Environnement en Russie

L'environnement en Russie est l'environnement (ensemble des éléments - biotiques ou abiotiques - qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins) du pays Russie. Pays le plus grand de la planète, et couvert à 60 % de forêt, c'est l'un des pays au monde qui compte le plus de réserves de biosphère.

Les russes exploitent les ressources du territoire (notamment le gaz, l'aluminium, le pétrole), avec parfois une pression excessive (irrigation intensive, un des facteurs d'assèchement de la mer d'Aral). Les émissions de gaz à effet de serre sont amplifiées par le gaz brûlé dans les torchères et les incendies - qui sont par ailleurs destructeurs pour la biodiversité ; mais les forêts constituent un important puits de carbone. La gestion des déchets est préoccupante, avec des milliers de décharges et un taux de recyclage faible.

En matière environnementale, la Russie souffre du passé soviétique axé sur une industrialisation lourde et l'interdiction de partis ou associations écologiques. La ratification du protocole de Kyoto par la Russie a permis son entrée en vigueur en 2004 ; elle s'est également engagée dans le cadre de la COP21 en 2015.

L'empreinte écologique par personne de la Russie était en 2012 d'un peu moins de 6 hag, ce qui est supérieur à la moyenne mondiale (2,6 hag). La biocapacité par personne était de 6,8 hag, valeur forte due à l'étendue du territoire par rapport à la population, de sorte que la Russie est en léger excédent écologique. Partant d'une valeur nulle en 1991, l'excédent s'est accru en raison de la baisse de l'empreinte écologique due à la décroissance économique et à la chute du régime communiste, puis diminue à cause de l'augmentation de l'empreinte due à la reprise depuis la fin des années 1990[1].

La biodiversité russe

Articles détaillés : Faune de la Russie, Flore de la Russie et Géographie de la Russie.
Carte de la Russie, territoire depuis 1991.

Principaux milieux naturels

Marais et steppe au sud de la Sibérie

Pays le plus vaste de la planète, le territoire de la Russie s'étend d’ouest en est sur plus de 9 000 km. Entouré de nombreuses mers et de deux océans, parcouru de plusieurs grands fleuves, et avec des régions faiblement anthropisées, le territoire russe offre une grande surface naturelle. La Russie est néanmoins caractérisée par un climat majoritairement continental avec des milieux froids et hostiles sur la majeure partie du territoire[2].

Les régions bordant l'océan Glacial Arctique sont le domaine de la toundra (12 à 15 % de la Russie[3]), une végétation rase de mousses, de lichens, d'arbustes et de petits arbres. Le sol reste gelé plusieurs mois par an et conserve une grande humidité en été.

Plus au sud, dans les régions où le gel devient moins présent, peut se développer la taïga, une forêt de conifères et de quelques feuillus. 60 % du territoire russe est couvert de forêts[4] et elles représentent un tiers des forêts mondiales, avec une surface estimée à 809 000 000 millions d'hectares en 2005 d'après la FAO[5]. La forêt boréale résiste aux froids intenses du climat continental, mais ne se renouvelle pas rapidement. Sur la bordure méridionale de la taïga se développent les feuillus et la forêt devient mixte, notamment dans la région de Moscou. Puis la prairie remplace progressivement la forêt sur les sols noirs.

Faune et flore russe

La faune est adaptée aux contraintes climatiques (rennes, animaux à fourrure). On trouve des loups, des ours blancs, des phoques, des renards polaires ou encore des bœufs musqués dans la Toundra[2]. La population de tigre est en hausse en 2015 par rapport à 2010, date à laquelle la population mondiale de cette espèce en voie de disparition était la plus réduite[6]. On comptait environ 360 tigres de Sibérie en Russie en 2008 selon l'UICN.

La flore est diversifiée, allant d'une végétation rase (avec de rares bouleaux) dans la toundra à des forêts mixtes plus au sud (bouleaux, charmes, peupliers, érables…)[2].

Menaces sur la biodiversité russe

Le réchauffement climatique conduit à un déplacement des espèces. Bien que la vulnérabilité au changement climatique soit faible[7], le réchauffement mesuré de 1976 à 2014 a été 2,5 fois plus rapide en Russie qu'au niveau mondial[8].

