Forces armées françaises

Forces armées françaises
Image illustrative de l'article Forces armées françaises
Branches Logo de l'Armée de terre Armée de terre
Logo de la Marine nationale Marine nationale
Logo de l'Armée de l'air Armée de l'air
Logo de la Gendarmerie nationale française 2015.png Gendarmerie nationale
Commandement
Président de la République Emmanuel Macron
Ministre des Armées Florence Parly
Chef d'État-Major des armées Général François Lecointre
Main-d'œuvre
Âges militaires 17 ans
Actifs 300 000 (2015)[Note 1]
Troupes régulières 200 964+98 000 Gendarmerie (2015)[1]
Déployés hors du pays 13 000 (2017)
Réservistes 27 000+25 000 Gendarmerie (2014)
Budgets
Budget 40,5 milliards d’euros prévu pour 2020 (hors pensions)
Pourcentage du PNB 1,7 % (2016) 2% prévu pour 2020 (hors Gendarmerie)
Industrie
Fournisseurs nationaux Complexe militaro-industriel français
Exportations annuelles 5,66 milliards d'euros de commandes (2007)
8,065 milliards de livraisons en (2014)[réf. nécessaire]
Articles annexes
Histoire Histoire militaire de la France
Grades Grades de l'Armée française

Les Forces armées , souvent appelées l'Armée française dans le langage courant, constituent la puissance militaire de la République française chargée de la défense de la population, du territoire et des intérêts nationaux de la France. Elles comprennent quatre grandes forces dont trois sont placées sous l'autorité exclusive du ministère des Armées[Note 2] :

Depuis la loi no 2009-971 du [2], une quatrième force, la Gendarmerie nationale est rattachée au ministère de l'Intérieur tout en étant placée sous la double autorité du ministère de l'Intérieur et du ministère des Armées[3],[4].

Les Forces armées françaises sont exclusives des autres formations rattachées qui comprennent divers services et organismes interarmées placés sous l'autorité du chef d'État-Major des armées ou du secrétaire général pour l'administration.

Depuis la promulgation de la loi no 97-1019 du portant réforme du service national en suspendant la conscription, l'Armée française est composée de militaires d'active professionnels, de militaires réservistes (anciens militaires du service actif ou volontaires issus du civil) et de civils.

Depuis la fin de la guerre froide, l'Armée française est redevenue (comme avant 1940) la plus grande armée d'Europe derrière la Russie en matière d'effectifs. En 2015, elle dispose ainsi d'un effectif de 200 350 personnes dont environ 180 000 militaires et 20 350 civils[5], contre 313 402 personnes en 2009 dont 240 996 militaires et 72 407 civils.

C'est également la 3e puissance nucléaire mondiale, derrière la Russie et les États-Unis et devant la Chine[6]. Elle est aussi la troisième puissance qui s'est équipée d'une force nucléaire indépendante[Note 3] qu'elle a développée et qu'elle contrôle en totale autonomie contrairement au Royaume-Uni dont les missiles stratégiques sont d'origine américaine[7].

Cadre constitutionnel et politique des forces armées

Les forces armées assurent la protection de la population, du territoire et des intérêts français contre les agressions armées et les autres menaces susceptibles de mettre en cause la sécurité nationale, dans le cadre des institutions de la Ve République et de la politique de défense et de sécurité nationale déterminée par le gouvernement. Au-delà de leurs missions premières, les forces armées participent aussi à de nombreuses missions de service public[8],[9].

L'action des forces armées s'inscrit dans le cadre des traités et des accords internationaux qui engagent la France, notamment le traité de l'UE et sa politique européenne de sécurité et de défense commune, ainsi que l'Alliance atlantique et son organisation militaire, l'OTAN[8].

De par l'Article 15 de la Constitution, le Président de la République est le chef des armées. Il préside le Conseil de Défense et de Sécurité nationale et ses formations spécialisées restreintes. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités. Il décide l'emploi des forces et détient à cet effet la responsabilité et le pouvoir d'engager le cas échéant les forces nucléaires.

