Gabriel de Roquette

Gabriel de Roquette
Biographie
Naissance Vers 1624
Toulouse
Ordination sacerdotale Vers 1662
Décès
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
par Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin
Évêque d'Autun
Précédent Louis Doni d’Attichy Bernard de Senaux Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse
Abbé de Grandselve
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Gabriel de Roquette (né en 1623 ou 1626 à Toulouse et mort le ) était un évêque français du XVIIe siècle, qui fut évêque d'Autun de 1666 à 1702,

Biographie

Gabriel de Roquette est le fils de François et de Marie de Senaux. Docteur en théologie de l'université de Bourges vers 1661 il est ordonné l'année suivante. Il est introduit à la cour par sa tante Marguerite de Senaux qui est une proche de la reine Anne d'Autriche. Il est pourvu comme abbé commendataire de l'abbaye de Grandselve en 1661. Le bénéfice de cette abbaye était de 25 000 livres et était détenu par Mazarin lui-même. Il est nommé également prieur de Charlieu dans le diocèse de Mâcon et de Saint-Denis-de-Vaux dans le diocèse de Chalon-sur-Saône[1]

Nommé évêque d'évêque d'Autun le il est confirmé le 1 octobre et consacré en avril 1667 par l'archevêque de Sens et prend possession de son diocèse en août suivant. Il avait succédé, après une vacance de deux ans, à Louis Doni d'Attichy, il joue rapidement un rôle prédominant aux États de Bourgogne province dont le gouverneur est le prince de Condé. Il fait construire l'Hôpital-Général et le séminaire avec magnificence et le confie aux prêtres de Saint-Sulpice. Il se rend en fief protestant au Château de Vault-de-Lugny chez les de Jaucourt en 1685[2]. Malgré ses appuis à la cour de France il échoue en 1693 à obtenir la succession de l'archevêque de Lyon et il se démet de son siège épiscopal le en faveur de Bertrand de Senaux.

Opinions de ses contemporains

  • Saint-Simon sur Roquette : « Ce grand béat, c'est sur lui que Molière prit son Tartuffe. » C’est également l’avis de l’abbé de Choisy et de La Bruyère. La Grande Mademoiselle le voit comme « un tracassier, homme de mauvaise foi, bien avec tout le monde. » Cosnac disait de lui : « dès ce temps-là, recherche avec des soins assez grands le moyen d'avoir mon amitié. Il n'y est jamais bien parvenu. Trop de gens, et M. le prince de Conti, lui-même, m'avoient donné des impressions désagréables de sa probité. »
  • Une épigramme attribuée à Boileau disait de lui :
« On dit que l'abbé de Roquette
Prêche les sermons d'autrui .
Moi, qui sais qu'il les achète,
Je dis qu'ils sont bien à lui. »
« Roquette dans son temps
Talleyrand dans le nôtre,
Furent tous deux évêques d'Autun.
Tartuffe est le portrait de l'un,
Ah ! si Molière eût connu l'autre ! »
  • Dangeau : « Cet évêque d'Autun étoit un vieux fripon, bien connu pour tel, et qui, par beaucoup d'esprit et d'intrigue, étoit arrivé là avec grande espérance d'aller plus loin. Il avoit été de bien des couleurs en sa vie; attaché à madame de Longueville, à M. le prince de Conty, son frère, valet à tout faire du cardinal Mazarin, et surtout, des dames importantes d'alors; grand serviteur après des Jésuites, en un mot, tout ce qu'il falloit être pour avoir du crédit et pour cheminer. »

Pour autant l'abbé de Roquette n'a pas laissé de mauvais souvenirs à Autun qui lui doit de nombreuses réalisation sociales et architecturales.

Iconographie

Hyacinthe Rigaud fit le portrait de Gabriel de Roquette en 1702 contre 150 livres ; ce qui correspond à un buste[3].

Notes et références

  1. (en) Joseph Bergin Crown, Church, and Episcopate Under Louis XIV Yale University Press 2004 (ISBN 0300103565) p. 471-472.
  2. Mr Chambon, Table alphabétique des matières contenues dans les Bulletins de la Société d'Études d'Avallon des années 1879 à 1903 inclus. XXX,121.
  3. Roman, 1919, p. 94.