Elvis Presley

Elvis Presley
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Elvis Presley en 1957 dans le film Jailhouse Rock.

Informations générales
Surnom The King
Nom de naissance Elvis Aaron Presley
Naissance
Tupelo (Mississippi)
Décès (à 42 ans)
Memphis (Tennessee)
Activité principale Chanteur, acteur
Genre musical Rockabilly, rock 'n' roll, blues, country, gospel, pop, pop rock
Instruments Guitare, piano, basse
Années actives 1953-1977
Site officiel http://elvis.com/
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Logo d’Elvis Presley.

Elvis Aaron Presley, né le à Tupelo, Mississippi et mort le à Memphis, Tennessee, est un chanteur et acteur américain. Surnommé « The King », il a eu sur la culture musicale une influence mondiale et considérable.

Pionnier du rock 'n' roll, une véritable révolution culturelle découlera de sa venue : Transgression du clivage noir/blanc, mode vestimentaire et coiffure, mouvement musical nouveau, libération sexuelle, industrie musicale bouleversée, etc..

Il réalise les premiers enregistrements historiques de rockabilly et, au travers de ses apparitions publiques et télévisuelles (suscitant de nombreuses vocations) contribue à populariser cette musique d'abord aux États-Unis puis à travers le monde. Il est un artiste majeur du XXe siècle.

Elvis Presley a vendu sept cent millions de disques de son vivant, et depuis[1],[2], le chiffre d'un milliard est évoqué ce qui fait de lui l'artiste solo ayant le plus vendu de disques dans le monde[3],[4],[5]. Acteur, il a tourné dans 33 films, donné 1 156 concerts aux États-Unis, dont 525 représentations à Las Vegas[6].

Il est le premier artiste à avoir donné un concert retransmis à la télévision en mondovision dans 54 pays simultanément[Note 1] : l'évènement a lieu le 14 janvier 1973 à Hawaï et son audience s'est mesurée à un milliard et demi de téléspectateurs, un record à ce jour pour un spectacle musical. À sa mort, sa fortune personnelle représentait 150 millions de dollars américains.[réf. nécessaire] Il figure dans le classement des artistes décédés rapportant le plus d'argent. Elvis Presley obtient durant sa carrière 90 disques d'or, 52 de platine, 25 de multi-platine et un de diamant pour le Elvis' Christmas Album, vendu dans le monde à plus de dix millions d'exemplaires[7].

Biographie

Jeunesse (1935-1953)

Tupelo

Elvis Aaron Presley est né le à Tupelo, dans l'État du Mississippi, dans une petite maison (shotgun house) construite par son père, Vernon Elvis Presley (1916-1979), en prévision de sa naissance[8]. Sa mère, Gladys Love Smith (1912-1958), accouche 35 minutes auparavant d'un enfant mort-né, Jesse Garon Presley, le jumeau identique d'Elvis, qui est inhumé dans une tombe anonyme au cimetière de Priceville, à Tupelo[9].

Les parents d'Elvis Presley appartiennent à une Assemblée de Dieu, une Église pentecôtiste, qui constitue sa première influence musicale. Sa mère, dont il est particulièrement proche, est considérée comme le membre dominant de la famille par leurs proches, tandis que son père enchaîne les petits boulots sans faire preuve d'une grande ambition[10],[11]. Les Presley ne sont pas riches et doivent souvent s'appuyer sur leurs voisins ou les aides de l'État pour subvenir à leurs besoins[12].

À l'école d'East Tupelo Consolidated, où il entre en septembre 1941, Presley est considéré comme un élève moyen par le corps enseignant[13]. Il se produit pour la première fois sur scène le 3 octobre 1945 lors d'un concours de chant au Mississippi-Alabama Fair and Dairy Show. Habillé en cowboy, il interprète la chanson de country Old Shep et se classe cinquième[14]. Quelques mois plus tard, il reçoit sa première guitare en cadeau d'anniversaire[15][16]. Ses premières leçons lui sont données par deux de ses oncles, ainsi que par le nouveau pasteur de l'église de la famille[17].

Presley change d'école en septembre 1946 et entre à Milam. L'année suivante, il commence à prendre sa guitare avec lui tous les jours pour jouer de la musique et chanter à l'heure du déjeuner. Sa famille vit alors dans un quartier à dominante afroaméricaine, et il est considéré comme un garçon solitaire qui joue de la musique de péquenauds[18]. Il écoute religieusement l'émission de radio de Mississippi Slim et parvient à le rencontrer par l'intermédiaire d'un de ses camarades de classe, qui n'est autre que le frère de Slim. Ce dernier apprend à Presley à jouer des accords à la guitare[19] et le fait passer dans son émission lorsqu'il a 12 ans[20].

Memphis

La famille Presley déménage à Memphis en novembre 1948. Ils logent dans une pension de famille pendant près d'un an avant d'obtenir un logement social dans le lotissement de Lauderdale Courts[21]. Au lycée L. C. Humes, Elvis Presley est généralement trop timide pour jouer de la musique en public, et il est parfois l'objet de brimades de la part des autres élèves[22]. Il se met sérieusement à la guitare en 1950 avec l'aide de Jesse Lee Denson, un voisin qui a deux ans de plus que lui. Avec trois autres garçons, dont les frères Dorsey et Johnny Burnette, ils constituent une sorte de groupe qui se produit régulièrement dans le quartier des Courts[23].

Au fil du temps, Presley devient populaire dans son lycée. Il se laisse pousser des rouflaquettes, utilise de l'huile essentielle de rose et de la vaseline pour se coiffer et s'habille chez Lansky Brothers[24]. Il commence à travailler, d'abord comme ouvreur au Loew's State Theater[25]. En avril 1953, il participe au concours de musique annuel de son lycée et se distingue avec son interprétation de Till I Waltz Again with You de Teresa Brewer[26]. Au terme de sa scolarité, en juin 1953, Presley est décidé à faire carrière dans la musique[27],[28].

Premiers enregistrements (1953-1955)

Sam Phillips et Sun Records

Elvis Presley en 1954 (cliché promotionnel pour Sun Records).

En août 1953, Elvis Presley pousse la porte des bureaux de Sun Records. Il veut s'offrir quelques minutes en studio d'enregistrement pour réaliser un disque acétate de deux chansons : My Happiness et That's When Your Heartaches Begin. Par la suite, il affirme avoir simplement voulu faire un cadeau à sa mère ou pouvoir s'entendre chanter, mais son biographe Peter Guralnick suggère qu'il cherche alors à être découvert. Sam Phillips, le propriétaire de Sun Records, demande à la réceptionniste Marion Keisker de garder une trace du nom de Presley, ce qu'elle fait, avec son propre commentaire : « Bon chanteur de ballades, à garder »[29].

Presley enregistre un second acétate chez Sun en janvier 1954, composé des chansons I'll Never Stand In Your Way et It Wouldn't Be the Same Without You[30]. Peu après, il auditionne pour rejoindre un quatuor vocal de la région, les Songfellows, mais il n'est pas retenu[31]. Au mois d'avril, il commence à travailler comme chauffeur de camion pour la compagnie Crown Electric[32]. Une nouvelle audition, cette fois pour le groupe d'Eddie Bond, se solde par un nouvel échec, et Bond recommande même au jeune homme d'abandonner le chant[33].

De son côté, Sam Phillips est à la recherche d'un artiste susceptible de faire connaître au grand public les musiciens noirs de Sun Records[34]. Il se procure en juin 1954 une démo de la ballade Without You et il lui semble que Presley pourrait en faire quelque chose. Le jeune chanteur tente de l'enregistrer, mais il n'arrive pas à produire quelque chose de convaincant. Phillips ne se décourage pas et lui demande de chanter toutes les chansons qu'il connaît. Impressionné, il fait appel à deux musiciens, le guitariste Scotty Moore et le contrebassiste Bill Black, en vue d'une véritable séance d'enregistrement[35].

Cette séance se déroule dans la soirée du . Elle reste infructueuse jusqu'à une heure avancée. Alors que tout le monde se prépare à abandonner, Presley prend sa guitare et commence à jouer That's All Right, un blues d'Arthur Crudup de 1946. Moore se souvient : « Et soudain, Elvis a commencé à chanter cette chanson en sautant partout et en faisant l'idiot, et puis Bill a pris sa basse et il a commencé à faire l'idiot lui aussi, et j'ai commencé à les suivre. Je crois que Sam avait laissé la porte de la salle de contrôle ouverte […] il a passé la tête par l'entrebâillement et il a demandé : mais qu'est-ce que vous faites ? Et on lui a dit : aucune idée. Alors il a dit attendez un peu, essayez de trouver un point de départ et recommencez. » Phillips vient de trouver le son qu'il cherchait[36]. Trois jours plus tard, l'animateur de radio de Memphis Dewey Phillips commence à passer That's All Right dans son émission[37]. Les auditeurs ne tardent pas à appeler en nombre pour connaître le nom du chanteur ; beaucoup d'entre eux croient qu'il s'agit d'un Afroaméricain[38]. Quelques jours plus tard, le trio Presley-Moore-Black enregistre Blue Moon of Kentucky, une chanson de bluegrass de Bill Monroe, et un 45 tours est pressé par Sun Records avec That's All Right en face A et Blue Moon of Kentucky en face B[39].

