Freddie Mercury

Freddie Mercury
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Freddie Mercury en 1977.
Informations générales
Nom de naissance Farrokh Bulsara
Naissance
Stone Town, Drapeau du Protectorat de Zanzibar Protectorat de Zanzibar
Décès (à 45 ans)
Londres, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Activité principale Auteur-compositeur-interprète, chanteur, musicien, producteur de musique
Genre musical Rock, pop, dance, gospel, opéra
Instruments Chant, piano, claviers, guitare
Années actives 1969-1991
Labels EMI, Hollywood, Parlophone
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Logo de Freddie Mercury.

Freddie Mercury — nom de scène de Farrokh Bulsara — né le à Stone Town dans le protectorat de Zanzibar et mort le à Londres, est un auteur-compositeur-interprète et musicien britannique, cofondateur en 1970 et chanteur-pianiste du groupe de rock Queen, au sein duquel il a établi sa réputation internationale, en compagnie du guitariste Brian May, du batteur Roger Taylor et du bassiste John Deacon, tous auteurs-compositeurs comme lui.

Avec une grande tessiture et une bonne maîtrise de quelques techniques d'opéra, il compose avec le groupe la plupart de ses grands succès, dont Bohemian Rhapsody, Love of My Life, Somebody to Love, We Are the Champions, Don't Stop Me Now et Crazy Little Thing Called Love. Ses performances scéniques avec Queen participent à sa grande popularité ; sa prestation en particulier au Live Aid en 1985 dans le stade de Wembley est restée célèbre.

En solo, il réalise deux albums, Mr. Bad Guy en 1985 et Barcelona en 1988, qui comprennent notamment les succès Living on My Own, I Was Born to Love You et Barcelona en duo avec Montserrat Caballé.

Il meurt à 45 ans des suites d'une pneumonie un jour après avoir révélé au public qu'il était porteur VIH et atteint du sida. Le biopic Bohemian Rhapsody qui lui est consacré en 2018 rencontre un succès international et devient le film biographique musical le plus rentable de l'histoire au box-office américain et mondial.

Biographie

Enfance et études (1946-1958)

Farrokh Bulsara naît dans le protectorat britannique de Zanzibar (en actuelle Tanzanie) le [1]. Il est le fils de Jer Bulsara (1922-2016) et de Bomi Bulsara (1908-2003), comptable pour le bureau colonial britannique. Ses parents sont membres de la communauté Pârsî, de religion zoroastrienne, dont les ancêtres perses vivaient sur le territoire correspondant à l'Iran moderne et avaient fui en Inde la conquête arabo-islamique au début du Moyen Âge indien[2]. En 1952, naît sa petite sœur Kashmira, aujourd'hui Kashmira Cooke[3],. Le nom Bulsara vient de la ville de Bulsar (l'actuelle ville de Valsad, dans l'État indien du Gujarat), dont est originaire sa famille. Ses parents, fonctionnaires britanniques, l'envoient poursuivre ses études auprès de sa tante du côté maternel, en Inde, en 1953[5].

Grande maison en longueur d'aspect vétuste, avec des murs blancs, deux étages, de nombreux balcons et fenêtres.
Maison natale de Farrokh Bulsara à Stone Town (Zanzibar).

Le jeune garçon reçoit son éducation dans un internat, la St. Peter's Boys School[6], à Panchgani, station de villégiature de montagne, à 380 km au sud-est de Bombay et réputée pour ses écoles. Ses résultats sont globalement excellents, notamment en boxe, discipline qu'il choisit pour s'endurcir dans un contexte scolaire difficile, et en tennis de table[5].

Une de ses influences musicales formatrices à cette époque est la chanteuse Lata Mangeshkar[7]. Au vu de ses résultats en musique, le principal de Saint-Peter écrit à ses parents pour leur suggérer de payer des études de musique à leur enfant, en sus des cours traditionnels. Ils acceptent et Farrokh commence à prendre des cours de piano[5]. Il rejoint également la chorale de l'école et participe régulièrement aux productions théâtrales de Saint-Peter[5]. En 1958, dans le cadre de son lycée il intègre en tant que pianiste son premier groupe de musique, The Hectics et acquiert son surnom de Freddie que les élèves de Saint-Peter trouvent plus facile à retenir[8] et que même ses parents se mettent à utiliser[9]. Le jeune garçon progresse vite au piano et atteint un haut niveau (Grade IV)[5]. Il entre en 1962 à la St. Mary's High School de Mazagon[3].

Premiers groupes (1958-1970)

The Hectics

En 1958, alors que Farrokh est âgé de douze ans, se crée une première formation rock au sein de laquelle le jeune garçon évoluera en tant que pianiste : The Hectics. Les quatre autres membres sont Derrick Branche, Bruce Murray, Farang Irani et Victory Rana[3],[10]. Le quintet est composé d'élèves de l'école St. Mary's, où Freddie suit sa scolarité. Peu de témoignages subsistent à propos de cette formation. Il est néanmoins établi que le groupe n'a pas l'autorisation de se produire hors de l'école. The Hectics joue un rock 'n' roll typique de l'époque, reprenant des morceaux de grands noms de ce style[11].

La famille Bulsara doit retourner à Zanzibar pour raisons professionnelles, mais très provisoirement, puisqu'en 1964, lorsque Freddie est alors âgé de dix-sept ans, la révolution de Zanzibar, qui chasse le sultan et aboutit à la création de la Tanzanie, les force, sa famille et lui, à partir pour le Royaume-Uni[10].