Les articles 20 et 21 de la Constitution placent les Forces armées sous la direction exclusive du Gouvernement : « le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il dispose de la force armée » (art. 20) ; « le Premier ministre dirige l’action du Gouvernement. Il est responsable de la défense nationale. Il nomme aux emplois militaires. Il peut déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres » (art. 21). Le Premier Ministre est le garant de l'action gouvernementale dans tout le champ de la défense et de la sécurité nationale. Il s’appuie sur le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), qui coordonne la préparation et s’assure de la mise en œuvre des mesures concourant à la stratégie de sécurité nationale. Le ministère des Armées est responsable de la préparation et de la mise en œuvre de la politique de défense. Il est en particulier chargé de l'infrastructure militaire comme de l'organisation, de la gestion, de la mise en condition d'emploi et de la mobilisation des forces armées. Le ministre des Armées a autorité sur les armées, les services de soutien, les organismes interarmées et les formations rattachées[8],[10].

Le Parlement est associé à la définition de la stratégie de sécurité nationale. Les interventions extérieures des forces armées font l'objet d'une procédure d'information et, pour une durée supérieure à quatre mois, d’une autorisation par le Parlement en vertu de l'article 35 de la constitution[9].

Dans l’exercice de ses attributions, le ministre des Armées est assisté par le Chef d'état-major des armées (CEMA)  pour l’organisation générale des  armées, le Délégué général pour l'Armement (DGA) en matière d'équipements des forces, et le secrétaire général pour l’administration (SGA) dans tous les domaines de l’administration générale du ministère[10].

Depuis la loi[2] du , la Gendarmerie nationale est rattachée à la fois au ministère des Armées (emplois militaires, opex, formations, discipline…) et au ministère de l'Intérieur (budget, missions de police…) qui a autorité sur la Direction générale de la Gendarmerie nationale[11]. Les personnels de la Gendarmerie nationale conservent leur statut militaire et certaines formations spécialisées de gendarmerie (gendarmerie maritime, gendarmerie de l'air...) sont placées sous l'autorité de la Défense.

Cadre stratégique des forces armées

La stratégie de défense et de sécurité de la France définit les priorités, les missions et les moyens des forces armées. Elle est revue périodiquement afin de tenir compte des évolutions du contexte international, des menaces, des technologies et des ressources financières du pays. Elle sert de cadre à l'élaboration de la Loi de programmation militaire (LPM) pluriannuelle.

Livres Blancs et Revue stratégique de défense et de sécurité nationale

De 1972 à 2013, quatre Livres Blancs sur la défense ont été publiés. Le premier en 1972 prend en compte le choix de la France de se doter d'une dissuasion nucléaire indépendante. En 1994, le deuxième Livre Blanc répond aux conséquences de l'effondrement du bloc soviétique et à la fin de la guerre froide. Le troisième, en 2008, prend en compte les nouvelles formes de guerre, les menaces terroristes et le développement des opérations extérieures. Le quatrième, élaboré en 2013, tire les conséquences des évolutions récentes : la montée des tensions régionales au Moyen-Orient et en Asie, le retour de la Russie sur la scène internationale, la montée du cyber-terrorisme[12],[13].

Fin 2017, la « Revue stratégique de défense et de sécurité nationale » analyse les évolutions du contexte stratégique mondial, les nouvelles menaces qui pèsent sur la sécurité du pays et pose les principes de la stratégie de défense pour les prochaines années[14].

Les traités de défense de la France :

Missions

Les Forces armées ont pour missions de détenir et mettre en œuvre les armes de la France. Ceci, sur décision du Gouvernement, dans le but de :

  • préserver les intérêts supérieurs de la France (le maintien de l'intégrité du territoire national, le libre exercice de la souveraineté et la protection de sa population et de ses ressortissants) ;
  • contribuer à la sécurité et à la défense de l'espace européen et méditerranéen ;
  • contribuer aux actions en faveur de la paix et du droit international.

