Gérard Collomb

Gérard Collomb
Gérard Collomb, en 2013.
Gérard Collomb, en 2013.
Fonctions
Ministre d'État
Ministre de l'Intérieur
En fonction depuis le
(10 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe
Prédécesseur Matthias Fekl
Président de la Métropole de Lyon
En fonction depuis le
(2 ans 4 mois et 26 jours)
Élection
Prédécesseur Poste créé
Maire de Lyon
En fonction depuis le
(16 ans 2 mois et 2 jours)
Élection 18 mars 2001
Réélection 9 mars 2008
30 mars 2014
Prédécesseur Raymond Barre
Sénateur du Rhône
En fonction depuis le
(17 ans 6 mois et 25 jours)
Réélection 26 septembre 2004
28 septembre 2014
Prédécesseur Franck Sérusclat
Successeur Gilbert-Luc Devinaz
Maire du 9e arrondissement de Lyon

(5 ans et 9 mois)
Élection 18 juin 1995
Prédécesseur Michèle Mollard
Successeur Pierrette Augier
Député du Rhône
Élu dans la 2e circonscription

(6 ans 10 mois et 23 jours)
Élection 21 juin 1981
Réélection 16 mars 1986
Législature VIIe, VIIIe législature (Cinquième République)
Groupe politique SOC
Prédécesseur Roger Fenech
Successeur Michel Noir
Biographie
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance Chalon-sur-Saône
(Saône-et-Loire)
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de Faculté des lettres de Lyon
Profession Professeur agrégé de lettres classiques
Résidence Hôtel de Beauvau, Paris (8e)

Gérard Collomb
Maires de Lyon

Gérard Collomb, né le à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), est un homme politique français.

Membre du Parti socialiste, il est sénateur du Rhône depuis 1999, maire de Lyon depuis 2001 et président de la métropole de Lyon depuis 2015.

Le 17 mai 2017, il devient ministre d'État, ministre de l'Intérieur et « numéro 2 » dans le gouvernement Édouard Philippe.

Biographie

Famille

Gérard Collomb est le fils de Marc Collomb (1906-2004), ouvrier-métallurgiste, syndicaliste CGT et de Marcelle Cuissard (1910-2004), femme de ménage[1],[2],[3]. Ses parents sont originaires de la région lyonnaise[4]. Il a une sœur aînée Yvette Collomb (née en 1933)[2].

Il se marie en premières noces en 1968 avec Geneviève Bateau (née en 1947)[5], de ce mariage naîtront deux enfants :

Gérard Collomb et Geneviève Bateau divorcent en 1994.

Il est, avec sa compagne Myriam, le père d'Alexandre Collomb (né en 1996)[5].

Gérard Collomb se marie en secondes noces en 2001 avec Caroline Rougé (née en 1976)[2], de ce mariage naîtront deux enfants :

  • Clémence Collomb (née en 2006).
  • Camille Collomb (née en 2007).

Études et carrière professionnelle

Après une khâgne au lycée du Parc, où il fut l'élève de Jean Lacroix[8], puis des études supérieures à la Faculté des lettres de Lyon, Gérard Collomb devient professeur agrégé de lettres classiques en 1970. Il enseigne dans plusieurs lycées de la région, notamment au lycée Jean-Perrin dans le 9e arrondissement de Lyon et plusieurs années au lycée René-Cassin de Tarare.

Passionné de philosophies grecque et latine, une de ses principales références philosophiques est Saint-Simon[9].

Franc-maçon depuis 1989 et membre du Grand Orient de France, il ne cache pas son appartenance à la franc-maçonnerie[10],[11].

Carrière politique

Gérard Collomb ressent très tôt un attrait pour le débat d’idées et la politique. En 1968, il adhère à la Convention des institutions républicaines (CIR)[5]. Dès la fin des années 1960, il participe à la refondation du Parti socialiste dans le Rhône. Il entre au conseil municipal de Lyon en 1977, puis est élu député de la 2e circonscription du Rhône le 21 juin 1981, à l'âge de 34 ans en battant le sortant Roger Fenech (UDF), il est réélu en 16 mars 1986 à l'occasion du scrutin proportionnel. En 1988, il est candidat aux élections législatives dans la 1re circonscription du Rhône ; il est battu par Bernadette Isaac-Sibille (UDF).