Premiers emplois et études d'art

La famille Bulsara s'installe d'abord chez des amis, à Feltham, juste à côté de l'aéroport d'Heathrow. Ils trouvent ensuite une petite maison familiale sur laquelle figure depuis 2016 une plaque commémorative en mémoire du chanteur[12],[13].

Freddie se décide pour des études artistiques et s'inscrit, en préparation, à l'école polytechnique d'Isleworth. Selon le magazine Record Collector, c'est peu de temps après son arrivée en Angleterre qu'il découvre Jimi Hendrix[14], John Lennon et les Beatles. Au cours d'un entretien ultérieur, Mercury dira de Hendrix : « Jimi Hendrix est très important. D'une certaine façon, il résume, de par ses représentations sur scène, tous les aspects du travail d'une rock star. On ne peut le comparer à personne. Soit on a la magie, soit on ne l'a pas. Personne ne peut l'égaler. Personne ne peut prendre sa place[15] ». Il découvre aussi les performances scéniques de Liza Minnelli, qui l'impressionne par l'énergie qu'elle dégage et par sa façon de, selon ses mots, « se donner au public[15] ». Enfin, il aime beaucoup Elvis Presley, auquel il rendra hommage à travers une chanson écrite dans un style rockabilly, Crazy Little Thing Called Love. Queen jouera, à quelques occasions, des reprises de Presley, au nombre desquelles Jailhouse Rock et (You're So Square) Baby I Don't Care[N 1],[16]. En marge de ses études d'art, il occupe, pour gagner un peu d'argent, de petits emplois.

Au printemps 1966, il quitte Isleworth, ayant obtenu la note nécessaire à son admission au Ealing Art College de Londres[14] — dont il ressortira avant d'avoir passé son diplôme de fins d'études[11]. À la rentrée scolaire, il commence des études d'illustration graphique et s'installe dans le quartier de Kensington, dans un appartement loué par un ami[17]. Le quartier est alors une ruche culturelle dans laquelle se retrouvent de nombreux artistes très créatifs. À quelques pas de chez lui s'étend Kensington Market, quartier fréquenté par l'élite intellectuelle et artistique de Londres[18].

Ibex

D'élégantes façades d'immeubles en briques rouges, avec de nombreuses fenêtres.
Une rue de Kensington, quartier d'élection de Freddie Bulsara et ses amis.
Une vue du pub de Liverpool dénommé Dovetail Towers, au-dessus duquel Freddie Mercury a vécu courant 1969
Le Dovetail Towers, pub de Liverpool au-dessus duquel Freddie Mercury a vécu courant 1969.

À cette époque, Freddie Bulsara entreprend de créer, en parallèle à ses études, une ligne de vêtements et de courtes bandes dessinées pour de petits journaux londoniens[17]. À Ealing, il tente notamment, sans succès dans un premier temps, d'intégrer le groupe Smile[11],[17]. Il fait leur connaissance par le biais de son camarade d'école Tim Staffell, chanteur et bassiste du groupe, aux côtés du guitariste Brian May et du batteur Roger Taylor[17]. Il suivra ainsi la carrière de Smile de très près et saisira plus tard l'occasion de remplacer Staffell[17].

Tout d'abord, en août 1969, il croise la route d'un petit groupe originaire de Liverpool. Mercury s'installe alors brièvement dans cette ville, au-dessus d'un pub qui programme des concerts, le Dovetail Towers[19]. Le groupe dénommé Ibex, influencé par Cream, vient d'arriver à Londres pour essayer de percer dans le métier. Ibex existait à l'origine sous la forme d'un trio comprenant Mike Bersin à la guitare et au chant, John « Tupp » Taylor à la basse et Mick « Miffer » Smith à la batterie[11]. Les deux premiers s'étaient rencontrés en 1966 dans un groupe nommé Colour. Quelques jours après la première rencontre avec le groupe, Freddie Bulsara connaît déjà par cœur tous les morceaux de la liste jouée par la formation et part les rejoindre sur scène dans la ville de Bolton, dans la région de Manchester. Il y fait sa toute première apparition en public en tant que chanteur, le 23 août 1969[17]. Deux jours plus tard, Ibex joue en plein air dans le Queen's Park de Bolton[20].

Ibex rentre ensuite à Londres et se met à travailler, avec son nouveau chanteur, à de nouvelles reprises et compositions. Le groupe anime, quelques semaines plus tard, la soirée de début d'année universitaire de l'école dans laquelle Bersin vient d'être accepté, à Liverpool[11]. Pour les membres d'Ibex et de Smile, qui cohabitent et ne se quittent que rarement[17], démarre une nouvelle période : afin de subvenir à leurs besoins, Freddie Bulsara et Roger Taylor optent pour le petit commerce et achètent des vêtements d'occasion pour les revendre sur le marché[21],[17].

Une apparition d'Ibex a lieu le 9 septembre 1969 au Sink, un petit club de Liverpool[22]. Un enregistrement de trente-cinq minutes sur bande magnétique est réalisé dont la quasi-totalité a été perdue[22]. Selon les témoins, le chanteur se tient au pied de la scène, au niveau du public. Ce soir-là, les membres de Smile jouent dans un club de la même ville. La légende, propagée par de nombreux biographes mais jamais confirmée, veut que Roger Taylor et Brian May aient rejoint Freddie Bulsara sur scène pour jouer quelques-uns de leurs propres morceaux[22]. L'enregistrement sonore, de durée trop limitée, ne garde aucune trace de cette possible rencontre musicale. De son propre chef, vers la fin de l'année 1969, Bulsara choisit de rebaptiser Ibex ; le groupe devient Wreckage (« Naufrage »)[23].