Premiers concerts et contrat avec RCA

Le trio se produit pour la première fois en public le 17 juillet au club Bon Air[40]. À la fin du mois, ils jouent au Overton Park Shell en soutien de Slim Whitman. Sur scène, le sens du rythme de Presley et son trac lui font trembler les jambes. Avec son pantalon large, qui amplifie ses mouvements, il commence à faire hurler les jeunes femmes dans le public[41]. Moore et Black quittent peu après leur ancien groupe pour jouer régulièrement avec Presley, et le disc-jockey Bob Neal devient le manager du trio. Ils se produisent régulièrement sur la scène de l'Eagle Nest entre les mois d'août et d'octobre. Durant cette période, Presley prend confiance en lui et développe progressivement son jeu de scène[42].

Le 2 octobre, Elvis Presley se produit pour la première et dernière fois dans le spectacle Grand Ole Opry à Nashville. Le public est tiède, et le producteur Jim Denny explique à Sam Phillips que le chanteur ne convient pas à son programme[43],[44]. Deux semaines plus tard, Presley apparaît dans Louisiana Hayride, le principal concurrent de l'Opry, diffusé sur 198 stations de radio dans 28 États différents. Il est à nouveau saisi par le trac durant la première moitié du concert, mais il se ressaisit et le public réserve un accueil enthousiaste à la deuxième moitié[45]. Le batteur de Lousiana Hayride, D. J. Fontana, se joint au trio pour cette performance[46]. C'est un tel succès que Presley est engagé pour apparaître tous les samedis dans le programme pendant une année. Le chanteur vend son ancienne guitare et s'achète une Martin pour 175 dollars[47].

Au début de l'année 1955, grâce à ses concerts dans tout le Sud-Ouest des États-Unis, ses cinq 45 tours chez Sun Records et ses apparitions hebdomadaires dans Louisiana Hayride, Elvis Presley est devenu une vedette régionale, dont la notoriété s'étend du Tennessee au Texas. Il signe un contrat de management en bonne et due forme avec Bob Neal en janvier. C'est par son intermédiaire que le Colonel Tom Parker, le manager du chanteur de country Hank Snow, découvre Presley et l'engage pour la tournée de Snow en février[48],[49]. Le 3 mars, Presley apparaît pour la première fois à la télévision lors de la diffusion de Louisiana Hayride sur la chaîne KSLA-TV. Il auditionne ensuite, sans succès, pour l'émission de CBS Arthur Godfrey's Talent Scouts. Sa musique, qui mêle blues et country (on parlera ultérieurement de rockabilly), ne rentre pas dans une case prédéfinie : les stations de radio dédiées à la country refusent de passer ses chansons parce qu'il chante comme un Afroaméricain, tandis que celles dédiées au rhythm and blues le rejettent parce qu'il chante de la musique de péquenauds[50].

En août 1955, Presley renouvelle son contrat avec Bob Neal et engage Parker comme conseiller spécial[51]. Le trio, qui devient un quatuor lorsqu'il est définitivement rejoint par D. J. Fontana, continue à donner des concerts à un rythme soutenu jusqu'à la fin de l'année[52]. Presley est devenu un jeune artiste prometteur qui intéresse plusieurs maisons de disques. Après trois offres allant jusqu'à 25 000 dollars, Parker et Phillips parviennent à un accord avec RCA Victor, qui rachète le contrat de Presley avec Sun pour la somme jamais vue jusqu'alors de 40 000 dollars[53]. Deux nouvelles entités, Elvis Presley Music et Gladys Music, sont crées par Parker avec la compagnie Hill & Range pour gérer les prochains enregistrements du chanteur[54]. RCA commence rapidement à promouvoir son nouveau poulain et réédite plusieurs chansons parues chez Sun avant la fin de l'année[55].

Succès (1956–1958)

Une fois le contrat entré en vigueur, Parker signe avec la plus puissante maison de disques au monde, la RCA. C'est elle qui va miser sur Elvis et lui avancer les millions de dollars nécessaires à un essor planétaire. De plus, un passage à la télévision, le 9 septembre 1956, sera son premier grand show de variétés TV national, dans le fameux Ed Sullivan Toast Of The Town sur CBS qui a lieu chaque dimanche soir à 20h. Ce soir-là, environ 54 millions de téléspectateurs (soit 82,6 % des foyers possédant un téléviseur) regardent la chaîne ! Lors de sa deuxième apparition au Ed Sullivan Show (le 28 octobre de la même année), il teint ses cheveux blonds en noir[Note 2]. Le « King du rock 'n' roll » vient de naître. Si ces apparitions télévisées enchantent les plus jeunes, les adultes condamnent toujours la tenue du « King ». Ses déhanchements lascifs choquent l'Amérique, les moralistes et bien-pensants veulent faire interdire Elvis de télévision. Les réalisateurs ont l'ordre de ne filmer la star qu'au-dessus de la ceinture et Elvis ne sera jamais interdit d'antenne. C'est ainsi qu'il interprète ses plus grands succès du milieu des années 1950 : Heartbreak Hotel, Blue Suede Shoes, I Want You, I Need You, I Love You, Don't Be Cruel, et le très suggestif Hound Dog. Parallèlement à la télévision, Elvis poursuit ses tournées de concerts qui deviennent très vite une foire difficilement contrôlable. La vedette se produit devant des foules immenses, arrive en Cadillac rose, surprotégé par une nuée de policiers ; l'Amérique veut voir et toucher ce jeune chanteur, devenu en moins d'une année l'idole de ses enfants.

Le , Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, Johnny Cash et Elvis Presley sont réunis, pour une session d'enregistrement informelle, aux studios Sun ; cette séance est restée célèbre sous le nom de Million Dollar Quartet.

Fin 1956, Elvis décroche son 48e disque d'or de l'année, il fait l'objet d'une véritable vénération hystérique et déclare au fisc pas moins de 22 millions de dollars de revenus.

Poursuivi jour et nuit par ses admirateurs, Elvis s'offre, le , pour 120 500 $ US, Graceland[56], une grande maison dans Memphis Sud, sur la Highway 51 (changée le 19 janvier 1972 en Elvis Presley Boulevard). Cette demeure de vingt-quatre pièces sur un terrain de treize hectares devient un rempart pour le protéger de l'enthousiasme du public. Elvis investit un demi-million de dollars en travaux pour faire de Graceland son royaume. Il y installe ses parents, ses oncles et ses tantes, ses cousins et tout un groupe d'amis ou d'anciens camarades d'école qui deviennent jardiniers, chauffeurs ou comptables pour la vedette. À cette époque, il est considéré comme la plus grande vedette du rock 'n' roll.

En 1957, Elvis fait sa seule tournée canadienne[Note 3]. Il est accompagné de Scotty Moore, D.J. Fontana, Bill Black et le groupe vocal The Jordanaires. Trois villes l'accueillent, Toronto, Ottawa (respectivement les 2 et 3 avril) et Vancouver (le 31 août). Elvis aurait aimé faire une tournée européenne, mais le colonel Parker, préférant investir dans des tournées aux États-Unis, n'a jamais voulu[Note 4][réf. nécessaire].

Service militaire et décès de sa mère (1958–1960)

Le , Presley reçoit un courrier de l'US Army lui signifiant qu'il doit accomplir son service militaire. Pendant deux ans, il est affecté en Allemagne[Note 5], où il conduit une jeep pour le sergent Ira Jones (qui relatera leur relation dans un livre). Son service est suspendu le . Il habite Bad Nauheim pendant son service militaire, qu'il effectue dans la base américaine de Ray Barracks, à Friedberg. Depuis, beaucoup[Qui ?] se sont questionnés sur la légitimité de cette mobilisation, alors que l'on était en temps de paix et qu'Elvis était le seul appui de ses parents et de sa grand-mère. Certains[Qui ?] pensent que le but de cette action était de préserver la jeunesse américaine de l'influence du chanteur, ou encore de vouloir préserver Elvis des débordements du rock 'n' roll.