Cadre d'emploi

Le cadre d'emploi des Forces armées recouvre :

Position internationale

La doctrine militaire française est fondée sur l'indépendance nationale, la dissuasion nucléaire et l'auto-suffisance militaire. La France est membre de l'OTAN, mais a quitté de 1966 à 2009 son organisation militaire intégrée. Récemment, elle a activement travaillé avec ses alliés à adapter ses forces (intérieurement et extérieurement) au nouvel environnement international dû à la fin de la guerre froide. Elle est aussi membre de l'organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

En dehors de l'OTAN, la France a activement participé à diverses opérations de maintien de la paix en Afrique, au Moyen-Orient et dans les Balkans.

La France a pris des mesures majeures de restructuration de son armée pour la professionnaliser. L'Armée française peut se permettre d'être plus petite mais elle doit être capable de se déployer plus rapidement en dehors de la France. En 2006, l'Armée française compte plus de 350 000 hommes dont 100 000 gendarmes. Près de 35 000 de ces militaires sont en service hors métropole.

Depuis la fin de la guerre froide, la France privilégie le contrôle et la non-prolifération des armes nucléaires. En 1992, la France signe le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires qui entre en vigueur en 1995 après une série de six derniers essais à Moruroa. Elle signe également, en 1996, le traité d'interdiction complète des essais nucléaires et la convention sur l'interdiction des armes chimiques. Depuis, la France a créé un moratoire sur la production, l'export et l'utilisation des mines anti-personnel qu'elle souhaite faire interdire.

Organisation des forces

Commandement des Armées et organismes interarmées

Le Chef d'État-Major des armées (CEMA) est responsable de l'emploi des forces et assure le commandement des opérations militaires. Il a autorité sur :

  • les chefs d'état-major des trois armées, terre, air et mer[16] ;
  • les commandants supérieurs dans les départements d'outre-mer, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, et les commandants des forces françaises à l'étranger ainsi que leurs états-majors interarmées ;
  • les officiers généraux de zone de défense (OGZD).

Il dispose :

  • de l'état-major des armées placé sous les ordres d'un officier général, major général des armées ;
  • d'une division affaires générales placée sous les ordres d'un officier général, comprenant un cabinet, un officier général expert dans le domaine de la prospective et de la stratégie, une cellule d'information et de communication, une cellule affaires réservées, un chancelier et des conseillers ;
  • d'autorités et d'organismes interarmées (OIA) relevant directement de son autorité.

Les organismes interarmées (OIA) sont des entités relevant hiérarchiquement du chef d’État-Major des armées (CEMA) et dont les missions particulières sont communes aux Forces armées françaises. Leur développement traduit la nécessité de gérer plus efficacement les besoins opérationnels tout en réduisant les coûts d'achat ou de fonctionnement. Parmi de nombreux organismes interarmées, on peut notamment citer :

Armée de terre

Article détaillé : Armée de terre française.

En 2017, l'Armée de terre compte 112 502 militaires d'active dont 13 701 officiers, 37 855 sous-officiers, 60 395 militaires du rang et 551 volontaires. Le nombre de civils s'élève à 8 058.

Depuis le 1er juillet 2016 et dans le cadre du plan de réorganisation nommé Au contact, l'Armée de terre est composée :

À ces forces, il faut ajouter le commandement terre pour le territoire national, qui comporte notamment la brigade de sapeurs-pompiers de Paris et les unités d'instruction et d'intervention de la sécurité civile.

Marine nationale

Article détaillé : Marine nationale (France).

En 2017, la Marine nationale est forte de 35 552 militaires dont 4 492 officiers, 23 328 sous-officiers, 6 870 militaires du rang et 862 volontaires. Le nombre de civils est de 2 744.

Elle est composée de quatre forces principales :

À ces forces il faut ajouter la gendarmerie maritime et le bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM).

Armée de l'air

Article détaillé : Armée de l'air (France).