Wreckage

Un homme moustachu et brun aux cheveux courts, vêtu d'une veste jaune vif et d'un pantalon blanc, tenant dans sa main droite un micro ainsi que la partie supérieure du pied de micro, et levant son poing gauche.
Statue de Freddie Mercury, exposée au musée de cire Madame Tussauds (Londres), reproduisant le jeu de scène du chanteur.

C'est le moment que choisit Smith, le batteur, pour quitter la formation — selon Mercury, qui en parle des années plus tard dans une lettre à son amie Celine Daley, il est possible que des penchants homophobes l'ont poussé à s'éloigner du groupe. Freddie Bulsara écrit alors la majorité des morceaux[24].

Le groupe tourne peu et de façon erratique, avec une première partie pour Iron Butterfly début novembre 1969 et un concert final peu après Noël de la même année, à l'école de jeunes filles Wade Dean Grammar School for Girls où la sœur de Tupp Taylor est scolarisée[24]. Une des anecdotes les plus souvent rapportées à propos de Freddie Bulsara daterait de ce dernier soir[24]. Son pied de microphone ayant cassé ou encore refusé de tenir à la bonne hauteur, il l'aurait dévissé complètement pour n'en conserver que la partie supérieure et l'inclure à son jeu de scène, accessoire devenu ensuite un incontournable des apparitions sur scène de Freddie Mercury et indissociable de son image médiatique en tant que chanteur de Queen[24].

Après la séparation du groupe, Freddie Bulsara souhaite passer à autre chose et répond à une annonce du célèbre Melody Maker : « le groupe Sour Milk Sea recherche un chanteur ». L'audition a lieu le 6 février 1970[24].

Sour Milk Sea

Le groupe Sour Milk Sea est un quatuor professionnel composé de Chris Dummett au chant (Chris Chesney de son vrai nom), Jeremy Gallop à la guitare, Paul Milne à la basse et Robert Tyrell à la batterie[17]. Cherchant à diversifier leur style, ils passent leur annonce et font auditionner Freddie Bulsara. Le rythme des concerts est bien supérieur à ce que ce dernier a connu jusqu'alors, puisque Sour Milk Sea tourne environ trois fois par semaine[11].

Le seul concert notable du groupe a lieu à Oxford en mars 1970[25]. Selon un entretien paru le lendemain dans la presse locale, Chris Chesney et Freddie Bulsara ont commencé, peu de temps auparavant, à écrire ensemble en reprenant certains éléments de compositions préparées pour Ibex ; Mercury, qui s'impose sur scène, vole aussi la vedette sur la photo de presse réalisée à cette occasion[24],[N 2].

L'arrivée du nouveau chanteur, créatif mais dominateur, détériore les relations entre les membres du groupe[17]. Chesney évoquera un « manque de cohésion » dû aux origines et influences de Bulsara, très différentes des leurs[11]. C'est la fin de Sour Milk Sea, mais c'est toujours sur la même formation que Freddie Bulsara garde un œil : Smile[24].

Queen (1970-1991)

Smile et débuts de Queen

Article connexe : Smile (groupe).

En 1970, Smile signe avec le label américain Mercury Records[17], qui offre au groupe d'enregistrer trois morceaux, puis trois autres. Les bandes ne sont pas exploitées commercialement et Tim Staffell se lasse[26]. Ne voyant plus aucun avenir à Smile, il décide de quitter le groupe et propose à Freddie Bulsara de le remplacer au chant. Ce dernier accepte et décide, sans laisser grand choix aux autres membres, de changer le nom de la formation, en novembre 1970[26]. Il choisit Queen, qui deviendra, en une vingtaine d'années, un des groupes de rock les plus célèbres au monde.

Première décennie de succès

Article détaillé : Queen.
Élégante maison de ville mitoyenne, sur trois étages, aux murs et fenêtres blancs. La partie supérieure de la maison est en briques brunes. Un petit escalier mène à la porte d'entrée.
En 1976, Freddie Mercury s'installe au 12, Stafford Terrace, à Kensington, et achète à Mary Austin un appartement à proximité.

En 1970, Freddie Mercury entame une relation amoureuse avec une jeune femme, Mary Austin, qu'il rencontre dans une boutique de vêtements à Londres[27]. Bien que cette relation prend fin au milieu des années 1970 à cause de la plus grande attirance de Mercury pour les partenaires masculins[28], Austin reste une amie très proche durant tout le reste de la vie du chanteur[29],[30]. Au cours de cette période, Mercury réside à Stafford Terrace à Kensington, non loin de son amie[31].

En 1971, après plusieurs essais décevants avec d'autres bassistes, c'est John Deacon qui est choisi pour compléter le quatuor[32]. Queen est au complet, sous sa forme définitive et peut se lancer dans un travail de composition collective qui durera vingt ans.

