Forêt de Haye

Forêt de Haye
Forêt de Haye à Chaligny en période hivernale
Forêt de Haye à Chaligny en période hivernale
Localisation
Coordonnées 48° 40′ 35″ nord, 6° 03′ 59″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Géographie
Superficie 10 000 ha
Compléments
Statut majorité domaniale
Administration ONF pour la partie domaniale
Essences principalement hêtre

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Forêt de Haye

La forêt de Haye est un vaste massif forestier, d'environ 10 000 hectares, dont 6 500 de forêt domaniale, situé sur un plateau allant de Toul à Nancy, dans le département français de Meurthe-et-Moselle.

Elle se développe sur le plateau calcaire de Haye, dans une boucle de la Moselle. Depuis 1937, l'urbanisation a réduit sa superficie d'environ 1 000 hectares. Durant la tempête Lothar de 1999, 2 000 hectares d'arbres furent balayés.

Elle est morcelée par les autoroutes A31 et l'A33 à la fois d'est en ouest en son centre et du nord au sud à l'est, en rocade de l'agglomération de Nancy.

La forêt possède tous les aménagements nécessaires à la randonnée ainsi qu'une base de loisirs, le parc de Haye. Une autre zone à vocation touristique sont les fourasses de Laxou et Villers-lès-Nancy, entre l'A33 et l'agglomération nancéienne. Ces zones font l'objet d'une exploitation sylvicole adaptée pour préserver les paysages.

Étymologie

La première attestation du nom de la forêt est silva Heis en 960[1]. Il s'agit d'une ancienne forme du mot haie, qui provient du francique *hagja. Le sens initial de la racine germanique est enclos. En ancien français, il désigne une clôture faite d'arbres, d'arbustes et d'épineux qui s'entrelacent. On a des attestations à partir du XIIe siècle de l'emploi du terme au sens de terrain boisé servant de zone de défense, clôturé et réservé à la chasse. L'exemple de la forêt de Haye et d'autres issus de la toponymie médiévale montrent que ce nom a été donné à des forêts clôturées dès le haut Moyen Âge[2].

Parc de Haye

La base de loisirs est située à Velaine-en-Haye, sur le terrain d'un ancien camp militaire américain appelé Les Baraques. Le site accueille des aires de jeu, un parcours de santé, les terrains d'entraînement et le centre de formation de l'ASNL, un club de tennis, de boules, un centre équestre, le musée automobile de Lorraine, une ferme forestière (ancien zoo), un minigolf, de nombreuses associations sportives ou de loisirs, un restaurant ainsi qu'une auberge.

Exploitation forestière

Petite Haye

Le massif de Haye constitue une exploitation forestière, divisée en très exactement 500 parcelles domaniales, no 1 vers le nord à no 500 vers le sud, et possédant en moyenne une vingtaine de parcelles par commune limitrophe du massif.

La forêt est majoritairement composée de hêtres, favorisés par le climat et le sous-sol calcaire, mais aussi d'autres essences comme les chênes, frênes, charmes ou érables.

Au XVIe siècle, la forêt était menacée par le surpâturage et de nombreuses zones se transformaient en fourasses : des taillis dégradés au point de rendre la régénération difficile. Les ducs de Lorraine encadreront ensuite plus strictement son exploitation.

Au XIXe siècle, les droits d'affouage étaient encore une source de revenus importants pour les localités du voisinage.

Vers 1860, la gestion est passée d'un traitement en taillis sous futaie, destiné au bois de chauffage, à un traitement en futaie régulière de hêtre pour produire du bois d'œuvre[3].

Après 1870 la forêt sera considérée comme un organe stratégique important pour la défense du camp retranché de Toul. Son défrichement sera sévèrement contrôlé par l'autorité militaire[4].

Classement de la forêt

À la suite des nombreuses atteintes à ce massif, dues principalement à l’urbanisation et à la création d'infrastructures routières, plusieurs associations ont initié, le 4 octobre 2006, la démarche pour obtenir le classement en forêt de protection. Plusieurs éléments, dont le refus en 2007 de la Communauté urbaine du Grand Nancy d’inscrire cette protection dans son projet d’agglomération, ont conduit à la création d’un collectif d’associations (Association pour la promotion et la sauvegarde du massif forestier de Haye, qui comporte 62 associations à ce jour) et au lancement d’une pétition[5]. Le préfet de Meurthe-et-Moselle a réuni le comité de suivi du massif de Haye le 30 avril 2009 et a proposé le lancement officiel des études visant à ce classement, avec la création de cinq groupes de travail. Ceci a conclu à un accord ministériel pour la réalisation d'une enquête publique qui a arrêté un périmètre, et a abouti au classement du massif le 30 octobre 2018[6].

Comblement des fonds de Toul

Avant 1705, sur la route de Nancy à Toul, la traversée de la forêt de Haye était périlleuse à cause des brigands. Une rumeur dit même que le duc Léopold y fut victime d'une attaque, ce qui le conduisit à construire une levée du côté de Nancy, pour surélever la route par rapport aux sous-bois environnants[réf. nécessaire].

