Gange

Gange
Le Gange à Varanasi.
Le Gange à Varanasi.
Carte des bassins de drainage combinés du Gange (orange), du Brahmaputra (violet), et Meghna (vert).
Carte des bassins de drainage combinés du Gange (orange), du Brahmaputra (violet), et Meghna (vert).
Caractéristiques
Longueur 2 510 km
Bassin 907 000 km2
Bassin collecteur Gange
Débit moyen 16 648 m3/s (Barrage de Farakka)
Régime Pluvial de mousson
Cours
Source Confluent du Bhagirathi et de l'Alaknanda
· Localisation Devprayag (Uttarakhand) Inde
· Altitude 459 m
· Coordonnées 30° 08′ 42,02″ N, 78° 35′ 51,15″ E
Embouchure Golfe du Bengale
· Localisation Tinkona Island, Sundarbans (Khulna) Bangladesh
· Altitude 0 m
· Coordonnées 21° 54′ 05,8″ N, 89° 31′ 19,7″ E
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Mahananda, Koshi, Gandak, Karnali
· Rive droite Yamuna, Son,
Pays traversés Drapeau de l'Inde Inde
Drapeau du Bangladesh Bangladesh
Principales localités Haridwar, Soron, Kannauj, Kanpur, Allahabad, Varanasi, Patna, Rajshahi

Le Gange (hindi : गंगा Gaṅgā, bengali : গঙ্গা Gōnga) est un fleuve de la plaine indo-gangétique, au nord de l'Inde. Sa longueur varie suivant les sources de 2 500 à 3 000 km, son bassin couvre 907 000 km2 et son delta est commun avec celui du Brahmapoutre.

Le Gange est la plus sainte des sept rivières sacrées de l'Inde.

Trajet

Le cours du Gange débute à Devprayag (État d'Uttarakhand), au confluent du Bhagirathi (qui prend sa source au glacier  de Gangotrî dans l'Himalaya) et de l'Alaknanda (qui descend du Nanda Devi).

Il traverse ensuite Haridwar, situé à 300 m d'altitude, et coule à travers la plaine indo-gangétique, perdant peu de dénivelé tout en collectant un certain nombre d'affluents : la Yamuna (1 300 km), la Karnali (1 080 km) à Chapra, le Gandaki (700 km) à Hajipur, la Ramganga (640 km) peu avant Allahabad, la Sone (784 km) à Patna, la Koshi (700 km) près de Bhagalpur, la Gomtî ou Gomati (675 km) près de Varanasi, la Dâmodar (541 km) au sud de Calcutta.

Le Gange se jette dans le golfe du Bengale en formant un important delta appelé Sundarbans, où il se mêle au Brahmapoutre. Une branche indienne de ce delta forme la Hooghly qui traverse Calcutta. Une autre branche majeure qui coule au Bangladesh se nomme Padma avant de se joindre au Brahmapoutre pour former la Meghna.

Hydrologie

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Farakka altitude : 19 m- bassin versant: 833 000 km²[1]
(données calculées sur la période 1949-1973)

Son débit minimum est de 1 041 m3/s, et son maximum est 60 000 m3/s.

Signification religieuse

Le Gange est considéré comme sacré par les hindous : l'immersion dans le Gange lave le croyant de ses péchés et la dispersion des cendres dans le fleuve peut apporter une meilleure vie future et même permettre d'atteindre plus tôt le moksha ou délivrance, c'est-à-dire la sortie du monde phénoménal. Pour les hindous, l'eau du Gange possède la vertu de purifier le corps des humains et de libérer l'âme des défunts.

Le Gange est vu comme l'ultime vérité, l'ultime réalité au sens spirituel. C'est Shiva qui tient la source du Gange dans ses cheveux, dénommés jata-mukuta : Shiva est aussi appelé Gangadhara.

L'histoire raconte que c'est un roi qui cherchant la prospérité pour la terre, implora la déesse Ganga. Le roi Bhagiratha fut exaucé mais la déesse crut que les flots du Gange submergeraient la terre, c'est pourquoi elle les mit dans la coiffe d'un dieu: Shiva. Ce dernier libéra ensuite le fleuve de ses cheveux[2].

Statue de Shiva sur le bord du Gange à Haridwar

Quand un pèlerin se baigne dans le Gange, c'est le symbole de la recherche de l'union avec l'ultime vérité. Le Gange est pris comme fleuve apportant la sagesse spirituelle[3].

Les dévots hindous font des pèlerinages pour se baigner dans ses eaux et pratiquer la méditation sur ses rives. Plusieurs sites sacrés hindous se trouvent le long des rives du Gange, comme Haridwar et Varanasi.

La Yamuna, une rivière importante et presque aussi sacrée, est un affluent du Gange dans lequel il se jette à Allahabad. Tous les douze ans se tient, au confluent des deux cours d'eau — là où se trouverait également le confluent avec la Sarasvati (rivière mystique et invisible) —, la Kumbh Mela (littéralement « fête de la cruche ») ; un rassemblement religieux qui réunit plusieurs dizaines de millions de personnes.

Écosystème et pollution

Malgré une pollution déjà soulignée par l'écrivain américain Mark Twain lors de son passage dans la ville de Varanasi, au siècle dernier, le Gange est un écosystème riche et particulier qui comporte notamment deux espèces de dauphins — le dauphin du Gange (Platanista gangetica) et le dauphin de l'Irrawaddy (Orcaella brevirostris) — et un requin d'eau douce, le Glyphis gangeticus.