Le succès de Queen passe par des étapes et évolutions techniques importantes. En 1972, Freddie Mercury tire parti de sa formation de graphiste pour dessiner le logotype du groupe, connu sous le nom de Queen Crest ; au milieu se trouve un Q majuscule, encadré de symboles rappelant les signes zodiacaux des quatre membres du groupe[26]. La même année, alors que Queen répète aux studios Trident pour l'enregistrement de leur premier album, le producteur des Beach Boys, Robin Cable, entend le chanteur depuis un couloir et lui propose d'enregistrer un morceau de sa composition, I Can Hear Music[33],[N 3],[17]. Le disque ne sort qu'en juin 1973[17], un mois avant le premier album de Queen. Afin de ne pas risquer de porter préjudice à la notoriété de sa formation, Freddie Mercury décide de sortir son tout premier travail « solo », auquel il convie les autres membres de Queen à apporter leur contribution, sous le nom de Larry Lurex[34],[17].

En 1974, Freddie Mercury choisit de révéler sa bisexualité, au cours d'un entretien accordé au magazine New Musical Express[28],[17]. Le parfum de scandale dû à son orientation sexuelle devient, avec la provocation et l'iconoclastie, partie intégrante de son image au fil des années suivantes. À cette époque, Freddie Mercury arbore un style somme toute classique pour un chanteur de rock de l'époque, cheveux et ongles longs recouverts de vernis noir. Sur scène, ses tenues sont assez amples et renforcent le côté théâtral de sa gestuelle[N 4].

Les premiers albums du groupe sont bien accueillis par la critique et un succès commercial correct vient assez rapidement. Cependant, Freddie Mercury ambitionne de créer dans des styles réellement novateurs. En 1975, il y réussit avec l'album A Night at the Opera qui offre à Queen une réelle notoriété internationale[17]. Le morceau Bohemian Rhapsody devient, au fil des ans, emblématique de la créativité du groupe et surtout de son chanteur, qui le compose presque intégralement en y mettant des moyens inédits à l'époque[35]. Dès les premières années, le groupe s'impose comme avant-gardiste du clip, dont il fait un réel moyen d'expression artistique plutôt qu'un simple support de promotion commerciale[35]. Celui qui est tourné pour cette célèbre rhapsodie ne fait pas exception, utilisant des effets vidéo ingénieux alors même que le budget qui est dévolu à son tournage est restreint.

Vers la fin des années 1970, et ce bien que le succès commercial soit au rendez-vous, Queen reçoit de dures critiques de la part de magazines musicaux importants, tels que le New Musical Express et Rolling Stone. La plupart des critiques rock qui s'expriment sont séduits par le mouvement punk et reprochent aux morceaux de Queen d'être surproduits. Un des critiques de Rolling Stone dit en 1974 que l'album Queen II, dont Freddie Mercury est le principal auteur, était déjà « [d'une] complexité de composition abrupte et dénuée de sens »[36].

Parcours avec et sans Queen

Freddie Mercury coupe ses cheveux et se laisse pousser la moustache au début des années 1980[17], suivant la mode « Castro clone » lancée par certains homosexuels à cette époque. Mais il évoque toujours rarement sa vie sentimentale en public. À la fin de 1982, Queen annonce que la prochaine tournée n'aura lieu que l'année suivante. Mercury est animé du désir de composer un album personnel depuis plusieurs années et s'envole pour Munich afin de rentrer en studio, début 1983. Il rencontre Giorgio Moroder[17], compositeur et arrangeur, qui travaille depuis trois ans sur une version modernisée du célèbre film de Fritz Lang, Metropolis, en colorisant les images et en ajoutant une musique contemporaine[37]. Il invite Mercury et d'autres artistes à participer au projet[17]. Le résultat constitue le premier single de Mercury, Love Kills, en 1984[38].

En mai 1983, il assiste à une représentation d'opéra dont la soprano se trouve être Montserrat Caballé. Profondément impressionné par la prestation de la cantatrice, il fait sa connaissance quatre ans plus tard[17] : l'idée de faire un album en duo germe alors[39].

Un homme vu de face et en plongée, torse nu, vêtu d'un pantalon noir et blanc. Il grimace et lève sa main droite, tout en tenant un pied de micro dans sa main gauche.
Freddie Mercury en concert à Francfort en 1984.

Après ces expérimentations isolées, Queen se lance dans des tournées mondiales de grandes envergures (The Works Tour, The Magic Tour, etc.)[17]. Leur prestation au Live Aid de 1985, en direct du stade de Wembley, près de Londres, est saluée par la critique comme la « plus grande performance live de tous les temps »[40]. « Le reste du groupe a bien joué, mais sur cette scène, Freddie a emmené le tout à un autre niveau » a dit Brian May[41]. En effet, il fait taper dans les mains les 80.000 spectateurs sur Radio Ga Ga[41], puis les fait répéter ses vocalises[42], jusqu'à une note d'une longueur inattendue qui restera connue comme « la note qui a parcouru le monde »[41]. Toute la foule reprend également en cœur We Are the Champions[41]. Les participants et les observateurs de ce concert exceptionnel donné devant une audience estimée de 2 milliards de téléspectateurs[43] s'accorderont ensuite à dire que Mercury et Queen ont « volé la vedette » à tous les musiciens qui se sont produits sur deux scènes, à Londres et à Philadelphie ce 13 juillet 1985[43]. Dans le film Bohemian Rhapsody, l'acteur Rami Malek reproduit au geste par geste la performance de Mercury lors de ce concert[44].

En 1985, Mercury collabore à l'écriture de la comédie musicale Time, avec Dave Clark[17]. La même année sort son premier album solo, Mr. Bad Guy[17]. Il s'installe également avec celui qui reste son dernier compagnon, Jim Hutton[45]. Le couple vit entre Londres et Montreux, en Suisse, où Mercury possède une maison et un studio d'enregistrement personnel. [N 5].

