Emmanuelle Cosse

Emmanuelle Cosse
Emmanuelle Cosse en 2010.
Emmanuelle Cosse en 2010.
Fonctions
Conseillère régionale d'Île-de-France
En fonction depuis le
(7 ans, 5 mois et 23 jours)
Élection 21 mars 2010
Réélection 13 décembre 2015
Ministre du Logement et de l'Habitat durable

(1 an, 2 mois et 29 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Manuel Valls II
Bernard Cazeneuve
Prédécesseur Sylvia Pinel
Successeur Richard Ferrand
Secrétaire nationale
d'Europe Écologie Les Verts

(2 ans, 2 mois et 12 jours)
Prédécesseur Pascal Durand
Successeur David Cormand (intérim)
Vice-présidente du Conseil régional
d'Île-de-France chargée du Logement

(5 ans, 8 mois et 22 jours)
Président Jean-Paul Huchon
Successeur Geoffroy Didier
Biographie
Date de naissance (42 ans)
Lieu de naissance 14e arrondissement de Paris
Nationalité française
Parti politique EELV (2010-2016)
Parti écologiste (depuis 2016)
Conjoint Denis Baupin
Profession journaliste

Emmanuelle Cosse, née le dans le 14e arrondissement de Paris, est une militante associative, journaliste et femme politique française.

Elle est secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts (EELV) du au , date à laquelle elle est nommée ministre du Logement. Elle n'est plus membre d'EELV après cette nomination, et devient plus tard membre du Parti écologiste.

Biographie

Enfance et études

Emmanuelle Cosse grandit dans le 12e arrondissement de Paris, elle est issue d'une famille engagée à gauche et ses parents sont kinésithérapeutes. Elle suit une terminale B au lycée Maurice-Ravel et commence à militer à la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) en 1990[1]. Titulaire d'un diplôme d'études approfondies de droit public économique en 1997, elle enseigne quelques années à la faculté de droit de Paris XII-Val-de-Marne[2].

Carrière de journaliste

Elle commence une carrière journalistique en collaborant en 2002 au magazine Têtu, pour lequel elle suit la campagne présidentielle de la même année. Elle tient en 2004 une chronique dans le mensuel de la gauche radicale Regards dont elle devient plus tard la rédactrice en chef[3],[4].

Carrière politique

Activité militante

En 1992, elle rejoint Act Up-Paris où elle occupe les fonctions de trésorière, vice-présidente, puis succède à Philippe Mangeot à la présidence de 1999 à 2001. À 25 ans, elle est la première femme hétérosexuelle et séronégative à diriger l'association de lutte contre le sida[5].

Elle rejoint Europe Écologie en 2009. Elle figure sur la liste Europe Écologie lors des régionales de 2010 en Île-de-France[6]. Avec l'appui de Cécile Duflot, elle est élue et devient la 8e vice-présidente du conseil régional d'Île-de-France, chargée du logement, de l'habitat, du renouvellement urbain et de l'action foncière à partir du 26 mars 2010[4].

Secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts

Le , Emmanuelle Cosse est élue secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts avec 55 % des voix lors du congrès du parti à Caen[7],[8]. Le 1er mars 2015 , elle annonce sa candidature aux régionales en Île-de-France pour les élections régionales de décembre 2015. Sa liste obtient 8,03 % des voix à l'issue du premier tour, et fusionne avec celles de Claude Bartolone (PS) et Pierre Laurent (FG) au second : ils sont cependant battus par la liste Les Républicains-UDI-MoDem de Valérie Pécresse. Elle est par la suite élue présidente du groupe EELV au conseil régional d'Île-de-France[9] ; elle quitte cette fonction en février 2016 après sa nomination ministérielle.

Ministre du Logement et de l'Habitat durable

Le 11 février 2016, elle est nommée ministre du Logement, en remplacement de Sylvia Pinel, dans le gouvernement Valls II[10]. À la suite de cette nomination, désapprouvée par EELV[11], elle démissionne de son poste de secrétaire nationale d'EELV et est remplacée de façon intérimaire par David Cormand[12].

