située sur le territoire de la commune de Volgelsheim, à 2 km de la place forte « Vauban » de Neuf-Brisach, dans le département du Haut-Rhin, en région Grand Est.

Fermée par la SNCF en 1987, elle a été rachetée, en 1993, et restaurée par la municipalité de la commune de Volgelsheim, qui a confié sa gestion à l'association Chemin de fer touristique du Rhin (CFTR)[2].

Elle constitue la gare de jonction entre le réseau ferré national (ligne de Colmar-Central à Neuf-Brisach) et la voie ferrée privée qui dessert le port de Marckolsheim.

Situation ferroviaire

La gare de Volgelsheim est située au point kilométrique (PK) 18,3 de la ligne de Colmar-Central à Neuf-Brisach. La voie se poursuit vers Marckolsheim, au nord, en longeant le Rhin mais cette section constitue une ligne privée ne faisant pas partie du réseau ferré national.

Ancienne gare de bifurcation, elle constituait l'origine de la ligne de Neuf-Brisach à Bantzenheim, aujourd'hui déclassée et déposée entre les gares de Blodelsheim et de Volgelsheim.

En 2013, les voies de la gare sont rachetées par le Port rhénan de Colmar/Neuf-Brisach[3]. Le port n'a cependant pas le droit d'utiliser la voie n°1, celle-ci est conservée par la région Alsace en vue d'une éventuelle réouverture de la ligne au service voyageurs[4].

Le document de référence du réseau (DRR) pour l'horaire de service 2019 indique que la gare (sous le nom de Neuf-Brisach) dessert une installation terminale embranchée (ITE)[5].

Histoire

1880 : Neubreisach-Feldbahnhof

La gare, appelée « Neubreisach-Feldbahnhof »[6], est construite, en 1880, pendant l'annexion de l'Alsace-Lorraine, pour le soutien de la place forte de Neuf-Brisach. Elle fait partie du réseau de la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL), ligne Colmar - Fribourg inaugurée en 1878. Le Traité franco-allemand du 10 mai 1871[7] cède à l'Empire allemand la partie du réseau de la compagnie des chemins de fer de l'Est située en Alsace-Lorraine. L'administration prussienne, autorité suprême sur le réseau d'Alsace-Lorraine, entreprend d'importants travaux afin d'améliorer la desserte du nouveau territoire, pour des raisons économiques et stratégiques[8].

La ligne Neuf-Brisach Gare - Bantzenheim est mise en service en 1917 pour des besoins militaires. Elle est ouverte aux voyageurs en 1923.

1918 : Neuf-Brisach Gare

Après le retour de l'Alsace-Lorraine à la France, en 1918, elle est baptisée « Neuf-Brisach Gare », il existait également une gare de « Neuf-Brisach Ville », 1 km en amont. Le , la gare entre dans le réseau de l'Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine (AL). Puis, le , cette administration d'État forme avec les autres grandes compagnies la SNCF, qui devient concessionnaire des installations ferroviaires de Neuf-Brisach.

L'accord franco-allemand du 13 avril 1925 concernant les gares frontières cesse d'être en vigueur à partir du 13 avril 1939 après avoir été dénoncé par le Reich. La SNCF envisage alors la construction d'une gare douanière à Neuf-Brisach. Le projet est abandonné à la suite de la déclaration de guerre entre la France et l'Allemagne[9].

Lors de l'annexion allemande de l'Alsace-Lorraine, c'est la Deutsche Reichsbahn qui gère la gare pendant la Seconde Guerre mondiale, du jusqu'à la Libération (en 1944 – 1945). Elle est desservie par des trains trans-frontaliers jusqu'à la destruction du pont sur le Rhin le 5 février 1945[10], puis par un omnibus voyageurs venant de Colmar.

Le service voyageurs en direction de Bantzenheim est fermé le 31 décembre 1945.

Le service voyageurs en direction de Colmar est fermé le 17 mars 1969 et en 1987 la SNCF ferme la gare en interrompant définitivement le trafic marchandises. Le bâtiment est alors mis en location à des particuliers[2].

1993 : Gare de Volgelsheim

Le bâtiment voyageurs, côté voies.

Afin, de développer l'offre touristique déjà proposée par le CFTR depuis 1983, sauvegarder et valoriser le patrimoine ferroviaire de la commune, en 1993, la municipalité de Volgelsheim rachète, avec des partenaires[11], et restaure la « Neuf-Brisach Gare » abandonnée par la SNCF, elle la rebaptise « Gare de Volgelsheim »[12].

Gare touristique

Aujourd'hui patrimoine ferroviaire, la gare de Volgelsheim est le point de départ du Chemin de fer touristique du Rhin. Le train touristique emprunte les 12 km de la ligne de Volgelsheim à Marckolsheim (propriété de la Chambre de Commerce et de l'Industrie de Colmar, de l'emprise publique du Port Rhénan et du Port autonome de Strasbourg) jusqu'à l'embarcadère de Sans-Souci.