1986 est une année-clé pour le groupe, qui collectionne plusieurs succès dans des domaines divers. Le groupe enregistre et sort l'album A Kind of Magic, composé pour illustrer le film Highlander[17],[46]. Six des neuf morceaux de l'album figurent effectivement sur la bande originale du film, et l'album est un succès commercial[47]. Le groupe se lance dans une tournée européenne qui sera la dernière[17], puisque la maladie de Mercury va, peu après, lui interdire de renouveler ce genre d'expériences, trop fatigantes[48]. Les membres du groupe souhaitent en outre tenter de donner, près de chez eux, un concert aux dimensions inédites pour un groupe seul. Ce sera le « célèbre » Live at Wembley[49]. Alors que le stade de Wembley de l'époque compte 70 000 places, les billets pour les deux soirs de concert se vendent en moins de deux jours[N 6]. Les enregistrements vidéo fixent le style et l'exubérance de Mercury, qui finit ses deux apparitions drapé dans un manteau écarlate bordé d'hermine avec sur la tête une réplique parfaite de la couronne royale britannique, le tout au son de l'hymne national officiel du Royaume-Uni, God Save the Queen[49]. Après ces deux concerts, qui marquent définitivement les fans[17],[49],[50], les membres du groupe souhaitent en organiser un supplémentaire pour satisfaire ces derniers : il a lieu à Knebworth le 9 août 1986. L'arrivée du groupe survolant la foule (plus de 125 000 personnes) en hélicoptère est restée célèbre. Il s'agit également du tout dernier concert de Freddie Mercury avec Queen[51]. Le Magic Tour est un succès[17] et un album, Live Magic, en est tiré peu de temps après.

En 1987 sort The Great Pretender, une reprise de la chanson de The Platters, réarrangée par Freddie Mercury. Dans la vidéo qui accompagne la chanson, Freddie Mercury recrée ses prestations des vidéos de chansons de Queen et de ses vidéos en solo. C'est lors du tournage de cette vidéo qu'il coupe sa moustache, qui était sa « marque de fabrique » depuis 1980. Cette année-là, le médecin de Freddie Mercury lui annonce qu'il est atteint du sida[52],[53].

C'est en 1988 que sort le second et dernier album estampillé Freddie Mercury et constitué de matériel original, Barcelona. Cet album est la concrétisation du rêve avoué du chanteur de se rapprocher du monde de l'opéra, désir déjà largement réalisé par le biais de certaines compositions, la plus célèbre étant Bohemian Rhapsody, mais surtout de son désir de travailler avec la soprano catalane Montserrat Caballé. L'album est largement acclamé par la critique, et la chanson-titre du disque devient l'hymne de la ville natale de Montserrat Caballé (Barcelone) ainsi que le thème des Jeux olympiques qui s'y déroulent en 1992[39] : « L'un des moments musicaux les plus imprégnés de magie des 122 ans d'histoire des Jeux olympiques modernes » selon le CIO[54]. Enfin, The Freddie Mercury Album (appelé The Great Pretender en Amérique du Nord) qui sort en 1992 est une compilation posthume.

Sa reprise de la chanson The Great Pretender et sa composition Living on My Own furent deux grands succès solo. Cependant, ce dernier titre ne parviendra en première position des ventes au Royaume-Uni qu'à titre posthume grâce au groupe No More Brothers qui le remixe. Cette version fut également numéro un des ventes de singles en France durant quinze semaines[55].

Maladie et fin de vie (1990-1991)

Si le Sun, célèbre tabloïd britannique, lui attribue les symptômes du sida dès l'automne 1986, Freddie Mercury se sait malade vers 1987[56],[57].

En 1990-1991, il enregistre ses dernières prises avec Queen, dont son ultime composition, A Winter's Tale, qui évoque la région de Montreux, en Suisse, où il passe alors beaucoup de son temps[58]. Si les traces physiques de la maladie ne sont pas immédiatement décelables, les toutes dernières apparitions du chanteur sont sans équivoque. Les clips réalisés pour l'album Innuendo, en particulier I'm Going Slightly Mad, le montrent très amaigri et fatigué. Il cache alors son visage sous une épaisse couche de maquillage blanc et noir[59].

Photo sombre montrant la partie supérieure d'une maison (fenêtre arrondie, murs en briques et toit pointu), aperçue au-dessus d'un mur.
Maison de Freddie Mercury à Kensington où vit toujours son ancienne compagne, Mary Austin.

Alors qu'il est malade, il insiste pour enregistrer des chansons (Mother Love est la dernière sur laquelle il chante, mais il ne peut la terminer, Brian May chantant le dernier couplet) et des clips (Headlong, I'm Going Slightly Mad et These are the Days of Our Lives, sa dernière vidéo enregistrée). Il enregistre également The Show Must Go On, sorte de testament destiné à son public[N 7]. Lors de cet enregistrement, le voyant déjà très faible, Brian May lui demande s'il lui sera seulement possible d'assurer ses vocaux. Mercury lui répond « I'll fucking do it, Darling » (« Putain que je vais le faire, chéri »), et selon May « il a bu un verre de vodka et a tout déchiré, il a complètement explosé cette prise vocale »[60]. Mercury fait autant de prises de voix qu'il le peut, jusqu'à ce qu'une pneumonie ne l'en empêche, un mois avant sa mort. S'il suit d'abord un traitement contre les symptômes de la maladie, traitement qui lui est livré depuis les États-Unis, il décide de l'arrêter afin de ne pas souffrir des effets secondaires indésirables, se contentant d'antalgiques[61].

