Emmanuel Macron

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron en 2015.
Emmanuel Macron en 2015.
Fonctions
Ministre de l'Économie, de l'Industrie
et du Numérique

(2 ans et 4 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Manuel Valls II
Prédécesseur Arnaud Montebourg (Économie, Redressement productif et Numérique)
Successeur Michel Sapin (Économie et Finances)
Christophe Sirugue (Industrie)
Secrétaire général adjoint de la
présidence de la République française

Chef du pôle économie et finances

(2 ans et 2 mois)
Président François Hollande
Prédécesseur Jean Castex
Successeur Laurence Boone (conseillère économie et finance)
Biographie
Nom de naissance Emmanuel Jean-Michel Frédéric Macron
Date de naissance (39 ans)
Lieu de naissance Amiens, Somme (France)
Nationalité Française
Parti politique PS (2006-2009)
EM (depuis 2016)
Père Jean-Michel Macron
Mère Françoise Noguès
Conjoint Brigitte Trogneux
Diplômé de Université Paris-Nanterre (1996-2001)
IEP de Paris (1996-2001)
ENA (2002-2004)
Profession Haut fonctionnaire
Banquier d'affaires

Emmanuel Macron, né le à Amiens, est un homme politique, haut fonctionnaire et ancien banquier d'affaires français.

Diplômé de l'ENA en 2004, il devient inspecteur des finances avant de débuter en 2008 une carrière de banquier d'affaires chez Rothschild & Cie. Membre du Parti socialiste entre 2006 et 2009, il est nommé secrétaire général adjoint de la présidence de la République auprès de François Hollande en 2012 puis ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique en 2014 dans le gouvernement Manuel Valls II.

En , il fonde le mouvement politique « En marche ! » puis démissionne de ses fonctions de ministre en août de la même année. Trois mois plus tard, le 16 novembre, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2017.

Famille

Emmanuel Jean-Michel Frédéric Macron est le fils de Jean-Michel Macron, médecin et professeur de neurologie au CHU d'Amiens[1] et responsable d'enseignement à la faculté de médecine de cette même ville[2], et de Françoise Noguès, médecin-conseil de la Sécurité sociale[3].

Ses grands-parents maternels sont originaires de la région de Bagnères-de-Bigorre, où il séjourne occasionnellement[4],[5]. Il affirme que c'est à sa grand-mère, principale de collège, qu'il doit son engagement à gauche[6].

Vie privée

Le [7], il épouse Brigitte Trogneux, issue d'une famille de chocolatiers amiénois[8], au Touquet-Paris-Plage où il réside[9]. Il a rencontré son épouse, de vingt-quatre ans son aînée[10],[11],[12], alors qu'elle était sa professeure de français et animait le club de théâtre en classe de première au lycée privé La Providence à Amiens[13]. Ses témoins de mariage sont le professeur d'économie Marc Ferracci[14] et l'homme d’affaires Henry Hermand[15]. Ce dernier est proche d'Emmanuel Macron depuis son stage d’élève haut fonctionnaire chez le préfet de l’Oise[16]. Son épouse participe activement à sa campagne présidentielle de 2017[17].

Pendant dix ans, il suit des études de piano au conservatoire d'Amiens[1],[18]. Il a par ailleurs pratiqué la boxe française[6] et le football.

Formation

Il est, de la sixième à la première, élève du lycée La Providence, un établissement privé catholique d'Amiens fondé par la congrégation des jésuites[19]. Il poursuit ses études à Paris au lycée Henri-IV, où il obtient le bac S avec la mention très bien[20]. Il est également lauréat du concours général de français en 1994[20],[21].

Admis en hypokhâgne et khâgne au lycée Henri-IV (classes préparatoires de lettres CPGE B/L - filière lettres et sciences sociales), il échoue au concours d’entrée à l’École normale supérieure[22],[21]. Il obtient par la suite une maîtrise[23], puis un DEA[24] de philosophie à l'université Paris-Nanterre[25]. Diplômé à 24 ans de l'Institut d'études politiques de Paris (2001), il étudie à l'ENA à Strasbourg de 2002 à 2004 dans la promotion Léopold Sédar Senghor[26], pour laquelle le classement final est annulé par le Conseil d'État à la suite d'un recours pour excès de pouvoir[27] (Emmanuel Macron fait partie des 75 requérants ayant saisi le Conseil d'État)[28], sans que cela ait d'influence sur l'affectation d'Emmanuel Macron à l'Inspection des finances ni sur les autres élèves de la promotion[29].

Des éléments de sa biographie publiés dans les médias ont fait l'objet d'incertitudes et de contradictions. Ainsi, Emmanuel Macron indique avoir réalisé un mémoire sur l'intérêt général, en rapport avec la philosophie du droit de Hegel, sous la direction d'Étienne Balibar, mais ce dernier indique ne pas avoir de souvenir ni de trace de cet épisode[30], précisant : « Peut-être s’agit-il d’une censure inconsciente, je ne sais pas »[31]. De même, plusieurs articles de presse biographiques indiquent qu'il a été élève à l'École normale supérieure, ce qui n'est pas le cas[32].

Carrière professionnelle

Inspecteur des Finances

En , à l'issue de ses études à l'ENA, il intègre le corps de l'Inspection générale des Finances (IGF)[26],[33]. Il participe notamment à des missions sur la « valorisation de la recherche »[34],[35], la « fraude aux prélèvements obligatoires et son contrôle »[36] et « la répartition des prélèvements obligatoires entre générations et la question de l'équité intergénérationnelle »[37].

En , il est nommé rapporteur adjoint de la Commission pour la libération de la croissance française (« commission Attali »)[38]. En , il sera nommé par décret membre de cette commission[39].

Le 30 juin 2008 Emmanuel Macron est corapporteur de la commission sur les professions du droit[40].

En 2016, il démissionne de l'inspection des finances. En tant qu'énarque, il devait dix ans de services à l'État ; n'en ayant effectué que six (ses deux ans comme ministre n'étant pas comptés), il doit s'acquitter de la somme de 54 000 euros[41].

Banquier d'affaires

En septembre 2008, il se met en disponibilité de la fonction publique, et devient banquier d'affaires chez Rothschild & Cie[42],[43]. Recruté par François Henrot sur recommandation de Jacques Attali et de Serge Weinberg, il indique que l'échec de son militantisme local et l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République l'ont poussé vers cette activité[6].

En 2010, Emmanuel Macron offre son aide bénévole à la Société des rédacteurs du Monde (SRM[44]), dans le contexte de la revente du journal Le Monde. Mais il est aussi en relation secrète avec Alain Minc, alors que celui-ci soutient une offre Perdriel-Prisa-Orange [45], et alors que cette offre paraissait à la SRM "particulièrement dangereuse" [46]. Après une scène de roman, où il s'est caché à un 6ème étage avec la porte de l’ascenseur bloquée, et où il est retrouvé par le vice-président de la SRM, Adrien de Tricornot[47], il est mis fin à son rôle d'agent double[46],[48].

Fin 2010, il est promu associé au sein de la banque[49].

En février 2012, il conseille Philippe Tillous-Borde, le PDG de Sofiprotéol qui prend 41% du capital de Lesieur Cristal[40].

En , il est nommé gérant et dirige l'une des plus grosses négociations de l'année (le rachat par Nestlé d'une filiale de Pfizer). Cette transaction, évaluée à plus de neuf milliards d'euros, lui permet de devenir millionnaire[13],[43]. François Henrot dira de lui qu'« il aurait été, s’il était resté dans le métier, un des meilleurs en France, sans doute même en Europe »[42]. Entre décembre 2010, date de sa nomination comme associé-gérant, et mai 2012, celle de son arrivée à l'Élysée, Emmanuel Macron indique avoir gagné 2 millions d'euros brut[50]. Selon ses déclarations de revenus et de patrimoine faites à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique, il a gagné plus de 2 800 000 euros bruts entre 2009 et 2013.