En 2017, l'Armée de l'air compte 41 160 militaires dont 6 299 officiers, 24 416 sous-officiers, 10 381 militaires du rang et 64 volontaires. Le nombre de civils est de 5 079.

Elle est composée de 3 forces principales :

Format des Forces armées

Forces projetables

Récentes opérations extérieures.

Le modèle Livre blanc 2013 prévoit la capacité de projection suivante[17] :

  • Armée de terre : elle doit être capable de projeter à l'étranger 15 000 hommes en cas d’événement majeur et pour une durée limitée. Pour des crises plus régionales, plus proches de nous, un premier échelon national d’urgence prévoit une force interarmées de réaction rapide (FIRI) avec 5 000 hommes en alerte permanente, dont 2 300 projetables sous une semaine. Sur la durée, elle doit pouvoir engager l’équivalent d’une brigade terrestre en opérations extérieures, sur deux ou trois théâtres différents soit 6 000 à 7 000 hommes ;
  • Marine nationale : un groupe aéronaval et une force sous-marine ;
  • Armée de l'air : dans la réactualisation de la loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, 45 avions de combat ;
  • des états-majors interarmées projetables ;
  • Gendarmerie : cette force armée est capable de projeter des unités mobiles et des personnels peuvent être envoyés à titre individuel pour des missions prévôtales et des missions particulières.

L'ensemble des armées doit être capable de projeter à l'intérieur du territoire 10 000 hommes pour des missions de sécurité civile.

Déploiements récents

Formats globaux (modèle Livre blanc)

Ceci est le modèle défini par le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale 2008, il n'est pas respecté. Un livre blanc sur la Défense 2013 est publié :

Soutiens interarmées

Le livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale 2008[18] et le processus dit de Révision générale des politiques publiques (RGPP) ont conduit à mettre en place une nouvelle architecture d'organismes interarmées au niveau local, avec notamment, la constitution progressive de bases de défense (BdD). Les bases de défense constituent l'échelon local de la chaîne interarmées des soutiens. Elles correspondent à une aire géographique au sein de laquelle se trouvent des groupements de soutien de bases de défense (GSBdD) et les formations ou organismes soutenus par les BdD.

Personnel

Commando parachutiste no 20 de la brigade aérienne des forces de sécurité et d'intervention de l'Armée de l'air lors d'une prise d'armes.

Les Forces armées françaises d'active comprennent des personnels militaires d'active professionnels et des personnels civils. Instaurée en 2016, la Garde nationale regroupe la réserve opérationnelle des armées et de la gendarmerie nationale et la réserve civile de la police nationale.

En 2016, les Forces armées comptent 205 121 militaires d'active[Note 4] et 60 337 personnels civils[19], soit un total de 265 458 hommes et femmes.

Les effectifs des Forces armées ont connu une baisse régulière durant la première moitié de la décennie 2010, qui devait se poursuivre selon les objectifs de la LPM 2014-2019. Mais les évènements terroristes et l'accroissement des opérations extérieures des Armées ont conduit à inverser cette tendance en 2015. Depuis les effectifs se sont accrus pour atteindre dans la Loi de finances initiale 274 586 hommes et femmes en 2018[20].

En comparaison, au sortir de la guerre froide en 1991, l'Armée française comptait 300 643 militaires de carrière, 241 716 appelés et 127 778 civils soit, un total de 670 137 hommes et femmes répartis comme suit :

  • Gendarmerie nationale : 90 245 hommes dont 78 676 d'active, et 967 civils (13,5 % des effectifs)
  • Armée de terre : 150 000 hommes et femmes
  • Marine nationale : 35 000 hommes et femmes
  • Armée de l'air : 75 000 hommes et femmes
  • Services communs : 91 123 hommes et femmes dont 11 538 militaires et 76 516 civils (13,6 % des effectifs).

