Finale du Championnat d'Europe de football 2016

Portugal - France Football pictogram.svg
Finale Coupe de France 2010-2011 (Lille LOSC vs Paris SG PSG).jpg
Le stade de France, hôte de la finale.
Contexte
Compétition UEFA Euro 2016
Date
Stade Stade de France
Lieu Drapeau : France Saint-Denis, France
Affluence 75 868 spectateurs
Résultat
Portugal Drapeau du Portugal 1 - 0 ap Drapeau de France France
Temps réglementaire 0 - 0 0
Mi-temps 0 - 0 0
Acteurs majeurs
Buteur(s) But inscrit après 109 minutes109e Drapeau : Portugal Éder
Homme du match Drapeau : Portugal Pepe
Arbitrage Drapeau : Angleterre Mark Clattenburg

La finale de l'Euro 2016 est la 15e finale du Championnat d'Europe organisé par l'UEFA. Ce match de football a eu lieu le dimanche au Stade de France de Saint-Denis, en France.

Elle oppose le Portugal à la France, hôte de la compétition. Au terme de la rencontre, le Portugal l'emporte après prolongation sur le score d'un but à zéro, remportant son premier titre international et devenant le dixième vainqueur différent[1] de l'Euro[2].

En tant que vainqueur de la finale, le Portugal est directement qualifié pour la Coupe des confédérations de 2017 en Russie.

Avant-match

La France dispute sa troisième finale de l'Euro après l'avoir remporté à domicile en 1984 et aux Pays-Bas en 2000, tandis que le Portugal dispute sa seconde finale après sa défaite à domicile en 2004.

L'équipe portugaise dispose de trois joueurs — Raphael Guerreiro, Anthony Lopes et Adrien Silva — nés Portugais sur le sol français. Tandis que le Français Antoine Griezmann est d'ascendance portugaise du côté maternel[3].

Parcours des équipes

Note : dans les résultats ci-dessous, le score du finaliste est toujours donné en premier.

Drapeau du Portugal Portugal Tour Drapeau de France France
Adversaire Résultat Phase de groupes Adversaire Résultat
Drapeau d'Islande Islande 1 - 1 Match 1 Drapeau de Roumanie Roumanie 2 - 1
Drapeau d'Autriche Autriche 0 - 0 Match 2 Drapeau d'Albanie Albanie 2 - 0
Drapeau de Hongrie Hongrie 3 - 3 Match 3 Drapeau de Suisse Suisse 0 - 0
Troisième du groupe F
Classement
Rang Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Drapeau de Hongrie Hongrie 5 3 1 2 0 6 4 +2
2 Drapeau d'Islande Islande 5 3 1 2 0 4 3 +1
3 Drapeau du Portugal Portugal 3 3 0 3 0 4 4 0
4 Drapeau d'Autriche Autriche 1 3 0 1 2 1 4 -3
Classement Premier du groupe A
Classement
Rang Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Drapeau de France France 7 3 2 1 0 4 1 +3
2 Drapeau de Suisse Suisse 5 3 1 2 0 2 1 +1
3 Drapeau d'Albanie Albanie 3 3 1 0 2 1 3 -2
4 Drapeau de Roumanie Roumanie 1 3 0 1 2 2 4 -2
Adversaire Résultat Phase finale Adversaire Résultat
Drapeau de Croatie Croatie 1 - 0 ap Huitièmes de finale Drapeau d'Irlande Irlande 2 - 1
Drapeau de Pologne Pologne 1 - 1 ap
5 - 3 tab
Quarts de finale Drapeau d'Islande Islande 5 - 2
Drapeau du Pays de Galles Pays de Galles 2 - 0 Demi-finales Drapeau d'Allemagne Allemagne 2 - 0

Match

Résumé du match

Dans la nuit précédant la rencontre, le stade est envahi par des papillons de nuit (de l'espèce Autographa gamma[4]), attirés par les lumières du stade, laissées allumées pour soigner la pelouse[5]. Malgré l'utilisation d'aspirateurs pour s'en débarrasser, les joueurs ont été dérangés par ces papillons lors de la séance d'échauffement[6], et la rencontre a dû démarrer malgré leur présence remarquée durant toute la rencontre[7].