Peu avant son départ pour l'Allemagne, alors qu'il est encore au Texas pour faire ses classes, sa mère meurt subitement à 46 ans. Elvis, qui adore sa mère, ne s'en remettra jamais vraiment. Les années de service militaire sont des années sombres pour Elvis. Dans un pays étranger, loin de ses amis et de ses admirateurs, Elvis déprime. Bien qu'il y soit aussi célèbre que dans son pays, il ne sort pratiquement jamais. C'est pourtant au cours d'une soirée donnée dans la maison qu'il loue, qu'il fait la connaissance d'une toute jeune fille de 14 ans, Priscilla Beaulieu. Il en tombe amoureux et décide même de l'accueillir à Graceland, à partir de 1962[Note 6]. C'est aussi en Allemagne que son père, venu le rejoindre, rencontre sa future deuxième épouse, Dee Stanley. Démobilisé, Elvis reprend le cours de sa carrière. Presley, très croyant, enregistre de nombreux albums de gospel. Les trois Grammy Awards qu'il reçoit lui sont tous décernés pour des morceaux de gospel. Il n'aime pas son titre de « King », selon lui, le seul "King" est Jésus-Christ[Note 7].

Carrière au cinéma (1956–1969)

Article détaillé : Filmographie d'Elvis Presley.

Dès 1956, Hollywood s'intéresse à lui. Sa première apparition sur le grand écran en tant qu'acteur est surprenante. Au début, il ne devait y avoir aucune chanson, mais les producteurs en ajoutent quatre et The Reno Brother's (titre original) est rebaptisé Love Me Tender, du titre de son dernier succès. Le film qui parle de la guerre de Sécession est mal perçu par les admirateurs d'Elvis, ils s'indignent de voir leur idole dans un second rôle. Néanmoins, le film est un succès. Le film suivant, Loving You, titre de son dernier succès, est réalisé entièrement sur mesure pour Elvis. Il joue pratiquement son propre rôle, celui d'un petit chanteur qui devient une superstar grâce au travail et à un manager affairiste. Loving You obtient un immense succès[réf. nécessaire] et Elvis devient une vedette du cinéma. Dans son troisième film, archétype du film violent, Elvis joue un employé qui aime chanter, mais qui, à la suite d'une bagarre, tue un gars et part en prison. Là, il chante, devient la coqueluche de ses codétenus et, libéré, devient une vedette avant de connaître les affres de la célébrité. Le film, Jailhouse Rock, également titre de son dernier succès, manque de profondeur, montre un personnage superficiel, mais remporte un succès retentissant auprès des jeunes[réf. nécessaire].

Son dernier film, tourné avant qu'il parte pour l'armée en 1958, King Creole, est un de ses meilleurs. Le scénario était prévu pour James Dean [réf. nécessaire] et le personnage passe du boxeur au chanteur. Une fois de plus, Elvis interprète un garçon simple qui s'en sort grâce à la chanson. À partir de 1960, dès son retour de l'armée, Elvis laisse la scène pour se consacrer à Hollywood, et durant neuf années, tourne 27 films dont  : Flaming Star (1960), Blue Hawaii (1961), Fun in Acapulco (1963) avec Ursula Andress, Viva Las Vegas (1964) avec Ann-Margret, qui est son plus gros succès au box office (rapportant plus de 9 millions de dollars à la MGM, pour moins d'1 million de dollars investis), Girl Happy (1965), Tickle Me (1965), Speedway (1968) avec Nancy Sinatra, Live a Little, Love a little (1968). Les films cités sont les meilleurs. Pour les autres si le succès est au rendez-vous, scénario et mise en scène sont inexistants. La magie n'est pas là et Elvis devant la caméra s'ennuie de manière ostentatoire. Ses ventes de disques, tirées uniquement des bandes sonores des films, chutent, et Elvis ne rencontre plus le même succès. Le monde a changé, la musique aussi, de nouveaux chanteurs et groupes ont fait leur apparition ; Elvis reçoit les Beatles, le , dans sa maison de Bel Air à Los Angeles. Lorsque son contrat cinématographique prend fin en 1969, Elvis, fatigué et critiqué, décide de mettre un terme à sa carrière à Hollywood.

Il fait trois émissions spéciales à la télévision[réf. nécessaire] : Elvis (1968), Elvis : Aloha from Hawaii, via Satellite (1973), et Elvis in Concert (1977). Il y a eu également quatre adaptations biographiques (entre parenthèses sont les acteurs qui l'ont incarné et les actrices qui ont incarné Priscilla)[57] : Elvis, 1979, téléfilm (Kurt Russell, Season Hubley), Elvis and Me, 1988, téléfilm (Dale Midkiff, Susan Walters), Elvis, 1990, télé-série (13 épisodes d'une demi-heure) (Michael St. Gerard), et Elvis, 2005, téléfilm (Jonathan Rhys Meyers, Antonia Bernath).

Durant cet intermède hollywoodien, la musique a considérablement changé, la scène aussi. La pop et le rock anglais des Beatles et des Rolling Stones ont renouvelé le rock 'n' roll, qu'Elvis a popularisé, fait connaître au monde et dont aujourd'hui il n'est plus qu'une référence. Bien plus tard, juste après la mort d'Elvis, John Lennon devait dire : « Elvis est mort le jour où il est entré à l'armée »[58]. Certains lui conseillent de faire encore quelques films, puis de se retirer. Amer et déçu, Elvis envisage alors de voyager à l'étranger, notamment en Europe, et de profiter agréablement de son temps. Mais son manager le dissuade de partir, Elvis ne s'est jamais produit en Europe et Parker décrète que sa venue pourrait semer le trouble, ce qu'il ne souhaite pas. L'artiste renonce et mène alors une vie cachée, faite d'excès en tous genres[précision nécessaire], de nuits blanches et de soirées mondaines. Refusant systématiquement toutes les invitations, Elvis préfère organiser des fêtes dans sa maison de Beverly Hills, où il reçoit de nombreuses starlettes et où il peut s'adonner sans retenue à toutes les facéties. Fatigué de cette carrière cinématographique qu'il juge décevante, tout comme il trouve sa vie monotone et sans relief. Perdant le goût du travail, il tourne à contre-cœur les dernières comédies musicales dues aux studios.

Comeback (1968)

Lassé d'Hollywood et d'une carrière cinématographique décevante, Elvis avec l'aide de Steeve Binder (producteur et réalisateur), décide, contre l'avis du Colonel Parker, d'apparaître dans un show télévisée après sept ans d'absence.

Sa dernière apparition datant de son retour de l'armée n'avait duré que six minutes, aux côtés de Frank Sinatra.

Le 29 juin, pour le Elvis, '68 Comeback Special/stand up show il est seul, entièrement vêtu de cuir noir, au milieu du public, dans une sorte de one-man show, il interprète ses anciens succès, mais également de nouveaux. Pour les deux Comeback Special - Black Leather Sit-down il chante assis avec sa guitare, ses musiciens et le public autour de lui dans une ambiance gaie et décontractée[59]. Il est accompagné sur scène par D.J. Fontana, batteur utilisant une boîte à guitare comme instrument, Alan Fortas, tapant au dos d'une guitare et voix d'accompagnement, Charlie Hodge, à la guitare acoustique et à la voix d'accompagnement, Lance LeGault, tapant au dos d'une guitare et jouant du tambourin, Scotty Moore aux guitares (acoustique et électrique), ainsi que par plusieurs autres musiciens et figurants[60].

Le 3 décembre 1968, une émission de montage de ses différents shows, le Elvis, '68 Comeback Special, annoncée à grands frais, est diffusée, sur le réseau NBC. Ce retour a un tel retentissement que son manager n'a aucun mal à remettre Elvis Presley sur scène comme le souhaitait ce dernier, pourtant, le Colonel avait prévu à l'origine un simple show avec des chansons de Noël. Elvis reprend sa carrière et sa vie en main, en imposant les chansons, la mise en scène, et le costume.

Concerts (1969–1977)

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Elvis et Richard Nixon à la Maison-Blanche, 21 décembre 1970.
De même, dans le Bureau ovale, avec ses amis Sonny West et Jerry Schilling.

