Eugène Piot

Eugène Piot
Eugène Piot by Benito Monfort 1851.png

Portrait d'Eugène Piot par Benito R. de Monfort (1851).

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Eugène Piot (Paris, - ) est un critique d'art, journaliste, éditeur, collectionneur et photographe français. Il signait parfois ses comptes-rendus « Nemo ».

Biographie

Le David de Michel-Ange photographié à Florence devant le palazzo Vecchio par Eugène Piot en 1853 (fonds ENSBA).

Amateur, collectionneur d'art, publiciste et photographe dans l' « âge d'or » de la photographie française.

Fragments d'un diadème funéraire en or provenant de la Grèce (Collection Eugène Piot, musée du Louvre, acq. 1890).

Baccalauréat ès Lettres, Eugène Piot s'installe entre 1835 et 1836 impasse du Doyenné à Paris avec Théophile Gautier : le « quartier du Doyenné », détruit depuis, se trouvait juste à côté du Carrousel du Louvre ; il accueille la jeunesse de la Bohème romantique dès 1834, sous l'influence d'Arsène Houssaye, et tous vivent dans un vieil hôtel particulier de style Louis XIII, constituant une sorte de « phalanstère artistique »[1].

En 1838, Piot effectue un premier voyage en Italie, il se passionne pour l'Antiquité et la Renaissance. Deux autres séjours importants en Italie suivront : pour le compte de la direction des Beaux-arts en 1846-1847, puis pour le ministère de l'Intérieur en 1849. Sa collection d'art commence en 1838 en Italie.

Dès 1840, en véritable pionnier, il voyage à travers l'Espagne en compagnie de Théophile Gautier, équipé d'un matériel de prise de vue daguerréotype conçu par les frères Susse, afin d'immortaliser les plus beaux monuments de la péninsule ibérique.

En 1840, Piot se lance dans le monde de la presse. Il commence par co-financer Le Journal du peuple avec Godefroy Cavaignac alors revenu de son exil à Londres, s'inscrivant donc dans le parti d'opposition à la monarchie de Juillet. En 1842, il fonde une revue illustrée intitulée Le Cabinet de l'amateur et de l'antiquaire, revue des tableaux et des estampes anciennes, des objets d'art et de curiosité qui paraît sous cette forme jusqu'en 1846[2]. Il est élu membre de la Société royale des antiquaires, puis de la Société de l'histoire de France.

En 1851, Piot devient membre de la Société héliographique et il se lance dans la production d'une série d'albums photographiques, L'Italie monumentale (1851) est l'un des premiers du genre ; Francis Wey, dans la La Lumière, première revue de photographie, a loué Piot comme photographe, « avec lui, écrit-il, ainsi commence la série des livres, des voyages d’art illustrés par la photographie ». L'Italie Monumentale reçoit la médaille de première classe lors de l'exposition universelle de 1855.

En 1861, il relance Le Cabinet de l'amateur, puis en 1865, il est nommé correspondant de l'Institut archéologique de Rome.

Après avoir effectué des séjours d'étude en Grèce, il projette une Histoire de la gravure, qui ne verra pas le jour.

Entre 1868 à 1881, il effectue plusieurs voyages en Égypte. En 1885, sa candidature à l'Institut de France est refusée.

Il meurt en 1890, léguant une partie de sa collection de gravures au cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale, ainsi que des objets d'art au musée du Louvre (dont la Madonne Piot). Il est salué par Maurice Tourneux et Charles Yriarte, en tant que « précurseur »[3].

En 1894, commencent à paraître les Monuments et Mémoires édités par l'Académie des inscriptions et belles-lettres à qui il avait légué sa fortune, et qui lui vaut une reconnaissance posthume.

Critique

« Amateur, collectionneur, il s'attache avant tout à l'objet, mais, érudit, il cherche également à apporter une contribution à l'histoire de l'art. Ses études et sa collection sont garantes l'une de l'autre, ce qui est à l'origine de l'ambiguïté de sa carrière, entre histoire de l'art et marché de l'art. » (Charlotte Piot, INHA)

Écrits

Outre le Cabinet de l'amateur dont il assure la rédaction, ainsi que de nombreux articles dans la Gazette des beaux-arts, la Gazette archéologique, etc., Eugène Piot a publié :

  • D'une inscription grecque découverte dans une statue de bronze antique du musée du Louvre, Paris, impr. Schneider et Langrand, 1843.
  • État civil de quelques artistes français : extrait des registres des paroisses des anciennes archives de la Ville de Paris, publié avec une introduction par M. Eug. Piot, Paris, Librairie Pagnerre (publication du Cabinet de l'amateur et de l'antiquaire), 1873.
  • Catalogue des objets d'art et de haute curiosité de la Renaissance et des temps modernes…, belles tapisseries Renaissance, livres sur les arts, médailles de la Renaissance, tableaux anciens et modernes, composant l'importante collection de M. Joseph Fau et dont la vente aura lieu les… 3, 4, 5, 6, 7 et 8 mars 1884..., Paris, imprimerie de l'Art, 1884.
  • [posth.] Monuments et mémoires, Fondation Eugène Piot, depuis 1894 - numéros en ligne.

Voir aussi

Bibliographie critique

  • Edmond Bonnaffé, Eugène Piot, Paris, éd. Étienne Charvay, 1890.
  • Georges Perrot, Eugène Piot, Paris, Librairie Ernest Leroux, 1894.
  • Maurice Tourneux, Les Donateurs du Louvre : Eugène Piot, Paris, imprimerie Lahure, 1908.
  • « Gautier, Piot and the Susse Frères Camera » par Ann Wilsher, in History of Photography, vol. IX, 4, décembre 1985, p. 275-278.
  • « Eugène Piot (1812-1890), publiciste et éditeur » par Charlotte Piot, in Histoire de l'art, 47, novembre 2000, p. 3-17.
  • « La Venise de Piot » par Tiziana Serena, in Venise en France: du romantisme au symbolisme, sour la direction de Claire Barbillon et Gennaro Toscano, Paris, Ecole du Louvre, 2006, pp. 289-305.
  • « Eugène Piot e L'Italie monumentale (1851-1853). La fotografia fra documento ed égotisme» par Tiziana Serena, in RSF. Rivista di studi di fotografia, n. 1, 2015, p. 26-47.

Notes et références

  1. « Colocs au Louvre » par Frédérique Fanchette, in Libération, 27 juillet 2011.
  2. Livraisons 1842-1863, en ligne sur Gallica.
  3. « Art et Curiosité : un précurseur » par C. Yriarte, in Supplément du Figaro, février 1890.

Liens externes