Carrière et parcours politique d'Emmanuel Macron

En marche !Parti Socialiste (France)Ministère de l'Économie et des Finances (France)Cabinet du président de la République françaiseBanquier d'affairesInspection générale des finances (France)

Parcours politique

Débuts militants

Il commence à militer au Mouvement des citoyens (MDC) pendant près de deux ans[50],[51], mais son adhésion à ce parti n'est pas établie. Il vote pour Jean-Pierre Chevènement au premier tour de l'élection présidentielle de 2002[51]. Il explique : « Autant la deuxième gauche m’a inspiré sur le social, autant je considère que son rapport à l’État reste très complexé. Je me suis toujours interrogé sur le rôle de l’État, et c’est pour cette raison que je me tourne, plus jeune, vers Jean-Pierre Chevènement »[51]. À la suite du 21 avril 2002, il considère que l’échec de Lionel Jospin et du Parti socialiste (PS) s’explique notamment par l’incapacité de la gauche à tenir un discours de fermeté sur les questions de sécurité[51].

Membre du PS à partir de l'âge de 24 ans, il y est actif, c'est-à-dire à jour de sa cotisation, de 2006 à 2009[13],[52],[53],[n 1]. Il collabore également avec la fondation Jean-Jaurès à partir de 2006[52].

Il rencontre François Hollande en 2006, par l'intermédiaire de Jean-Pierre Jouyet, et s'engage à ses côtés à partir de 2010[13]. Lors de l'élection présidentielle de 2007, il fait partie du groupe les Gracques, composé d’anciens patrons et de hauts fonctionnaires, qui appelle à une alliance entre Ségolène Royal et François Bayrou[54],[55]. Il essaie ensuite d’obtenir du PS une investiture aux élections législatives qui suivent en Picardie[56]. Cependant, les socialistes de Picardie refusant de le choisir, il n'est pas candidat[56]. Cet échec, associé à la victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2007, l'encourage à donner un nouveau tournant à sa carrière[56]. En 2007, alors qu'il est soutenu par une grande partie des commerçants du Touquet-Paris-Plage, il renonce à se présenter aux élections municipales, refusant de s'encarter à l'UMP[57]. En 2010, il décline la proposition, portée par Antoine Gosset-Grainville et validée par le palais de l'Élysée, de devenir le directeur de cabinet adjoint du Premier ministre, François Fillon[58].

Il soutient François Hollande lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011[3] et ce avant l'affaire du Sofitel, alors que Dominique Strauss-Kahn était en tête des sondages[59]. De juillet à décembre 2011, il anime un cénacle d'experts et d'économistes, le groupe de la Rotonde, composé des économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et Élie Cohen, et qui fait un rapport tous les 15 jours au candidat[6],[60]. Ce groupe prône « un véritable choc de compétitivité », idée que Michel Sapin, chargé du projet présidentiel, ne retient pas[14].

Secrétaire général adjoint de la présidence de la République (2012-2014)

Le , Emmanuel Macron, ayant réintégré la fonction publique, devient secrétaire général adjoint de l'Élysée en tandem avec Nicolas Revel[61],[62]. Il seconde le nouveau secrétaire général, Pierre-René Lemas. Il est notamment l'un des artisans[63],[64], voire à l'origine[65] du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi et du pacte de responsabilité et de solidarité[66]. Concernant ce dernier, il s'oppose à Nicolas Revel, chargé des questions sociales et « dont la fibre socialiste est plus affirmée », sur l'opportunité d'inscrire le projet dans le collectif budgétaire voté avant l'été 2014[67]. Il contribue par ailleurs au choix de l'Élysée de ne pas légiférer sur les salaires des patrons et de privilégier un code de bonne conduite[68]. Il confie avoir songé à quitter son poste « à l’automne 2013 [...] car notre réforme des retraites n’était pas à la hauteur de ce qu’on devait faire[54]. » Il apparait dans la liste des invités à la réunion du groupe Bilderberg de 2014 [69] en sa qualité de Secrétaire général adjoint de la présidence de la République.

Intermède (juin-août 2014)

Le , l’Élysée annonce qu'il quitte le cabinet de François Hollande et que Laurence Boone reprend les dossiers économiques et financiers. Son titre et rang protocolaire de secrétaire général adjoint de l’Élysée n'est en revanche pas conféré à celle-ci, qui ne reprend que le titre de chef du pôle économie et finance[70],[71]. Les observateurs expliquent son départ par ses déceptions de ne pas entrer dans le premier gouvernement de Manuel Valls et de ne pas obtenir gain de cause sur l'approfondissement des réformes engagées par le gouvernement[67], ou encore par l'arrivée comme secrétaire général de Jean-Pierre Jouyet, « beaucoup plus au fait des questions économiques et financières, mais aussi des questions européennes, que ne l’était son prédécesseur Pierre-René Lemas »[72],[31]. Alors qu'il espérait récupérer le poste de secrétaire général, il est également déçu de la décision de François Hollande de nommer ce dernier à la tête de la Caisse des dépôts et consignations[31].

Jean-Pierre Jouyet indique qu’Emmanuel Macron quitte la présidence « pour mener des projets personnels dans les domaines de l’enseignement et de la recherche »[73]. Il cherche, selon les sources, à créer une société de conseil financier[74],[31], « une sorte de TOEFL multidisciplinaire pour évaluer les élèves »[75] ou « un fonds d'investissement pour financer des projets innovants, notamment dans le domaine de l'éducation »[31]. Il décroche un poste universitaire à l'université de Berlin au début de l'été 2014 et obtient, avec l'aide d'Alain Minc, le titre de Senior Research fellow  en économie politique à la London School of Economics pour y devenir maître de conférence en policy-mix européen ; il a également cherché, par l'intermédiaire de Philippe Aghion, à décrocher un poste à l'université Harvard[31],[14].

Une candidature lui est proposée dans sa ville natale d'Amiens lors des élections municipales de 2014 mais il refuse l'offre[29]. Alors que Manuel Valls propose à François Hollande, à l'issue de ces élections, de lui confier le ministère du Budget dans son premier gouvernement[14],[72], le président de la République écarte cette idée en raison de cette absence de mandat électoral[29],[67],[72].

Ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique (2014-2016)

Emmanuel Macron lors de la passation de pouvoir.

Le , il est nommé ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls II en remplacement d'Arnaud Montebourg[76], dont il conserve la moitié du cabinet[75]. Plusieurs personnalités ont été envisagées avant lui : Bertrand Delanoë, Louis Gallois, Gérard Collomb ou encore Pascal Lamy ; il est suggéré par Jean-Pierre Jouyet[31]. Alors inconnu du grand public[77],[78], il devient le plus jeune ministre de l’Économie depuis Valéry Giscard d'Estaing dans le premier gouvernement de Georges Pompidou en 1962[79]. Il est qualifié par certains médias et acteurs politiques d'« anti-Montebourg »[80],[81] et de « symbole » d'un virage social-libéral de l'exécutif[82],[83],[84],[85]. La passation de pouvoir entre les ministres a lieu le au ministère de Bercy[86]. Il a pour directeur de cabinet Alexis Kohler, qui fut directeur de cabinet adjoint de Pierre Moscovici de juin 2012 à mars 2014, quand celui-ci était ministre de l'Économie et des Finances[87].

Prenant la suite du projet de « loi sur la croissance et le pouvoir d'achat » porté par Arnaud Montebourg, qui se donnait pour objectif de « restituer 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat » aux Français[88], il présente au mois de décembre 2014 au Conseil des ministres, le projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, aussi appelé « loi Macron », qui a pour objectif de « déverrouiller l'économie française » en modifiant notamment la réglementation concernant le travail le dimanche, les professions réglementées, les transports et le permis de conduire, l'ouverture du marché autocar[89] et la vie des entreprises et des salariés. Par peur de ne pas trouver de majorité sur ce texte, le gouvernement Valls II décide de ne pas faire voter cette réforme auprès des parlementaires et d'utiliser l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, pour la faire adopter[90]. Après son adoption le 10 juillet et une saisine du Conseil constitutionnel par l'opposition[91], la loi est promulguée le 6 août 2015[92].

L'OCDE estime que les mesures d'Emmanuel Macron généreront une hausse du PIB « de 0,3 % à un horizon de cinq ans et de 0,4 % à un horizon de 10 ans »[93]. À l'été 2016, Ludovic Subran, chef économiste de l'assureur Euler Hermes, estime à seulement un « demi-dixième de point » (soit 0,05 %) l’apport de la loi Macron à la croissance de la France[94]. Elle a pour mesure phare la libéralisation du marché des autocars longue distance, dits « autocars Macron »[95],[96].

