Federatsia

Federatsia
Description de cette image, également commentée ci-après
Vue d'artiste de PPTS en 2010-2011.
Fiche d'identité
Organisation Drapeau de la Russie Roskosmos
Constructeur Drapeau de la Russie RKK Energia
Type de vaisseau Véhicule d'exploration habité pour desservir l'orbite basse et éventuellement missions vers la Lune et Mars.
Lanceur Rus-M (annulé)
Angara 5P
Soyouz-5 (éventualité)
Base de lancement Drapeau de la Russie Cosmodrome Vostotchny
Drapeau du Kazakhstan Cosmodrome de Baïkonour
Caractéristiques
Masse à sec 12 000 kg
Masse totale 20 000 kg
Performances
Autonomie • 300 à 400 jours amarrés à la station
• 30 jours en autonomie
Proposition de CSTS.
PPTS.
Comparaison entre le Soyouz et deux versions du PPTS/Federatsia (version orbite terrestre et lunaire).

Federatsia (en russe : « Федерация », signifiant « Fédération », en rapport avec la Fédération de Russie), autrefois PPTS (pour Prospective Piloted Transport System) est un projet entrepris par l'Agence spatiale fédérale russe et un vaisseau spatial russe en cours de développement qui doit remplacer le vaisseau Soyouz, dont la conception remonte à 50 ans, en transportant les cosmonautes dans l'espace. Le projet PPTS a été lancé après l'échec d'un projet conjoint avec l'Agence spatiale européenne initié en 2006 baptisé Crew Space Transportation System. Après l'abandon du projet en 2008, à la suite d'une réorientation du programme spatial européen, l'agence spatiale russe Roscosmos relance le projet. Le nouveau vaisseau, beaucoup plus lourd, est décliné en plusieurs versions pour desservir l'orbite basse ou atteindre la Lune. Federatsia, dont les premiers vols doivent avoir lieu au début des années 2020, doit être lancé par la fusée Angara-5V[1].

Historique

Kliper

Lorsque le projet Kliper a été révélé au grand public, les officiels ont admis que, malgré sa conception pragmatique et soucieuse des coûts, il avait peu de probabilités de se concrétiser sans l'aide financière importante de la Russie et de l'étranger. Par conséquent, l'Agence spatiale russe et RKK Energia ont lancé une opération sur le marché Kliper à des partenaires internationaux.

CSTS

Avec la NASA hors de l'équation en raison de son vaisseau spatial Orion, développé dans le cadre du programme Constellation, la Russie s'est tournée vers l'Europe comme partenaire potentiel. Auparavant, les officiels de l'ESA ont demandé s'ils pouvaient faire partie du programme Constellation des États-Unis, mais ils ont reçu une réponse négative[2]. Ainsi, l'Europe a décidé de se joindre à la Russie pour codévelopper une nouvelle génération de véhicule spatial habité. Mais l'ESA a insisté sur une conception commune plutôt que sur la conception russe Kliper. En conséquence, le projet commun russe/européen CSTS a vu le jour[pas clair].

CSTS avait achevé une étude de phase initiale, qui a duré 18 mois, de au printemps 2008, avant que le projet soit arrêté devant une conférence des États membres de l'ESA, en . L'Agence spatiale européenne a décidé de ne pas poursuivre sa contribution au projet CSTS, car elle voulait mettre au point une version « avec équipage » de son Véhicule automatique de transfert européen (ATV)[3].

PPTK-Federatsia

Dans le même temps, l'Agence spatiale russe a plusieurs fois reçu des propositions de l'entreprise Khrunichev, basée à Moscou, pour développer une nouvelle génération de vaisseau spatial habité sur la base des engins spatiaux TKS, qui serait lancé par la nouvelle fusée Angara. L'agence spatiale russe Roskosmos a alors décidé de continuer seule avec un vaisseau entièrement nouveau et différent du CSTS, le PPTK, aujourd'hui nommé Fédération.

Au premier trimestre de 2009, Roskosmos a finalisé ses exigences pour la prochaine génération de vaisseau spatial habité et a reçu des propositions des deux entreprises RKK Energia et Khrunichev. Cela a été le début effectif du projet PPTS. L'agence était enfin prête à nommer le développeur principal du véhicule. Officiellement, seules deux organisations qui étaient pratiquement capables de développer des véhicules spatiaux habités ont participé à l'appel d'offres du gouvernement pour construire le nouveau vaisseau : RKK Energia, à Korolev, et l'entreprise Khrunichev, basée à Moscou[4].

Bien que Roskosmos soit officiellement resté discret sur le projet, un certain nombre de responsables russes ont fait des déclarations sur les différentes étapes du projet. Le , le chef de l'agence spatiale russe Roskosmos, Anatoli Perminov, a déclaré au Rossiyskaya Gazeta, un journal russe, que la Russie procéderait probablement à un développement indépendant de la prochaine génération de véhicule spatial habité. Selon Anatoli Perminov, l'agence et son principal centre de recherche et de certification — TsNIIMash — avaient déjà organisé une réunion élargie du Conseil Scientifique et Technique, examinant les systèmes de transport à venir, dont la prochaine génération de vaisseau spatial habité. Elle serait suivie d'un appel d'offres du gouvernement pour sélectionner un développeur pour le nouveau véhicule. Anatoli Perminov a déclaré que le nouveau vaisseau spatial devrait entrer en service dans un laps de temps égal à celui du véhicule spatial Orion, mais qu'un plan de développement plus détaillé et la conception préliminaire du véhicule seraient prêts vers le milieu de l'année 2010.