En 1969, dans la continuité de son succès au NBC-TV Special diffusé le 3 décembre 1968, Elvis Presley décide d'enregistrer de nouvelles chansons dans des tonalités actuelles ; ainsi le 13 janvier 1969, Elvis rentre dans les locaux de l'American Studio pour enregistrer l'une des sessions les plus riches de sa carrière. Il travaille avec Chips Moman , le fondateur du studio, réputé pour son perfectionnisme. Une véritable alchimie entre les deux hommes permet à Elvis d'offrir à son public d'excellents titres parmi lesquels : Suspicious Minds, In The Ghetto, Don't Cry Daddy, Long Black Limousine, Inherit The Wind, Rubberneckin, Without Love, etc. Ces sessions aboutissent à la sortie de deux albums: From Elvis in Memphis sorti en juin 1969 qui reste plus de 20 semaines dans les charts aux États-Unis et se classe même no 1 au Royaume-Uni. En novembre 1969, un second album, From Memphis To Vegas / From Vegas To Memphis un double cette fois, tiré des mêmes sessions ainsi que des extraits de la tournée de l'été 1969 à Las Vegas, se classe cinquième dans les Charts Country aux États-Unis où il reste classé 24 semaines. Ces sessions ont pour but de donner le plus de matière possible pour le retour d'Elvis Presley sur scène. Le 26 février 1969, Elvis Presley accompagné du Colonel Parker, se rend sur le chantier de l'International Hotel qui est encore en construction à Las Vegas où il signe un pré-contrat qui est finalisé le 15 avril suivant. Il est prévu qu'Elvis assure pendant quatre semaines deux shows par soir dans le show-room de l'hôtel. Le cachet s'élève à 100 000 $ par semaine. En mars 1969, Elvis commence le tournage de Change Of Habit , son dernier film de fiction (deux films suivent en 1970 et en 1972 mais sont des films documentaires sur les coulisses des concerts d'Elvis Presley).

Le tournage terminé, Elvis Presley commence activement les répétitions en vue de la première, prévue le 31 juillet 1969. Il a demandé au guitariste James Burton de former le groupe TCB Band  qui l'accompagne durant toute cette série de spectacles : à la batterie Ronnie Tutt , à la basse Jerry Scheff, à la guitare rythmique John Wilkinson, au piano Larry Muhoberac . Concernant le groupe vocal, Elvis souhaitant que l'on y retrouve les racines blues, gospel, rock et soul, c'est finalement deux groupes qui sont avec lui sur scène : The Imperial Quartet  qui a déjà travaillé avec Elvis sur les sessions de l'album gospel How Great Thou Art et les Sweet Inspirations  qui ont travaillé avec Aretha Franklin, composés notamment de Cissy Houston (la mère de la chanteuse Whitney Houston), Myrna Smith , Sylvia Shenwell et Estelle Brown. Enfin, un orchestre de 27 musiciens dirigé par Bobby Morris termine de former l'équipe pour le grand retour d'Elvis. Durant plusieurs semaines, plus de 150 chansons sont répétées ; Elvis Presley souhaite proposer à son public un mélange d'anciens succès et de titres récents enregistrés pendant l'hiver 1969 à l'American Studio mais aussi les titres mythiques qui ont été enregistrés par d'autres pendant son absence à l'image de Words des Bee Gees ou de Yesterday / Hey Jude des Beatles. Dès le 15 juillet 1969, tous les concerts sont déjà complets. Le , les répétitions commencent dans la salle où se tiendront les 57 représentations prévues du 31 juillet au . Pour la première, Elvis Presley est très tendu ; c'est un succès auprès du public et les critiques sont dithyrambiques. Ainsi, selon Rolling Stone[réf. nécessaire] : « Elvis est surnaturel, il s'est réincarné en lui-même » et pour Rock Music[réf. nécessaire] : « Elvis une reconnaissance artistique. Elvis est un bon musicien, un grand chanteur et peut être bien l'homme de scène le plus magnétique de l'histoire du show business ! » Au terme de cette première tournée marathon, plus de 100 000 personnes se sont rendues à Vegas pour assister à son retour et les bénéfices tirés de cette tournée sont supérieurs à 1,5 million de dollars. Ce succès a pour effet qu'une seconde tournée à Vegas est prévue dès le mois de janvier suivant ; ainsi le commence une nouvelle série de spectacles ; alors que de nombreux journalistes prédisent un fiasco, Las Vegas étant peu fréquenté en hiver et Elvis Presley s'y étant produit seulement six mois plus tôt, il s'avère que tous les concerts affichent complets et que les records de recettes précédemment atteints sont dépassés pour cette seconde saison.

Elvis, en 1970.

Entre juillet et août 1970, pour sa troisième saison à Las Vegas et dans le cadre d'un documentaire du nom de That's the way it is plusieurs répétions et concerts sont filmés. Le , Elvis Presley rencontre le Président américain Richard Nixon à la Maison-Blanche, en compagnie de ses gardes du corps et amis, Jerry Schilling  et Sonny West . La rencontre est décidée par Elvis : il a écrit une lettre de six pages au Président Nixon pour le rencontrer à Washington (district de Columbia) et lui a suggéré d'être nommé à titre d'agent fédéral spécial au « Bureau of Narcotics and Dangerous Drugs » (Bureau des Narcotiques et des Drogues dangereuses). À cette occasion, Elvis offre à Nixon un pistolet Colt 45, ainsi que des photos de famille. En 1972, la MGM produit un nouveau documentaire Elvis on Tour où sont filmés plusieurs concerts de la tournée du 5 au . Le documentaire obtient le Golden Globe du meilleur documentaire de l'année. Elvis et Priscilla se séparent en février 1972 et ils divorcent officiellement en octobre 1973. Ils bénéficient de la garde partagée de leur fille Lisa-Marie, qui va vivre avec sa mère à Los Angeles. Elvis devient l'icône de l'Amérique profonde, la vedette qui fait entrer le rock à Las Vegas en y mélangeant des gospels, des trompettes et des tambours. En 1972, il donne une série de quatre concerts les 9, 10 (deux shows) et 11 juin au Madison Square Garden de New York. C'est un grand retour à New York après quinze ans d'absence. Sa dernière visite dans la ville remonte alors à son passage à l'émission The Ed Sullivan Show en 1957.

Par la suite, il donne le premier concert par satellite de l'histoire, depuis Hawaï. L'événement a lieu le 14 janvier 1973 à l'International Center Arena d'Honolulu : 1,5 milliard de téléspectateurs assistent au concert du King en direct, c'est la meilleure audience de l'histoire de la télévision devant les premiers pas du premier homme sur la lune 4 ans auparavant.

L'année 1973 voit aussi les premiers gros problèmes de santé d'Elvis liés à sa surconsommation de médicaments (pour un glaucome et de l'hypertension). Depuis son service militaire, Presley a pris l'habitude d'utiliser toutes sortes de pilules suivant ses besoins croissants pour répondre aux attentes de son public. À ces dépendances, s'ajoute son divorce qu'il n'acceptera jamais, les concerts éreintants. Elvis est aussi victime de maladies héréditaires telles des maladies du cœur (comme sa mère morte d'une crise cardiaque et plus tard son père) et d'autres problèmes moins graves. Las Vegas devient un passage obligé pour le « King », où il donne quelque 600 spectacles et de 1969 à 1976. S'il ne se déplace jamais en dehors des États-Unis, Elvis Presley chante à Las Vegas devant un public international. Il sillonne aussi les États-Unis d'Est en Ouest et du Nord au Sud sans discontinuer. La star se déplace à bord d'un grand avion personnel où, dans chaque ville, il est fêté. De 1969 à sa mort, il donne 1 500 concerts à travers les États-Unis. Il arrive sur scène vêtu d'un costume nommé jumpsuit et d'une cape garnie de rubis et de diamants au son d'un impressionnant Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss à partir de janvier 1971. Cette pièce d'entrée constitue son thème d'ouverture, suivi par That's All Right Mama de 1971 à 1972, puis de 1972 à 1977 par See See Rider.

Un costume d'Elvis au Graceland.

