Fleuve

Le fleuve Gambie.
Les bassins versants des principaux fleuves d'Europe.

Fleuve est un terme ambigu[1],[2],[3],[4] en français, où il désigne :

  • un cours d'eau se jetant dans une mer ou un océan[5],[6],[1],[2],[4] ;
  • un cours d'eau important aboutissant dans un désert (fleuve endoréique), comme le Tarim, « le plus long « fleuve intérieur » du monde »[7] ;
  • un cours d'eau permanent[8] et d'importance significative, qui peut également se jeter dans une mer fermée ou dans un autre fleuve[1],[2],[4].

Le terme de rivière peut, de la même façon, qualifier un cours d'eau d'importance plus faible, même s'il se jette dans la mer[9] ou tout cours d'eau se jetant dans un fleuve ou une autre rivière. Jusqu'au XVIIIe siècle, une rivière peut également indifféremment désigner des cours d'eau comme la Seine, l'Oise ou l'Aisne[3].

En hydrographie contemporaine, la description d'un réseau fait appel à d'autres variables telles que les rangs de Strahler, l'importance des bassins versant et des régimes hydrologiques ; les fleuves obtenant dans ces critères les rangs les plus élevés.

Éléments physiques et hydrographiques

Exemple de classification Strahler de sous-ensemble en arborescence numérotée, utile pour l'étude d'un fleuve.

Aux grandes échelles temporelles et géologiques, la dérive des continents, les transformations morphologiques naturelles, le réchauffement ou le refroidissement planétaire entraîne au rythme des phases glaciaires et interglaciaires des modifications régulières et très importantes des longueurs, largeur, débit et configuration des fleuves sur toute la surface du globe.

Il est difficile de mesurer, modéliser ou cartographier finement la longueur d'un fleuve et d'autres de ses caractéristiques[10], pour plusieurs raisons :

  • les fleuves ont une propriété fractale et parfois un important lacis de bras secondaires, plus ou moins étendu selon l'époque de l'année, surtout dans le cas des fleuves « sauvages » (peu régulés)[11], ce qui signifie que plus la mesure est précise, plus le fleuve semblera long ;
  • il est parfois difficile de déterminer exactement les extrémités d'un fleuve car :

Les prospectivistes doivent aussi maintenant prendre en compte le dérèglement climatique et les besoins d'adaptation au changement climatique, pour l'homme comme pour les espèces des milieux aquatiques[12],[13],[14].

Le lit

L'espace qu'occupe un cours d'eau varie selon son hydrologie[15] :

  • lit majeur, appelé aussi « plaine d'inondation » ou « lit d'inondation » est plus étendu que le lit ordinaire. Il est recouvert par des alluvions ;
  • lit mineur aussi appelé lit ordinaire ou « lit apparent » ;
  • le chenal d'étiage n'occupe qu'une partie du lit ordinaire.

La faune et la flore, et en particulier les ripisylves, les grands herbivores et le castor interagissent naturellement avec l'écologie fluviale et la forme et le débit des cours d'eau. Depuis 200 ans, c'est l'homme et ses aménagements qui sont devenus la première cause de changement écologique et morphologique des cours d'eau, avec les barrages notamment.
Dans certains contextes (sols et substrats perméables ou semi-perméables), le lit interagit fortement avec des cours d'eau souterrains, les nappes (Loi de Darcy) et les zones humides adjacentes ou sous-jacentes et avec un compartiment sous-fluvial qui peut abriter une faune spécifique[16] généralement plutôt étudiée dans le cadre de l'« écologie souterraine » ; L'eau souterraine constitue environ 98 % des ressources en eau contre moins de 2 % pour les lacs et les cours d'eau).

Écologie

Dans l'hydrosphère, les fleuves sont classés parmi les systèmes lotiques, c'est-à-dire caractérisés par un certain débit, par opposition aux systèmes « lentiques » plus lents ou stables.

Ils abritent une succession d'écosystèmes, des sources à l'estuaire, chacun caractérisé par une faune, une flore, des champignons et des micro-organismes, planctoniques notamment[17] adaptés à la force du courant, à la profondeur et au débit de l'eau, à sa turbidité, son pH, sa dureté, etc.

La plupart des fleuves sont accompagnés d'« annexes écologiques » (zones humides, bras-morts et restes d'anciens méandres, etc.) et d'un « second fleuve » dit « compartiment sous-fluvial », qui s'écoulent beaucoup plus lentement dans le sol sous le précédent et à ses abords, avec des espèces spécifiques là où les eaux souterraines ou interstitielles permettent la vie.

Tous les fleuves sont aussi des corridors écologiques.

Article détaillé : Écologie des systèmes lotiques.

Quelques chiffres et statistiques

Les trois plus longs fleuves au monde sont le Nil avec 6 718 km[18], suivi par l'Amazone avec 6 500 km environ, et le Yangtsé avec 6 300 km.

L'Amazone est cependant le fleuve qui possède, et de loin, le plus grand bassin versant (6 150 000 km2) et le plus grand débit (190 000 m3/s)[4].

En Europe, les plus grands fleuves sont la Volga avec 3 700 km et le Danube avec 3 019 km (voir Delta du Danube).

En France le plus petit fleuve est la Veules long de 1 149 mètres.

Les dix plus longs fleuves sur Terre

Les données suivantes correspondent à une longueur moyenne estimée. La mesure de la longueur d'un fleuve dépend largement de la définition de la source, et de l'estuaire. De grandes différences de mesure existent et permettent de ce fait des contestations de ce classement.

