Expédition Race for water

Race for Water, une fondation pour préserver l'eau.

Race for Water Odyssey (R4WO) est une expédition autour du monde, qui s'est déroulée en 2015 sur un voilier trimaran de course, destinée à étudier et faire connaître la pollution marine. La R4WO a traversé les cinq zones principales de déchets plastiques, et les plages d'îles situées dans les cinq gyres océaniques géants correspondant ont été échantillonnées et analysées. Cette mission est à l'initiative de la Fondation suisse Race for Water fondée par Marco Simeoni. L'expédition s'est déroulée sur moins de 300 jours, dont 150 de navigation, et a parcouru plus de 40 000 milles marins. Le départ et l'arrivée de cette expédition est Bordeaux en Gironde (France).

Une expédition mondiale de cinq ans prendra la mer le du port breton de Lorient.

Expédition mondiale 2015

Présentation

Itinéraire de la R4WO à travers les cinq gyres de déchets principaux.

En 2010, le Vaudois Marco Simeoni crée la Fondation suisse Race for Water, dédiée à la préservation des ressources en eau de la planète, et basée à Lausanne. Selon celle-ci, « […] la pollution des océans par les plastiques […] représente la pire catastrophe écologique de l'Histoire. »[1]. Entrepreneur et passionné de voile, Marco Simeoni, président de la Fondation, décide alors de lancer le projet scientifique et environnemental Race for Water Odyssey. Chef d'expédition, ce dernier se consacre désormais entièrement à la mission :

« […] Après avoir créé la fondation Race for Water, je me suis dit qu'il fallait absolument passer à l'action face à ce désastre que représente la pollution plastique de nos océans. […] L'objectif de cette mission exceptionnelle étant d'étudier les 5 vortex de plastique afin de trouver des solutions adaptées. »[2].

Marco Simeoni a passé neuf mois à bord du trimaran aux côtés des cinq autres membres d'équipage dont notamment Stève Ravussin, navigateur suisse. Cet ancien vainqueur de la Route du Rhum, skipper du bateau, est entièrement dévoué à la cause de la R4WO :

« Chaque année, plus de 25 millions de tonnes de déchets plastiques finissent en mer. Nous devons agir au plus vite pour préserver l'écosystème le plus important de la planète. […] »[2].

Microplastiques sur une plage des Açores.

Le reste de l'équipage est constitué du navigateur français Claude Thelier, Martin Gavériaux, Olivier Rouvillois et du préparateur du bateau Benoît Lequin. L'équipage est complété par un équipier média, qui permet au plus grand nombre de suivre l'aventure dès le départ de Bordeaux.

Stève Ravussin ajoute : « 40 000 milles en 10 mois, c'est un grand défi […] »[3]. C'est la plus longue distance parcourue par un voilier en moins de trois cents jours. L'équipage arrive mi-décembre, avant la fin de la Conférence internationale de 2015 sur le climat à Paris.

Les responsables scientifiques sont le Suisse Frédéric Sciacca et la Française Kim Van Arkel. L'ambassadrice de la Fondation, l'actrice suisse Anne Richard, est également la marraine du bateau MOD70 Race for Water.

Approche scientifique, technologique et humaine

Déchets plastiques récoltés sur une plage des Açores par l'équipage de la R4WO.

Les impacts négatifs de la pollution plastique marine sur l'écosystème et sur l'homme sont nombreux : risques d'ingestion par les animaux marins, contamination de la chaîne alimentaire par des composés chimiques ou encore vecteurs potentiels d'espèces invasives en sont quelques exemples. La R4WO procédera à des analyses scientifiques sur les plages des îles présentes au sein des vortex de déchets. En effet, les plages de ces îles-témoins, agissant comme des barrages naturels, piègent et accumulent les déchets sur leurs côtes. Ainsi, elles sont représentatives de la pollution retrouvée dans les eaux environnantes. Le bateau pourra se rendre dans ces zones difficiles d'accès.

Les plages sont étudiées selon un protocole scientifique standardisé basé sur la méthode de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Les déchets sont donc récoltés, catégorisés et pesés par les membres de l'expédition. Les méso- et microdéchets sont ensuite analysés par l'École polytechnique fédérale de Lausanne (CEL/EPFL). Le drone eBee de senseFly réalise une cartographie haute définition des plages et des zones hauturières étudiées. Son utilisation inédite permet, d'une part, d'analyser la quantité de macrodéchets présents sur les plages concernées. D'autre part, cette opération permet de tester cette technologie et d'établir un premier bilan sur ses fonctionnalités. En parallèle, les équipes, soutenues par des ONG locales, vont à la rencontre des populations locales (marins, pêcheurs, autorités et ONG locales, etc.) afin de réunir des informations sur leur manière actuelle d'appréhender la problématique des déchets jonchant leurs littoraux.