Effectifs militaires

Répartition du personnel militaire (en ETPT 2016)[19]
Officiers Sous-officiers Militaires du rang Volontaires TOTAL %
Terre 13 701 37 855 60 395 551 112 502 54,8 %
Mer 4 492 23 328 6 870 862 35 552 17,3 %
Air 6 299 24 416 10 381 64 41 160 20,0 %
Autres 7 967 6 491 859 590 15 907 7,9 %
TOTAL 32 459 92 090 78 505 2 067 205 121 100,0 %
% 15,8 % 44,9 % 38,3 % 38,3 % 100,0 %

Place des femmes dans les armées

Une militaire dans un avion C-17 pour le Mali, durant l'opération Serval en 2013.

La féminisation des armée françaises remonte à 1914 avec le recrutement de femmes comme personnel du Service de santé des armées, le Corps des infirmières temporaires étant formé en 1916.

En 1939, elles sont autorisées à intégrer les corps d'armée (voir les Merlinettes, les aviatrices dans l'Armée de l'Air). Le décret n° 51-1197 du 15 octobre 1951 marque la fin du caractère auxiliaire de la main-d'œuvre féminine dans l'armée : en créant le corps des Personnels féminins de l'armée de terre (PFAT), il énonce clairement le statut militaire des personnels féminins[21].

Mai 1968 marque un tournant important : après l'admission des femmes à l'École polytechnique en 1970 et la création d'un service national féminin (volontaire) en 1971, la loi du 13 juillet 1972 sur le statut général des militaires (sous l'impulsion de Michel Debré, alors ministre d'État chargé de la défense nationale) prévoit pour la première fois les mêmes droits et les mêmes devoirs pour les hommes et les femmes mais le corps des officiers des armes et les corps des sous-officiers de carrière restent fermés aux femmes. Le décret du 23 mars 1973 portant statut particulier des corps féminins des armées consacre leur intégration dans la hiérarchie militaire jusqu'au premier grade de général[22]. Dans l'armée de l'air, les recrutements par l'école de l'air, l'école militaire de l'air (concours ouvert aux sous-officiers) et l'école du commissariat de l'air débutent en 1976 (Caroline Aigle deviendra en 1999 la première pilote de chasse). L'École spéciale militaire de Saint-Cyr leur est ouverte en 1983 et l'École navale en 1992[23].

Néanmoins, l'accès du personnel sous-officiers féminins aux unités spéciales reste faible, d'autant plus que les quotas de recrutement limitant l'accès de certains postes aux militaires féminins ne sont supprimés que par le décret du 16 février 1998[24]. Par ailleurs, l'accès à quelques spécialités reste limité aux hommes, notamment les emplois dans la Légion étrangère (des expérimentations ont débuté en 2015 dans la gendarmerie mobile et les sous-marins)[25],[26].

L'effectif en 2007 compte 50 000 femmes tous services confondus[27].

Seules quatre femmes ont obtenu le rang d'officier général en 2011. Avec 31 958 femmes à la fin de 2014 (soit 15,40 % des effectifs et plus de 2 000 officiers), la France possède la quatrième armée la plus féminisée dans le monde (33 % en Israël, 20 % en Hongrie, 18 % aux États-Unis) mais le taux de féminisation masque d'importances disparités (il est deux fois plus élevé dans l'Armée de l'Air que dans l'Armée de terre) et reste spécialisé dans deux domaines, l'administration (40 % des effectifs) et la santé (15 %)[28].

Budget de la défense

Lois de programmation militaire

Tous les cinq ans, une Loi de programmation militaire (LPM) fixe les objectifs de la politique de défense et la programmation financière qui en découle. Instaurée avec la Ve République, elle permet d'inscrire dans une vision à moyen terme les moyens des Forces armées. La première Loi de programme couvre la période 1960-1964.

Sous la présidence de N. Sarkozy, la LPM 2009-2014 fait suite au Livre Blanc de 2008. Selon la même logique, le Président Hollande procède à la publication d'un nouveau Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale en avril 2013[29], qui fournit le cadre de la douzième LPM, relative à la période 2014-2019 qui en assure la déclinaison concrète, publiée en décembre 2013. Celle-ci est actualisée à l'été 2015 pour prendre en compte la dégradation du contexte international dans le budget 2016 de la Défense[30]. Les attentats du 13 novembre 2015 conduisent à arrêter la diminution des effectifs des Armées et à décider des mesures additionnelles de financement lors d'un Conseil de défense le 6 avril 2016[30].