À partir de la tournée de l'été 1973 à Las Vegas, on peut noter une rupture, voire une incompréhension, entre Elvis et la presse ; les relations fusionnelles entretenues entre Elvis et son public l'amènent à lui parler entre les chansons (surtout à Las Vegas où la proximité entre la scène et le public a tendance à favoriser ce type d'échanges). La presse ne semble pas apprécier, les critiques ne sont pas tendres : « C'est la plus indifférente, inintéressante et déplaisante prestation d'Elvis. Le mythe vivant était gras et grotesque, se singeant lui-même » (Hollywood Reporter, août 1973). Pour autant, Elvis Presley continue à remplir deux fois par soir le show-room de l'hôtel Hilton de Las Vegas. Le , à l'occasion du concert clôturant sa saison d'été à Las Vegas, Elvis Presley pour la première fois s'en prend, en public, à un journaliste l'ayant accusé quelques jours auparavant d'être consommateur d'héroïne :

« Je ne fais pas attention aux rumeurs, je ne prête aucune attention aux magazines (…) Ce n'est pas mon habitude de les démolir, ils font leur métier, mais quand ils n'ont rien à dire, ils inventent… J'étais malade et pendant ce temps-là, on me démolit ! Un salopard est allé raconter que je prenais de l'héroïne, que j'étais camé ! (…) Excusez-moi de parler ainsi, ce n'est pas après vous que j'en ai (…) ça me nuit à moi, à ma fille, à mon père, mes amis, mon docteur, à mes relations avec Priscilla. Si je trouve ce salaud, je l'envoie aux enfers[61] ! »

Le lendemain, la presse en fait ses choux gras, et le bruit commence à courir qu'Elvis Presley menace les journalistes. Quelques jours plus tard, Elvis Presley rencontre de sérieux problèmes de santé ; malgré la fièvre, il se produit sur scène, le 29 septembre, à Détroit et donne une prestation correcte, improvisant même une chanson inédite « Alright, okay, you win » avant le solo de son pianiste, lors de ce show complet. La tournée se termine sous de meilleurs auspices mais pour la première fois, les proches d'Elvis sont frappés par la dégradation de son apparence physique : son père appelle en urgence son médecin. À partir de cette date, la santé d'Elvis est fluctuante mais il se produit pourtant de plus en plus en public, de 1975 à 1977, Elvis Presley avec un rythme effréné, dépasse chaque année le record du nombre de concerts précédemment donnés. Il chante le à Pontiac (60 000 personnes) et le à Pittsburgh devant 16 000 personnes. À cette période, les prestations d'Elvis Presley sur scènes demeurent inchangées, fidèle à lui-même, il déploie toujours autant d'énergie et sa voix ne faiblit pas. Les cinq concerts de fin décembre 1976 (du 27 au 31) montrent un Elvis vocalement au sommet, il a même minci lors de cette mini-tournée.

Depuis 1977

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1977 marque pour lui la première année sans engagement prévu à Las Vegas depuis 1969 ; pourtant, le nombre de concerts ne se réduit pas, ce qui l'oblige à prendre énormément l'avion et accroît sensiblement fatigue et problèmes de santé au point qu'il doit interrompre sa tournée de mars 1977 (seul le concert à Baton Rouge le 31 est annulé) et se fait hospitaliser de nouveau pendant plusieurs jours pour des problèmes gastriques et d'hypertension. Le , il reprend la route : bien que très fatigué. Les tournées 30 et 31 sont de bonne facture, la voix est solide et il semble en meilleure forme physique et heureux d'être sur scène, comme l'attestent les nombreuses photos et enregistrements réalisés pendant cette période. La 32e tournée, qui débute à la mi-juin 1977, est la dernière tournée d'Elvis Presley. Le chanteur a accepté d'être suivi par les équipes de la chaîne télévisée CBS qui filment les derniers moments d'Elvis Presley avec son public.

Alors qu'Elvis semble déjà être ailleurs et à bout de souffle, la chaîne de TV américaine CBS souhaite pouvoir filmer ce qu'elle pense être les dernières images possibles d'Elvis sur scène en concert. Elvis qui n'a plus toutes ses facultés et son rythme d'antan ne souhaite pas donner un avis favorable à la demande de la chaîne. Pourtant le colonel Parker arrive à le dissuader et le pousse à accepter ce qu'il appelle un « défi » pour Elvis. L'entourage du King pense la même chose, pour sortir Elvis de sa solitude et de sa léthargie, il faut lui organiser un défi et que CBS et ses caméras arrivent au bon moment. Mais, à la surprise générale, Elvis n'apporte rien, ne défie rien et semble se moquer de son apparence physique. Il ne change rien à ses habitudes.

Souhaitait-il casser son image par le biais des caméras de CBS, certains le pensaient alors[Qui ?][évasif]. RCA profite alors du projet pour obtenir un nouvel album d'Elvis, Moody Blue, enregistré directement à Graceland. À l'avis général, ce projet aurait dû être abandonné devant le manque d'intérêt du principal intéressé : Elvis lui-même. Tout le monde s'accorde à dire qu'Elvis était trop mal en point pour être filmé. À cela s'ajoute l'envie d'Elvis d'être seul avec son public, celui qui l'a toujours suivi et aimé. Le 20 juin, Elvis est à Lincoln, Nebraska, et il donne un meilleur concert que la veille. Il interprète notamment la chanson « Unchained Melody ». Le 21 juin, à Rapid City, Elvis loge à l'hôtel Holiday Inn et il donne son concert en soirée devant environ 7 500 fans au Rushmore Plaza Civic Center. Avant d'entrer sur scène, Elvis reçoit dans sa loge un représentant des indiens Sioux de la réserve voisine, qui lui remettent un cadeau nommé « The Medaillon of Life », en compagnie d'une petite indienne âgée d'une dizaine d'années. Elvis les remercie avant de faire son concert.

Lors de cette dernière tournée, Elvis présente son père Vernon et sa fiancée Ginger Alden, pratiquement à tous les concerts. Le spécial télévisé de CBS, renommé « Elvis in Concert », sera diffusé le 3 octobre 1977 aux États-Unis. Il sortira plus tard en Europe, notamment en France, dans une version écourtée. Après la mort d'Elvis, CBS rajoutera rapidement un message de remerciement de la part de Vernon au sujet des cartes reçues à la suite du décès d'Elvis et il racontera très rapidement les débuts d'Elvis avec le Colonel Parker. La version américaine est plus longue que la version française, car elle présente les préparatifs de la scène avant le concert. Le montage de l'époque a été très critiqué par beaucoup de fans qui trouvaient étrange le fait de voir des messages et des commentaires de fans au milieu de ce concert. Cela en brisait le rythme.Le concert télévisé n'est jamais sorti officiellement en VHS ou DVD, mais il existe des copies officieuses qui circulent lors des conventions. La compagnie Elvis Presley Entreprises Inc. n'a pas l'intention d'autoriser prochainement la sortie officielle de ce concert en raison du mauvais état de santé d'Elvis à cette époque. Il avait pris beaucoup de poids et il était devenu la cible de plusieurs journalistes qui le ridiculisaient. Cependant, il semble qu'EPE ne soit pas contre l'idée de faire publier ce concert historique sur DVD, mais elle préfère attendre pour l'instant.

La tournée de juin 1977 débute le 18 à Kansas City pour se terminer le 26 à Indianapolis. Elvis doit incorporer à cette occasion les caméras de télévision du réseau américain CBS lors de deux concerts. En effet, des prises en direct sont prévues pour présenter Elvis en tournée, ce qui sera le troisième spécial télé de sa carrière, prévu pour l'automne de la même année. Le 1er juin, à Macon GA, c'est l'annonce officielle de l'émission télévisée « Elvis on stage in person ». Les villes d'Omaha, Lincoln et Rapid City sont choisies dans l'ordre le 19, 20 et 21 juin. Elvis n'est pas très en forme à ces concerts et refuse les caméras le 20 juin mais comme il doit honorer le contrat qui a été passé avec CBS, il doit les accepter le 21 juin, les caméras sont aussi présentes le 26 juin mais seulement pour filmer les fans. Le , Elvis Presley donne un concert au Market Square Aréna d'Indianapolis, devant 18 000 personnes. Si sa voix est intacte, il semble très fatigué et il triomphe une dernière fois devant son public.

Décès

La tombe d'Elvis dans le Jardin de la méditation à Graceland.

La cause de la mort d'Elvis Presley serait une arythmie cardiaque causée par un abus de médicaments sur une longue période. On croit qu'il était atteint d'une maladie rare et incurable, le lupus érythémateux[réf. nécessaire]. Elvis mesurait 1,83 m (6 0) et pesait 102 kg (224 lb) lors de sa mort.

Le , Elvis loue pour la soirée le cinéma Ridgeway Theater de Memphis. Le dernier film qu'Elvis regarde est MacArthur. Quelques heures plus tard, il se rend chez le dentiste Lester Hofman, il a un rendez-vous pour 22 h 30 (des rumeurs mentionnent que le praticien lui aurait alors fourni une dose dangereuse d'analgésiques). Il revient à Graceland vers h 30, le 16 août. C'est à ce moment que la dernière photo d'Elvis vivant est prise, par monsieur Robert Call, de Pierceton, Indiana, au moyen d'un appareil Instamatic. Le à h 30, Elvis appelle Dick Grob, le chef de la sécurité de Graceland, afin qu'il prépare des partitions musicales pour une insertion éventuelle dans sa nouvelle tournée. Ensuite Elvis appelle son infirmière favorite, Marian Cocke, afin de la saluer avant son départ en tournée. Elvis doit commencer une nouvelle tournée de quatorze concerts à guichets fermés qui devrait débuter le , à Hartford dans le Connecticut. Durant la nuit, Elvis joue au racquetball dans un bâtiment situé sur le terrain de Graceland avec son cousin Billy Smith et sa femme Jo, ainsi qu'avec sa fiancée Ginger Alden. Lors de sa dernière nuit, Elvis joue du piano devant Ginger Alden, près du court de raquette, et chante les chansons Blue Eyes Crying in the Rain  de Willie Nelson et Unchained Melody des Righteous Brothers. Ce sont ses dernières interprétations.