La France entame son match de manière conquérante et se procure plusieurs occasions, notamment par l'intermédiaire de Moussa Sissoko[8], face à une formation portugaise « timide » se reposant avant tout sur une défense regroupée[9] et son gardien Rui Patrício, auteur de plusieurs arrêts décisifs, notamment face à Antoine Griezmann auteur d'une tête lobée en pleine course à la 10e[8]. La blessure du capitaine portugais Cristiano Ronaldo, contraint de céder sa place à Ricardo Quaresma dès la 25e minute de jeu[8], a pour effet l'installation d'un « faux rythme »[9] avec une équipe de France dont le rythme décline progressivement après le début de rencontre et commençant à jouer de plus en plus prudemment, craignant une contre-attaque portugaise.

En deuxième période, les Bleus continuent de dominer sans parvenir à concrétiser malgré la rentrée de Kingsley Coman à la place de Dimitri Payet à la 58e minute redonnant de l'énergie à l'attaque française qui se procure des occasions par Olivier Giroud à la 75e ou encore Moussa Sissoko à la 85e minute[8]. Le Portugal effectue quant à lui ses deux derniers changements avec les rentrées de João Moutinho à la place d'Adrien Silva à la 66e minute et d'Éder à la place de Renato Sanches à la 79e minute, tandis qu'Olivier Giroud cède sa place à André-Pierre Gignac côté français. Ce dernier est d'ailleurs l'auteur de la plus belle occasion française dans le temps additionnel de la deuxième période lorsque, après avoir éliminé Pepe d'un crochet, sa frappe échoue sur le poteau intérieur droit d'un Rui Patrício battu[10].

La prolongation voit s'effectuer un retournement de situation, avec un Portugal se montrant plus ambitieux face à une formation française fatiguée. Les joueurs portugais se procurent plusieurs occasions (arrêt d'Hugo Lloris à la 104e minute et coup-franc de Raphaël Guerreiro échouant sur la barre transversale à la 108e minute[8]). Ce dernier coup-franc est par ailleurs marqué d'une erreur d'arbitrage, l'arbitre Mark Clattenburg sifflant une main de Laurent Koscielny à l'entrée de la surface, l'avertissant dans la foulée, alors que la faute se révèle avoir été commise par l'attaquant Éder[11]. Ces deux derniers se retrouvent une minute plus tard lorsque le Portugais, servi par João Moutinho, élimine le défenseur français et trouve le chemin des filets d'une frappe puissante de 25 mètres à ras de terre qui reste hors d'atteinte du gardien français, inscrivant le seul et unique but de la rencontre[12]. En réponse à l'ouverture du score, Anthony Martial remplace Moussa Sissoko mais, tout comme le reste de son équipe, ne parvient pas à se créer d'occasions en fin de prolongation.

Feuille de match

Match 51 Portugal Drapeau du Portugal 1 - 0 (ap) Drapeau de France France Stade de France, Saint-Denis

21 h CEST
Crystal Clear app kworldclock.png Historique des rencontres
Éder But inscrit après 109 minutes109e (0 - 0, 0 - 0, 0 - 0) Spectateurs : 75 868[13]
Arbitrage : Drapeau : Angleterre Mark Clattenburg
Rapport
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Portugal
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
France
Drapeau du Portugal
Portugal :
Gardien de but 1 Rui Patrício Averti après 120+3 minute(s)120+3e
3 Pepe
4 José Fonte Averti après 119 minute(s)119e
5 Raphaël Guerreiro Averti après 95 minute(s)95e
7 Cristiano Ronaldo Capitaine Remplacé après 25 minutes25e
10 João Mário Averti après 62 minute(s)62e
14 William Carvalho Averti après 98 minute(s)98e
16 Renato Sanches Remplacé après 79 minutes79e
17 Nani
21 Cédric Averti après 34 minute(s)34e
23 Adrien Silva Remplacé après 66 minutes66e
Remplaçants :
20 Ricardo Quaresma Entré après 25 minutes25e 
8 João Moutinho Entré après 66 minutes66e 
9 Éder Entré après 79 minutes79e 
Sélectionneur :
Drapeau : Portugal Fernando Santos
Composition du Portugal et de la France lors du match du 10 juillet 2016.
Drapeau de la France
France :
Gardien de but 1 Hugo Lloris Capitaine
3 Patrice Evra
7 Antoine Griezmann
8 Dimitri Payet Remplacé après 58 minutes58e
9 Olivier Giroud Remplacé après 78 minutes78e
14 Blaise Matuidi Averti après 97 minute(s)97e
15 Paul Pogba Averti après 115 minute(s)115e
18 Moussa Sissoko Remplacé après 110 minutes110e
19 Bacary Sagna
21 Laurent Koscielny Averti après 107 minute(s)107e
22 Samuel Umtiti Averti après 80 minute(s)80e
Remplaçants :
20 Kingsley Coman Entré après 58 minutes58e 
10 André-Pierre Gignac Entré après 78 minutes78e 
11 Anthony Martial Entré après 110 minutes110e 
Sélectionneur :
Drapeau de la France Didier Deschamps