D'après le journaliste Marc Endeweld, « les Français l'ont vraiment découvert à la télévision en mars 2015 », lors de son passage dans l'émission Des paroles et des actes[31],[97]. En avril 2015, Le Monde estime qu'à travers ses prises de parole, Emmanuel Macron « assume désormais son social-libéralisme en pleine lumière, même si son cabinet réfute tout changement d’attitude ou de discours »[98]. Fin 2015, il hésite à quitter le gouvernement en raison du projet de réforme sur la déchéance de la nationalité, avec lequel il exprime son désaccord ; il y renonce car celui-ci « ne fait pas partie de [son] périmètre ministériel »[99].

En janvier 2016, il dépose à l’Élysée et à Matignon un projet de loi, dit « Macron 2 » ou « nouvelles opportunités économiques » (NOÉ), qui est annulé par un arbitrage de l'exécutif[100],[94],[101]. Manuel Valls s'oppose tout particulièrement à ce qu'il présente ce nouveau projet de loi, dont le contenu est confié à d'autres ministères[100]. En février 2016, dans le cadre d'une réunion au palais de l'Élysée visant à arbitrer le contenu du projet de loi El Khomri, il accepte de s'effacer au profit de la ministre du Travail, à condition que le projet de loi comprenne deux dispositions qu’il avait prévu d’inclure dans le sien : la réécriture du licenciement économique et le plafonnement des indemnités prud’homales. Si Myriam El Khomri proteste et obtient alors gain de cause selon plusieurs témoignages, ces mesures sont finalement intégrées peu après dans le texte[101],[100].

Le , à Amiens, il fonde le mouvement politique « En marche ! », qu'il veut « transpartisan » et qu'il définit comme étant à la fois de droite et de gauche[102],[103]. Avec cette initiative, il assume pour la première fois son ambition de se présenter à une élection présidentielle[104]. Plusieurs députés lui apportent alors leur soutien[105]. Ce lancement fait l'objet d'une forte couverture médiatique[106]. Il s'accompagne de tensions avec François Hollande sur la question de la loyauté d'Emmanuel Macron à son égard[103], et d'une dégradation de ses relations avec le Premier ministre Manuel Valls[107]. Emmanuel Macron entretient également de mauvais rapports avec Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics[14],[75],[108]. Bénéficiant alors d'une très bonne image dans l'opinion, il voit celle-ci se dégrader en juin 2016, après une altercation filmée avec des syndicalistes[109]. Plusieurs journaux (L'Express, Les Échos, Le 1, L'Opinion) soutiennent plus ou moins ouvertement son action[15] ; il est également un ami d'Éric Le Boucher, cofondateur et éditorialiste de Slate[110]. La presse lui consacre de nombreuses unes[111], et la presse people obtient de très bonnes ventes en lui consacrant ses gros titres[112]. Certains observateurs évoquent ainsi la « macronite », désignant une attitude démesurément bienveillante à l'égard d'Emmanuel Macron, dont seraient atteintes la presse, voire l'opinion publique[113],[114],[115]. D'autres acteurs, issus de la gauche radicale (Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin), utilisent le terme pour dénoncer son positionnement politique et son influence au sein de la gauche[116],[117],[118].

Le 8 mai 2016, invité par la municipalité, il préside les Fêtes johanniques à Orléans, succédant ainsi à la journaliste Audrey Pulvar, qui avait elle aussi présidé la partie civile et purement laïque de ces Fêtes (le 8 mai 2015)[119].

Son départ du gouvernement est pressenti à plusieurs reprises par la presse à partir de l'été 2015[120]. Il envisage de démissionner en janvier 2016, après l'annulation de son nouveau projet de loi[100], puis après le meeting qu'il organise le 12 juillet 2016, au lendemain duquel Manuel Valls demande son renvoi à François Hollande[121] ; il se voit alors contraint de repousser l'échéance en raison de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice et de l'attentat de l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray[122],[121],[123]. Lors de son entretien du , François Hollande déclare qu'Emmanuel Macron est tenu à la « solidarité » gouvernementale et à la nécessité de « servir jusqu'au bout » sans « démarche personnelle et encore moins présidentielle »[120].

Il devient, en août 2016, le premier ministre d'un gouvernement socialiste à se rendre au Puy du Fou où il déclare qu'il n'est « pas socialiste ». Libération y voit « l’occasion de rester dans les bonnes grâces d’un public réputé plus catholique que la moyenne. Façon de prendre date, si d’aventure le leader d’En marche devait affronter François Bayrou sur la route de l’Elysée »[124].

Le 30 août 2016, il démissionne de sa fonction de ministre de l'Économie[125],[126] pour se consacrer à son mouvement politique, « En marche ! »[127],[128] Il est remplacé par Michel Sapin, qui se voit attribuer cette fonction en plus de celle de ministre des Finances qu'il exerçait déjà[125],[129]. François Hollande déclare alors qu'Emmanuel Macron l'a « trahi avec méthode »[130],[n 2]. Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron déplore le fait que le gouvernement ait « fait beaucoup de choses à moitié », contrairement à ce qu'il préconisait[131]. D'après un sondage de l'Ifop, 84 % des Français approuvent alors le choix d'Emmanuel Macron de quitter ses fonctions ministérielles[132].

Sous son action, le produit intérieur brut connaît des variations irrégulières, tandis que près de 500 000 nouveaux demandeurs d’emploi de catégorie A ont été enregistrés entre son arrivée et son départ du gouvernement[94]. Quelques jours après sa démission, l'annonce de la fermeture du site d'Alstom à Belfort lui attire des critiques, y compris de la part du palais de l'Élysée et de Michel Sapin, son successeur et ancien collègue à Bercy, qui déclare « qu’il avait levé le pied depuis un an », ou encore de son prédécesseur Arnaud Montebourg[133],[134],[135]. Il dénonce quant à lui la décision d'Alstom, affirme qu'elle n'avait jamais été communiquée au gouvernement et qu'il a agi sur le dossier en 2015 pour « éviter un plan social et des licenciements »[136]. Mediapart souligne qu'à Bercy, Emmanuel Macron s'est « privé de plusieurs moyens d’influencer les décisions stratégiques du groupe Alstom, surtout lors du rachat par le groupe américain General Electric de ses activités énergie – il a notamment refusé de se servir d’un décret, adopté en mai 2014, permettant à l’État de s’opposer à une prise de contrôle d’une entreprise française par un groupe étranger. Il a également donné à General Electric un avantage décisif dans les coentreprises détenues par les deux groupes »[135]. Il met en cause « une surcapacité du secteur ferroviaire français » et affirme que « l'idée que l'on puisse régler ces situations uniquement par la commande publique, c'est une fausse piste sur le moyen et long terme »[137]. Dans le même temps, les salariés licenciés de l'usine Ecopla en Isère, cédée à un groupe italien, lui reprochent également son inaction, tandis que le député Pierre Ribeaud déplore « une absence de prise de conscience » de sa part[135]. Interrogé sur ce sujet, Emmanuel Macron reconnaît « des échecs » et « des limites à l’action publique » : « Le rôle des responsables politiques, ce n’est pas de démontrer en toute circonstance des capacités, des protections que parfois ils n’ont plus »[135].

Élection présidentielle de 2017

En mars 2016, Emmanuel Macron exprime son souhait que François Hollande se présente à l'élection présidentielle de 2017 en le présentant comme « le candidat légitime »[138],[139]. Avec la formation du mouvement politique En marche ! en avril 2016, il assume pour la première fois son ambition de se présenter à une élection présidentielle[104]. De nombreux observateurs politiques et des médias avancent alors qu'il envisage de le faire dès 2017, notamment en raison de collectes de fonds qu'il organise[140]. Il indique qu'il envisage de se présenter à cette occasion après sa démission du gouvernement[141] et annonce sa candidature le 16 novembre 2016. Selon les sources, il dispose en décembre 2016 de 200[142] ou de 400 promesses de parrainage[143]. Publié en novembre 2016, son premier ouvrage, intitulé Révolution, est tiré à 200 000 exemplaires et figure parmi les meilleures ventes de livres en France (plus de 69 000 à la fin de l'année, soit la 6e position parmi les livres de personnalités politiques)[144],[145],[146].