Le Président Macron avait annoncé durant la campagne électorale une augmentation de l'effort de défense de la France. Dans cette perspective, la réalisation d'une « revue stratégique de défense et de sécurité nationale » est lancée en juin 2017. Elle aboutit en décembre 2017 à un document qui fixe le cadre stratégique de l’élaboration de la Loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025, qui doit porter l'effort de défense du pays à 2% du PIB à l’horizon 2025[31].

Le projet de LPM 2019-2025 est rendu public en février 2018 [32].

Budgets 2016-2018

Le budget de la défense représente depuis le début des années 2010 en moyenne un peu plus de 2,2% du PIB de la France. Sous la dénomination de « mission Défense » dans la loi de finances de l'État français, il se décompose en quatre grands programmes.

  • Le programme 144 « Environnement et prospective de la politique de défense » rassemble « les actions contribuant à éclairer le ministère sur son environnement présent et futur, dans le but d'élaborer et de conduire la politique de défense de la France ». Son périmètre couvre notamment les activités de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le financement des études en amont du lancement de programmes d'armement, ainsi que les activités de la direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) ;
  • Le programme 178 « Préparation et emploi des forces » porte les crédits liés à la préparation opérationnelle des armées, à la logistique et au soutien opérationnel et aux opérations extérieures (hors dépenses de personnel) ;
  • Le programme 212 « Soutien de la politique de défense » rassemble les fonctions « support » du ministère de la défense (finances, ressources humaines, immobilier, action sociale, etc.) et porte l'ensemble des dépenses de personnel ;
  • Le programme 146 « Équipement des forces » vise à « mettre à disposition des armées les armements et matériels nécessaires à la réalisation de leurs misions. Il concourt par ailleurs au développement et au maintien des savoir-faire industriels français ou européens »[33].
Crédits de paiement inscrits dans la loi de finances initiale (LFI)
En millions d'euros courants
# Programme 2016 2017 2018
144 Environnement et prospective de la politique de défense 1 291 1 336 1 396
178 Préparation et emploi des forces 7 277 7 297 8 067
212 Soutien de la politique de la défense 21 168 21 907 22 928
146 Équipement des forces 9 953 10 051 10 243
TOTAL de la « mission Défense » 39 689 40 591 42 634
Sources [33] [34] [35]

Ce budget n'inclut pas celui de la Gendarmerie nationale. S'élevant en 2018 à 8,65 milliards d’euros en crédits de paiement, il figure dans celui de la « mission Sécurités » du ministère de l'Intérieur, qui inclut également celui de la Police nationale et de la Sécurité civile[36].

La « mission Défense » représente environ 15% du budget de l'État français, une proportion stable depuis une dizaine d'années. En 2017 elle est de 14,92 %, niveau le plus bas depuis 2010. Le budget 2018 prévoit que cette proportion remonte à 15,25 %, conséquence logique de la décision du gouvernement d'amorcer une remontée des dépenses de défense en 2018 et les années suivantes[35].

La France est en 2016 l'État d'Europe qui consacre le plus de moyens à sa défense : avec un budget de près de 56 milliards de dollars U.S., elle devance le Royaume-Uni dont le budget est de 54 milliards de dollars U.S. et l'Allemagne dont l'effort de défense est limité à 41 milliards de dollars U.S., soit une proportion moindre de son PIB que les deux autres puissances européennes[37].

Tendances historiques

Le budget consacré à la Défense en France a, en termes de poids par rapport au PIB, fortement baissé depuis 1960. La baisse n'est cependant pas uniforme sur toute la période, on peut distinguer plusieurs phases :

Évolution des dépenses militaires de la France en pourcentage du PIB de 1960 à 2015.

