Fonds de solidarité FTQ

Fonds de solidarité FTQ
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Création
Personnages clés Louis Laberge Robert Parizeau
Forme juridique Compagnie créée par une loi spéciale
Action 43,90$
Slogan Faire tourner l'économie d'ici
Siège social Montréal, Drapeau : Québec Québec
Direction Gaétan Morin, président et chef de la direction
Actionnaires 667 417
Activité Capital-développement
Capital risque
Financement d'entreprises
Épargne retraite
Produits REER
Site web www.fondsftq.com

Le Fonds de solidarité FTQ est une société de capital de développement créée par la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec en juin 1983 qui fait appel à l'épargne et à la solidarité de l'ensemble de la population du Québec.

En juillet 2019, le Fonds de solidarité FTQ disposait d’un actif net de 15,6 milliards de dollars et comptait plus de 694 357 actionnaires-épargnants[1].

Histoire

Le Fonds de solidarité de la FTQ est constitué par une loi de l'Assemblée nationale du Québec adoptée le 23 juin 1983[2].

Avant cette date, la FTQ avait déjà proposé de constituer un fonds d'investissement de soutien à l'emploi lors du Sommet socioéconomique convoqué d'urgence les 5, 6 et 7 avril 1982 par le gouvernement du Québec alors dirigé par René Lévesque[3]. Le contexte était alors celui de la récession du début des années 1980, qui est vécue comme une véritable crise au Québec et au Canada à compter de l'été 1981, avec des taux d'intérêts au dessus de 20% et un taux de chômage de presque 14% en moyenne en 1982[4]. Élaboré par le conseiller économique Jean-Guy Frenette, le fonds proposé par la FTQ aurait été administré conjointement par le gouvernement, les syndicats et le patronat, et aurait donné la priorité à la relance de l'emploi dans le secteur manufacturier et celui du bâtiment[5]. Si le projet n'est pas adopté, il fait néanmoins progressé la discussion du Sommet, qui produit un consensus social autour de la relance du bâtiment. Ce sera la Corvée-Habitation, qui dépassera son objectif de création de 50 000 emplois[6] et permettra de construire 56 000 logements selon les chiffres officiels de la Société d'habitation du Québec qui administrait le programme[7].

Même si elle n'est pas retenue lors du Sommet, l'idée d'un fonds national d'emploi intéresse plusieurs personnes dans le milieu politique péquiste. Il y a notamment les «deux Marois» (Pierre Marois, ministre du Travail et de la Main-d’œuvre et son successeur Pauline Marois)[8] et le député et ex-ministre Denis de Belleval, qui dépose en septembre 1982 un rapport de 20 pages dans lequel il propose un fonds tripartite (patronat, travailleurs, État) d'un montant de 750 M$. Le projet est cependant rejeté[9].

C'est donc en solo que la FTQ poursuit son projet de fonds de solidarité, qui est appuyé dans son principe par une résolution du conseil général de la FTQ[10] tenu à Jonquière les 8-9 novembre 1982[2] et annoncé officiellement le 3 mars 1983[2]. Le projet annoncé s'appuie sur des études de faisabilité et de rentabilité préparées par Jean-Guy Frenette aidé bénévolement d'un certain nombre de cadres de la Société de développement des coopératives (SDC), notamment Claude Blanchet, Denis Dionne, Pierre Laflamme et Normand Chatigny[11].

Le premier conseil d'administration se compose de Louis Laberge (président), Nicolle Forget (vice-présidente), Fernand Daoust (secrétaire), Claude Blanchet (président-directeur général), Claude Morisseau, Clément Godbout, Edmond Gallant, Claude Ducharme, Fernand Boudreau, Lise Fortin, Jean-Guy Frennet, Gaétan Couture, Raymond Bachand[12].

Le lancement public du Fonds a lieu le 3 février 1984 et la nouvelle institution intervient pour la première fois le 1er mai de la même année en octroyant une aide technique à la Poterie Laurentienne de Saint-Jérôme[2]. Le premier véritable investissement du Fonds a lieu le 13 décembre 1984 au bénéfice de la Scierie des Outardes de Baie-Comeau[2].

Les premières sommes versées au Fonds en 1984 proviennent d'une campagne de souscription à 10 $ l'action lancée d'abord auprès des syndiqués sous le thème «Une action pour l'emploi». Plus de 500 000 $ versés par 1 000 actionnaires sont accumulés au bout de trois semaines[13]. Un important travail d'«enracinement» du Fonds au sein de tous les syndicats affiliés est effectué par un réseau bénévole de responsables locaux, qui diffuse de l'information et s'efforce de développer l'adhésion des travailleurs et des travailleuses par la déduction à la source de leur salaire[14]. Une petite équipe de salariés travaillant directement pour le Fonds est également embauchée: elle obtient son accréditation syndicale (et s'affilie à la FTQ) le 28 mars 1984[15].