Rejetant les appels de Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste, et de Manuel Valls, il refuse de participer à la primaire de la gauche de 2017, disant ne pas vouloir « s'enfermer dans des querelles de clans »[147],[148]. Jean-Christophe Cambadélis menace les membres du parti qui soutiendraient Emmanuel Macron de sanctions, voire d'exclusions[149]. Le Monde souligne que « jamais aventure personnelle comme la sienne n’a été couronnée de succès sous la Ve République. Jean Lecanuet, Alain Poher ou Michel Rocard s’y sont essayés avant lui, tous ont échoué à conquérir l’Élysée »[150].

Fin 2016, le responsable communication du candidat déclarait avoir déjà récolté 3,7 millions d'euros de dons pour la présidentielle[151] c'est-à-dire entre 2 et 3 fois le budget de François Fillon ou Alain Juppé pour la primaire de la droite [152]. Son parti politique ne bénéficiant pas encore de financement public, l'ensemble de cette somme provient de dons de particuliers[151]. En novembre 2016, Benoît Hamon presse Emmanuel Macron de révéler la liste de ses donateurs, mettant entre autres en avant les conflits d'intérêts possibles liés à son statut d'ancien associé de la banque Rothschild [153]. Ce dernier refuse cette transparence taxant la demande de « démagogique » [154].

Dans leur ouvrage intitulé Dans l’enfer de Bercy, les journalistes Marion L'Hour et Frédéric Says relèvent qu'Emmanuel Macron a utilisé à lui seul 80 % de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère, soit plus de 120 000 euros en huit mois en organisant de nombreux dîners avec des personnalités très diverses[155],[156],[157]. Il est alors accusé par les députés Christian Jacob (LR) et Philippe Vigier (UDI) d'avoir utilisé cet argent pour mettre en avant son mouvement En marche !. Il affirme n'avoir rien à se reprocher et que les 120 000 euros dépensés lui ont servi à « recevoir [ses] homologues, des entrepreneurs, des femmes et des hommes de la vie française » dans le cadre de son rôle de ministre[158],[159]. Selon Le Monde, Macron aurait pu cibler « des interlocuteurs plus susceptibles de l'aider à préparer sa future campagne présidentielle qu'à alimenter ses activités de ministre » et dépensé 80 % du budget annuel de fonctionnement de son ministère en huit mois, mais il est peu probable qu'il soit poursuivi[159]. S'il confirme les dépenses, son successeur au ministère de l'économie Michel Sapin n'y voit quant à lui rien d'illégal, considérant que Macron « n'a pas dépensé plus » d'argent qu'il n'en avait le droit. Il déplore en revanche son désengagement vis-à-vis de ses fonctions lors de ses derniers mois au ministère[160]. Emmanuel Macron répond qu'il s'agit de propos diffamatoires, qu'« aucun centime » de son budget ministériel n'a été dépensé pour soutenir son mouvement et qu'il s'est montré très actif « comme doit l'être un ministre », voyageant notamment beaucoup[156].

De nombreux observateurs soulignent ou s'interrogent sur la « bulle médiatique » dont il ferait l'objet[161],[162],[163],[164],[165]. Certains mettent en avant la différence entre la « surexposition » médiatique[166] et l'intérêt réel des réseaux sociaux pour le candidat[167]. Mediapart relève que « presque une cinquantaine de couvertures de magazine » lui sont consacrées entre et , contre « une poignée » pour Jean-Luc Mélenchon, généralement situé une position derrière lui dans les intentions de vote et qui rencontre un succès similaire dans les meetings et sur internet[168]. Il est parfois présenté comme le « candidat des médias »[169],[170], où il bénéficierait du soutien de Xavier Niel et Pierre Bergé, copropriétaires du groupe le Monde[169]. Divers documents et articles d'analyse montrent comment sa stratégie de campagne électorale est développée selon des méthodes marketing, le candidat étant lancé comme un produit commercial[171]. Derrière la gestion de cette communication, est mis en avant le savoir-faire de Maurice Lévy PDG de Publicis Groupe qui compte parmi ses conseillers[172],[173]. Il recueille des soutiens y compris dans des titres de la presse américaine et britannique tels que le Financial Times ou Foreign Policy[174],[175]. Le magazine Marianne montre que BFM TV, dont l'un des actionnaires de référence est Patrick Drahi, diffuse au total autant de minutes de meetings du candidat Macron que de l'ensemble de ses quatre principaux concurrents réunis, ce qu'il qualifie de « véritable matraquage télévisuel »[176].

Certains comparent sa dynamique et son positionnement à la candidature de François Bayrou en 2007 — ce dernier le critique vivement par ailleurs en le comparant plutôt à la candidature de Nicolas Sarkozy lors de la même élection[168],[177].

Le 22 février 2017, François Bayrou annonce qu'il n'entend pas se présenter à l'élection présidentielle et propose une alliance à Emmanuel Macron, qui l'accepte.

Soutiens

La candidature d'Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017 a reçu le soutien officiel de nombreuses personnalités, parmi lesquels : Pierre Bergé, Alain Minc, Jacques Attali, Bernard Kouchner, Daniel Cohn-Bendit, François Bayrou.

Positionnement

Analyses

Emmanuel Macron en 2014.

Positionnement

Qualifié par certains observateurs de social-libéral[107],[178],[179],[180],[81] ou de social-démocrate[181],[182],[6], soutenu à l'aile droite du Parti socialiste[183] et par une partie de la droite[184], il est en faveur du rétablissement de l'équilibre des finances publiques et du libre jeu du marché[13], c'est-à-dire partisan d'une politique comme celles menées par Clinton, Blair ou Schröder en leur temps et s'apparentant à la troisième voie[185],[186],[187]. Il se présente comme socialiste en décembre 2014[188] puis, après avoir longtemps refusé d'utiliser le terme, comme libéral à partir de l'automne 2015, à la fois sur les plans politique et économique, tout en précisant, selon les occasions, que le libéralisme est « une valeur de la gauche » ou n'est « ni de droite ni de gauche », et qu'il n'est pas « ultra-libéral », préconisant « un socle de solidarité collective, de régulation »[189],[190],[191],[192]. Lors d'une visite en Vendée en août 2016, il déclare : « L'honnêteté m'oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste ». Il précise ensuite faire partie d'un « gouvernement de gauche » et voulant « servir l'intérêt général », comme tout « ministre de la République »[193]. Dans son ouvrage Révolution publié en novembre 2016, il se présente à la fois comme un « homme de gauche » et un « libéral », « si par libéralisme on entend confiance en l'homme »[194].

Avec son mouvement En marche !, il entend dépasser le clivage gauche-droite, à l'instar de François Bayrou ou de Jacques Chaban-Delmas par le passé[195], estimant que « le vrai clivage dans notre pays (...) est entre progressistes et conservateurs »[196]. Ses prises de position mêlent des mesures considérées comme étant « de gauche » et d’autres « de droite »[197], lui valant d'être situé à l'« extrême centre »[198],[199]. Il rejette toutefois le qualificatif de centriste[200], affirmant qu'il n'est « pas un nouveau Lecanuet »[201]. Le politologue Luc Rouban relève que ce positionnement est « un classique qui s'est concrétisé par les tentatives réitérées des candidats centristes depuis des décennies. Seul Valéry Giscard d'Estaing s'est fait élire sur ce positionnement et sa politique a été celle d'un homme de droite »[202]. Avec le lancement d'En marche ! et le recours à une rhétorique antisystème, il est également qualifié de populiste par certains observateurs et en particulier par Manuel Valls, sous la forme d'une accusation ; Emmanuel Macron rejette ce qualificatif[203],[198],[204],[205],[206].

Il est perçu comme une manifestation de la demande de renouvellement du personnel politique[207],[208],[209] mais des intellectuels et commentateurs politiques s'interrogent aussi sur le but final de sa candidature à l'élection présidentielle 2017, ainsi que sur l'origine des financements de sa campagne et la teneur réelle de son programme électoral[210],[211].