Déploiements internationaux

Du fait de son statut de puissance militaire et de son appartenance à de nombreuses organisations internationales, la France est souvent activement impliquée dans des opérations de maintien ou de rétablissement de la paix. Ainsi elle a participé à 228 opérations extérieures entre 1962 et 2011[38].

Au début 2012, elle est engagée sur les théâtres d'opérations suivants[39] :

En 2013, deux opérations majeures sont activées :

En 2014, deux nouvelles opérations sont activées :

Archives

Article détaillé : Service historique de la Défense.

Jusqu'à présent, les archives de l'Armée de terre, de l'Armée de l'air et de la Marine nationale sont déposées au château de Vincennes, celles de l'Armement à Châtellerault, celles de la Gendarmerie à Maisons-Alfort, l'établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense occupe le fort d'Ivry-sur-Seine et les archives des anciens combattants se trouvent à Caen. À terme, tout sera réuni à Vincennes, sauf les archives de l'armement qui demeureront à Châtellerault. Du fait de l'histoire de « La Royale », la majorité des archives de la Marine sont conservées à Brest, Cherbourg, Lorient, Rochefort et Toulon.

En général, un dossier est ouvert au bout de 30 ans, ceux qui sont susceptibles de nuire à la sécurité de l'État ne sont accessibles qu'au bout de 60 ans. Les procès et les dossiers d'état civil ne sont consultables qu'au bout de 100 ans et les dossiers individuels au bout de 120 ans.

Galerie

Armée de terre
Marine nationale
Armée de l’air
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Notes et références

Notes

  1. En incluant la Gendarmerie Nationale (123 155 +réservistes).
  2. Et, à travers lui, celle du président de la République, qui est, selon la Constitution, le « chef des armées » ; voir également le rôle du Premier ministre.
  3. Le premier test date de .
  4. En comptant uniquement les 2 411 gendarmes placés sous plafond ministériel des emplois autorisés Défense