Après avoir absorbé des somnifères (selon sa compagne Ginger Alden, il se couche très tard, vers 6 ou 7 heures, le matin du 16 août), au milieu de l'après-midi, Elvis est trouvé inanimé dans sa salle de bains par Ginger Alden. Al Strada contacte à son tour Joe Esposito. Ce dernier, de même que tante Delta Mae Presley, auraient pratiqué le bouche à bouche sur Elvis afin d'essayer de le ranimer. Sa fille Lisa Marie, alors âgée de neuf ans, et qui ce jour-là séjourne chez lui, est témoin de la scène. Appelés sur les lieux, deux ambulanciers de Memphis arrivent quarante minutes plus tard mais Elvis Presley est déjà mort d'une crise d'arythmie. Les tentatives de réanimation ultérieures à l'hôpital de Memphis sont également vaines.

Elvis Presley souffrait de plusieurs problèmes de santé depuis 1974 : notamment d'un problème de poids, de glaucome, de constipation chronique, et d'une grave dépendance aux médicaments prescrits par son médecin personnel, le docteur George Constantine Nichopoulos. Celui-ci est par la suite accusé de faute professionnelle grave, d'avoir favorisé, par abus de prescriptions, les nombreuses surdoses de médicaments dont Presley a été victime durant les dix dernières années de sa vie, laissant planer des soupçons sur une éventuelle dernière overdose fatale. Nichopoulos sera plus tard radié de l'ordre des médecins. Certaines personnes de l'entourage d'Elvis, dont la soprano Kathy Westmoreland, persistent à dire qu'il aurait eu un cancer des os. Cette thèse est aussi soutenue par son ami Charlie Hodge. Cependant, rien n'est officiel. Il s'agit d'une rumeur et cette maladie possible ne saurait expliquer sa mort. Il semble que son problème cardiaque a pu être génétique, car son père Vernon et son oncle Vester sont morts aussi d'une crise cardiaque.

Autopsie

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Les médecins ont constaté que le côté gauche du cœur d'Elvis était deux fois plus gros que la normale[62]. Ils ont trouvé quatorze médicaments dans son système sanguin[63].

Une des théories récentes, concernant le peu d'attention qu'Elvis prêtait à sa santé physique durant les dix dernières années de sa vie (outre le rythme infernal de tournées que lui faisait subir son agent Tom Parker), est que son ami proche Jerry Schilling[64] l'avait peu à peu persuadé de sa quasi-immortalité ou du moins qu'il possédait une essence divine que son existence dissolue ne pouvait en rien affecter. Il chantait les mêmes chansons qu'il interprétait plusieurs fois dans ses tournées. Au milieu des années 1970. il avait aussi des problèmes financiers, mais ses tournées lui permettaient de se renflouer rapidement. À sa mort, il restait cinq millions de dollars sur son compte en banque. Depuis son enfance, Elvis, membre de l'église pentecôtiste Assembly of God Church, une mouvance protestante évangélique, s'interrogeait sur le sens de son existence, il s'intéressait aux théories bouddhistes et spiritualistes, lisait Khalil Gibran, Krishnamurti, Helena Blavatsky et George Berkeley. Larry Geller, son coiffeur et ami personnel, lui apportait régulièrement des livres concernant la spiritualité et les diverses religions. Quelques heures avant sa mort, Elvis lisait un livre sur le Saint-Suaire de Turin, livre retrouvé près de lui.

« La plus grande voix d'Amérique », selon John Lennon, s'est tue et sa mort prématurée fait l'effet d'une bombe, d'abord aux États-Unis, puis dans le monde entier. On parle d'overdose, d'assassinat, de suicide, de mort déguisée, et même de fausse mort. Selon 2 producteurs pour la télé-série journalistique américaine 60 Minutes, il est mort, non pas de suicide, ni attaque cardiaque, ni assassinat mais d'un surdosage de drogues multiples, ce qui était dissimulé[65]. La théorie d'assassinat était soutenue par Vernon Presley et par Stephen Ubaney[66].

Funérailles

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Le 18 août, le corps d'Elvis est exposé à Graceland. On estime qu'entre 50 000 et 100 000 personnes sont venues rendre hommage à Elvis.[réf. nécessaire] Le 19 août, Elvis a des obsèques grandioses. Des funérailles intimes sont célébrées par le célèbre télé-évangéliste Rex Humbard , à Graceland, dans la salle de musique située près du salon. Des chants gospels sont interprétés dont How Great Thou Art et Sweet, Sweet Spirit. La dépouille est transportée de Graceland dans un corbillard blanc et argenté flanqué de six motards de la garde républicaine le long du Elvis-Presley Boulevard de Memphis en direction du Forest Hill Cemetery de Memphis. Le corps d'Elvis est ensuite déposé dans une crypte. Cependant, pour des questions de sécurité, sa dépouille est transférée, le , sur le terrain de Graceland[Note 8].

Ainsi, le « King » repose à Graceland au milieu des siens ; sa mère Gladys morte en 1958, son père Vernon mort en 1979 et sa grand-mère paternelle Minnie-Mae Hood décédée en 1980[Note 9]. Selon le site web officiel d'Elvis, Graceland est visité par plus de 600 000 personnes chaque année.

Depuis 1997, tous les ans, pour commémorer l'anniversaire de sa mort, des fans d'Elvis se rendent à sa propriété à Memphis, à l'occasion du rituel du "Candlelight"[67].

Au nombre des mythes de l'Amérique contemporaine, la mort d'Elvis s'inscrit rapidement parmi les théories de la conspiration, avec celles de John Kennedy et de Marilyn Monroe. En 2005, 24 % des Américains interrogés sur la question dans un sondage de USA Today estiment qu'Elvis n'est probablement pas mort. La sacralisation du mythe Elvis Presley, gérée par son ex-épouse Priscilla et sa fille Lisa-Marie, rapporte désormais d'immenses dividendes : Elvis Presley Enterprises Inc. qui administre, parmi des dizaines de produits dérivés, le mausolée qu'est devenu Graceland, déclare en 2007 les revenus posthumes les plus importants (près de 280 millions de dollars américains) attribués à un artiste. Graceland demeure, au même titre que le Capitole, le Grand Canyon et la Statue de la Liberté, l'une des attractions touristiques les plus fréquentées d'Amérique et le monument historique le plus visité après la Maison-Blanche.

Vie privée

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La vie sentimentale d'Elvis a été quelque peu tumultueuse [68]. Il fréquente Anita Wood de 1957 à 1962, et l'actrice Ann-Margret, sa partenaire de cinéma dans Viva Las Vegas.

Priscilla

En 1967 Elvis, pressé de tous côtés, par le Colonel (qui a décidé qu'il est temps pour lui de se marier), par le père de Priscilla (qui le menace de révéler leur romance à la presse), par Priscilla elle-même, Elvis est contraint d'épouser Priscilla Ann Beaulieu, le 1er mai, à l'Aladdin Hotel de Las Vegas. La cérémonie privée et rapide, réunissant parents et amis, avec la sœur de Priscilla, Michelle, en demoiselle d'honneur et Joe Esposito et Marty Lacker, en garçons d'honneur, étonne tout le monde. Certains pensent alors que ce mariage ne sert qu'à entretenir le nom d'Elvis dans une période perdue entre films désastreux et mauvaises chansons. Après le mariage, le couple passe sa lune de miel en Californie.

Lisa-Marie Presley

La fille d'Elvis et de Priscilla naît le , à 17 h 1, au Baptist Memorial Hospital de Memphis[réf. souhaitée]. Elle pèse 6 livres et 15 onces (3,15 kg) et mesure 25 pouces (50,8 cm). Le docteur T.A. Turman assiste l'accouchement de Priscilla. Lisa-Marie est ainsi baptisée en l'honneur de Marie Mott, l'épouse du Colonel Parker. Elvis surnomme sa fille « Lisa ». Lorsque Lisa Marie appelle son père « Elvis » comme le font alors tous les fans devant Graceland, Elvis lui répond : « N'appelle pas ton papa "Elvis" », ce qui fait beaucoup rire la petite fille. Lisa-Marie est l'héritière de toute la fortune de son père. Après une brève union avec Michael Jackson, elle épouse Michael Lockwood, son guitariste, producteur et directeur, le 22 janvier 2006. Elle a quatre enfants (dont deux avec Michael Lockwood) des jumelles prénommées Harper Vivienne Ann et Finley Aaron Love, nées le 7 octobre 2008[69].