Filiation et comparaisons

Proche, à partir de 2002, de l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard[6] et considéré comme un des héritiers de ce dernier[212], il se réclame lui-même de sa filiation et indique qu'il « est celui qui [l]'a fait venir à l'action politique »[213], tout en se disant « très différent » de lui, notamment concernant l'attachement au PS[214],[215]. Commentant, peu avant sa mort, son profil et celui de Manuel Valls, qui s'inscrit également dans sa filiation, Michel Rocard évoque deux hommes « formés par un parti amputé » et évoluant dans une société où « la conscience de porter une histoire collective a disparu (alors qu')elle était notre ciment »[216]. Pierre-Yves Cossé souligne que si « leurs orientations politiques convergent », « Michel Rocard attache une grande importance théorique et pratique à des dispositifs se situant à la marge du capitalisme, l'économie sociale et toutes les formes d'expérimentation sociale », tandis qu'« Emmanuel Macron a une connaissance et une pratique approfondie des mécanismes de financement et fait confiance aux banques » ; de même, sur le plan de la « méthode politique », de nombreux « points communs » côtoient « deux différences majeures ; l'argent et les partis politiques »[217]. Emmanuel Macron revendique également une filiation politique avec Pierre Mendès France[218] et François Mitterrand[219],[220].

Il est couramment comparé à Valéry Giscard d'Estaing : tous deux sont en effet inspecteurs des Finances, deviennent ministres très jeunes avec des attributions dans le domaine de l'économie et des orientations proches en la matière, affichent très tôt l'ambition d'être élu président de la République et apparaissent comme des figures de renouveau dans la vie politique française[221],[222],[223],[224],[225],[226]. Valéry Giscard d'Estaing reconnaît lui-même en 2016 qu'Emmanuel Macron lui ressemble « probablement un peu »[227]. Certains analystes soulignent néanmoins que si l'élection de Valéry Giscard d'Estaing en 1974 a bel et bien constitué une surprise, ce dernier disposait alors d'une expérience gouvernementale et politique plus importante et du soutien d'un groupe parlementaire conséquent[228],[161].

Il est également comparé à Georges Pompidou — tous deux ont brièvement milité au parti socialiste, sont passés chez Rothschild & Cie, ont développé un intérêt pour les humanités et collaboré avec un président de la République avant de prendre leurs distances[229],[230],[231] — ou encore à Edgar Faure pour ses propos contre « l'immobilisme » et sa volonté de transcender le clivage gauche-droite[232],[233].

Emmanuel Macron émerge en même temps que des mouvements européens au positionnement similaire tels que La Rivière en Grèce, le Choix civique pour l'Italie de Mario Monti, NEOS en Autriche ou encore Ciudadanos en Espagne. Albert Rivera, président-fondateur de Ciudadanos, apporte son soutien à Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle en voyant en lui un « réformiste »[234],[235],[236],[237],[238].

Déclarations

Le parcours politique d'Emmanuel Macron est jalonné de déclarations qui déclenchent des polémiques et se voient parfois baptisées du nom générique de « macronades » dans les médias ; ceux-ci se demandent dans quelle mesure ces propos peuvent être spontanés ou, au contraire, intégrer une stratégie de communication[239],[240],[241]. Le terme plus péjoratif de « macronerie » est également utilisé[242].

Institutions

Un an avant l'élection présidentielle de 2012, il consacre un article aux contraintes qui pèsent sur l'action politique dans la revue Esprit. Face à l'apparition, « depuis une vingtaine d’années », d'« un hiatus entre l’émergence des problèmes de long terme, complexes, structurels, parfois mondiaux, et des urgences économiques, sociales, démocratiques dont le non-traitement immédiat est perçu comme insupportable par les opinions publiques », il présente l'échéance électorale à venir comme un « spasme [...] autour duquel tout se contracte et lors duquel tous les problèmes doivent trouver une réponse », et met en cause l'inadaptation de « la notion de programme politique » aux nécessités de l'action politique. Plaidant pour la « recomposition » de cette dernière, il propose une « redéfinition claire des responsabilités politiques » entre les différentes collectivités territoriales ; « l’animation permanente du débat », qu'il rattache à « la double vertu du parlementarisme et de la démocratie sociale » ; et l'attribution au personnel politique de la responsabilité d'énoncer « une vision d’ensemble, un corpus théorique de lecture et de transformation du social », plutôt qu'« un discours technique qui égrène des mesures »[243].

En juillet 2015, dans une interview donnée à l'hebdomadaire Le 1, il regrette l'absence de la figure du roi dans la vie politique française :

« Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n'est plus là ! […][244]. »

Certains médias ont rappelé que cette position prétendument royaliste faisait référence à la notion de monarque républicain[245]. Après avoir démissionné du gouvernement, il indique avoir pour modèles le général de Gaulle et François Mitterrand, qui avaient selon lui « une capacité à éclairer, une capacité à savoir, une capacité à énoncer un sens et une direction ancrées dans l’histoire du peuple français » ; il ajoute qu'il ne croit pas au « président normal », image sur laquelle François Hollande avait fait campagne, qu'il identifie à « une présidence de l’anecdote, de l’événement et de la réaction [qui] banalise la fonction »[220].

En septembre 2015, lors d'un forum organisé par le journal Le Monde, Emmanuel Macron affirme qu'il n'a pas l'intention de se présenter aux élections législatives de 2017 et déclare qu'être député « pour peser au parti, pour être qui ministre, qui Premier ministre, qui président de la République », « est le cursus honorum d’un ancien temps »[192],[246]. Il préconise d'« introduire davantage de proportionnelle, sans nuire à l'efficacité de notre système démocratique »[247].

En octobre 2016, lorsqu'il expose la première synthèse de son « diagnostic sur l'état de la France », il propose d'introduire le scrutin proportionnel à l'Assemblée nationale et, « de façon massive », au Sénat ; de limiter le cumul des mandats, y compris dans le temps ; de mettre en place des incitations ou des sanctions financières pour l'introduction des personnes non encartées sur les listes électorales ; de mettre en place des formations pour aider les citoyens à accéder aux fonctions d'élus et pour aider les responsables politiques à revenir à la vie normale ; d'obliger le président de la République à rendre des comptes chaque année de son mandat devant une commission de citoyens tirés au sort ; d'obliger les ministres à passer une audition parlementaire avant d'être nommés[248] ; de « subordonner l'accès à la vie élective à un casier judiciaire vierge »[249].

Union européenne

Emmanuel Macron est présenté par certains observateurs comme europhile[199],[250] et fédéraliste[251],[252]. Il indique quant à lui qu'il n'est « pas un européiste, pas un eurosceptique, ni un fédéraliste au sens classique »[253], mais présente En marche ! comme « la seule force politique pro-européenne » en France[254]. En la matière, il se réclame de la « philosophie [...] portée durant nombre d'années par Jacques Delors »[255].

En juin 2015, il publie avec son homologue allemand Sigmar Gabriel une tribune plaidant pour une poursuite de l’intégration européenne. Ils y préconisent la poursuite « des réformes structurelles (marché du travail, attractivité…), des réformes institutionnelles (notamment dans le domaine de la gouvernance économique) », mais également un rapprochement « des systèmes fiscaux et sociaux (via, par exemple, des salaires minimums mieux coordonnés ou une harmonisation de l’impôt sur les sociétés) »[101]. Il prône la création d’un poste de « commissaire responsable de la zone euro, ainsi qu’un Parlement de la zone euro »[192] et un budget commun pour celle-ci[256].

Il se dit « favorable au renforcement des mesures antidumping, qui doivent être plus rapides et plus puissantes, comme aux États-Unis. Nous devons également mettre en place au niveau européen un contrôle des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques, pour protéger une industrie essentielle à notre souveraineté ou garantir la maîtrise européenne des technologies clés »[257].

En juillet 2015, tout en mettant en cause la « question biaisée » du référendum grec, il appelle à ne pas provoquer « une sortie automatique » de la Grèce de la zone euro et à « ne pas faire le traité de Versailles de la zone euro » en cas de victoire du « non ». Il estime que les dirigeants grecs et européens ont « coproduit » la crise de la dette publique grecque[258]. Il considère également que l'accord conclu à l'été 2015 entre la Grèce et ses créanciers, impulsé notamment par François Hollande, « ne purge pas le sujet de la dette », rejoignant ainsi les critiques du Fonds monétaire international[259]. En juin 2016, il critique la politique de rigueur imposée à la Grèce, qu'il ne juge pas soutenable, et prône la mise en place conjointe de « mécanismes de solidarité budgétaire et financière » et d'un mécanisme de restructuration des dettes publiques dans la zone euro[260]. Très critique du rôle de François Hollande dans la crise grecque, Yánis Varoufákis, ministre des Finances du premier gouvernement d'Alexis Tsípras, se montre élogieux envers Emmanuel Macron, qui était selon lui « le seul ministre français de l'administration de François Hollande qui semblait comprendre ce qui était en jeu au sein de la zone euro » et qui a, d'après lui, « essayé de jouer les intermédiaires entre nous et la troïka de nos créanciers même si on ne lui a pas permis de jouer ce rôle »[261].