Le 20 février 1990, Freddie Mercury fait une dernière apparition publique à l'occasion des Brit Awards, au cours desquels Queen se voit récompensé en étant désigné meilleur groupe anglais de la décennie 1980[56]. Il ne dit que quelques mots, laissant le discours à Brian May : la rumeur de maladie se répand et les médias évoquent à nouveau la possibilité que Freddie Mercury souffre du sida. Le groupe dément au moyen d'un communiqué de presse officiel[26]. Paul Prenter, un de ses anciens assistants qui a déjà vendu à la presse beaucoup des secrets de la vie privée de Mercury, remet en cause ce démenti[26],[62]. Le 16 novembre 1991, un nouveau communiqué du groupe indique que Freddie Mercury ne souffre pas du sida[59]. Mais une semaine plus tard, le 23 novembre 1991, à la veille de sa mort, son médecin personnel, Gordon Atkinson, va à la rencontre des journalistes massés devant la maison de Kensington et lit un texte dicté de Freddie Mercury dans lequel il annonce être positif au VIH et atteint du sida[59].

Il meurt des suites de la pneumonie dont il souffre depuis plusieurs semaines, à l'âge de 45 ans, le 24 novembre 1991 — sa disparition éclipse celle d'Eric Carr, batteur du groupe Kiss, qui meurt d'un cancer le même jour[63]. En vertu de la tradition zoroastrienne, il demande que ses obsèques respectent le rite moderne de cette religion et est incinéré au Kensal Green Cemetery[64]. Freddie Mercury lègue 500 000 £ à Jim Hutton, son compagnon (mort le ). Mary Austin, le « grand amour de sa vie »[29],[65], se voit léguer la moitié de la fortune de Freddie Mercury et sa demeure géorgienne du quartier de Kensington (au 1 Logan Place) dans laquelle elle s'installe avec sa famille, ainsi qu'un pourcentage sur les futures ventes de disques de l'artiste[30],[66].

Capacités musicales

Outre ses qualités de chanteur reconnues, les talents de compositeur de Freddie Mercury se révèlent dans nombre de morceaux de Queen, notamment à travers des œuvres majeures telles que Bohemian Rhapsody ou Somebody to Love. Il est également un pianiste confirmé, composant ses chansons sur cet instrument et s'accompagnant en concert sur plusieurs titres[67].

La voix parlée de Mercury s'étendait naturellement dans une tessiture de baryton ; cependant, il interprétait la plupart de ses chansons dans des tessitures de ténor[68]. Le biographe David Bret décrit sa voix comme « escaladant quelques gammes allant du profond, guttural grognement rock, au ténor tendre et vibrant, puis à la colorature haut perchée, parfaite, pure et cristalline dans les hauts sommets[69] ». Montserrat Caballé déclare : « sa technique était impressionnante. Pas de problème de tempo, il chantait avec un sens du rythme incisif et glissait d'un registre à un autre sans effort. Il avait une grande musicalité. Son phrasé pouvait être subtil, délicat et doux ou bien énergique et claquant. Il était capable de trouver la bonne coloration, la bonne nuance expressive pour chaque mot »[70].

Partition de musique plaçant les notes correspondantes.
Montserrat Caballé a affirmé que la voix de Mercury s'étendait du fa1 au fa5.

Les avis divergent quant à la réelle étendue de ses capacités. Si certaines sources enthousiastes lui octroient une tessiture hors du commun, d'autres sont plus circonspectes, se basant sur des problèmes de santé avoués, en l'occurrence des nodules aux cordes vocales qu'il refuse de se faire opérer et qui le forcent, tout au moins sur scène, à chanter plus bas au fil des années. Il est également probable que les longues et éprouvantes tournées avec Queen lui ont causé des difficultés. Ses qualités vocales ont poussé une équipe de chercheurs à analyser des enregistrements de Mercury et ils en ont déduit que, si la voix du chanteur est « ni plus ni moins que normale pour un adulte en bonne santé », son caractère exceptionnel est dû à la faculté d'« adaptation de son larynx aux besoins de [sa] musique, déployant ainsi une grande variété de timbres sonores pour une expression musicale accrue[71] ». Montserrat Caballé affirme que sa voix s'étendait du fa1 au fa5[70]. Elle ajoute qu'il pouvait atteindre le fa4 en voix de poitrine[70].

Critiques et controverses

Freddie Mercury a plusieurs fois été l'objet de critiques, principalement pour son refus d'évoquer publiquement ses origines[72], et plus tard, sa maladie. En outre, sa bisexualité avérée lui a attiré, après sa mort, les foudres de certains conservateurs britanniques ainsi que d'islamistes zanzibars[73].

Révélation tardive de son infection par le VIH

Le refus de Freddie Mercury d'avertir le public qu'il était atteint du virus de l'immunodéficience humaine a parfois été critiqué, considérant qu'il aurait pu utiliser sa grande notoriété internationale pour collecter des fonds pour la recherche contre cette maladie[74]. À l'inverse, son attitude pouvait laisser entendre à ses admirateurs que le sida est une maladie honteuse[75],[76].