Assistants :
Drapeau : Angleterre Simon Beck
Drapeau : Angleterre Jake Collin
Quatrième arbitre :
Drapeau : Hongrie Viktor Kassai
Arbitres assistants additionnels :
Drapeau : Angleterre Anthony Taylor 
Drapeau : Angleterre Andre Marriner 

Homme du match :
Drapeau : Portugal Pepe

Statistiques

Les principales statistiques du match sont[14] :

Première mi-temps
Statistique Portugal France
Buts 0 0
Tirs 4 7
Tirs cadrés 0 3
Arrêts 3 1
Possession de balle 45% 55%
Corners 2 3
Fautes commises 2 2
Hors-jeux 0 0
Cartons jaunes 1 0
Cartons rouges 0 0
Seconde mi-temps
Statistique Portugal France
Buts 0 0
Tirs 2 10
Tirs cadrés 1 4
Arrêts 4 2
Possession de balle 48% 52%
Corners 1 3
Fautes commises 7 4
Hors-jeux 0 1
Cartons jaunes 1 1
Cartons rouges 0 0
Prolongation
Statistique Portugal France
Buts 1 0
Tirs 3 1
Tirs cadrés 2 0
Arrêts 0 1
Possession de balle 48% 52%
Corners 2 3
Fautes commises 3 7
Hors-jeux 1 1
Cartons jaunes 4 3
Cartons rouges 0 0
Total
Statistique Portugal France
Buts 1 0
Tirs 9 18
Tirs cadrés 3 7
Arrêts 7 3
Possession de balle 47% 53%
Corners 5 9
Fautes commises 12 13
Hors-jeux 1 2
Cartons jaunes 6 4
Cartons rouges 0 0

C'est la première fois dans l'histoire de l'Euro que la finale ne voit aucun but pendant le temps réglementaire, et la seconde fois qu'un pays hôte perd la finale (la première étant le Portugal lors de l'Euro 2004)[15].

Avant cette défaite, la France était invaincue depuis 23 matchs en compétition officielle sur son sol (cinq à l’Euro 1984, sept au Mondial 1998, cinq à la Coupe des confédérations 2003 et six en 2016). Elle n'avait pas perdu un match de grande compétition à domicile depuis 20 454 jours. La dernière fois, c'était le 9 juillet 1960 contre la Tchécoslovaquie (0-2)[16]. De son côté, Le Portugal n'avait plus battu les Bleus toutes compétitions confondues depuis 1975, soit 41 ans. Il restait même sur dix défaites consécutives, avant de mettre fin à cette série[17].

Antoine Griezmann devient le second joueur à perdre la même saison la finale de la Ligue des Champions de l'UEFA et celle de l'Euro. Michael Ballack avait connu un enchaînement similaire en 2008[18].

À 18 ans et 10 mois, Renato Sanches est le plus jeune Portugais à participer à une grande compétition internationale et à remporter l'Euro[19].