Pour les trois premières places :

Les quatrièmes à septièmes places font consensus :

  1. Mississippi-Missouri (6 210 km)[21],[22]
  2. Ienisseï-Angara (5 550 km)
  3. fleuve Jaune (5 464 km)
  4. Ob-Irtych (5 410 km)

Pour les trois dernières places :

Notes et références

  1. a, b et c Denis Diderot et Jean Le Rond d'Alembert, Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, t. 6, 1751-1752 (lire en ligne), p. 867
  2. a, b et c Jean-Pierre Carbonnel, « Cours d'eau », sur webworld.unesco.org (consulté le 18 mars 2016).
  3. a et b Lucien Foulet, « "Fleuve" et "rivière" », Romance philology,‎ , p. 285 (lire en ligne)
  4. a, b, c et d Roger Brunet (dir.), Les mots de la géographie, 1993, article « fleuve », pages 216-217
  5. Denis Diderot, Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, t. XIV, Partie II, Lausanne et Berne, Sociétés typographiques, , 992 p., p. 629-630
  6. Nicolas Desmarest, Encyclopédie méthodique : Géographie-Physique, t. Premier, Paris, Agasse, , 840 p., p. 67
  7. Jacques-Yves Cousteau et Yves Paccalet, Les grands fleuves, coll. « Planète Océan », Robert Laffont, Poitiers, 1993, p. 99.
  8. Laurent Touchart, Hydrologie : Mers, fleuves et lacs, Armand Colin, coll. « Campus », (ISBN 2200280343)
  9. Virginie Énée, « La Touques est-elle un fleuve ou une rivière? », sur ouest-france.fr, (consulté le 18 mars 2016).
  10. Le Pichon, C., Gorges, G., Baudry, J., Goreaud, F., Boet, P. - 2009. Spatial metrics and methods for riverscapes: quantifying variability in riverine fish habitat patterns. Environmetrics, vol. 20, no 5, 15p.p. 512 - 526 Lien
  11. C. Amoros et al. , Regulated Rivers , 1 , 17-36, 1987
  12. Pont, D. - 2009. Global warming and Ecological assessment of Rivers in the context of the Water Framework Directive. International Conference. Implementation of the WFD in a context of adaptation to climate change. . 1 p. Lien vers site du Cemagref
  13. Pont, D. - 2009. Impacts potentiels du changement climatique sur les communautés et les populations piscicoles : Bilan des programmes GICC. Séminaire Onema programme GICC (MEEDDAT) Changement climatique, impacts sur les milieux aquatiques et conséquences pour la gestion. Lien vers le Site du Cemagref.
  14. Pont, D. - 2009. Large river assessment and its relation to the WFD. Lien vers le site du Cemagref.
  15. Max Derruau, Les formes du relief terrestre. Notions de géomorphologie, Paris, Armand Colin, 1969, 2001, 8e édition, (ISBN 978-2-200-21014-4), page 17
  16. Janine Gibert, Pierre Marmonier, Marie-José Dole-Olivier, Sous les eaux vives prospère un univers de curiosités biologiques Un fleuve peut en cacher un autre, La Recherche
  17. Cilleuls, J. D. (1928). Revue générale des études sur le plancton des grands fleuves ou rivières. Internationale Revue der gesamten Hydrobiologie und Hydrographie, 20(1‐2), 174-206 (lien résumé).
  18. Entre l'Amazone et le Nil, le plus long est sujet à débat depuis plus d'un siècle. Le consensus actuel est de considérer le Nil comme le plus long. Le lundi 20 octobre 2008, une étude affirme, image satellite à l'appui, que l'Amazone est le plus long fleuve du monde, avec 6 992 km. Néanmoins les mesures varient entre 6 259 km et 6 800 km pour l'Amazone et 6 499 km et 6 690 km pour le Nil :
    • Dictionnaire Hachette : Nil = 6 671 km ; Amazone = 6 280 km
    • Dictionnaire Larousse : Nil = 6 700 km ; Amazone = 7 000 km depuis les sources du Río Apurímac
    Les différences provenant des méthodes de mesures et des différentes définitions de la source et de l'estuaire d'une rivière. En 2007, une équipe brésilienne a prétendu avoir découvert une nouvelle source pour l'Amazone qui tendrait à prouver que l'Amazone est plus long (voir en ligne sur nationalgeographic.com et earthobservatory.nasa.gov)
  19. a et b https://www.courrierinternational.com/article/2008/10/16/quel-est-le-plus-long-fleuve-du-monde
  20. Le Petit Larousse 2008
  21. P. Carrière, article « Mississippi et Missouri », dans Encyclopædia Universalis, 2002
  22. Roger Brunet (dir.), Géographie universelle : États-Unis, Canada, Paris, Hachette-Reclus, 1992, (ISBN 978-2-01-014829-3), p. 186
  23. la localisation de la source de ce fleuve est controversée

Voir aussi

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Fleuve.

Voir la palette Morphologie de cours d'eau en fin d'article

Articles connexes directement liés au fleuve

Listes de fleuves par localisation

Autres articles connexes

Bibliographie

  • Roger Brunet (dir.), Les mots de la géographie, Paris, Reclus-La Documentation française, 1993, (ISBN 978-2-11-003036-8), article « fleuve », pages 217-218.
  • Fleuves et rivières de France (Association Française des EPTB)