Mais c'est sous Stanislas que démarra en 1745 le comblement des fonds de Toul près du lieu-dit les Baraques, à la limite de Champigneulles, Laxou et Velaine-en-Haye. Le remblaiement de ces deux gouffres emploiera les corvéables des subdélégations de Nancy, Pont-à-Mousson, Vézelise et Lunéville. Ceux-ci étaient mobilisés pour deux ou trois semaines, parfois davantage. Ils étaient logés sur place, d'où le nom du lieu-dit, et devaient fournir eux-mêmes les outils et animaux de traits. Les travaux dureront quinze ans, jusqu'en 1760. Ils permirent d'élever la route de 48 mètres au-dessus de son niveau précédent[7].

Lieux et monuments

Sites archéologiques

Article détaillé : Camp d'Affrique.
Fossés de la Cité d'Affrique envahis par la végétation

L'extrémité sud-est de la forêt de Haye comporte les vestiges d'un site archéologique datant du Ve siècle avant notre ère.

Plus récemment, le plateau de Haye fut habité et cultivé à l'époque romaine, constituant un gigantesque site archéologique agraire antique réparti de part et d'autre d'une voie romaine allant de Frouard à Maron[8]

Site spéléologique

Article détaillé : Spéléodrome de Nancy.

À la suite du fort accroissement de la population de l'agglomération nancéienne lié à l'annexion de 1871, les besoins en eaux furent considérablement augmentés et un ensemble de galeries a été aménagé par l'homme afin de récupérer les eaux d'infiltration du plateau de Haye[9]. Abandonnées dès les années 1930, ces galeries développant environ 6,6 km ont été réhabilitées pour la pratique de la spéléologie par l'Union spéléologique de l'agglomération nancéienne (USAN) en 1991[10] et sont gérées par la Ligue spéléologique lorraine (LISPEL)[11]. Désormais appelées le spéléodrome de Nancy, elles servent de lieu de formation à la spéléologie et la plongée souterraine. Chaque année le site est ouvert au grand public par l'USAN à l'occasion des Journées européennes du patrimoine.

Article détaillé : Pierre-la-Treiche#Site spéléologique.

Au niveau de la commune de Pierre-la-Treiche un endokarst, situé sous le fond de la vallée de la Moselle et recoupé lorsque la rivière s'est encaissée, a conduit à la création du plus grand ensemble de cavités souterraines naturelles (39) du département et le plus important développement cumulé du département. Ces cavités, comme celles de Gondreville et Villey-le-sec, se développent en partie sous le massif forestier de Haye.

Communes concernées

La forêt de Haye s'étend sur une vingtaine de communes meurthe-et-mosellanes, à savoir : Aingeray, Chaligny, Champigneulles, Chavigny, Frouard, Gondreville, Houdemont, Laxou, Liverdun, Ludres, Maron, Maxéville, Messein, Neuves-Maisons, Sexey-les-Bois, Vandœuvre-lès-Nancy, Velaine-en-Haye, Villers-lès-Nancy et Villey-le-Sec.

Notes et références

  1. Pierre-Henri Billy, Dictionnaire des noms de lieux de la France, éditions Errance, , 639 p. (ISBN 978-2-87772-449-4), page 292.
  2. Pierre-Henri Billy, op. cit., page 292.
  3. (fr)Jacques Beckel, Michel Clausse, Jean-Luc Flot, Jean-Yvon Picard, et Gérard Schwaller, « Écologie forestière et sylviculture », congrès de l'Association des professeurs de biologie-géologie (APBG) en Lorraine, 12 juillet 1994, sur le site de l'Académie de Nancy-Metz.
  4. (fr)Marc Gateau Leblanc, « L'usage militaire de la forêt dans le Toulois de 1871 à 1914 », Institut de stratégie comparée (ISC), Commission française d'histoire militaire (CFHM) - Institut d'histoire des conflits contemporains (IHCC).
  5. (fr)Pétition pour la mise en place d'une forêt de protection sur le massif de Haye
  6. Décret n° 2018-930 du 29 octobre 2018 portant classement comme forêt de protection du massif de Haye
  7. (fr)Albert Thiébaut, Laxou : Sa belle histoire, 1963, 198 p. ; reprod. en fac-sim. Le Livre d'histoire, coll. « Monographies des villes et villages de France » (no 1877), Paris, 2002 (ISBN 2-84373-254-9).
  8. (fr) Murielle Georges-Leroy, Jérôme Bock, Étienne Dambrine et Jean-Luc Dupouey, « Le massif forestier, objet pertinent pour la recherche archéologique : L'exemple du massif forestier de Haye (Meurthe-et-Moselle) », Revue géographique de l'Est, vol. 49, no 2-3 « Le massif forestier, objet géographique », 2009.
  9. (fr) Pertuy, J. & Pertuy, M. (2000) - « Notes historiques sur Hardeval à Villers-lès-Nancy », Villers au fil du temps no 11 (ISSN 0244-6391), Bulletin de l'Association des amis de l'histoire de Villers-lès-Nancy, Impr. Kruch, Raon-l'étape, p. 33-48
  10. (fr) « Le spéléodrome de Nancy », sur le site l'Union spéléologique de l'agglomération nancéienne (USAN) (consulté le 16 octobre 2012)
  11. (fr) « commission Protection, environnement, patrimoine et équipements de la LISPEL », sur le site la Ligue spéléologique lorraine (LISPEL) (consulté le 16 octobre 2012)

Liens externes