En février 2017, Emmanuel Macron est le seul candidat à la présidentielle ouvertement favorable à l'Accord économique et commercial global (CETA) établi entre le Canada et l'Union européenne[262]. Il critique le blocage du gouvernement wallon, tout en reconnaissant que ses revendications sont pertinentes ; il estime ainsi qu'il ne fallait pas faire valider le traité par les parlements nationaux car « cela décrédibilise l’Europe »[263].

Concernant le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TAFTA puis TTIP), il estime en juin 2016 que « les conditions ne sont pas remplies » mais appelle à ne pas « fermer la porte de toute éternité » et défend « la nécessité d'’un lien fort avec les Américains »[264].

Il souhaite la création d'un « Erasmus pour tous » avec l'obligation pour les étudiants de passer six mois en scolarité ou en apprentissage à l'étranger[252].

Politique étrangère

En raison de son tropisme atlantiste et pro-européen, il fait l'objet de l'hostilité du Kremlin[265].

En déplacement au Proche-Orient début 2017, il se définit dans une position médiane « à mi-chemin de la politique d’ostracisation du régime Assad et de soutien exclusif à la rébellion » suivie par la France depuis 2011. Opposé au mouvement BDS, il refuse de se prononcer sur la reconnaissance de l’Etat de Palestine[266].

Économie

Durant la campagne présidentielle de 2012, alors qu'il est davantage favorable à la suppression de niches fiscales[6], il déclare en petit comité au sujet de la proposition de François Hollande de taxe à 75 % sur les très hauts revenus : « C'est Cuba sans le soleil[80] ! »

Lorsque le ministre de l'Industrie Arnaud Montebourg tente de sauver les emplois menacés du site ArcelorMittal de Florange, il affirme que la « gauche romantique » doit ouvrir les yeux, et ajoute : « La gauche est censée changer le réel mais, compte tenu des contraintes, changer le réel sera compliqué[267]. » S'il n'est pas hostile à l'option de nationaliser les hauts fourneaux, il estime qu'Arnaud Montebourg s'enferme trop dans cette unique solution[50].

En octobre 2013, il déclare à Mediapart :

« On ne peut plus présenter la gauche comme l’extension infinie des droits. […] L’idéologie de gauche classique ne permet pas de penser le réel tel qu’il est. Il nous manque des outils – il faut le reconnaître. La gauche n’a pas assez repensé ses objets. [...] Ce qu’on appelle de manière un peu vieillotte le « socialisme de l’offre », c’est faire attention à la répartition de la charge entre les différents acteurs de l’économie. […] Ce « socialisme de l’offre » suppose donc de revisiter un des réflexes de la gauche, selon lequel l’entreprise est le lieu de la lutte des classes et d’un désalignement profond d’intérêts. […] La gauche moderne est celle qui donne la possibilité aux individus de faire face, même aux coups durs. Elle ne peut plus raisonner en termes de statuts. La société statutaire où tout sera prévu va inexorablement disparaître[268]. »

Dans une interview accordée au Point la veille de sa nomination comme ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls II, il déclare : « Nous pourrions autoriser les entreprises et les branches, dans le cadre d'accords majoritaires, à déroger aux règles de temps de travail et de rémunération. C'est déjà possible pour les entreprises en difficulté. Pourquoi ne pas étendre à toutes les entreprises, à condition qu'il y ait un accord majoritaire avec les salariés[269]? »

Le cabinet du Premier ministre indique alors que le gouvernement « n'a pas l'intention de revenir sur la durée légale du travail à 35 heures », dont la modification éventuelle « relève de discussions entre partenaires sociaux » que l'exécutif « respectera »[270].

Début , Emmanuel Macron donne une interview au journal Les Échos, dans laquelle il déclare : « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires[271]. » Cette prise de position déclenche un tir de barrage depuis son camp, y compris de la part du premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, qui déclare : « L'appât du gain, des milliardaires… c'est pas tout à fait ma tasse de thé[272]. » Au-delà du Front de gauche et du PCF qui expriment le rejet de cette idée, certains à droite comme François Fillon ironisent : « Je comprends que c'est un objectif qui peut être le sien, ou qui a pu être le sien dans le passé, mais c'est surtout, je trouve, un peu réducteur comme idéal de vie[273]. » En définitive, la presse doute que ce genre de sortie aide le ministre à faire passer sa loi[274].

Emmanuel Macron juge « intéressante » l'idée d'instituer un revenu de base[275],[276].

En novembre 2016, il prône la fin des 35 heures pour les jeunes [277]. Il réfute cependant cette mesure en décembre lors d'un meeting de campagne, en déclarant que la durée légale du temps de travail « doit rester à 35 heures »[278].

Pour l'universitaire Frédéric Lebaron, « la croyance économique portée par Emmanuel Macron est un concentré de la doctrine promue par l’oligarchie financière publique depuis des décennies »[225]. Certains observateurs soulignent l'absence de nouveauté de la plupart de ses propositions de campagne en matière économique et sociale ou leur continuité avec la ligne des précédents gouvernements socialistes et de la sienne en tant que ministre de l'Économie[279],[280]. Certaines de ses prises de position en matière d'économie s'avèrent isolées sur l'échiquier politique français, telles que l'adaptation du temps de travail à l'âge des salariés ou le droit au chômage en cas de démission ; d'autres sont défendues à droite, comme la nationalisation de l'Unédic ou le droit au chômage pour les travailleurs indépendants[197]. Sur plusieurs points, Emmanuel Macron tient, à quelques mois de distances, des propos contradictoires ou opposés : c'est le cas notamment pour les 35 heures, l'indemnisation dégressive du chômage ou le diesel[281].

En février 2017, il annonce vouloir supprimer 120.000 postes de fonctionnaires en ne renouvellant pas leurs postes « 70.000 venant des collectivités et 50.000 de l'État »[282]

Laïcité et religions

En juillet 2016, lors du premier meeting d'En marche !, il annonce être contre l'interdiction du voile à l'université, prenant les propos de Manuel Valls à ce sujet à contre-pied : « Je ne crois pas pour ma part qu'il faille inventer de nouveaux textes, de nouvelles lois, de nouvelles normes, pour aller chasser le voile à l'université, pour aller traquer ceux qui lors des sorties scolaires peuvent avoir des signes religieux »[283]. Réagissant à des propos tenus par Manuel Valls et Jean-Pierre Chevènement sur la pratique de l'islam, il « dénonce les considérations qui demandent à des citoyens d'être « discrets », parce que les précédents historiques où l'on a demandé la discrétion en matière de religion ne sont pas à l'honneur de la République »[284].

Le 6 octobre, il se plaint « des écoles confessionnelles qui enseignent la haine de la République, professent des enseignements essentiellement en arabe ou, ailleurs, enseignent la Torah plus que les savoirs fondamentaux ». Cette déclaration déclenche une vive polémique et des réactions du FSJU, en charge des écoles confessionnelles juives[285].

Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire Marianne le 1er octobre 2016, Emmanuel Macron déclare au sujet des musulmans : « Dans le champ public, je ne leur demande qu'une seule chose : qu'ils respectent absolument les règles. Le rapport religieux renvoie à la transcendance et, dans ce rapport-là, je ne demande pas aux gens d'être modérés, ce n'est pas mon affaire. Dans sa conscience profonde, je pense qu'un catholique pratiquant peut considérer que les lois de la religion dépassent les lois de la République. Simplement, à chaque instant où il est dans le champ public, les lois de la République prévalent sur les lois religieuses.» [286].

Santé

En matière de santé, Emmanuel Macron entend « décloisonner les professions », en faisant notamment « entrer des praticiens privés à l'hôpital »[256]. Il ne remet pas en cause le dispositif du tiers payant mais estime qu’il faut revenir sur le paiement des médecins à l’acte « pour faire face à la surcharge de travail » ainsi qu'à « une nouvelle sociologie de médecins qui veulent travailler autrement », mais aussi pour « un problème d’efficacité »[287]. Il propose de « construire une stratégie pluriannuelle qui permette d’intégrer les investissements massifs nécessaires, les innovations technologiques et organisationnelles », et de « refonder » l'Objectif national des dépenses d'assurance maladie (ONDAM)[287]. Il estime que le plan Juppé de 1995 concernant l'assurance maladie était une réforme « nécessaire, mais sur le plan démocratique elle n’avait pas été expliquée »[256]. Il propose de « prendre en charge à 100 % l’optique, l’audition et le dentaire »[288].