Origines ethniques

Une critique récurrente est celle concernant la décision de Freddie Mercury de cacher au public ses origines pârsîs. Un ami proche du chanteur a confié au journaliste David Bret[77] : « Farrokh Bulsara est un nom qu'il a enterré. Il ne souhaitait parler d'aucune période de sa vie avant qu'il ne devienne Freddie Mercury et tout ce qui concernait Freddie Mercury était fabriqué par lui-même. » Roger Taylor, de son côté, a avancé que Freddie Mercury aurait rejeté ses origines parce qu'il les jugeait incompatibles avec son personnage public[77].

Cependant, alors que le Sunday Times dit de Freddie Mercury qu'il a « réussi à laisser passer la couronne de première pop star britannique d'origine pârsî »[78], Time Asia cite Mercury comme étant l'une des personnalités d'origine indienne les plus influentes des soixante dernières années[79]. L'article dit de Mercury qu'il a « fait en musique ce que d'autres Indiens, comme Salman Rushdie et Vikram Seth, ont fait en littérature : reprendre la forme artistique des colonisateurs et la représenter d'une manière plus riche et attirante que beaucoup d'anglophones ne l'auraient cru possible ».

Controverses concernant l'image publique

À la fin des années 1970, Mercury s'est fait une réputation sulfureuse dans le milieu artistique londonien en organisant des fêtes orgiaques mêlant sexe et cocaïne, qu'il consomme en quantité. L'une des conséquences de cette consommation est l'annulation d'un projet de collaboration avec Michael Jackson, qui ne supporte pas la toxicomanie du leader de Queen[21].

Freddie Mercury et Queen sont ensuite largement critiqués, en 1984, pour avoir délibérément violé un embargo culturel des Nations unies en partant donner une série de neuf concerts en Afrique du Sud, pays pratiquant alors l'apartheid[21]. Le groupe est placé sur une liste noire d'artistes établie par l'ONU et subit les foudres du New Musical Express[80].

En 1999, la Royal Mail sort un timbre à l'effigie de Freddie Mercury dans le cadre de sa série des Millenium stamps. Un journaliste du Daily Mail s'offusque alors, évoquant le « mode de vie dégénéré » de Mercury qui, selon lui, n'en fait pas un sujet convenable pour un timbre célébrant la fin prochaine du XXe siècle[81]. La controverse enfle lorsqu'on note que Roger Taylor est visible en arrière-plan du timbre ; le privilège, pour une personne vivante, d'apparaître sur les timbres britanniques est alors réservé exclusivement aux membres de la famille royale, tradition à présent abandonnée. La Royal Mail fera savoir, afin de faire taire les critiques, qu'aussi bien la reine en personne que la famille de Freddie Mercury avaient approuvé le timbre en l'état[81].

En 2006, les célébrations posthumes qui devaient se dérouler à Zanzibar dans le cadre du soixantième anniversaire du chanteur font l'objet d'une polémique : l'homosexualité est hors-la-loi dans le pays depuis 2004 et une association musulmane menace de manifester en signe de protestation contre une star aux mœurs « choquantes pour l'écrasante majorité musulmane de l'archipel », invoquant le « devoir religieux de protéger la morale[N 8] ». Des rumeurs ont en effet laissé penser que des touristes homosexuels se rendraient massivement sur l'île à cette occasion[73]. Les organisateurs démentent les rumeurs mais annulent néanmoins les festivités, tout en notant que cette annulation les empêche de lever des fonds en faveur des malades du sida à Zanzibar comme il était initialement prévu[82].

Hommages

Article connexe : The Freddie Mercury Tribute.
Statue noire photographiée de face, représentant un homme aux cheveux courts qui observe vers le bas, tenant un pied de micro dans sa main gauche et levant son poing droit.
Statue de Freddie Mercury au bord du lac Léman à Montreux (Suisse), le représentant tel qu'il était vêtu en ouverture du concert de Wembley en 1986.

Au cours de sa carrière, Freddie Mercury a donné environ sept cents concerts de par le monde avec Queen. Le groupe fut le premier à remplir les stades d'Amérique du Sud, battant des records mondiaux d'assistance en Argentine et au Brésil, plus particulièrement au Morumbi Stadium de São Paulo où leurs deux concerts ont attiré un public cumulé d'environ 250 000 personnes[83]. En 1986, la tournée européenne de Queen les amène à Budapest devant quatre-vingt mille personnes, faisant de la formation l'un des premiers groupes d'Europe de l’Ouest à jouer de l'autre côté du rideau de fer[N 9]. La toute dernière apparition sur scène de Mercury avec Queen a lieu le 9 août 1986 dans le parc de Knebworth et réunit une assistance estimée à 125 000 personnes[51].

Après la mort de Freddie Mercury, le groupe ne cesse pas d'exister officiellement, bien que Taylor et May se sont déjà lancés dans des carrières solo. Les membres restants de Queen fondent le Mercury Phoenix Trust[84] et organisent le Freddie Mercury Tribute. Le 20 avril 1992, de très nombreux artistes sont réunis autour de May, Deacon et Taylor pour un concert de charité visant à collecter des fonds pour la recherche sur le sida[85]. La prestation de George Michael avec Queen est si appréciée qu'en est tiré un petit album de cinq titres, Five Live[86],[85]. Seuls deux morceaux de Queen y figurent : Somebody to Love et These Are the Days of Our Lives, en duo avec Lisa Stansfield[86].

Après avoir été récompensé pour « contribution exceptionnelle à la musique britannique » à titre posthume lors des Brit Awards en 1992[87], il apparaît en 2002 dans l’émission 100 Greatest Britons, diffusée par la BBC (il y est classé cinquante-huitième). Le magazine américain Rolling Stone le classe dans la liste des « plus grands chanteurs de tous les temps ». En tant que membre de Queen, il est intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en 2001[88], au Songwriters Hall of Fame en 2003[89] et par vote du public, au UK Music Hall of Fame en 2004[90].