Discographie

Article détaillé : Discographie d'Elvis Presley.
L'étoile d'Elvis Presley au Walk of Fame à Hollywood, Los Angeles.

Ventes de disques

À l'époque où Presley débute, le public achète peu d'albums et c'est avant tout grâce aux singles qu'Elvis devient le chanteur ayant vendu le plus de disques au monde. Le chiffre d'un milliard est couramment avancé, tout comme pour le groupe The Beatles. Cependant, si l'on considère uniquement les ventes d'albums le groupe britannique devance très largement Elvis Presley ; aucun album de l'Américain ne s'est suffisamment bien écoulé pour apparaître dans les classements recensant les principaux albums les plus vendus de tous les temps[3].

Elvis Presley a obtenu quatre-vingt-deux disques d'or - soit au moins cinq cent mille copies officiellement écoulées pour chacun - mais aucun n'a atteint les vingt millions d'exemplaires. En 2010, l'organisme qui dénombre les ventes de disques aux États-Unis, la RIAA, crédite de cent soixante seize millions les ventes d'albums des Beatles et de cent vingt millions celles d'Elvis Presley. Côté singles, si le groupe britannique en place vingt à la première place des classements américains, contre dix-huit pour Presley, a contrario l'Américain en compte trente huit dans les dix premières places contre trente quatre pour les Beatles. Au Top 40, Elvis Presley se place encore devant avec cent quatorze, tandis que le groupe en affiche cinquante deux. Il l'emporte aussi en nombre de semaines passées à la première place, avec quatre-vingt contre cinquante neuf[3].

Influence et postérité

Elvis Presley est considéré comme l'une des principales icônes du rock 'n' roll[évasif] : sa voix, sa musique, sa gestuelle provocatrice, ses habitudes vestimentaires, son parcours (célébrité fulgurante, descente aux enfers et mort prématurée) en ont fait une idole populaire et le symbole d'une certaine rébellion adolescente. Elvis peut être considéré comme le principal acteur de la large diffusion du rock 'n' roll auprès du grand public blanc américain puis européen. En effet, si le jazz avait déjà associé étroitement musique et sexualité, et si plusieurs interprètes blancs étaient aux côtés d'Elvis dans son rôle de pionnier du rock (par exemple, Bill Haley), Presley est le premier blanc à associer le sex-appeal (un physique avantageux, des inflexions de voix et des mouvements du bassin très suggestifs) à cette nouvelle forme de musique, tout en y ajoutant un son plus dynamique et plus percutant issu des studios Sun de Memphis. Bien que considéré comme choquant par la frange conservatrice américaine, il contribue à rendre acceptable le genre musical et ouvre ainsi la voie de la reconnaissance à de nombreux artistes noirs, tels Chuck Berry, Bo Diddley et Little Richard, ainsi qu'aux rockers blancs, tels Buddy Holly et Jerry Lee Lewis.

Sa popularité, en particulier auprès des adolescentes, a atteint des sommets inédits ; ses concerts et ses apparitions en public ont donné lieu à des mouvements de foule. Le succès d'Elvis auprès des jeunes, dont le pouvoir d'achat est grandissant, dicte la mode non seulement musicale, mais également capillaire ou vestimentaire. C'est un véritable phénomène de société. C'est principalement grâce à Elvis Presley que l'Europe découvre le rock, même derrière le rideau de fer. Cliff Richard s'en inspire et devient à l'aube des années soixante, l'une des plus grandes vedettes du Royaume-Uni. John Lennon a reconnu que « s'il n'y avait pas eu un Elvis, il n'y aurait pas eu les Beatles ». En France, Dick Rivers[Note 10], Johnny Hallyday et Eddy Mitchell découvrent le rock 'n' roll à travers Elvis Presley et s'en inspirent, et popularisent en France cette musique venue d'outre-Atlantique. Presley ouvre la voie à de nombreux rockers américains qui vendent leurs disques en Europe et y font des tournées. Les adolescents du monde entier commencent à copier la coiffure d'Elvis et la demande pour les transistors augmente énormément, permettant ainsi à Sony de passer du statut de petit fabricant japonais de radio à celui de multinationale.

Encore aujourd'hui icône du XXe siècle, d'innombrables artistes de la seconde moitié du siècle se définissent par rapport à son influence, soit en revendiquant son héritage, soit pour le rejeter comme symbole d'une musique dépassée - en particulier à partir du mouvement punk. Elvis Costello lui a emprunté le prénom Elvis pour faire décoller sa carrière. Le crooner pop Chris Isaac le copie. Dire Straits a écrit une chanson-hommage, Calling Elvis. En France, le chanteur rockabilly Jesse Garon emprunte son nom de scène aux prénoms du jumeau mort-né d'Elvis, le rockeur australien Nick Cave consacre sa chanson Tupelo au mythe entourant le chanteur. Le groupe californien Dread Zeppelin avec son leader Greg Tortell (alias Tortelvis) parodient Elvis jusqu'au ridicule, distribuant foulards et colliers hawaiiens à la foule, lors de leurs concerts, et connaissent une fructueuse carrière durant les années 1980. Enfin, en hommage, le groupe U2 enregistre sur l'album The Unforgettable Fire, en 1984, le titre Elvis Presley and America. Il existe également des imitateurs américains (comme Jimmy « Orion » Ellis (1945-1998) ou Doug Church), dont les voix se rapprochent énormément de celle d'Elvis.

Le cinéma a également rendu hommage à Elvis Presley, dans Ultimo Elvis (Armando Bo, 2012) où il est "incarné" par John McInerny, l'un de ses imitateurs.

Popularité au Québec

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Le chanteur Johnny Farago donne une série de concerts en hommage à Elvis à la fin des années 1970 et au début des années 1980. La station de télévision Télé-Métropole lance un concours d'imitateurs à l'émission Les Tannants. Ce concours ternit l'image d'Elvis au Québec jusqu'à la fin des années 1980, en associant à Elvis une image de mauvais goût. En 1995, le producteur Jean Pilote et le théâtre du Capitole de Québec redorent l'image d'Elvis Presley au Québec en présentant, sous licence d'EPE, une production musicale estivale sophistiquée nommée Elvis Story, à laquelle assistent des centaines de milliers de personnes, venues de partout. Le spectacle est présenté à Paris, Toronto, Gatineau, Biloxi au Mississippi, Atlantic City et au Japon. Les chanteurs Martin Fontaine et Jamie Aaron Kelley incarnent Elvis jusqu'en 2007. En 2009, le spectacle est amélioré et il est présenté au Théâtre du Palais Municipal de La Baie (Saguenay) et à la salle L'Étoile DIX30 de Brossard. C'est actuellement Brandon Bennett qui joue le rôle d'Elvis.

Toujours au Québec où, chez certains, Elvis personnifie l'excès du mythe américain face aux revendications nationalistes et culturelles, le cinéaste Pierre Falardeau consacre à la légende une trilogie humoristique intitulée Elvis Gratton qui est d'abord un succès d'estime en court métrage et vingt ans plus tard, en 2005, un vaste succès public en salle. Le personnage comique a ensuite sa série télévisée intitulée Bob Gratton : ma vie, my life, sur le réseau TQS (renommé V en 2009), de 2007 à 2009. C'est dans la province francophone du Québec que les albums d'Elvis Presley sont les plus vendus au Canada.

Regain de popularité au XXIe siècle

Elvis connaît aussi un regain de popularité lors de la coupe du monde de football de 2002 lorsque Nike utilise un remix de sa chanson A Little Less Conversation comme fond sonore d'une publicité mettant en scène des vedettes internationales de football. Ce morceau devient numéro un dans plus de vingt pays, y compris aux États-Unis. À peu près au même moment, sort une compilation, qui se termine en deux volets, des plus grandes chansons d'Elvis : Elv1s 30 #1 Hits. Le remix est ajouté à l'album comme 31e morceau, juste avant la sortie du CD en octobre 2002. Vingt-cinq ans après sa mort, l'album, qui regroupe les principaux succès de Presley et dont la restauration sonore est excellente, atteint la première place des classements.

L'année 2017 célébrant les 40 ans de la disparition du King, des manifestations se déroulent un peu partout dans le monde, depuis Graceland pour un concert commémoratif au beau milieu de la Elvis Week[70], avec un orchestre symphonique[71], en passant par Sydney et son Festival dédié auquel on se rend par l'Elvis Express[72], jusqu'au Musée de Cambrai qui remplacera ses guides par des sosies de Presley[73].