Sécurité et terrorisme

Emmanuel Macron estime que le projet de réforme avorté sur la déchéance de la nationalité n'était pas une « solution concrète » et juge que « la prolongation sans fin de l'état d'urgence pose des questions, et des questions légitimes » ; il prône des moyens accrus pour les services de renseignement[256].

Il appelle de ses vœux un rétablissement de la police de proximité[256] et considère que « sur la gestion de certains grands risques il faut déléguer aux associations », voire au secteur privé[248].

Il estime que sa proposition de mettre à disposition de chaque jeune majeur un "pass culture" de 500 euros pourrait participer à encourager "les jeunes à découvrir la culture de leur pays et entend les éloigner du terrorisme"[289].

Immigration

Contrairement à plusieurs socialistes, dont Manuel Valls, il apporte son soutien à la politique d'accueil des migrants conduite par Angela Merkel en Allemagne[290]. Il se dit confiant sur la capacité de la France à accueillir davantage d'immigrés, dont il salue l'arrivée sur le sol européen, notamment sur le plan économique[291].

Cependant, il estime que Frontex « n’est pas un programme suffisamment ambitieux » et appelle à davantage d'investissements « sur les garde-côtes, les garde-frontières, car qui entre à Lampedusa ou ailleurs concerne chaque pays européen »[263]. Il associe cette mesure à « un véritable système de carte d'identité commun »[292]. Concernant les demandes d'asile, il estime que « les délais d'examen [...] doivent être considérablement abrégés » et que toutes les personnes dont les demandes échouent « doivent être reconduites à la frontière »[293].

Environnement

Dans la perspective de la Conférence de Paris de 2015 sur le climat, il appelle à « accélérer la transition écologique » et prône un « équilibre entre impératif écologique et exigence économique », objectif que recherche selon lui le gouvernement en luttant « sur cinq fronts » : « innovation » ; « simplification » ; « renforcer notre efficacité énergétique et [...] réduire le recours aux énergies fossiles » ; « compétitivité énergétique » ; action « en Europe et à l'international »[294].

En 2016, il propose que la France « sécuris[e] ses approvisionnements dans les matières les plus stratégiques au moyen de trois leviers : l'économie circulaire et la récupération des matières contenues dans les produits en fin de vie [...] ; la diversification des approvisionnements pour s’affranchir des risques géopolitiques [...] et faire jouer la concurrence ; la création de nouvelles mines en France, de taille raisonnée et obéissant aux meilleurs standards environnementaux et sociaux »[295].

Pendant sa campagne, il indique vouloir respecter les engagements de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, fermer toutes les centrales à charbon encore existantes en France et ne plus donner de nouveau permis d’exploitation des hydrocarbures[296].

Durant l'été 2016, il prend la défense du diesel, auquel il estime qu'il ne faut « pas faire la chasse » car il « reste au cœur de la politique industrielle française ». Cette prise de position pour ce carburant polluant s'inscrit dans les suites de l'Affaire Volkswagen et lui vaut les foudres de son camp politique[297],[298],[299]. Macron s'exprime également en faveur de la filiale nucléaire, qui est selon lui « un choix français et un choix d'avenir »[300].

Concernant le projet d'aéroport du Grand Ouest, il estime d'abord qu'il « relève d'un modèle qui n'a plus cours aujourd'hui » mais « qu'il faut lancer la construction parce que la consultation a eu lieu »[301]. Il indique ensuite qu’il se donnerait six mois, s’il était élu président, pour statuer sur ce projet après un examen comparatif avec l'alternative d'un aménagement de l’aéroport de Nantes Atlantique, sous l'autorité d'un « médiateur indépendant »[296]. Il dit également refuser toute « évacuation de la ZAD par la violence »[296].

Logement

Emmanuel Macron propose de relancer « de manière brutale » la production de logements par « une politique de l'offre », quitte à « réduire » des « normes », « certains droits et certaines capacités de recours » pour « accélérer les opérations » immobilières[256].

Éducation

Pour L'Obs, les propositions d'Emmanuel Macron en matière d'éducation s'inscrivent dans les pas « des ministres de l’Education qui se succèdent rue de Grenelle depuis dix ans » et « font largement consensus » ; elles s'inscrivent « dans l'esprit de la loi de refondation de l’école de l’ex-ministre de l’Education Vincent Peillon (priorité au primaire), avec un soupçon de libéralisme de droite (plus d’autonomie aux écoles) et un message rassurant envoyé aux élites sociales (maintien des classes prépas et des grandes écoles puisque le système marche) »[302].

Il propose que les réseaux d'éducation prioritaire (ex-ZEP) enrôlent des professeurs expérimentés, mieux payés, et disposant d'une plus grande liberté pédagogique[302].

Avec pour objectif de renforcer la mixité sociale au collège, il propose d'enrichir l’offre scolaire dans les collèges de quartiers populaires pour qu’ils attirent les bons élèves du secteur, voire des élèves venus d’ailleurs par dérogation ; ces mesures font l'objet d'une expérimentation du gouvernement à la rentrée 2016[302]. Il conforte le besoin d'un collège unique et propose une réforme de la carte scolaire[303].

Selon lui, l'enseignement professionnel « doit devenir une priorité de l’Éducation Nationale » mais il évoque une réforme organisationnelle proche de celle mise en place en Allemagne, avec la proposition d'une décentralisation. « L’État doit définir les programmes et le cadre de l’enseignement professionnel, et la gestion de ces filières doit être transférée aux régions »[304]

Il confirme le besoin d'une autonomie accrue des universités[305] avec la mise en place de deux systèmes universitaires : des universités de proximités qui assureraient des formations courtes (licence) en lien avec les bassins d'emploi régionaux et des universités d'envergure internationale, plus sélectives, délivrant des diplômes jusqu'au master et au doctorat[réf. nécessaire].

Controverses

Il crée la polémique le 17 septembre 2014, en déclarant qu’une partie non négligeable des employés bretons de Gad étaient « illettrés » avant de regretter ses propos[306],[307].

Le 13 janvier 2017, en déplacement à Noeux-les-Mines (Pas-de-Calais), l'ancien ministre de l'Économie est accusé par certains élus de tout bord politique, de « mépriser » les habitants du bassin pour avoir affirmé que l'alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier[308].

Dans son livre Révolution, publié en novembre 2016, il « plaide pour une dépénalisation de la détention en petite quantité du cannabis afin de désengorger les tribunaux ». Toutefois, dans un entretien accordé au Figaro en février 2017, il réfute totalement l'idée en déclarant qu'il « ne croit pas à la dépénalisation des "petites doses" ni aux peines symboliques, cela ne règle rien[309] ».

Il est critiqué pour évoquer, également dans son livre Révolution, « des éléments de civilisation » dans la colonisation de l'Algérie : « Oui, en Algérie, il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie[310]. ». En février 2017, il revient sur ses propos en déclarant à une chaîne algérienne qu'« il est inadmissible de faire la glorification de la colonisation » et qu'il l'a « toujours condamné ». Il ajoute également : « La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime contre l’humanité[311]. » Cette sortie est abondamment commentée dans la presse[312],[313]. Pour l'historienne Sylvie Thénault, « le contexte suggère que ses déclarations visent à chercher des voix dans un électorat qui serait sensible à une condamnation de la colonisation »[314].

Il déclare le 4 février 2017 : « Il n'y a pas de culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse »[315]. Le 21 février suivant, à Londres, il réitère ses propos en affirmant qu'« il n'y a pas de culture française » et qu'il n'a jamais vu l'« art français »[316]. Ces déclarations lui attirent des critiques du monde politique et culturel français[317].

Le 16 février 2017, il crée une controverse en regrettant « l'humiliation » qu'auraient subie les opposants au mariage pour tous, suscitant de nombreuses réactions, notamment de la part des personnes LGBT et de Christiane Taubira[318],[319],[320].