Déchets plastiques retrouvés aux Bermudes.

R4WO a également pour vocation de susciter l'intérêt du public et des politiques pour la problématique de la pollution marine par les plastiques. Conférences de presse, ateliers, kits pédagogiques, conférences, la Fondation met tout en œuvre afin de sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux de l'eau et à la nécessité de changer ses habitudes de consommation pour lutter contre la pollution plastique.

Par la suite, la Fondation ambitionne d'exploiter ces résultats pour identifier les besoins et trouver, à terme, des solutions concrètes et durables en termes de collecte et de valorisation des déchets plastiques. Cette expédition est la première phase d'un projet qui comprend la mise en place de solutions de nettoyage et de valorisation des plastiques par le recyclage[4].

La mission comporte 21 étapes (les Açores, les Bermudes, l'île de Pâques, les atolls hawaïensetc.), dont sept de sensibilisation dans les ports de grandes villes[5] ; 13 pays sont concernés.

En 2013 et 2014, l'expédition « 7e continent », à l'initiative du navigateur guyanais Patrick Deixonne, avait déjà exploré les vortex du Pacifique nord et de l'Atlantique nord.

Bateau ambassadeur MOD70 Race for Water

Le bateau ambassadeur de la Fondation Race for Water, le MOD70 Race for Water[6].

Le navire au design porteur et l'équipage de marins chevronnés combinent science, aventure et exploration des océans. MOD70 Race for Water est le premier spécimen de la flotte des trimarans de la classe Multi One Design (ou MOD70). Il s'agit d'un voilier océanique de course de 70 pieds (soit 21,2 m de long) fabriqué en carbone. Grâce à ce bateau ambassadeur généreusement prêté à la Fondation par son propriétaire, la Race for Water Odyssey peut se rendre dans les cinq gyres de déchets afin d'y examiner l'ampleur de la pollution plastique.

Moderne, performant, fiable et manœuvrable (ce qui permet de se rendre sur les plages des îles les plus isolées), le multicoque MOD70 Race for Water est un voilier de course ayant les caractéristiques suivantes :

  • dimensions (L×l×H, en m) : 21,2×16,8×29 ;
  • tirant d'eau (m) : 1,5 à 4,5 ;
  • vitesse max (nd) : 43,2 (80 km/h).

Conçu dès le début pour respecter les normes écologiques, le trimaran de course a subi quelques modifications et adaptations en vue de sa préparation pour cette mission. Préparé pour l'occasion, notamment par Benoît Lequin[7], « en prenant le plus léger possible »[8], il a largué les amarres, avec un équipage principal de six personnes (sur sept membres franco-suisses), le du port de la Lune (port de Bordeaux).

Expédition mondiale 2017-2021

Le catamaran solaire MS Tûranor PlanetSolar, reçu par la fondation en 2015 et rebaptisé Race for Water, son capitaine, le navigateur français Gérard d'Aboville et des équipes scientifiques partiront de Lorient (France) le . Ce navire 100 % autonome a intégré la technologie hydrogène par hydrolyse de l'eau de mer. Il fera escale aux Bermudes pour la Coupe de l'America 2017, à Tokyo pour les Jeux olympiques d'été de 2020 et à Dubaï pour l'Exposition universelle de 2020[9].

Notes et références

  1. « R4WO en bref : Une course contre la montre pour préserver les océans », Race for Water (consulté le 16 mars 2015)
  2. a et b Fondation Race for Water, « Lancement de l'expédition Race For Water Odyssey », (consulté le 2 mai 2015)
  3. « Race for Water Odyssey / C'est parti ! Stève Ravussin : 44 000 milles en 10 mois, c'est un grand défi », ScanVoile, (consulté le 18 mars 2015)
  4. Aïna Skjellaug, « Marco Simeoni, cap sur la mer souillée », Le Temps, (consulté le 17 mars 2015)
  5. « R4WO Logbooks », Race for Water (consulté le 15 mars 2015)
  6. Il porte l'inscription « Save oceans from plastic pollution! » et le logo indiqué en début d'article.
  7. Les skippers lorientais Benoît Lequin et Pierre-Yves Moreau ont fabriqué le catamaran non habitable de 6,10 m Octo Finances.
  8. Phrase de Stève Ravussin, extraite de la vidéo R4WO : Stève et Marco avant le départ (indiquée en fin d'article).
  9. Sciences et Avenir, « Défense des océans : le catamaran Race for Water va repartir en expédition pour 5 ans », (consulté le 29 janvier 2017)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes