Frégate de 12

La Lutine, frégate de 12 française lancée en 1779, rebaptisée HMS Lutine après sa capture par les Britanniques.

La frégate de 12 est un type de navire de guerre portant des canons de 12 livres, de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle.

Les frégates de cette époque portent des canons dans leur unique pont-batterie, auxquels s'ajoutent les pièces d'artillerie présentes sur le pont principal. Elles sont classées non seulement à partir du nombre de canons qu'elles portent (comme pour les vaisseaux), mais surtout à partir du calibre de leurs canons, exprimé par la masse en livres des boulets tirés.


Les navires de guerre construits au XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle pour porter des canons de 12 livres sont systématiquement classés à cette époque comme des vaisseaux de quatrième rang. Les frégates d'alors ne portent rien de plus gros que des canons de 8 ou 9 livres (les plus légères sont armées avec du 6 et du 4 livres).

La première frégate de 12 est lancée par les Français en 1748, qui développent les années suivantes un standard : la frégate portant 32 canons, dont 26 canons de 12 livres dans la batterie et 6 canons de 6 livres sur le pont. Ce modèle est aussitôt produit en grand nombre en France comme au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Espagne et dans d'autres nations moins puissantes.

Ces frégates de 12 sont surclassées par les frégates de 18 dès 1782, puis surtout par les puissantes frégates de 24 lancées à partir de 1794.

Françaises

La première frégate de 12 est l’Hermione, lancée en 1748 à Rochefort, portant 26 canons. Les frégates suivantes portent presque toutes 6 canons de 6 livres sur le pont en plus de la batterie de 26 canons de 12 livres.

Selon le règlement du [1], l'équipage de temps de guerre doit être théoriquement de 270 hommes (188 en temps de paix) : soit 6 officiers, 4 élèves ou volontaires, 30 officiers-mariniers, 20 canonniers (des troupes de marine), 4 timoniers, 131 matelots, 35 soldats (troupes de marine ou infanterie de ligne), 22 mousses, 9 surnuméraires et 6 valets.
Sous la République et l'Empire, l'équipage passe à 282 hommes (209 en temps de paix), dont sept officiers (un capitaine de frégate, deux lieutenants et quatre enseignes).


Plus d'une centaine de frégates de 12 sont lancées par les Français jusqu'en 1799. Exemples les plus connus :
la Boudeuse (lancée en 1766) ;
la Belle Poule (lancée en 1766) ;
la Résolue (lancée en 1777) ;
la Magicienne (lancée en 1778) ;
l’Hermione (lancée en 1779) ;
la Néréide (lancée en 1779).

Britanniques

La frégate française l’Hermione (lancée en 1748) est capturée par les Britanniques en 1757, qui l'intègrent sous le nom de HMS Unicorn Prize, et surtout l'imitent : dès 1757 la Royal Navy fait lancer les frégates des classes Southampton et Richmond. Au total, elle fait construire 71 frégates de 12, sans compter les très nombreuses unités françaises capturées et aussitôt intégrées à la flotte britannique.

Article détaillé : HMS Pallas.

Espagnoles

Article détaillé : Gamo (frégate).

Américaines

Notes et références

  1. Source : Archives nationales, fonds Marine, B5-28.

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean Boudriot et Hubert Berti, Frégate, Marine de France 1650-1850, Paris, éditions ANCRE, (ISBN 2903179115).
  • Michel Vergé-Franceschi, Dictionnaire d'Histoire maritime, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », (ISBN 2-221-08751-8 et 2-221-09744-0)
  • Martine Acerra et André Zysberg, L'essor des marines de guerre européennes : vers 1680-1790, Paris, SEDES, coll. « Regards sur l'histoire » (no 119), , 298 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-7181-9515-0, notice BnF no FRBNF36697883)

Articles connexes

Liens externes