Desserte

En saison, de mai à septembre, elle est la gare de départ et d'arrivée des trains touristiques et historiques du CFTR . Elle accueille le long de son quai, des rames constituées de matériel roulant ferroviaire historique : locomotives à vapeur ou diesel et voitures d'époques. Des expositions sont organisées dans ses salles, et le « dépôt musée » de l'association est la première halte du train « Ried Express », qui ensuite rejoint l'embarcadère de Sans-Souci où il est possible, dans le cadre de la proposition « circuit combiné train-bateau », d'embarquer pour une petite croisière sur le Rhin, sur les navires de la « Breisacher Schifffahrtsgesellschaf », avant de retourner à Volgelsheim[13].

Infrastructures

Bâtiment voyageurs

Le bâtiment voyageurs, à l'architecture caractéristique Alsace-Lorraine, date de 1880. Il est construit en grès rouge et flanqué d'une tour d'angle (le donjon) avec horloge. Restauré, il est désormais utilisé par l'association CFTR[14].

La gare comporte également une halle à marchandises.

Dépôt

Le dépôt du matériel roulant, servant à la traction des trains touristiques du CFTR, se trouve à 2 km au nord de la gare. Créé par le CFTR, il est constitué d'un ensemble de voies de garage avec trois aiguillages, et d'un hangar avec un atelier et une fosse, construite en 1983. Il est complété par un auvent pour abriter plus de machines[15].

Décors de films

Bien avant sa restauration et sa reconversion touristique, la gare inspire des cinéastes. Elle apparaît notamment, en 1937, sous le nom de gare de « Burghoffen » dans le film de Jean Renoir La Grande Illusion, et appelée « Altkirch » en 1991 dans le téléfilm Un été Alsacien[2].

Notes et références

  1. [PDF] SNCF Région de l'Est - Carnet de profils et schémas - 1962, voir notamment planche 188, page 102 du PDF.
  2. a b et c Site officiel CFTR, La gare de Volgelsheim lire (consulté le 11/07/2009).
  3. Baromètre du fret ferroviaire en Alsace 02-2014 sur ortal.eu, site de l'observatoire régional des transports et de la logistique d'Alsace, consulté le 31 mai 2016.
  4. [PDF] « Port rhénan : un sac de nœuds ferroviaire », article L'Alsace du 28 juillet 2013.
  5. DRR - Horaire de service 2019, Annexe 8.4 - Localisation des installations terminales embranchées, sur le site de SNCF Réseau (consulté le 9 janvier 2019).
  6. Site journal L'Alsace / Le Pays, Coup double à Neuf-Brisach, par Anne Vouaux : « Neuf-Brisach gare. Appelée à l’origine Neubreisach-Feldbahnhof, cette gare des champs est implantée à Volgelsheim, équipée de cinq voies et bordée de casernes militaires. » lire (consulté le 03/09/2009).
  7. N. Wilcken, Metz et Guillaume II : « Conformément aux dispositions du traité de paix franco-allemand du 10 mai 1871, le réseau ferroviaire de la compagnie des chemins de fer de l'Est, situé dans la zone annexée d'Alsace-Lorraine, devint la propriété de l'Empire allemand, ».
  8. N. Wilcken, Metz et Guillaume II : « Les questions d'importance stratégique restèrent du ressort de la chancellerie ou de l'administration militaire. Les services des chemins de fer du Reichsland étant soumis aux directives de l'administration prussienne, c'est la Prusse qui devint l'autorité suprême des chemins de fer d'Alsace-Lorraine ».
  9. Archive 0838LM1790-003 (Neuf-Brisach Gare) de la SNCF [PDF] (consultée le 30 décembre 2015).
  10. Historique sur le site de l'association Trans-Rhin-Rail (consulté le 29 août 2016).
  11. Site CFTR : « le coût total de l'opération s'est élevé à 3 millions de francs, facture partagée entre la commune, le SIVOM Hardt-Nord, le Conseil Général, la CCI et l'établissement public du Port Rhénan »
  12. Site officiel de Volgelsheim, Parimoine lire (consulté le 03/09/2009).
  13. Site officiel CFTR, Ried Express lire (consulté le 11/07/2009).
  14. Inventaire 1999, notice IA68005177, lire (consulté le 11/07/2009).
  15. Site officiel CFTR, Voies et matériels fixes lire (consulté le 03/09/2009).

Voir aussi

Bibliographie

  • Laurent Baudouin, Les gares d'Alsace-Lorraine, un héritage de l'annexion allemande (1871-1918). Pierron. 1995 (ISBN 9782708501317).
  • N. Wilcken, Metz et Guillaume II, L'architecture publique à Metz, Serpenoise, 2005 (ISBN 2876926482).

Articles connexes


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Terminus Terminus Train touristique Dépôt du CFTR Embarcadère de Sans-Souci