Il est nommé responsable au sein du Parti socialiste des relations avec les autres mouvements politiques et les syndicats, puis devient secrétaire national en 1986. Leader de l'opposition au sein du conseil municipal de Lyon, c'est lui qui mène l'opposition à Michel Noir quand celui-ci est élu maire en 1989. Nommé secrétaire national du Parti socialiste, délégué aux relations extérieures puis aux pays en voie de développement, Gérard Collomb participe à la création de la Fondation Jean-Jaurès, dont il devient secrétaire général dès sa création en 1992. Il sera aussi membre du Conseil économique et social de 1994 à 1999 et conseiller régional de la région Rhône-Alpes de 1992 à 1999.

Initiateur de la gauche plurielle, sa liste remporte trois arrondissements aux élections municipales de 1995. Élu maire du 9e arrondissement de Lyon, il intègre l'exécutif du Grand Lyon présidé par Raymond Barre.

En 1997, il est candidat aux élections législatives dans la 1re circonscription du Rhône face à la députée sortante Bernadette Isaac-Sibille (UDF). Il est battu au second tour avec 48,69 % des voix.

Il devient sénateur du Rhône en 1999 à la suite de la démission du sénateur Franck Sérusclat. Deux ans plus tard, alors qu'il est sénateur-maire du 9e arrondissement de Lyon, il remporte les élections municipales de 2001 contre Charles Millon (UDF) et Jean-Michel Dubernard (RPR), avec 10 000 voix de moins qu'eux. Il devient maire le 25 mars et président du Grand Lyon.

Au cours de son mandat, il aménage les berges du Rhône, dote l'agglomération lyonnaise d'un système de location de vélos en libre-service : Vélo'v et, reprenant un projet de Raymond Barre, entame l'aménagement du quartier de La Confluence (2e arrondissement de Lyon) sur lequel des berges sont créées fin 2009, le long de la Saône, du confluent jusqu'au bassin nautique relié à la Saône (inauguré en juin 2010). Il a aussi lancé plusieurs projets de tour dans le quartier de La Part-Dieu (3e arrondissement de Lyon) notamment la tour Oxygène et la tour Incity.

En mai 2003, il est désigné président du Conseil national du Parti socialiste. Le 26 septembre 2004, il est réélu sénateur du Rhône. Élu en juin 2005, président de la Commission coopération décentralisée du réseau mondial CGLU, puis président de l'Agence mondiale de solidarité numérique en juillet 2005, il préside également la Commission des affaires européennes et internationales au sein de l'AMGVF. Élu en octobre 2006 à la présidence de l'Association des communautés urbaines de France, Gérard Collomb, préside également de novembre 2006 à novembre 2008 Eurocities, réseau qui fédère les 130 métropoles les plus importantes d'Europe.

Pragmatique[3] et social-démocrate, Gérard Collomb a été au sein du Parti socialiste dans la mouvance de Dominique Strauss-Kahn avant de soutenir Ségolène Royal lors de la campagne de l'élection présidentielle de 2007.

Le 9 mars 2008, il est réélu maire de Lyon dès le premier tour en gagnant 6 arrondissements et en laissant son adversaire Dominique Perben (UMP), ancien ministre, avec 30 % des voix.

Au congrès de Reims, qui s'est tenu du 14 au 16 novembre 2008, il mène, en tant que premier signataire et animateur de la motion E : « L'espoir à gauche, fier(e)s d'être socialistes ».

Candidat putatif à la primaire socialiste de 2011, il a publié un essai politique en mars 2011 : Et si la France s'éveillait…[12]. Finalement non-candidat, il soutient dans un premier temps Dominique Strauss-Kahn[13], puis apporte son soutien à la candidature de François Hollande en vue de l'élection présidentielle de 2012[14], et fait partie de son équipe de campagne en tant que responsable pour les relations avec les entreprises et les grandes villes[15].

Gérard Colomb annonçait en octobre 2012 qu'il se refuserait à marier des personnes de même sexe. « Je laisserai le soin à mes maires et à mes adjoints de célébrer ces mariages », annonçait-il sur Europe 1, expliquant s'être « longtemps interrogé sur le mariage homosexuel » et n'y être pas favorable. « Il y a quelque chose qui me semble plus important sur le long terme : c'est que l'on évite de faire en France ce que l'on fait aux États-Unis, en Californie par exemple, c'est-à-dire une véritable industrie du portage d'enfants. Ça, ce serait une vraie difficulté pour notre société », a-t-il insisté. Il est visible sur une photographie, prenant la pose au coté d'une famille manifestant contre le projet de loi Taubira[16].