Références

  1. Les chiffres clé de la défense, édition 2016
  2. a et b Loi no 2009-971 du relative à la Gendarmerie nationale
  3. Article L3225-1 du code de la Défense
  4. « Loi du 3 août 2009 relative à la Gendarmerie nationale », sur Vie Publique, (consulté le 17 février 2018)
  5. « Bilan social 2015 », sur Secrétariat général pour l’administration, (consulté le 21 juillet 2016).
  6. (en) « Status of World Nuclear Forces », sur Federation of American Scientists, (consulté le 17 février 2018)
  7. « Extraits du discours du ministre de la Défense sur la modernisation », ], sur le site du ministère de la Défense, defense.gouv.fr, consulté le 28 avril 2009.
  8. a, b et c « Code de la défense », sur Legifrance, (consulté le 17 février 2018)
  9. a et b « Le rôle du ministère des Armées », sur Ministère des Armées, (consulté le 17 février 2018)
  10. a et b « Organisation des pouvoirs en matière de défense et de sécurité », sur Ministère des Armées, (consulté le 17 février 2018)
  11. Article R3225-4 du code de la Défense
  12. « Défense et sécurité : les quatre Livres Blancs (1972-2013) », sur Vie Publique, (consulté le 15 février 2018)
  13. « Le Livre blanc 2013 rendu public », sur Ministère des Armées, (consulté le 16 février 2018)
  14. « Revue stratégique : une analyse lucide et volontariste pour préparer la prochaine loi de programmation militaire », sur Ministère des Armées, (consulté le 16 février 2018)
  15. (en) « French Military base in Abu Dhabi, United Arab Emirates », Defence Aviation, (consulté le 2 juin 2009).
  16. « Chef d'état-major des armées », sur Ministère des Armées, (consulté le 17 février 2018)
  17. Romain Mielcarek, « Livre blanc : projeter le strict nécessaire », sur ActuDefense, (consulté le 28 mai 2013).
  18. « Discours du Premier ministre lors de la présentation du Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale », 26 juin 2008, sur le site premier-ministre.gouv.fr, consulté le 7 avril 2009.
  19. a et b « Chiffres clés de la Défense - 2017 », sur Ministère des Armées, (consulté le 17 février 2017)
  20. « Projet de loi de Finances 2018 - Défense - Mémoire, culture et liens avec la Nation - Anciens combattants », sur Ministère des Armées, (consulté le 17 février 2018)
  21. Jean-Marc Tanguy, L'armée au féminin. Ces femmes qui font l'armée française du XXIe siècle, Pierre De Taillac, , p. 57
  22. Pascal Vennesson, La nouvelle armée : la société militaire française en tendances, 1962-2000, Centre d'études en sciences sociales de la défense, , p. 66
  23. Michel Klen, Femmes de guerre: une histoire millénaire, Ellipses, , p. 366
  24. Jean-François Léger, Les jeunes et l'armée, Harmattan, , p. 6
  25. Dans son numéro 369 de septembre 2014, le magazine Gend'Info mentionne l'annonce par le directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) le 9 juillet 2014 que la démarche de « préfiguration de la féminisation en gendarmerie mobile » serait lancée en avril 2015. Dans son numéro 375 de mars 2015, le magazine annonce l'intégration d'une trentaine de personnels féminins au sein des escadrons 11/1 (Satory), 21/2 (Mont-de-Marsan) et 11/5 (Sathonay-Camp) et avril et juin 2015 dans le cadre d'une première phase expérimentale devant s'achever à la fin du premier semestre 2016, et au terme de laquelle une évaluation sera conduite afin de « déterminer les modalités de sa généralisation ».
  26. Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian annonce le la formation de trois femmes officiers, dont une médecin, à partir de 2015 pour être affectées, à titre expérimental sur un sous-marin nucléaire lanceur d'engins à partir de 2017 Trois femmes officiers autorisées à embarquer à bord du sous-marin.
  27. Denis Boissière, « Femmes dans les armées, dans l'Armée de terre » (consulté le 23 août 2014).
  28. Armées d'aujourd'hui, n° 396, mars 2015, p. 47
  29. « Le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale 2013 », sur Ministère des Armées, (consulté le 17 février 2018)
  30. a et b « La loi de programmation militaire 2014-2019 et son actualisation », sur Ministère des Armées, (consulté le 17 février 2018)
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  32. « Projet de Loi de programmation militaire 2019-2025 : « Une LPM de renouveau » », sur Ministère des Armées, (consulté le 17 février 2018)
  33. a et b « Projet de loi de finances pour 2017 : Défense (Sénat rapport N° 140) », sur Sénat, (consulté le 15 février 2018)
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  35. a et b « Rapport général fait au nom de la commission des finances sur le projet de loi de finances pour 2018 (Rapport du Sénat N° 108) », sur Sénat, (consulté le 15 février 2018)
  36. « Ce qu’il faut retenir du budget 2018 de la Gendarmerie », sur L'Essor (Gendarmerie nationale), (consulté le 17 février 2018)
  37. (en) « SIPRI Military Expenditure Database », sur SIPRI, (consulté le 15 février 2018)
  38. Philippe Chapleau, « 616 noms sur un monument place Vauban », sur Lignes de défense, (consulté le 12 octobre 2011).
  39. Site du ministère de la Défense.

Histoire

Voir les articles :

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Christophe Bertossi et Catherine Wihtol de Wenden, Les couleurs du drapeau : l'Armée française face aux discriminations, Paris, Robert Laffont, coll. « Le monde comme il va », , 275 p. (ISBN 978-2-221-10723-2, OCLC 470786554, notice BnF no FRBNF41011722)

Liens externes

Sources

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Military of France » (voir la liste des auteurs).
  • Élodie Jauneau, « « Images et représentations des premières soldates françaises (1938-1962) », in Clio; dossier « Héroïnes », no 30, 2009, p. 231-252. En ligne depuis le 15 décembre 2012
  • « Les chiffres clés de la Défense - 2017 », Ministère des Armées [PDF] disponible ici.