Inspiré par les compilations primées, If I Can Dream  et The Wonder of You , ELVIS: The wonder of You donnera aux fans l'occasion d'entendre les plus grands succès du King interprétés par Elvis Presley lui-même sur grand écran et accompagnés d'un orchestre symphonique en direct[réf. nécessaire]. Le concert mettra également en vedette une apparition spéciale de Priscilla Presley ainsi que d'autres surprises avec des invités spéciaux[74].

Parmi ses nombreuses réussites, Elvis est l'un des deux chanteurs, avec Roy Orbison, à avoir eu simultanément deux albums dans le Top 5 des classements de ventes d'albums[réf. nécessaire]. Il fait partie du Rock and Roll Hall of Fame, du Country Music Hall of Fame et du Gospel Music Hall of Fame , parmi 22 autres Temples de la Renommée[réf. nécessaire].

Elvis The Concert

En 1997, Elvis the Concert le tout premier concert virtuel d'Elvis, synchronisé par ordinateur, présente Elvis Presley sur grand écran, avec ses musiciens des années 1970 réunis sur scène. Ils font des tournées dans le monde entier. Le concert est dirigé par Joe Guercio avec la participation du TCB Band, des groupes vocaux The Sweet Inspirations et The Imperials. Les images vidéos d'Elvis proviennent du NBC '68 Comeback Spécial, du concert satellite Elvis : Aloha from Hawaii, ainsi que les concerts filmés de la MGM, That's the Way It Is de 1970, et Elvis on Tour de 1972. Le concert est testé aux États-Unis en 1997 et 1998 avant d'être présenté en Europe en 1999.

Elvis acteur

Article détaillé : Filmographie d'Elvis Presley.

Elvis Presley a également au cours de sa vie (1956 à 1969) joué dans divers films américains.

Elvis au cinéma et à la télévision

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Acteur ayant incarné Elvis Presley.

De nombreux films et téléfilms mettent en scène le chanteur. Il n'apparait parfois que brièvement dans certains (ex : Forrest Gump) :

Influence dans la paléontologie

Le dinosaure nommé Cryolophosaurus a été surnommé Elvisaurus par les paléontologues, parce que la crête du carnivore leur rappelait la coiffure du chanteur[76].

Ascendance[77],[78],[79]

Notes et références

Notes

  1. Précédemment, les Beatles, le 25 juin 1967, furent au programme de la première émission retransmise en mondiovision, intitulé Our World  ; le groupe interprète en direct All You Need Is Love "devant" un auditoire estimé entre 400 et 700 millions de téléspectateurs.
  2. C'est le colonel Parker qui lui avait suggéré de teindre ses cheveux en noir, car selon lui, cette couleur était plus attirante pour les femmes.
  3. Elvis devait donner un concert au Forum de Montréal, mais le cardinal Paul-Émile Léger fait des pressions pour empêcher la tenue du spectacle en raison des déhanchements inappropriés d'Elvis qui porteraient atteinte à la moralité. Cependant, il semble que le colonel aurait signé une entente pour présenter un concert à Montréal, au stade olympique pour 1978
  4. Le colonel Parker, d'origine hollandaise, aurait été impliqué dans un crime en Europe et il avait peur de perdre son visa s'il y effectuait un retour. Il a donné toutes sortes de raison pour empêcher Elvis de faire une tournée européenne.
  5. Son matricule; US-53310761.
  6. Ils se marient à Las Vegas en 1967.
  7. Elvis fera cette mention lors d'une entrevue au Madison Square Garden de New York en 1972.
  8. Le 27 août 1977, la dépouille de Gladys Love Presley est exhumée et amenée à la crypte du cimetière Forest Hill pour être déposée au même endroit qu'Elvis. Le 3 octobre, le corps de la mère d'Elvis Presley est de nouveau transféré pour être déposé à Graceland aux côtés de son fils.
  9. Le grand-père paternel d'Elvis se nommait Jessie D. McClowell Presley (1896-1973) et il épousa Minnie-Mae Hood en 1913. Ils divorcèrent en 1947 et Jessie D. Presley se remaria avec Vera K. Presley (1892-1981) quelques années plus tard. En 1958, il avait enregistré un 45 tours intitulé The Roots of Elvis. La face 1 contient la chanson Who's That Kickin' my dog around / The Billy Goat Song et la face 2 contient la chanson Swingin' in the Orchard. Le , il fait une apparition au réseau CBS à l'émission I've Got a Secret en compagnie du batteur Gary Moore et du guitariste Gene Klingman. Jessie D. est décédé le à Louisville dans le comté de Jefferson au Kentucky. Il est enterré au Louisville Memorial Gardens. Elvis avait très peu de contact avec son grand-père.
  10. Son pseudonyme s'inspire du nom du personnage Deke Rivers joué par Elvis dans le film Loving You.

Références

  1. Why Elvis is Still The King, The Daily Record
  2. Elvis Presley Article, BBC
  3. a, b et c « Elvis Presley le chanteur qui a vendu le plus de disques au monde » dans Spécial Biographie, no 3, décembre 2012, p. 35 et 36.
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  7. « Chanter Noël, entre tradition et marketing », sur L'Express, (consulté le 1er novembre 2014).
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  54. Jorgensen 1998, p. 36, 54.
  55. Stanley et Coffey 1998, p. 29.
  56. Les précédents propriétaires avaient une fille Grace
  57. Internet Movey Data Base.
  58. « The Movie That Killed Elvis Presley » (consulté le 3 septembre 2015)
  59. https://www.youtube.com/watch?v=-QlliHSRh0A
  60. [1]
  61. le concert a été enregistré et l'intégralité du monologue est disponible auprès du grand public
  62. Voir le site Elvis Presleys News
  63. notamment du Demerol et des antiémétiques, : Amytal, Avental, Carbrital, Codéine, Demerol, Diazépam, Elavil, Morphine, Nembutal, Placidyl, Quaaludes, Sinutab, et Valmid,(en)elvispresleynews.com
  64. auteur de Me and a Guy Named Elvis: My Lifelong Friendship with Elvis Presley, publié en 2005
  65. James Cole & Charles Thompson II, Death of Elvis, 1990, Delacorte Press
  66. Ubaney, Stephen, 2012, Who Murdered Elvis?, Magnum Opus Enterprises.
  67. Cf. Gabriel Segré, 2002 & 2013.
  68. http://www.lepoint.fr/actualites-litterature/2007-08-09/les-cinquante-femmes-d-elvis-presley/1038/0/195758
  69. « Lisa Marie Presley et Michael Jackson, l'histoire de leur amour. », sur staragora.com (consulté le 25 juin 2014).
  70. http://www.wmcactionnews5.com/story/35497854/elvis-week-2017-expected-to-be-largest-elvis-week-ever%7C La semaine d'Elvis à Memphis (programme)
  71. ;Elvis: Wonder Of You Concert
  72. http://www.leparisien.fr/flash-actualite-culture/australie-en-attendant-l-elvis-express-en-gare-de-sydney-12-01-2017-6557859.php
  73. http://www.europe1.fr/emissions/les-francais-sont-formidables/festival-du-boogie-woogie-a-cambrai-le-musee-recherche-des-sosies-delvis-2946563
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  75. (en) enchantedlearning.com
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Annexes

Bibliographie

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  • Elvis par les Presley : souvenirs intimes de Priscilla Presley, Lisa Marie Presley et d'autres membres de la famille (propos recueillis par David Ritz ; photographie d'objets, Henry Leutwyler ; traduit de l'anglais par Alain Le Kim). Paris : Michel Lafon, 2005. 247 p. , 31 cm. (ISBN 2-7499-0334-3). Titre original : Elvis by the Presleys.
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  • Elvis et le livre des trésors de Robert Gordon, Éditions K&B, 2007
  • (en) Remember Elvis Produced by Joe Esposito and Daniel Lombardy, 2006 TCBJOE Publishing (ISBN 0-9778945-2-5)
  • 50 ans avec Elvis: L'histoire vraie du King, de Jean-Marie Pouzenc, 2003, Éditions Didier Carpentier, 280 pages (ISBN 2-84167-244-1)
  • Blues Again !, no 10, juillet-août-septembre 2007 (magazine)
  • Le Rite de la Candlelight, par Gabriel Segré, Ethnologie française, no 2002-1, vol. 32, p. 149-158. En ligne ici.
  • Écouter les fans écouter. Les chansons d’Elvis : ce qu’elles font aux fans. Ce qu’ils leur font. Ce qu’ils en font., par Gabriel Segré, Volume ! la revue des musiques populaires, no 10-1, p. 111-126. En ligne ici.

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