Par ailleurs, certains lieux sont perturbés par des espèces invasives, comme des algues sur des rives du lac Baïkal, classé au patrimoine mondial de l'humanité[9].

Le bécasseau spatule, qui hiverne au Bangladesh et en Birmanie, est un oiseau migrateur fortement menacé d'extinction. La chasse sur les sites d'hivernage est un des facteurs de menace[10].

Territoires protégés

Parc national de Lossiny Ostrov, Moscou et sa région.

C'est l'un des pays au monde qui compte le plus de réserves de biosphère (plus de trente), ainsi que 41 parcs nationaux (les plus anciens datant de 1983). Les parcs nationaux sont à la charge du ministère des Ressources naturelles de la Russie[11].

Le gouvernement russe décide la création d'une réserve de biosphère à Sikhote-Aline en 1936. C'est aujourd'hui la principale zone d'habitat du tigre de Sibérie.

Impacts sur les milieux naturels

Les activités humaines

Industrie

La Russie s'est dotée, à l'époque de l’URSS, d'une industrie lourde puissante (aciéries, raffineries, industrie chimique, etc.). Les industries liées à l'exploitation des ressources occupent une place importante dans l'économie russe et mondiale, avec le géant gazier Gazprom et le leader mondial de l'aluminium Rusal. Les secteurs liés à l’armement, au nucléaire et à l’aérospatiale sont également fortement développés.

Agriculture

Un champ près de Rostov-sur-le-Don
Article détaillé : Agriculture en Russie.

La Russie est un pays exportateur, qui produit plus qu'il ne consomme de denrées agricoles. La culture du blé et des pommes de terre représente une large part de l'agriculture russe. L’élevage porcin et de volaille est également très répandu. En revanche, l’élevage de bovins est essentiellement destiné à la production laitière[réf. nécessaire].

L'irrigation intensive (pour supporter l'agriculture intensive, notamment du coton) est en partie responsable de l'assèchement de la mer d'Aral en Asie centrale.

En août 2008, la compagnie suédoise Alpcot-Agro exploitait 135 000 ha en Russie pour les céréales et les oléagineux[12].

Pêche

  • En 2005, officiellement, la Russie pêche annuellement 250 tonnes d'esturgeon, soit l'équivalent de dix semi-remorques.

Transports

Article détaillé : transport en Russie.

Le réseau ferroviaire est bon. Le réseau autoroutier russe est en pleine expansion.

Les grandes métropoles sont équipées de métros. En 2011, la capitale, Moscou, souffrait d'un réseau routier mal développé et d'un métro saturé[13].

Pression sur les ressources non renouvelables

Mine de diamant d'Oudatchnaïa (Yakoutie).

La Russie dispose de ressources minières (houille, fer, nickel, diamant, etc.) et énergétiques (pétrole, gaz naturel, hydroélectricité) abondantes qui en font l’un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux.

Énergie

Article détaillé : Énergie en Russie.

Le gaz est en tête des énergies utilisées dans la production d'électricité en Russie (49,1 %), devant le nucléaire (16,6 %), le charbon (15,8 %), l'hydrothermie (15,6 %). Le pétrole (2,6 %) et les autres énergies alternatives (0,3 %) sont plus marginaux[14].

La Russie est le pays qui a le plus gros volume de gaz brûlé dans les torchères (37,4 milliards de mètres cubes)[15].

Pollutions

Les émissions de gaz à effet de serre (GES)

Article détaillé : Torchage et rejet de gaz naturel.

La Russie émettait, en 2007, l'équivalent de 1 587 millions de tonnes de CO2. Le territoire est par ailleurs un important « puits de carbone », les forêts russes représentant 25 % de la surface forestière mondiale[16].

Elle est le pays qui a le plus gros volume de gaz brûlé dans les torchères, ce qui amplifie les contributions de ce pays aux émissions de GES[15].

Le climat, rigoureux en hiver et parfois caniculaire en été, engendre des consommations importantes d'énergie et des rejets supplémentaires[13].

La pollution de l'air

La Russie est le pays qui a le plus gros volume de gaz brûlé dans les torchères, ce qui amplifie la production de gaz polluants[15].