Le fleuve comporte deux barrages principaux. Le premier près d'Haridwar détourne une grande partie de l'eau de fonte himalayenne dans le canal supérieur du Gange, construit par les Britanniques en 1854 pour irriguer les terres environnantes. Ce détournement des eaux est la cause principale de la détérioration de la navigabilité du fleuve. L'autre barrage est situé près de Farakka, près du point d'entrée du fleuve au Bangladesh et qui détourne une partie des eaux vers la Hooghly qui alimente la partie ouest du delta du Bengale et la ville de Kolkata. Ce barrage est une source de conflits entre l'Inde et le Bangladesh depuis sa construction en 1975.

On estime que chaque jour le Gange reçoit les restes de quelque 475 cadavres humains ainsi que de 1 800 tonnes de bois utilisées pour les crémations, auxquels s'ajoutent les 10 000 carcasses d'animaux qui y sont abandonnées, ce qui est une importante cause de pollution. Diverses méthodes ont été envisagées pour aider à sa dépollution, comme l'installation de stations d’épuration et leur raccordement à des centaines de kilomètres d’égouts, la construction de milliers de toilettes publiques et de crématoires électriques - comme ceux de Varanasi - mais ils ne sont guère utilisés que par les indigents. Il a été aussi opéré à des lâchers de milliers de tortues nécrophages pour que celles-ci puissent dévorer les cadavres insuffisamment brûlés, mais les reptiles ont été capturés et consommés par les riverains pauvres[4].

Dans la croyance hindoue, mourir dans le Gange – et en particulier à Varanasi, sur la rive gauche du Gange – permet d’en finir avec le cycle des réincarnations et d’atteindre la moksha (l’équivalent du nirvana pour les bouddhistes). Les Indiens y viennent donc mourir en masse.

En 1985, le Gange a été proclamé « héritage national » et une Autorité centrale du Gange fondée. Les premières analyses qui ont été effectuées l'année suivante dans un affluent où se déversent les égouts de Varanasi et qui se jette lui-même dans le fleuve en aval de la ville ont révélé un taux de coliformes fécaux de 1,5 million d'unités par décilitre, le maximum autorisé étant de 500 unités.

La capitale New Delhi déverse quotidiennement dans la Yamuna 250 000 mètres cubes d'eaux usées domestiques et 20 000 mètres cubes d'eaux usées industrielles qui finiront par se déverser dans le Gange. La ville avait pourtant été dotée dès 1937 d'une première station d’épuration.

Le Gange possède cependant des capacités d'auto-épuration (ou auto-dépollution) conséquentes, c'est-à-dire que par l'action des bactéries et le transfert d'oxygène depuis l'atmosphère par la surface du fleuve, une grande partie de la pollution organique peut être éliminée en quelques kilomètres. Cette auto-épuration n'empêche pas que sa qualité soit très dégradée par ces rejets.

Selon Maxisciences, le Gange est le fleuve le plus pollué du monde[5]

Faune et flore

Les écosystèmes du delta du Gange et de son bassin versant ont été identifiés par le WWF (Fonds mondial pour la nature) et The Nature Conservancy (TNC) comme une des 426 écorégions d'eau douce de la planète.

Article détaillé : Delta et plaine du Gange.

Quelques aspects culturels

La descente du Gange : le plus grand bas relief au monde, dans le village de Mahabalipuram, dans le Tamil Nadu.

Dans le village de Mahabalipuram, dans le Tamil Nadu, se trouve le plus grand bas-relief au monde, souvent considéré comme une illustration de la descente du Gange.

Dans le palais de Jaipur, on peut voir exposées deux énormes urnes, les plus grandes au monde, fabriquées avec 243 kilogrammes d'argent chacune et qui servirent au maharaja Madho Singh II à transporter plus de 30 000 litres d'eau du Gange lors de son voyage de 1902 au Royaume-Uni.

En 1950, Jean Renoir signe sa première réalisation en couleurs, Le Fleuve, tourné au bord du Gange et qui remporte le Prix international de la critique à la Mostra de Venise en 1951.

Après sa mort en 2001, les cendres de George Harrison furent déversées dans le Gange, lors d'une cérémonie intime aux coutumes hindoues.

Personnalité juridique

Le — quelques jours après l'adoption d'une mesure équivalente concernant le Whanganui (Nouvelle-Zélande) —, la haute cour de l'État himalayen de l'Uttarakhand décrète que le Gange et la Yamuna, sont des « entités vivantes ayant le statut de personne morale » [6]. Selon l'avocat de la cour suprême, Nipun Saxena, la décision est « un précédent historique car il utilise le concept de personne morale, qui n'a été utilisé que pour les idoles (religieuses) jusqu'à maintenant, et étend son application aux rivières ». Le décret précise que les cours d'eau seront représentés par des tuteurs légaux ; le directeur du programme Namami Gange , le secrétaire en chef et l'avocat général de l'Uttarakhand sont ainsi « tenus de maintenir le statut des rivières et de promouvoir leur santé et leur bien-être »[7].

Liens externes

Voir aussi

Notes et références

Notes

Références

  1. Le Gange à Farakka
  2. The symbolism of hindu gods and rituals de A. Parthasarathy aux éditions Vedanta Life Institute, page 26
  3. The symbolism of hindu gods and rituals de A. Parthasarathy aux éditions Vedanta Life Institute, page 27
  4. « Dépolluer le Gange, une mission impossible ? », sur la-croix.com,
  5. Environnement › Gange sur le Site Maxisciences
  6. « Inde: le Gange doté d'une personnalité juridique », sur sciencesetavenir.fr,
  7. (en) Vishakha Saxena, « Ganga, Yamuna declared human entities: What exactly does this order mean? », sur intoday.in,