Bien qu'Emmanuelle Cosse n'ait souhaité que se « mettre en retrait » du parti[13] (elle précise dans un mail aux adhérents EELV le jour de son entrée au gouvernement qu'elle ne choisit pas « entre le parti et le ministère »[14]), EELV prend acte de sa démission dès son entrée au gouvernement puis la retire de la liste des adhérents le 21 février 2016[15]. Elle annonce le 10 juillet 2016, qu'elle rejoint le Parti écologiste — dont elle intègre le comité d'orientation politique[16] — et soutient son président, François de Rugy pour la primaire de la « Belle Alliance populaire »[17].

En 2016, elle est l'un des auteurs du projet de loi « Egalité et Citoyenneté » portant notamment sur la mixité sociale ou les discriminations sociales[18]. Le projet de loi est adopté en lecture définitive le 22 décembre 2016, et publié au Journal Officiel sous la référence « Loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l'égalité et à la citoyenneté ». Pour le philosophe Dominique Lecourt, cette loi « représente jusqu'à la caricature une conception de l'idée de démocratie », une « frénésie normative » ayant pour résultat « une pratique autoritaire du pouvoir politique »[19].[pertinence contestée]

Elections législatives de 2017

Pendant la primaire citoyenne de 2017, elle soutient François de Rugy[20]. Désapprouvant son choix de soutenir Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle de 2017, elle soutient Benoît Hamon[21].

En avril 2017, elle annonce qu'elle se présente aux élections législatives de 2017 dans la 3e circonscription de Seine-Saint-Denis[22]. Elle est éliminée dès le premier tour se classant en cinquième position avec 9,47 % des voix[23],[24].

Après les élections

À la suite de sa sortie du gouvernement, Emmanuelle Cosse envisage de travailler dans le privé mais confie fin août 2017 ses difficultés à trouver un emploi[25].

Vie privée

Elle est mariée depuis le 20 juin 2015 avec Denis Baupin[26], député de Paris et ancien vice-président de l'Assemblée nationale, avec qui elle a des jumeaux nés en 2013. Elle a soutenu son mari face aux accusations de harcèlement sexuel[27].

Prises de position

Immigration

En août 2015, Emmanuelle Cosse déclare : « Aujourd'hui, combien le Liban accueille-t-il de réfugiés ? Plus d'un quart de sa population » et « Je crois qu'en France on a les moyens de ne pas se poser cette question-là. Nous sommes un pays extrêmement riche qui a des capacités d'accueil extrêmement fortes »[28]. En septembre 2015, elle affirme que l'« on peut accueillir des réfugiés sans limite en France comme dans toute l'Europe »[29].

Cumul des mandats

Suivant la ligne du parti EELV dont elle fait alors partie, Emmanuelle Cosse déclare être « opposée au cumul des mandats, dans le temps et en nombre »[30].

Sa nomination au gouvernement en février 2016 est alors relatée comme perçue par certains membres de EELV comme une « trahison »[31]. Le parti diffuse un communiqué de presse où cette décision est désapprouvée, puisque « la politique gouvernementale est malheureusement incompatible avec des orientations écologistes »[32]. Interrogée par le Petit Journal[33] au sujet d'avoir conservé son mandat existant de conseillère régionale, Emmanuelle Cosse avance l'argument selon lequel la fonction de ministre est une fonction exécutive et non un mandat électif, et que le cumul des mandats n'est donc juridiquement pas caractérisé.