La pollution de l'eau

La pollution de l'eau est causée par la déforestation, l'érosion du sol, une mauvaise utilisation des engrais, une fuite de produits chimiques, des cimetières des sous-marins, des oléoducs percés, des rejets urbains, etc.

Déballastages et vidanges de cargos contribuent à la pollution des mers.

La pollution des sols

Carte indiquant l'état de la contamination au césium 137 en 1996 sur la Biélorussie, la Russie et l'Ukraine :
  •      Zone fermée/confisquée (Supérieure à 40 curies par kilomètre carré (ci/km²) de césium 137)

  •      Zone de contrôle permanent (15 à 40 ci/km² de césium 137)

  •      Zone de contrôle périodique (5 à 15 ci/km² de césium 137)

  •      Zone faiblement contaminée (1 à 15 ci/km² de césium 137)
  • Une pollution du sol a été causée par une contamination radioactive et chimique, notamment à la suite de la catastrophe de Tchernobyl, en Ukraine.

    La gestion des déchets

    La Russie produit chaque année 7 milliards de tonnes de déchets, d'après le Service fédéral de surveillance des ressources naturelles[17]..

    En 2013, la grand majorité des déchets étaient enfouis au sein de sites insalubres pour la plupart. La Russie compte 7 000 sites autorisés auxquels s'ajoutent 44 000 sites illégaux repérés au 15 janvier 2013. Seuls 4 à 5 % des déchets municipaux partaient vers l'un des 243 centres de recyclage, 53 unités de tri et 10 usines d'incinération des déchets[17].

    Les experts s'accordent sur un taux de recyclage de 25 % au niveau national pour le papier[17].

    Impacts de l'urbanisation

    Malgré la faiblesse de la densité moyenne, la Russie est un pays fortement urbanisé : près des trois-quarts des Russes (73 %) résident en ville, soit 106,5 millions de ses habitants. 20 % des Russes se concentrent dans les 15 villes de plus d'un million d'habitants[18].

    L'exposition aux risques

    Les risques naturels

    La Russie est exposée à de multiples aléas naturels : inondations, tempêtes, incendies, glissements de terrain, séismes...

    • L'est du pays fait partie d'une région énormément sismique et volcanique (on y recense 90 % des volcans actifs mondiaux)[2].
    • Les incendies, par exemple les incendies de forêt en Russie de 2010, ont eu un impact environnemental important, de la destruction de milieux et des espèces les habitants au rejet de gaz à effet de serre. Le pays a perdu 4,3 millions d'hectares de forêt par an en moyenne entre 2011 et 2013[16].
    • Les phénomènes météorologiques dangereux sont en hausse, avec un record de 569 évènements en 2014, dont de graves inondations dans l'Altaï (sud de la Sibérie)[8].

    Les risques technologiques

    Les risques environnementaux chroniques


    Politique environnementale en Russie

    Traités internationaux

    Le 18 novembre 2004, la ratification du protocole de Kyoto par la Russie a permis son entrée en vigueur.

    En 2015, dans le cadre de la COP 21, La Russie s'engage à réduire de 25 à 30 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport à 1990. Elle inclut l'effet de stockage de CO2 par les forêts dans le calcul des émissions[16]. En 2017, le Président Poutine indique que la Russie ne ratifiera pas l’accord de Paris sur le climat avant 2019 et demande des précisions sur cet accord[19].

    Lors de la troisième conférence internationale sur les villes durables, les villes russes se sont déplacées en masse[20].

    Le lourd héritage soviétique

    Le gouvernement de l'URSS a entravé la formation d'une conscience écologique en interdisant les partis et les associations jusque dans les années 1980[21]. Dans les dernières années du régime stalinien, le nombre de réserves naturelles et parcs nationaux a été fortement réduit[22]. Le productivisme a entrainé l'érosion et l'épuisement de nombreuses terres arables[22]. Le développement d'une industrie lourde et l'exploitation intensive et extensive des ressources naturelles ont laissé derrière eux une situation préoccupante, dont souffre encore l'actuelle Russie et les anciennes Républiques soviétiques.

