Espèce menacée

En biologie et écologie, l'expression « espèce menacée » s'applique à toute espèce risquant de disparaître à court ou moyen terme.

Selon le congrès mondial de l’UICN de septembre 2016, « les trois quarts des espèces en danger d’extinction sont menacées par l’agriculture, la conversion des terres, la surexploitation des ressources »[1], ce qu'un article du 10 août, dans la revue Nature traduit sous le titre « Les ravages des fusils, des filets et des bulldozers  » aussi qualifiés de grands tueurs parmi les facteurs de régression de 8 700 espèces animales et végétales évaluées et classées en 2016 comme menacées ou quasi menacées de disparition sur la liste rouge de l'UICN[2].

Définition

Une espèce est déclarée menacée si elle répond à des critères précis (disparition de l'habitat, déclin important de sa population, érosion génétique, chasse excessive ou surpêcheetc.).

Utilité

Ces critères, généralement établis ou validés par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), permettent d'affiner le risque d'extinction de l'espèce (actuel, à court et moyen terme) et de lui attribuer un statut de conservation et parfois de protection (espèce protégée).

Dans le cas des races locales domestiquées, il s'agit du patrimoine agricole et souvent d'espèces moins productive, mais rustiques et demandant moins de frais d'entretien. La préservation de certaines de ces espèces pourrait notamment faire partie des solutions d'adaptation au dérèglement climatique ou à la diffusion de certaines maladies (maladies animales ou zoonoses transmissibles à l'homme).

Classements internationaux

La liste rouge de l'UICN classe les espèces menacées en trois catégories, selon l'importance du risque de leur extinction : « vulnérable », « en danger » et « en danger critique d'extinction ». Une classification un peu similaire existe pour les races locales domestiquées d'intérêt agricole.

La convention de Washington (CITES) établit une liste des espèces protégées selon trois catégories organisées en annexes :

Espèces menacées par pays (exemples ; source : UICN, 2004) :

  • Colombie : 208 ;
  • Mexique  : 191 ;
  • Équateur : 163 ;
  • Brésil : 110 ;
  • Chine : 86.

Elles sont classées par groupes taxonomiques :

Canada

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) utilise le terme espèce en péril plutôt qu'espèce menacée, l'expression « espèce menacée » ne s'appliquant alors qu'à une partie des espèces pouvant disparaître.

Selon la classification COSEPAC des espèces, une espèce menacée est une espèce en péril susceptible de devenir une espèce en danger de disparition dans un avenir plus ou moins proche si les pressions s'exerçant sur elle (facteurs limitants), comme la disparition de l'habitat, ne sont pas supprimées. Ce terme désigne le statut donné à l'espèce quand le deuxième niveau de risque d'extinction est atteint.

Québec[3] :

Avec la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, le gouvernement québécois s'est engagé à garantir la sauvegarde de l'ensemble de la diversité génétique du Québec.

En 2018, 78 espèces de la flore[4] et 38 espèces de la faune[5] sont légalement désignées menacées ou vulnérables au Québec.

Pour chaque espèce floristique légalement protégée au Québec, des plans de conservation seront élaborés afin d’identifier les actions à mettre en œuvre pour assurer leur survie à long terme. Les plans de conservation pour le Carex faux-lupulina et la Sagittaire à sépales dressés sous-espèce des estuaires sont maintenant disponibles.

Europe

L'UICN estime[Quand ?] qu'en Europe, rien que pour les mammifères ;

  • 27 % au moins des populations de mammifères sont en baisse (et on manque de données pour 30 % environ des espèces de mammifères).

Les causes principales sont la perte, la dégradation et la fragmentation des habitats, les changements climatiques, la mortalité accidentelle (roadkill), la pollution et l’homme (chasse, poison, pièges, introduction volontaire ou non d'espèces invasives et concurrentielles des espèces autochtones). L'UICN note que certains plans de conservation ont efficacement sauvé quelques espèces (mais ils ne concernent que 8 % des mammifères européens, et pas dans tous les pays). Une évaluation de l'état des populations de mammifères est en cours.

