Fort Barraux

Fort Barraux
Fort de Saint-Barthélémy
Fort Barraux L1040224.jpg
Présentation
Type
Fort
Destination initiale
Défense
Destination actuelle
Mise en valeur du patrimoine via une association
Style
Fort bastionné
Architecte
Construction
24 août 1597
Propriétaire
Commune de Barraux
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
45° 26′ 09″ N, 5° 59′ 14″ E
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Le fort Barraux, situé sur la commune de Barraux en Isère, constitue l'un des plus anciens forts bastionnés des Alpes encore en l'état.

Histoire

La construction de ce fort, alors appelé fort de Saint-Barthélémy, est commencée le par le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier pour défendre l'entrée de la vallée du Grésivaudan. Celle-ci fait suite à la bataille de Pontcharra du 17 septembre 1591 lors de laquelle l'armée royale commandée par Lesdiguières bat l'armée du Duc de Savoie Charles-Emmanuel. Malgré tout, la Savoie commence la construction d'un fort bastionné sur les terres du Royaume de France dont l'achèvement est attendu par Henri IV. Les troupes de duc de Lesdiguières réussissent, le 15 mars 1598 et grâce à un stratagème, à prendre le contrôle du fort dont la construction est tout juste achevée.

En 1600, lors de la guerre franco-savoyarde, le fort fournit quatre canons à l'armée des Alpes.

Conçu par l'architecte piémontais Ercole Negro, le fort subit plusieurs modifications au cours du XVIIe siècle par Raymond Bonnefonds et Jean de Beins en 1608 avant d'être profondément remanié par Vauban de 1692 à 1698[1].

Jean-François II de Bellegarde[2] en est gouverneur dans la deuxième moitié du XVIIe siècle.

Le fort a également joué le rôle de prison, notamment pendant la Révolution française et pendant les deux guerres mondiales. Barnave y a notamment été interné en 1793.

Fort-Barraux devient un des principaux centres de séjour surveillé (CSS) du régime de Vichy pour la zone sud entre 1940 et 1944[3].

  • De 1940 à octobre 1942, le camp est spécialement réservé aux internés politiques.
  • D'octobre 1942 à juin 1944, le CSS devient un camp pour "repris de justices et souteneurs".

Lors de ces deux périodes, bien qu’étant successivement spécialisé dans l’internement des politiques puis des droits-communs, le camp continue à « accueillir » des internés issus des autres catégories (des droits-communs, des "marché noir", des Juifs en transit). Des familles juives étrangères y sont internées en août 1942 suite aux rafles organisées par le régime de Vichy, certains d'entre eux sont transférés à Drancy puis déportés à Auschwitz. Ainsi plus de 4 000 personnes[4] sont internées entre 1940 et 1944. Les derniers internés du CSS (des droits-communs) sont déportés par les Allemands en juin 1944[5].

À la Libération, Fort-Barraux est à nouveau dévolu à l'internement. Ces internés sont principalement des travailleurs volontaires de retour d'Allemagne, des suspects de collaboration avec l'Allemagne et des "marché noir".

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, environ 800 soldats allemands sont incarcérés à fort Barraux. Une centaine d'entre eux meurent dans les premiers mois des suites d'un difficile voyage, leurs corps sont enterrés à proximité du Fort.

Désaffecté en 1985, le fort Barraux est inscrit monument historique le après son rachat par la commune de Barraux puis classé par arrêté du . Sont protégés l'enceinte, le fossé, le pavillon et la chapelle[1]. Aujourd'hui le Fort, entretenu par la commune, sert pour diverses occasions privées tels que des mariages ou galas et publiques tels que des concerts. De plus, des visites guidées sont organisées régulièrement de mai à septembre.

Plan-relief de Fort-Barraux

Un plan-relief de Fort-Barraux a été conçu en 1693. Cette maquette, d'une échelle 1/600e mesure 18 m2[6]. Cette maquette se trouve au musée des Plans-reliefs, à l’hôtel des Invalides, avec d'autres plans-reliefs, réalisés à partir du règne de Louis XIV jusqu’à celui de Napoléon III afin de préparer les opérations militaires. La collection se trouvait au Louvre jusqu'en 1777 avant de déménager vers son lieu actuel.

Caractéristiques et composition

Au XVIIe siècle existait une potence dans la cour du fort Barraux. Celle-ci était utilisée pour les condamnations à la pendaison des soldats qui avaient commis des actes de vol[7].

Un puits de 48 mètres de profondeur dont l'eau provient de sources du village est édifié dans l'enceinte du Fort.

Des dessins et messages gravés, principalement de prisonniers de la fin du XIXe et du XXe siècle, sont encore observables sur les murs des cachots et autres cellules.

Notes et références

  1. a et b Notice no PA00117119, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Michèle Brocard, Les châteaux de Savoie, Cabédita, 1995 (ISBN 9782882951427), p. 171-173.
  3. [1]
  4. Christèle Joly-Origlio, « Le centre de séjour surveillé de Fort-Barraux »
  5. « A propos du Centre de Séjour Surveillé de Fort-Barraux, voir le site de Christèle Joly-Origlio »,
  6. Musée dauphinois - exposition des plans-reliefs de Fort Barraux et de Grenoble.
  7. François Lesbros, Fort Barraux, Quatre siècles d'histoires

Liens externes