    Politiques mises en place en faveur de l'environnement

    Les énergies renouvelables, axées presque exclusivement sur l'hydrothermie[Note 1], se développent et se diversifient vers le solaire, l'éolien. Un programme de construction de 170 sites de production d'énergies renouvelables est en cours en 2015. En Iakoutie, on compte déjà plus de dix sites d'exploitation de ces énergies. Si le rendement d'une centrale photovoltaïque est diminué du fait de la localisation au-delà du cercle polaire arctique, ce type d'énergie reste très intéressant pour cette région compte tenu des difficultés d'approvisionnement en énergie de cette région isolée. Une centrale de 1 MW construite a Batagaï permet déjà à la ville d'économiser 300 tonnes de fioul ; mais les panneaux ont été produits en Chine[14].

    À Moscou, les sites de Mosenergo (compagnie municipale de production d’électricité) ont été dotés des meilleures technologies pour réduire les émissions de gaz toxiques, et ils ne sont plus la principale cause de pollution[13].

    Évaluation environnementale globale

    En 2015, l'organisation Global Footprint Network (GFN) indique que la Russie est un des 57 pays (sur 181) préservant ses ressources (réserve en biocapacité positive), notamment grâce à sa capacité forestière qui compense largement son empreinte carbone. La biocapacité s'élève à environ 6,7 gha (hectare global par habitant), l'empreinte écologique à 4,46 gha[23].

    Notes et références

    Notes

    1. 15,6 % de la production d'électricité.

    Références

    1. Empreinte écologique et biocapacité de la Fédération de Russie depuis 1991
    2. a, b, c et d « Géographie de la Russie », sur la-russie.com (consulté le 3 octobre 2015).
    3. J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p. 38
    4. J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p. 39
    5. « Surfaces boisées par région du monde », sur onf.fr (consulté le 4 août 2016).
    6. « Pour la première fois en 100 ans, le nombre de tigres augmente », Science et avenir,‎ (lire en ligne).
    7. Global adaptation index, « Vulnérabilité au changement climatique et niveau de préparation », sur monde-diplomatique.fr, (consulté le 26 décembre 2015).
    8. a et b avec AFP, « La Russie se réchauffe 2,5 fois plus vite que la planète », sur france24.com, (consulté le 26 décembre 2015).
    9. Jeanne Cavelier, « En Russie, la biodiversité du lac Baïkal est assaillie par les algues », novethic.fr,‎ (lire en ligne).
    10. Roland Digby, « A la rescousse du bécasseau spatule », Terre sauvage,‎ , p. 16.
    11. « Les Parcs nationaux de Russie », sur russie-voyage.com (consulté le 8 décembre 2015).
    12. « Terres agricoles : une autre délocalisation ? », sur arte.fr (le dessous des cartes), (consulté le 14 octobre 2015).
    13. a, b et c « Mégalopoles et qualité de la vie: Moscou occupe la 163e place », Sputniknews,‎ (lire en ligne)
    14. a et b « Sous le soleil du Grand Nord russe », Courrier international (Ogoniok), no 1300,‎ , p. 39-40.
    15. a, b et c Antonio Farach, « Et le gaz part en fumée », Courrier international ('Times of Oman'), no 1281,‎ .
    16. a, b et c Alexandre Pouchard, « COP21 : les contributions des États sur le climat », Le Monde,‎ (lire en ligne).
    17. a, b et c Jeanne Cavelier, « Les surcapacités d'incinération menace le recyclage en Europe », sur novethic.fr, (consulté le 10 novembre 2015).
    18. Denis Eckert, Le monde russe, Hachette, 2007, p. 139 et 142
    19. Isabelle Mandraud, « La Russie ne ratifiera pas l’accord de Paris sur le climat avant 2019 », Le Monde,‎ (lire en ligne).
    20. Cyria Emelianoff et Ruth Stegassy, Les pionniers de la ville durable : Récits d'auteurs, portraits de villes en Europe, Autrement, coll. « Villes en mouvement », , 294 p., p.11.
    21. Jean Radvanyi 2004, p. 46.
    22. a et b Jean Radvanyi 2004, p. 51.
    23. Nicolas Enault, « CARTES. Cinq planisphères pour comprendre pourquoi l'humanité vit au-delà des capacités de la Terre », francetvinfo.fr,‎ (lire en ligne).

    Bibliographie

    • Jean Radvanyi, La nouvelle Russie, Paris, Armand Colin, coll. « U », , 3e éd. (ISBN 2-200-26687-1)