En passant de 16 à 24 équipes, l'Euro 2016 est la quatrième compétition majeure à utiliser le principe des meilleurs troisièmes, après les trois Coupes du monde disputées de 1986 à 1994. Comme l'Argentine en 1990 et l'Italie en 1994, le Portugal atteint la finale de la compétition en ayant terminé troisième de sa poule[20].

Autour du match

En marge de la finale, la police a procédé à une cinquantaine d'interpellations, notamment près de la fan zone à Paris, aux abords du Stade de France (pour outrage, dégradations ou encore vente interdite à la sauvette). À Lyon, 9 personnes ont été placées en garde à vue pour des « violences, outrages, détention d'artifices ou encore entrave à l'intervention des secours »[21].

M6, diffuseur de la rencontre en France, a enregistré une audience de 20,8 millions de téléspectateurs devant la finale, soit son meilleur score historique, pour une part d'audience de 73 %, audience qui n'avait pas été aussi haute en France depuis la rencontre Portugal - France lors de la Coupe du monde 2006[22].

Notes et références

  1. Les neuf autres vainqueurs sont l'Allemagne (1972, 1980, 1996), l'Espagne (1964, 2008, 2012), la France (1984, 2000), la Grèce (2004), le Danemark (1992), les Pays-Bas (1988), la Tchécoslovaquie (1976), l'Italie (1968) et l'Union soviétique (1960).
  2. « Le Portugal dixième vainqueur de l'EURO », sur uefa.com, .
  3. « Euro 2016: Antoine Griezmann, le plus portugais des joueurs français », sur lexpress.fr,
  4. Cette espèce nocturne a « probablement cherché à s’alimenter et à boire » en pompant l’eau de la pelouse ou celle de la sueur, voire des larmes des joueurs. Cf. « Pourquoi le Stade de France était-il envahi de papillons lors de la finale de l’Euro ? », Le Monde, (consulté le 11 juillet 2016)
  5. « Le Stade de France envahi… par les papillons », Le Figaro, (consulté le 10 juillet 2016)
  6. « Euro 2016, finale Portugal-France : la pelouse envahie par des papillons de nuit ! », BFM TV, (consulté le 11 juillet 2016)
  7. « L'homme du match de France - Portugal, c'est le papillon », Huffington Post, (consulté le 11 juillet 2016)
  8. a, b, c, d et e « Le Portugal bat la France et remporte l'Euro 2016 », L'Équipe, (consulté le 11 juillet 2016)
  9. a et b « L’antisèche : C’était une finale et les Bleus ont eu le tort de s'en rendre compte », Eurosport, (consulté le 11 juillet 2016)
  10. « Finale de l'Euro : le poteau de Gignac contre le Portugal », L'Équipe,
  11. « Une faute d’arbitrage qui change tout : l’équipe de France n’a donc pas de chance | Panthéon Foot », sur Panthéon Foot, (consulté le 22 juillet 2016)
  12. « Eder donne l'avantage au Portugal en finale de l'Euro », L'Équipe, (consulté le 11 juillet 2016)
  13. « Full Time Report - Match 51 » [PDF], sur UEFA.com,
  14. (en) « Team Statistics: full time » [PDF], sur uefa.com,
  15. « Les chiffres de la finale de l'Euro », sur lequipe.fr, .
  16. « Les enjeux de la finale de l'Euro 2016 entre le Portugal et l'équipe de France », sur lequipe.fr, .
  17. « Le Portugal bat la France et remporte l'Euro 2016 », sur lequipe.fr, .
  18. « Antoine Griezmann, maudit comme Michael Ballack », sur lequipe.fr, .
  19. Simon Gourmellet, « Euro 2016 : cinq choses à savoir sur Renato Sanches, la pépite portugaise », sur francetvinfo.fr, .
  20. Laurent Vergne, « Euro 2016 : Le Portugal sur les traces de l'Argentine 1990 et de l'Italie 1994 ? », sur eurosport.fr, .
  21. « Euro 2016 : 50 interpellations en marge de la finale », sur tempsreel.nouvelobs.com, .
  22. « Euro 2016: France-Portugal, 20,8 millions de téléspectateurs devant M6 », sur 20minutes.fr,

Lien externe

  • Statistiques de la finale, sur uefa.com