La commission a plusieurs fois alerté aussi sur l'importance de restaurer un réseau écologique européen, et de ne pas oublier les invertébrés et en particulier les invertébrés xylophages, souvent menacés par la manque de ressource en bois-morts ou sénescents dans les forêts européennes trop exploitées. De nombreuses espèces d'eau douce autrefois communes sont également en très forte régression (ex. : reptiles ou amphibiens) ou menacées, dont l'anguille européenne (Anguilla anguilla). Plusieurs études observent également un déclin important chez les lichens et les champignons.

France

Il existe des listes rouges (nationales et régionales) d'espèces menacées[6],[7].

La France se classe parmi les dix pays hébergeant le plus d'espèces menacées sur la planète. Elle jouit d'une position unique au monde en termes de richesses naturelles. Via ses départements (La Réunion, Guyane, Martinique, Guadeloupe, Mayotte) et ses territoires et collectivités d'Outre-Mer, elle est présente dans cinq des trente-quatre points chauds du globe, ces zones où la diversité biologique s'avère la plus grande mais la plus en danger et où les espèces endémiques sont très nombreuses.

La loi du 10 juillet 1976 protège déjà certaines espèces menacées en France. Elle en interdit la capture, la vente et l'achat et même la perturbation intentionnelle. En 2005, la loi concernait en métropole plus de 700 espèces animales sauvages (soit 52 % des vertébrés, 4 % des mollusques et 0,5 % des insectes, crustacés et échinodermes) et 450 espèces végétales (plus de 7 % des plantes, sans compter les mousses). Mais l'Outre-Mer concentre 80 % de la biodiversité or, la loi française ne s'exerce que sur ses départements, la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna possédant leur propre réglementation.

Russie

Article détaillé : Livre rouge de Russie.

Costa Rica

Le Costa Rica a mis en œuvre une politique de protection de la biodiversité [réf. nécessaire] : 25 % de son territoire est classé en parc national, réserve ou zone protégée[réf. souhaitée].

Notes et références

  1. UICN (2016) Lettre de veille et d'information "Collectivités & Biodiversité" n° 29, numéro spécial dédié au Congrès mondial de l’UICN de septembre 2016
  2. « Chasse, pêche et agriculture : trois fléaux pour la biodiversité », Le Monde, 10 août 2016
  3. Espèces menacées ou vulnérables au Québec - Gouvernement du Québec.
  4. « Espèces menacées ou vulnérables au Québec », sur www.mddelcc.gouv.qc.ca (consulté le 3 avril 2018)
  5. « MFFP - Liste des espèces désignées comme menacées », sur www3.mffp.gouv.qc.ca (consulté le 3 avril 2018)
  6. La Liste rouge des espèces menacées en France - Comité français de l'UICN.
  7. Liste rouge 1996 des espèces existantes en France - Ancienne version.

Annexes

Bibliographie

  • Philippe Keith, Jean Allardi et Bernard Moutou, Livre rouge des espèces menacées de poissons d'eau douce de France et bilan des introductions, Collection Patrimoines Naturels 10, Muséum National d'Histoire Naturelle, 1992 (ISBN 2-8651-5078-X), 111 pages
  • (en) A. Purvis, J. L. Gittleman, G. Cowlishaw, & G. M. Mace (2000) Predicting extinction risk in declining species. Proc. R. Soc. Lond. B 267, 1947–1952 |résumé

Articles connexes

Liens externes

  • (fr) Portail sur les espèces menacées et les animaux en voie de disparition
  • (fr) Comité français de l'UICN
  • (fr) Animaux en péril - Les archives de Radio-Canada (reportage sur l'extinction des espèces animales causées par l'homme)
  • (fr) Vidéo - Sur YouTube - universcience.tv et AFP - Les espèces menacées