Affaires

Sous-estimation de son patrimoine immobilier

Dans son édition du 31 mai 2016, le Canard Enchaîné révèle qu'Emmanuel Macron a sous-évalué son patrimoine de 253 255€ par rapport à l'évaluation faite par l'administration fiscale, qui a vérifié les déclarations réalisées auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP)[321]. Cette sous-évaluation concerne la valeur de sa maison au Touquet, que l'intéressé affirme avoir fait expertiser en 2012 par un expert auprès de la cour de cassation qui l'aurait évalué 1 200 000 euros, alors que l'administration fiscale considère qu'elle vaut 1 453 255 euros. Cette réévaluation par le FISC fait passer le patrimoine des époux Macron mécaniquement au-dessus du seuil d’imposition à l'ISF, entraînant une régularisation fiscale de 4 174 euros pour 2013 et de 2 264 euros pour 2014. Cette régularisation n'a toutefois pas donné lieu à un redressement fiscal mais à une déclaration rectificative de la part d'Emmanuel Macron, qui déclare à ce sujet dans le journal l'Express du 13 juin 2016 : "Le fisc est toujours précis! Si j'avais été un citoyen normal, j'aurais discuté. Mais il n'était pas sain que, ministre à Bercy, je m'engage dans une discussion, même si je n'ai pas l'administration fiscale sous mon autorité."

Par ailleurs, le même Canard enchainé révèle que celui qui est alors ministre de l'économie n'a réévalué son appartement du XVème arrondissement de Paris que de 5% entre 2007 et 2013, alors que l'indice des prix dans cet arrondissement a grimpé de 33% sur la même période. L'intéressé déclare à ce sujet : "J'ai acheté cher".[322]

Autres engagements

De 1999 à 2001, il assiste le philosophe Paul Ricœur et travaille sur l'appareil critique (bibliographie et notes de bas de page) de son livre La Mémoire, l’histoire, l’oubli[22],[6]. Il devient de ce fait membre du comité de rédaction de la revue Esprit[323].

Il est membre de la promotion 2012 des « Young Leaders » de la French-American Foundation[324].

Il est également administrateur du Théâtre de la Ville, à Paris[43], et trésorier de Bibliothèques sans frontières de 2007 à 2012[31].

Dans la culture populaire

Humour

Dans Les Guignols de l'info, Emmanuel Macron est présenté, peu après sa nomination en tant que ministre de l'Économie en , sous les traits d'un bébé capricieux en costume cravate, opposé au programme politique de François Hollande et proche de Pierre Gattaz[325],[326]. Une marionnette d'adolescent est utilisée par la suite[327] avant de faire place à un double en latex plus ressemblant[328]. C'est l'imitateur Marc-Antoine Le Bret qui lui prête sa voix.

Régis Mailhot le décrit comme un « produit médiatique à forte rentabilité immédiate, qui possède un positionnement marketing inédit et excitant pour le vendeur d'infos. Un ex-banquier de chez Rotschild, devenu ministre de l'Économie d'un gouvernement socialiste… Pour un journaliste, c'est un peu comme apprendre que Christine Boutin est testeuse de lubrifiant dans un sex-shop au Vatican[329] ».

Musique

Sur le titre « Squa » issu de l'album Cyborg (2016), le rappeur Nekfeu mentionne Emmanuel Macron en ces termes : « Ça fait bizarre de voir les keufs reconnaître ma tronche / J'suis sûr qu'eux aussi ils aimeraient cogner Macron »[330].

Publications

Ouvrage

  • Emmanuel Macron, Révolution, XO, , 270 p. (ISBN 9782845639669)

Articles

  • Emmanuel Macron, « La lumière blanche du passé : Lecture de La Mémoire, l'histoire, l'oubli, de Paul Ricœur », Esprit, vol. 8/9, no 266/267,‎ , p. 16-31 (lire en ligne)
  • Yves Lichtenberger, Emmanuel Macron et Marc-Olivier Padis, « La réhabilitation inattendue de l’université au sein de l’enseignement supérieur », Esprit, vol. 12,‎ (lire en ligne)
  • Henri Guillaume et Emmanuel Macron, « Enseignement supérieur, recherche, innovation. Quels acteurs ? », Esprit, vol. 12,‎ (lire en ligne)
  • Emmanuel Macron, « Les labyrinthes du politique. Que peut-on attendre pour 2012 et après ? », Esprit,‎ mars-avril 2011, p. 106-115 (lire en ligne)
  • Éric Suleiman (pseudonyme), « Deux réformes pour mieux réguler le système financier », dans Patrick Weil (dir.), 80 propositions qui ne coûtent pas 80 milliards, Grasset, (lire en ligne)
  • Éric Suleiman (pseudonyme) et Patrick Weil, « Cesser de faire supporter le coût de l'assurance maladie et des prestations familiales par le travail », dans Patrick Weil (dir.), 80 propositions qui ne coûtent pas 80 milliards, Grasset, (lire en ligne)
  • Emmanuel Macron, « Construire une « alliance de Paris pour le climat » », Annales des Mines - Responsabilité et Environnement, vol. 2, no 78,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  • Emmanuel Macron, « Avant-propos », Annales des Mines - Responsabilité et Environnement, vol. 2, no 82,‎ 2016, p. 3 (lire en ligne)
  • Emmanuel Macron, « La France doit être en première ligne », Inventer demain : 20 projets pour un avenir meilleur,‎ , p.89-91

Préfaces

  • François-Denis Poitrinal et Guillaume Grundeler (préf. Michel Chabanel, propos lim. Emmanuel Macron, av.-propos Pierre-Olivier Sur), Le Capital-Investissement : guide juridique et fiscal, Paris, Association française des investisseurs pour la croissance (AFIC)-RB, , 834 p. (ISBN 978-2-86325-714-2, notice BnF no FRBNF44517439)
  • Yann Algan et Thomas Cazenave (dir.) (préf. Emmanuel Macron), L'État en mode start-up, Paris, Eyrolles, , 150 p. (ISBN 978-2-21256-466-2)
  • Design d'aujourd'hui 2016 : 156 créations qui font avancer le design : l'observeur du design (préf. Emmanuel Macron, av.-propos Anne-Marie Boutin), Paris, Dunod, , 228 p. (ISBN 978-2-10-073889-2, SUDOC 19011312X)

Notes et références

Notes

  1. Le responsable des fédérations au PS Alain Fontanel indique quelques jours après sa nomination à Bercy qu'Emmanuel Macron n'est pas à jour de cotisation. Source : Macron, militant PS depuis 2006, n'est plus à jour de cotisation depuis 5 ans, Le Nouvel Observateur, 29 août 2014.
  2. Jusqu'ici, certains médias avaient spéculé sur le fait qu'Emmanuel Macron pouvait agir au bénéfice des intérêts électoraux à venir de François Hollande ; voir Marie-Pierre Haddad, « Présidentielle 2017 : comment François Hollande a placé Emmanuel Macron au centre de sa stratégie électorale », sur rtl.fr,‎ (consulté le 16 septembre 2016) ; Serge Raffy, « Macron, le rabatteur de Hollande ? », sur tempsreel.nouvelobs.com,‎ (consulté le 16 septembre 2016) ; Guillaume Tabard, « Macron au service de Hollande ou de lui-même? », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 16 septembre 2016). Peu avant sa démission, Emmanuel Macron avait confié en privé : « Je ne serai jamais le rabatteur de Hollande » ; voir Solenn de Royer, « Ce déjeuner estival où Macron a dévoilé ses intentions », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 16 septembre 2016).

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Voir aussi

Bibliographie

  • Marc Endeweld, L'Ambigu Monsieur Macron, Flammarion, , 320 p. (ISBN 9782081372399, lire en ligne)
  • François-Xavier Bourmaud, Emmanuel Macron : le banquier qui voulait être roi, L'Archipel, , 224 p. (lire en ligne)
  • Nicolas Prissette, Emmanuel Macron en marche vers l'Élysée, Plon, 2016
  • Thomas Porcher et Frédéric Farah, Introduction inquiète à la Macron-économie, Les Petits matins, coll. « Essais », , 112 p. (ISBN 978-2363832160)

Articles connexes

  • Ministre et responsabilités partisanes : les cas Sarkozy et Macron

Liens externes

  • Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Le site du mouvement En Marche !
  • Fiche sur le site du gouvernement