En dépit d'un contexte national particulièrement difficile[17], Gérard Collomb est réélu maire de Lyon le 30 mars 2014 avec près de 16 points d'avance sur son adversaire Michel Havard (UMP), battu dans son propre arrondissement. C'est à ce titre la plus large victoire[18] d'un candidat socialiste dans les grandes villes de France pour ces élections municipales de 2014. Le 16 avril 2014, il est largement réélu président du Grand Lyon dès le premier tour, avec 92 voix, contre 58 pour son adversaire François-Noël Buffet (UMP)[19]. Le 28 septembre 2014, il est réélu sénateur du Rhône.

Le 1er janvier 2015, il devient le premier président de la nouvelle métropole de Lyon, collectivité de plein exercice qui fusionne la communauté urbaine du Grand Lyon et le conseil général du Rhône sur le territoire du Grand Lyon.

Depuis juillet 2016, il soutient ouvertement le mouvement En marche ! créé par Emmanuel Macron, ministre de l'Économie de 2014 à 2016[20],[21]. Pour Luc Rosenzweig, Lyon sous la direction de Gérard Collomb a été, par son alliance de la social-démocratie avec le monde de l’entreprise, « un laboratoire du macronisme avant même que le dénommé Macron songe à entrer par la grande porte dans l’arène politique. »[22].

En 2016, ses indemnités de sénateur sont plafonnés à 4 000 euros par mois du fait de son absentéisme au Sénat, une baisse de revenu qu'il décrit comme ressemblant à « un vrai cauchemar »[23],[24],[25].

Le 17 mai 2017, il est nommé ministre d'État, ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Édouard Philippe. À la suite de sa nomination place Beauvau, Gérard Collomb annonce qu'il abandonnera ses fonctions de maire de Lyon et de président de la métropole après les élections législatives[26],[27].

Mandats et fonctions ministérielles

Gérard Collomb assume le cumul de ses mandats, et s'oppose au projet de restrictions supplémentaires du cumul des mandats mais s'abstient de voter au Sénat[28].

Fonctions ministérielles

Mandats parlementaires

  • 21 juin 1981 - 1er avril 1986 : Député de la 2e circonscription du Rhône.
  • 16 mars 1986 - 14 mai 1988 : Député de la 2e circonscription du Rhône (réélu).
  • Depuis le 2 novembre 1999 : Sénateur du Rhône (réélu le 26 septembre 2004, réélu le 28 septembre 2014).

Mandat régional

Mandats municipaux

Mandats intercommunaux

  • 25 mars 2001 - 1er janvier 2015 : Président du Grand Lyon (réélu le 9 mars 2008).
  • Depuis le 1er janvier 2015 : Président de la métropole de Lyon.

Autres fonctions

Décorations et distinctions

Décoration officielle

Distinction

  • En 2016, un collectif d'habitants décerne à Gérard Collomb le « Chiotte d'Or », en l'honneur de sa politique en matière d'habitat urbain[31],[32].

Bibliographie

  • Fabiène Gay Jacob Vial, Gérard Collomb : maire de Lyon, Lyon, éditions lyonnaises d'art et d'histoire, , 143 p. (ISBN 2-84147-111-X).
  • Vincent Cheynet, Lyonnais, qui avez vous élu ?, éditions de la Mèse, 2008.
  • Régis Guillet, Gérard Collomb, le baron rebelle, Armand Colin, , 222 p. (ISBN 2200275277, lire en ligne).
  • Geoffrey Mercier, Lyon : comment Collomb a résisté, Lyon, éditions Le Progrès, , 156 p. (ISBN 978-2-918756-30-9).

Publication de Gérard Collomb

  • Gérard Collomb, Et si la France s'éveillait, Paris, Plon, coll. « Tribune libre », , 216 p. (ISBN 978-2-259-21423-0)

Chanson

En 2003, le groupe lyonnais Bistanclaque dédie une chanson satirique à celui qu'ils surnomment Berluscollomb sur l'album Longtemps nous nous sommes couchés tard : La scottish à Collomb[33].