Au premier trimestre de 2009, Roskosmos a publié les exigences qui ont été utilisées dans le développement de l'affectation technique à l'industrie travaillant sur le projet PPTS. Le développement préliminaire du projet devait avoir lieu à partir de jusqu'à au coût d'environ 800 millions de roubles (24 millions de dollars). Les travaux portaient apparemment uniquement sur une version en orbite terrestre du vaisseau spatial, tout en jetant les bases des futurs véhicules en orbite lunaire, ou même d'un véhicule habité à destination de Mars.

Les exigences générales de l'agence ont demandé à l'industrie de développer un véhicule de normes « étrangères » dans ses capacités techniques et de coût, tout en utilisant en même temps les technologies existantes autant que possible[4]. Le développement du nouveau vaisseau habité subit un retard important car le financement manque. Le nouveau vaisseau est rebaptisé Federatsia (« Fédération » en russe) début 2016, dans la continuité de l'appellation Soyouz (qui signifie « Union »).

Conception préliminaire

Roskosmos a imaginé plusieurs versions de l'engin spatial :

  • La version du vaisseau en orbite terrestre aurait une masse de 12 tonnes et transporterait un équipage de six personnes, avec au-moins de 500 kg de fret. Il serait capable d'effectuer des missions autonomes de 30 jours, ou une mission d'un an, amarré à la Station spatiale internationale en orbite, avec une inclinaison de 51.6°, et à la future station spatiale russe lancé depuis Vostotchny dans une orbite à 51.8° d'inclinaison[5] ;
  • La version lunaire pèserait 16,5 tonnes, comporterait quatre sièges, et serait capable de délivrer et de ramener 100 kg de fret. Elle serait capable d'effectuer des missions de 14 jours en orbitant autour de la Lune, ou de rester amarrée à une station orbitale lunaire pour un maximum de 200 jours ;
  • La version cargo du véhicule, inhabitée, serait nécessaire pour transporter pas moins de 2 000 kg en orbite terrestre, et ramènerait au moins 500 kg sur Terre.

En , l'agence a demandé une précision de 10 kilomètres pour l'atterrissage de la capsule habitée sur le territoire russe, tout en demandant aux concepteurs de continuer à travailler sur différents modes d'atterrissage de haute précision. L'évacuation d'urgence et les capacités d'atterrissage ont été mandatées pour chaque phase de la mission et devaient assurer la survie de l'équipage jusqu'à l'arrivée les équipes de secours et de récupération[4].

Le véhicule, comme Soyouz, serait sans ailes, et serait capable de mener des amarrages entièrement automatisés et manuels, et aurait des capacités de propulsion suffisantes lors des missions de transport pour s'amarrer et s'amarrer de nouveau avec des stations orbitales, des plates-formes en orbite basse, des engins spatiaux non habités, et des modules, et puis pour permettre le retour du véhicule de rentrée sur Terre. La capsule de rentrée n'utiliserait que des ergols sans danger et respectueux de l'environnement au cours de la phase atmosphérique du vol. Roskosmos a réservé la possibilité de réaliser un module de rentrée réutilisable, avec une capsule de forme conique pouvant voler jusqu'à dix missions au cours de ses 15 ans de durée de vie[5].

Il a été suggéré que le véhicule n'utiliserait que des rétrofusées pour ralentir lors de son atterrissage à la différence du Soyouz qui utilise également un parachute[6].

Le vaisseau pourrait effectuer des missions cis-lunaires (en orbite autour de la Lune) dans le cadre des ambitions lunaires de la Russie.

Lanceur

Une offre formelle à l'échelle de l'industrie pour le développement du lanceur qualifié pour une occupation humaine destiné à lancer le PPTS a été lancée début 2009. TsSKB Progress, basé à Samara et KB Mashinostroenia, ont dirigé l'élaboration de la nouvelle fusée[7], appelée Rus-M. Ce lanceur comportera un premier étage à trois boosters, chaque booster équipé de puissants moteurs RD-180, brûlant un mélange d'oxygène liquide et de kérosène. Ce moteur fut développé initialement par NPO Energomash, basé à Moscou pour la fusée américaine Atlas V et sa performance à ce jour a été impressionnante. Le deuxième étage de la nouvelle fusée habitée aurait probablement été propulsé par une paire de moteurs RD-0124, actuellement en usage sur la fusée Soyouz-2. Ainsi, les deux étages du futur lanceur auraient été équipés des moteurs déjà existants, ce qui réduit considérablement le coût et le risque pour l'ensemble du projet[1].

Cependant, en 2011, le projet Rus-M a été abandonné. Le PPTS doit dorénavant décoller grâce à la future fusée Angara A5P.

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Prospective Piloted Transport System » (voir la liste des auteurs).
  1. a et b (en) Sam Savage, « Russia Reviews Bids For New Moon-Bound Space Rocket », sur redorbit.com, Red Orbit, (consulté le 13 juin 2019).
  2. (de) Alexander Stirn, « Europa und Russland planen ihr Gegen-Shuttle », Spiegel Online, (consulté le 13 juin 2019).
  3. (en) Rob Coppinger, « ESA aims for manned capsule by 2020 » [archive du ], Flight Global, (consulté le 13 juin 2019).
  4. a b et c (en) Anatoly Zak, « PPTS - Prospective Piloted Transport System », Russian Space Web, (consulté le 13 juin 2019).
  5. a et b (en) Anatoly Zak, « Russia to unveil spaceship plans », BBC, (consulté le 13 juin 2019).
  6. (en) Anatoly Zak, « Russia mulls rocket power 'first' », BBC, (consulté le 13 juin 2019).
  7. (en) Anatoly Zak, « Rus-M Launch Vehicle », Russian Space Web, (consulté le 13 juin 2019).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes