Frontière entre Haïti et la République dominicaine

Frontière entre Haïti et la République dominicaine
Caractéristiques
Délimite Drapeau d'Haïti Haïti
Drapeau de la République dominicaine République dominicaine
Longueur totale 360 km
Particularités Terrestre et maritime ; divise l'île de l'Hispaniola
Historique
Création Traité de Ryswick (1697)
Tracé actuel

La frontière entre Haïti et la République dominicaine est la frontière qui sépare sur un axe nord-sud, l’île d’Hispaniola entre ces deux États.

Frontière entre Haïti et la République dominicaine

Sommaire

Historique

Née de scission de l’île d’Hispaniola entre la France et l’Espagne, officialisée par le Traité de Ryswick en 1697, la frontière entre les deux colonies n’avait cependant pas de limites officielles précises. Durant l'époque coloniale, les métropoles signèrent plusieurs conventions dans l'intention de délimiter celle-ci, en particulier, les traités d'Aranjuez en 1777 et celui de Bâle en 1795 qui n'apportèrent néanmoins aucune solution au problème.
Au XIXe siècle, la ligne de la frontière disparaît plus d'une fois lors des invasions, ou des tentatives d'occupation du territoire dominicain par les français (durant la Révolution et le Premier Empire), puis haïtiennes. Après plusieurs conventions infructueuses d’arbitrage entre les deux pays et une tentative de conciliation émanant du Pape Léon XIII en 1901, elle fut formellement définie (sous l’égide des États-Unis qui occupèrent Haïti de 1915 à 1934 et la République dominicaine de 1906 à 1924) par le Traité du signé à Port-au-Prince par les présidents, Horacio Vásquez et Louis Borno.

Celui-ci fut complété  :

  1. par l’accord du signé également à Port-au-Prince par les présidents Sténio Vincent et Rafael Leónidas Trujillo Molina, destiné à règler les litiges de démarcation nés à la suite de la première convention ;
  2. par le protocole additionnel du signé par les mêmes présidents dans la capitale haïtienne.

En 1937, à l'instigation du président Trujillo, l'armée dominicaine se livre à un véritable nettoyage ethnique à l'encontre des Haïtiens établis du côté dominicain de la frontière. Trujillo craint que la pression démographique exercée par la paysannerie haïtienne en manque de terres sur la zone frontalière ne finisse par mettre en péril l'intégrité territoriale du pays[1]. Environ 20 000 Haïtiens souvent nés sur place sont assassinés[2],[3].

Tracé

Elle est ainsi fixée par les derniers accords, du nord au sud :

Postes-frontière

Il existe quatre passages sur cette frontière qui sont du nord au sud :

Poste-frontière haïtien Poste-frontière dominicain Observation
Ouanaminthe Dajabón Deuxième point de passage en importance  : 31 % des échanges transfrontaliers s’y effectuent.
Belladère Comendador 5 % des échanges transfrontaliers.
Malpasse
(Ganthier)
Jimaní C’est le plus important poste-frontière. Il représente 51 % des échanges transfrontaliers, puisque la route qui le franchit, relie directement les deux capitales : Port-au-Prince et Saint-Domingue.
Anse-à-Pitres Pedernales 3 % des échanges transfrontaliers.

Lien externe

Notes et références

  1. (en) Richard Lee Turtis, « A World Destroyed, A Nation Imposed: The 1937 Haitian Massacre in the Dominican Republic », Hispanic American Historical Review, vol. 82, no 3,‎ , p. 600
  2. Robert Pack (éd.) et Jay Parini (éd.), Introspections, PUB, p. 78
  3. (en) Alan Cambeira, Quisqueya la bella : the Dominican Republic in historical and cultural perspective, M.E. Sharpe, , 286 p. (ISBN 1-56324-936-7), p. 182