Le 21 novembre 1996, une statue à la mémoire de l'artiste, sculptée par Irena Sedlecká, est inaugurée à Montreux, en Suisse, face au lac Léman[91]. L'œuvre, une commande passée par la famille et les amis de Mercury, ainsi que les membres restants de Queen, devait initialement trouver place à Londres. L'inauguration est présidée par Pierre Salvi, maire de Montreux, et c'est la cantatrice et amie du chanteur, Montserrat Caballé, qui dévoile la sculpture. En février 2017, celle-ci subit un vandalisme mineur[58].

Dans un article du Guardian du , John Harris dit de Freddie Mercury : « Ceux qui font des classements des plus grands frontmen du rock et accordent les premières places à Mick Jagger, Robert Plant et consorts font une terrible erreur. Freddie, comme le prouve sa performance dionysiaque au Live Aid, est facilement, de tous, celui qui se rapproche le plus d'un dieu »[80]. En 2009, Freddie Mercury est élu « ultime dieu du rock » (« rock's ultimate god ») par l'institut de sondage britannique OnePoll sur une liste des 4 000 plus grandes figures du rock, devançant Elvis Presley de quelques voix[92].

Un autre hommage est rendu à Freddie Mercury lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Londres de 2012, au cours de laquelle il apparaît sur un écran géant placé au milieu du stade olympique, en train de faire participer le public de Wembley lors du concert que Queen y donna en 1985[93]. C'est ensuite Brian May, qui enchaîne sur le titre instrumental Brighton Rock, avant d'être rejoint par Roger Taylor pour We Will Rock You en compagnie de la chanteuse Jessie J[94].

Un sondage réalisé au Royaume-Uni en 2018 place Freddie Mercury en tête des artistes solo préférés des Britanniques[95] tandis que Bohemian Rhapsody devient, la même année, la chanson du XXe siècle la plus écoutée sur les plateformes de streaming[96].

(17473) Freddiemercury, astéroïde de la ceinture principale, découvert à l'Observatoire de La Silla (Chili), est nommé de la sorte par l'UAI, en septembre 2016, pour célébrer le soixante-dixième anniversaire de la naissance de l'artiste[97].

Religion

Freddie Mercury a été influencé par le zoroastrisme, la religion de sa famille[98].

Discographie

Albums solo

Article détaillé : Discographie de Freddie Mercury.

Avec Queen

Pour l'article détaillé, voir la discographie complète de Queen.

Vidéographie

  • 2006 : Lover of Life / Singer of Songs (2 DVD)
  • 2006 : Live at Wembley Stadium (2 DVD ; avec Queen)
  • 2006 : On Fire at the Bowl (2 DVD ; avec Queen)
  • 2007 : Rock Montreal (1 DVD ; avec Queen)
  • Live Aid (coffret DVD avec Rock Montréal ; avec Queen)

Biopic

Article détaillé : Bohemian Rhapsody (film).
Un homme de profil, souriant, aux cheveux courts et bruns et portant un chapeau noir et blanc.
Rami Malek interprète Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody en 2018.

Après avoir envisagé de faire tenir le rôle à Sacha Baron Cohen puis à Ben Whishaw, Bryan Singer choisit Rami Malek pour interpréter Freddie Mercury dans son biopic Bohemian Rhapsody en 2018[99],. Projet de longue date, le film revient sur le parcours de Queen et de son leader, de la formation du groupe à son apparition au concert Live Aid en 1985. Bohemian Rhapsody connaît des critiques de presse mitigées[101] mais de très bons avis des spectateurs,. Le long métrage devient le film biographique musical le plus rentable de tous les temps[104].

Notes et références

Notes

  1. Enregistrements vidéo et audio du Live at Wembley de 1986.
  2. Article et photographie parus dans le Oxford Mail du 21 mars 1970.
  3. Cet enregistrement a depuis été réédité sur quelques compilations non officielles de bandes et microsillons des débuts du groupe, comme Queen in Nuce, l'une des plus distribuées.
  4. Le coffret présentant l'intégrale des clips vidéo du groupe, Box of Flix (VHS et DVD, livret en français dans l'édition DVD), montre l'évolution des tenues et attitudes de Freddie Mercury au fil des ans, de 1973 à la fin de sa vie.
  5. Hutton, malade du sida à partir de 1990, meurt d'un cancer en 2010, à l'âge de 60 ans[45].
  6. Plus de détails sur cet événement dans l'article détaillé, Queen.
  7. Le titre signifie littéralement « le spectacle doit continuer ».
  8. Abdallah Said Ali, leader de l’Association for Islamic Mobilisation and Propagation (UAMSHO) : « We have a religious obligation to protect morals in society and anyone who corrupts Islamic morals should be stopped. »
  9. À la suite de leurs compatriotes d'Iron Maiden, cf. World Slavery Tour.

Références

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Voir aussi

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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Documentaire

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Liens externes

  • Ressources relatives à la musique : AllMusic • Bayerisches Musiker-Lexikon Online • BBC Music • Billboard • Carnegie Hall • Discografia Nazionale della Canzone Italiana • Discogs • Genius • Last.fm • MusicBrainz • Muziekweb • Rolling Stone • SecondHandSongs • Songfacts • Songkick • Songwriters Hall of Fame
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