Notes et références

  1. « Généalogie de Gérard COLLOMB », sur Geneanet (consulté le 27 mars 2017).
  2. a, b et c Régis Guillet, Gérard Collomb: Le baron rebelle, Armand Colin, , 122 p. (ISBN 9782200288112, lire en ligne).
  3. a et b Fanny Guinochet, « Pragmatique », Challenges,‎ (lire en ligne).
  4. Catherine Lagrange, « Gérard Collomb : socialiste et barriste », Le Point, 11 août 2000.
  5. a, b et c Jérôme Cordelier, Catherine Lagrange, « Sur les traces de Gérard Collomb », Le Point,‎ (lire en ligne).
  6. « Comment les fils de se font un prenom - société - Tribune de Lyon », sur Tribune de Lyon, (consulté le 5 mai 2017).
  7. « Anne-Laure Collomb - Babelio », sur Babelio (consulté le 5 mai 2017).
  8. « Lyon : hommage au penseur Jean Lacroix », sur LyonMag, (consulté le 28 mars 2017).
  9. « Ceux que collomb ecoute vraiment - politique - Tribune de Lyon », sur Tribune de Lyon (consulté le 16 septembre 2016).
  10. Bertrand Olivier, « Le système Collomb à Lyon Un franc-maçon bien vu par les cathos... », sur L'Express.fr, (consulté le 6 juin 2009).
  11. Catherine Lagrange, « De solides réseaux », sur Le Point, (consulté le 15 septembre 2016).
  12. « Gérard Collomb publie un livre programme "Et si la France s'éveillait..." », sur Le Parisien, (consulté le 4 novembre 2012).
  13. Charlotte Chaffanjon, « Interview - Gérard Collomb : "La page DSK est largement tournée" », Le Point, 7 juillet 2011.
  14. « Primaire PS : Gérard Collomb annonce son ralliement à François Hollande », Le Point, 29 juin 2011.
  15. Mathieu Deslandes, « Six équipes en campagne : le Who's Who de la primaire », Rue89, 29 juillet 2011.
  16. « 10 choses à savoir sur Gérard Collomb, le fidèle de Macron qui entre à l'Intérieur », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  17. « Le PS défait par la vague bleue et la montée du FN », sur Le Monde, (consulté le 29 avril 2014).
  18. « Gérard Collomb rejoue l’ouverture pour garder la métropole lyonnaise », sur Le Monde, (consulté le 29 avril 2014).
  19. « Gérard Collomb gagne la présidence du Grand Lyon », sur Le Monde, (consulté le 29 avril 2014).
  20. Nathalie Raulin, « Gérard Collomb : «Macron doit se remettre en marche» », sur Libération (consulté le 16 septembre 2016).
  21. Justin Boche, « À Lyon, Gérard Collomb mobilise ses réseaux pour Macron », sur Lyon Capitale (consulté le 16 septembre 2016).
  22. Lyon, capitale de la Macronie, Luc Rosenzweig, Causeur, 13 mars 2017.
  23. Gérard Collomb furieux d'avoir vu ses revenus tomber "à 4,000 euros par mois" à cause de son absentéisme au Sénat, Europe 1, 9 janvier 2017.
  24. Jade Toussay, « Gérard Collomb vit un "cauchemar" depuis que son salaire a été réduit à... 4 000 euros », huffingtonpost.fr, 10 janvier 2017.
  25. Yohan Blavignat, « Gérard Collomb furieux après la baisse de ses indemnités à 4 000 euros », lefigaro.fr, 10 janvier 2017.
  26. « Gérard Collomb abandonne la mairie de Lyon et la métropole. », sur lyoncapitale.fr, (consulté le 17 mai 2017).
  27. « Lyon : Gérard Collomb fait ses adieux à la métropole », sur 20minutes.fr, (consulté le 24 mai 2017)
  28. Geoffrey Bonnefoy, « Gérard Collomb opposé au non-cumul des mandats voulu par Hollande - Le Lab Europe 1 », sur Le Lab Europe 1 (consulté le 16 septembre 2016).
  29. « Gérard Collomb égal de Céline Dion », Lyon People,‎ (lire en ligne).
  30. « Gérard Collomb reçoit la plus haute distinction du Québec », sur LyonMag (consulté le 6 novembre 2016).
  31. « Le maire de Lyon couronné ce soir par un «Chiotte d'or» », sur Libération , (consulté le 3 janvier 2017).
  32. « Un collectif décerne le “Chiotte d’Or” à Gérard Collomb », sur Le Progrès, (consulté le 3 janvier 2017).
  33. BuenosPolska, « Bistanclaque - La Scottish à Collomb », (consulté le 27 mars 2017).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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