  • 1990 : création de SOLIM, fonds spécialisé en investissements immobiliers. Aujourd’hui connu sous le nom de Fonds immobilier de solidarité FTQ
  • 1990 : création, en partenariat avec l’Union des municipalités régionales de comté (UMRCQ), de la société en commandite SOLIDEQ, chargée de mettre en place les SOLIDES, aujourd’hui connu sous le nom de Fonds locaux de solidarité FTQ.
  • 1996 : création des Fonds régionaux de solidarité FTQ.
  • 2002 : La barre des 500 000 actionnaires est franchie.
  • 2005 : Ministère des Finances annonce une modification aux règles d’investissement du Fonds, lui permettant des possibilités d’investissement plus élargies dans de plus grandes entreprises.
  • 2009 : Adhésion au Pacte mondial de l'Organisation des Nations unies.
  • 2010 : Adhésion aux Principes pour l’investissement responsable (PRI) selon le Global Reporting Initiative (GRI)

Réseau

Le Fonds de solidarité, dont le siège social est à Montréal, possède un réseau composé de sociétés indépendantes, comprenant 16 Fonds régionaux de solidarité FTQ[16], 80 Fonds locaux de solidarité FTQ[17] ainsi que le Fonds immobilier de solidarité FTQ. Son réseau d’investissement comprend également 77 fonds spécialisés.

Mission

Le Fonds de solidarité FTQ a été constitué le 23 juin 1983 par une loi de l’Assemblée nationale du Québec sous le gouvernement Lévesque.

La principale mission du Fonds de solidarité consiste à contribuer à la croissance économique du Québec en créant et en sauvegardant les emplois au moyen d’investissements dans les entreprises de l’ensemble des secteurs d'activité de l’économie Canadienne au Quebec. L'un de ses objectifs consiste également à encourager l’épargne-retraite et à procurer aux actionnaires-propriétaires un rendement raisonnable qui s’ajoute aux avantages fiscaux qui leur sont consentis par les deux ordres de gouvernements.

Financement d'entreprises

Au 31 mai 2019, le Fonds de solidarité FTQ dévoilait un volume d’investissements de 1,2 milliards $. Le Fonds est partenaire directement ou par l’intermédiaire de l’un des membres de son réseau, de plus de 2 800 entreprises canadienne au Québec.

Notes et références

  1. Agence QMI, « Le rendement du Fonds de solidarité FTQ s’élève à 7,8% », sur Le Journal de Montréal (consulté le 8 juillet 2019)
  2. a b c d et e Louis Fournier, Solidarité Inc., , p. 259
  3. Louis Fournier, Solidarité Inc., , p. 18
  4. Louis Fournier, Solidarité Inc., , p. 17
  5. Louis Fournier, Solidarité Inc., , p. 19
  6. Louis Fournier, Solidarité Inc., , p. 27
  7. La Société d'habitation du Québec. Une histoire en trois mouvements. 1967-1992, Gouvernement du Québec, , 47 p. (lire en ligne), p. 24
  8. Louis Fournier, Solidarité Inc., , p. 28
  9. Graham Fraser, René Lévesque & the Parti Québécois in power, p.327
  10. Louis Fournier, Solidarité Inc., , p. 32
  11. Louis Fournier, Solidarité Inc., , p. 33
  12. Louis Fournier, Solidarité Inc., , p. 49-55
  13. Louis Fournier, Solidarité Inc., , p. 69
  14. Louis Fournier, Solidarité Inc., , p. 70
  15. Louis Fournier, Solidarité Inc., , p. 71
  16. « Fonds régionaux », sur Fonds de solidarité FTQ (consulté le 20 juin 2019)
  17. « Fonds locaux », sur Fonds de solidarité FTQ (consulté le 20 juin 2019)

Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jacques Rouillard, Le syndicalisme québécois: deux siècles d'histoire, Montréal, Éditions du Boréal, , 335 p. (ISBN 276460307X)
  • Louis Fournier, Histoire de la FTQ, 1965-1992 : la plus grande centrale syndicale au Québec, Montréal, Québec/Amérique, , 292 p. (ISBN 978-2890377387)
  • Louis Fournier, Louis Laberge : le syndicalisme, c'est ma vie, Montréal, Québec/Amérique, , 418 p. (ISBN 978-2-89037-565-9)
  • Louis Fournier, Solidarité Inc. Un nouveau syndicalisme créateur d'emplois, Montréal, Québec/Amérique, , 287 p. (ISBN 2890375587, lire en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Émile Boudreau, Léo Roback et Évelyn Dumas, L'histoire de la FTQ. Des tout débuts jusqu'en 1965, Montréal, Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), , 384 p. (ISBN 2921071002)

Articles connexes

Lien externe