Publication

Notes et références

  1. « Emmanuelle Cosse, 25 ans, nouvelle présidente d'Act Up. », sur Libération.fr, (consulté le 11 février 2016).
  2. « 10 choses à savoir sur Emmanuelle Cosse, chef de file d’EELV », sur www.elle.fr, (consulté le 19 février 2016).
  3. Raphaëlle Besse Desmoulières, « Emmanuelle Cosse, d'Act Up aux micmacs écolos », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  4. a et b Franck Berteau, « Qui est vraiment Emmanuelle Cosse ? », M, le magazine du Monde, semaine du 12 octobre 2013, page 36.
  5. « Emmanuelle Cosse, l'inconnue qui prend la tête d'Europe-Écologie-les Verts », sur Le Figaro, (consulté le 11 février 2016).
  6. « Caroline Mecary et Emmanuelle Cosse rejoignent Europe Écologie pour les régionales de 2010 », sur Yagg, (consulté le 22 février 2016).
  7. « Les travaux écolos d'Emmanuelle Cosse », sur Libération.fr, (consulté le 11 février 2016).
  8. « Emmanuelle Cosse élue secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts », sur Le Figaro, (consulté le 11 février 2016).
  9. Sophie Huet, « Île-de-France : la consécration de Valérie Pécresse », Le Figaro, samedi 19 / dimanche 20 décembre 2015, page 6.
  10. « Emmanuelle Cosse, un trophée en trompe-l’œil », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  11. « EELV « désapprouve » la participation d’Emmanuelle Cosse au gouvernement », lemonde.fr, 11 février 2016.
  12. « David Cormand nouveau secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts », sur Republicain-lorrain.fr, (consulté le 11 février 2016).
  13. Arnaud Focraud (avec A-Ch.D.), « Comment EELV a « démissionné » Emmanuelle Cosse », sur LeJDD.fr (consulté le 30 mars 2016).
  14. Anne-Charlotte Dusseaulx, « Emmanuelle Cosse entre au gouvernement et se « met en retrait » d'EELV », sur LeJDD.fr (consulté le 30 mars 2016).
  15. Étienne Baldit, « EELV acte son divorce avec Emmanuelle Cosse », lelab.europe1.fr, 21 février 2016.
  16. http://www.france-politique.fr/wiki/Le_Parti_%C3%89cologiste_(LPE)
  17. Étienne Girard, « Emmanuelle Cosse rejoint le Parti écologiste et soutiendra François de Rugy à la primaire de la BAP » sur Le Lab (Europe 1), 10 juillet 2016
  18. Que contient le projet de loi «égalité et citoyenneté» qui arrive à l'Assemblée?, liberation.fr, 26 juin 2016
  19. Dominique Lecourt : «Le politiquement correct favorise le retour de toutes les violences», entretien Dominique Lecourt, lefigaro.fr, 21 octobre 2016
  20. http://www.lejdd.fr/Politique/Primaire-de-la-gauche-pour-qui-votent-les-ministres-831985
  21. Lilian Alemagna, « Emmanuelle Cosse «ne partage pas» le choix de François de Rugy, qui soutient En marche », sur liberation.fr, (consulté le 28 juin 2017)
  22. « Emmanuelle Cosse : « Mes mandats m’ont amené à défendre plusieurs fois la Seine-Saint-Denis » », leparisien.fr,‎ (lire en ligne)
  23. « Ces personnalités balayées dès le premier tour », lefigaro.fr, 11 juin 2017.
  24. Législatives 2017 : Emmanuelle Cosse (RDG) sévèrement battue dans la 3e circonscription de Seine-Saint-Denis, leparisien.fr, 11 juin 2017
  25. « Emmanuelle Cosse a toutes les peines du monde à trouver un emploi », Valeurs actuelles,‎ (lire en ligne)
  26. « Paris : Anne Hidalgo a marié Emmanuelle Cosse et Denis Baupin », sur leparisien.fr, (consulté le 12 mai 2016).
  27. Closermag.fr, « Emmanuelle Cosse et Denis Baupin : pour l'instant leur couple résiste », Closermag.fr,‎ (lire en ligne)
  28. « Migrants : la patronne d'EELV prône l'accueil de « tout le monde », sur Le Figaro, (consulté le 9 mai 2016).
  29. « Emmanuelle Cosse : « On peut accueillir des réfugiés sans limite », sur RTL.fr, (consulté le 9 mai 2016).
  30. BFMTV, « Cumuler les fonctions n'est pas cumuler les mandats, selon Emmanuelle Cosse », sur BFMTV (consulté le 11 mai 2016).
  31. « EELV dénonce la « trahison » d’Emmanuelle Cosse », sur L'Opinion, (consulté le 11 mai 2016).
  32. « Réaction d’EELV suite au remaniement du 11 février 2016 », sur http://eelv.fr/ (consulté le 11 mai 2016).
  33. Vivien Vergnaud, « Epinglée sur son cumul, Emmanuelle Cosse répond au Petit Journal », sur LeJDD.fr (consulté le 11 mai 2016).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  •  Site officiel
  • Biographie sur le site de candidate aux élections régionales de 2015
  • Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation