El País

El País
image illustrative de l’article El País

Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Langue Espagnol (Catalan, portugais brésilien et anglais en ligne)
Périodicité quotidienne
Format Berlinois
Genre Généraliste
Prix au numéro 1,40 euro du lundi au vendredi
1,80 euro le samedi
2,50 euros le dimanche[1]
Diffusion 145 191 ex. (2018[2])
Fondateur José Ortega Spottorno
Jesús de Polanco
Juan Luis Cebrián
Date de fondation
Éditeur Ediciones El País, S.L.
Ville d’édition Madrid

Propriétaire Prisa
Directrice de publication Soledad Gallego-Díaz 
ISSN 1697-9397
Site web www.elpais.com
Supplément
  • Domingo (analyse des actualités)[3]
  • Negocios (actualité économique)
  • Babelia (actualité littéraire)
  • Revista Sábado (actualité des personnes de pouvoir)
  • El Viajero (voyage et culture)
  • Propiedades (immobilier)
  • Motor (automobile)
  • The New York Times (sélection d'articles, en espagnol)
  • Quadern (culturel en catalan)

El País (en français : « Le Pays ») est le quotidien généraliste payant ayant la plus grande diffusion en Espagne, avec une diffusion moyenne de 391 816 exemplaires. Selon l'Étude générale des médias (Estudio General de Medios) de 2009, il aurait environ 2 081 000 lecteurs par jour[4]. Ce quotidien est écrit en castillan. Le journal offre des versions en catalan, portugais brésilien et anglais en ligne. Certains suppléments peuvent être dans d'autres langues parlées et lues dans d'autres régions d'Espagne, pour intégrer les nuances régionales.

Son siège social et sa rédaction centrale se trouvent à Madrid. Le journal édite des éditions territoriales depuis les principales villes d'Espagne (Barcelone, Séville, Valence, Bilbao, Saint-Jacques-de-Compostelle), dans lesquelles il a des délégations. De plus, El País imprime et distribue une « édition globale » en Amérique latine.

Le quotidien appartient au plus important groupe de médias espagnol, Prisa, qui est également propriétaire de Cadena SER (station de radio), Cinco Días (presse économique), As (presse sportive), LOS40 (station de radio), Prisa TV (télévision payante), Localia (réseau de télévisions locales), Canal+ (bouquet de télévision par satellite), Santillana et Alfaguara (maisons d'édition).

En 2011, le groupe Prisa a annoncé la plus grosse perte de son histoire, 451 000 000 euros, un chiffre six fois supérieur à celui enregistré en 2010.

La société à travers laquelle elle mène ses enquêtes est OPINA Institut.

Histoire

Siège du journal à Madrid.
Entrée des bureaux du journal à Barcelone.

El País a été fondé par Jose Ortega Spottorno et sa première édition date du , six mois après la mort de Franco, au début de la transition espagnole[5]. C'était le premier journal à vocation clairement démocrate, dans un contexte où le reste des journaux espagnols venaient de la période franquiste. Le journal a été conçu par Reinhard Gade et Julio Alonso. El País est devenu le journal de l'Espagne démocratique, à un moment où la transition du franquisme à la démocratie était encore en plein essor. Son premier directeur (jusqu'en 1988) était Juan Luis Cebrián, qui venait du journal Informaciones. Son modèle était le journal français Le Monde[réf. souhaitée].

El País suit une ligne éditoriale de centre gauche et est considéré comme proche des socialistes[6]. Courrier international le décrit « comme l'un des vingt meilleurs journaux du monde[7] ».

En 1989, El País a initié des collaborations avec d'autres journaux européens. Il participe à un réseau de ressources en commun avec La Repubblica (Italie) et Le Monde (France). Depuis , un supplément anglophone d’El País est inclus dans la version espagnole du International Herald Tribune.

Le , The New York Times a annoncé la sortie de son New York Times International Weekly dans El País, entre autres journaux européens.

En , le journal décide d'offrir un journal gratuit et actualisé en permanence, 24 horas[8] (français : « 24 Heures »). Au format PDF et comptant une dizaine de pages, toute personne connectée à Internet peut le télécharger et l'imprimer[9].

Le , le journal connaît son premier grand changement de maquette depuis sa création en abandonnant notamment le Times New Roman au profit de la police Majerit, dessinée par le typographe portugais Mário Feliciano et en affichant en une l'accent aigu sur le « i » du nom du journal. De même, la phrase située en une devient El periódico global en español (français : « Le journal global en espagnol ») puis simplement El periódico global en lieu et place de la phrase historique El diario independiente de la mañana (français : « Le quotidien indépendant du matin »).

El País est depuis mai 2006 — à l'occasion du trentième anniversaire du journal — dirigé par Javier Moreno Barber .

En 2012, la diffusion est de 324 814 exemplaires[10].

Le , Antonio Caño  prend la direction du journal[11],[12]. La chute des ventes du journal sous la direction d'Antonio Caño est importante. C'est ainsi qu'El País voit ses ventes (en kiosque et par abonnement) passer de 224 551 exemplaires journaliers en avril 2014 à 145 191 exemplaires journaliers en 2018, soit une chute de plus de 35 %[2].

En juin 2018, devant les mauvais résultats du journal, Antonio Caño est remplacé par Soledad Gallego-Díaz [2]. Cette destitution suit de près la mise à l'écart de Juan Luis Cebrián, l'un des trois fondateurs, directeur de la publication de 1976 à 1988, puis conseiller délégué de la direction. Juan Luis Cebrián était proche de Mariano Rajoy et de Soraya Sáenz de Santamaría et le journal s'éloignait de plus en plus de son lectorat historique de gauche[2].

Ligne éditoriale

Depuis toujours, le journal se définit comme ayant une tendance « européiste ». Il a montré à plusieurs reprises son soutien à la figure du roi Juan Carlos Ier pour sa contribution à la consolidation démocratique, en particulier, pour son intervention décisive pour annuler la tentative de coup d'État du 23-F. Le journal est caractérisé par le traitement d'informations et nouvelles internationales, la culture et l'économie, tout cela en plus des informations sur l'Espagne. Des chroniqueurs et contributeurs occasionnels provenant de différents milieux sociaux offrent leur collaboration, tout en suivant la ligne éditoriale du journal démocratique et pro-européen.

El País mène une campagne contre les gouvernements de gauche d’Amérique latine, parmi lesquels le Venezuela et l’Équateur, mais est soupçonné de faire appel à de faux témoins. Le 12 mars 2008, ses lecteurs apprennent sous le titre « Les FARC trouvent refuge en Équateur » que « les guérilleros se déplacent dans le nord de l’Équateur en camionnette, comme l’a constaté un fonctionnaire de l’OEA (Organisation des États américains), qui exprime, en privé, son étonnement de croiser, dans des restaurants de la zone frontalière, des guérilleros parfaitement équipés ». Toutefois, le 15 mars, dans une lettre adressée au directeur de la publication, le secrétaire général de l’OEA José Miguel Insulza exprime sa « stupeur » et son « indignation » : « Je peux vous assurer que cette affirmation est absolument fausse. L’OEA n’a pas de missions spéciales, ni de fonctionnaires de quelque niveau que ce soit déployés sur la frontière nord de l’Équateur, de sorte qu’il est impossible que quelque fonctionnaire de cette organisation ait pu formuler une telle déclaration[13]. »

Longtemps considéré comme porte-voix de la gauche progressiste, El País s'est ensuite déplacé à droite. Il s'oppose frontalement à Podemos. Il mène également une campagne en faveur de la destitution de Pedro Sánchez de sa fonction de secrétaire général du PSOE[14]. Antonio Caño , son directeur, qualifie même, dans un éditorial, Pedro Sánchez d'« insensé sans scrupules »[2].

El País s'oppose également fortement aux indépendantistes catalans et soutient l'emprisonnement de ses dirigeants. Il voit d'ailleurs ses ventes s'effondrer en Catalogne, passant de 20 766 exemplaires journaliers en avril 2014 à 9 023 exemplaires journaliers en 2018, soit une chute de plus de 55 %[2].

Version papier de El País

Aperçu de la maquette actuelle du journal.

Officiellement, El País se caractérise par sa simplicité d'expression, à la fois dans le traitement de l'information que dans l'esthétique: les pages cinq colonnes permettent de faire passer l'information clairement. Les photographies et graphisme viennent jouer un rôle secondaire en tant que soutien simple à l'information écrite. Depuis sa fondation jusqu'à la fin de 2007, le journal a toujours maintenu le même design, avec peu d'évolution (avec utilisation exclusive de photographies en noir et blanc, mais aujourd'hui, a accepté les photographies couleur, principalement dans les divers suppléments), et la même typographie : le Times New Roman.

Version électronique de El País

Le 4 mai 1996, El País est devenu le deuxième journal en Espagne à offrir une édition électronique en ligne, El País numérique (après le journal catalan Avui). Il a également été le premier journal espagnol le 18 novembre 2002 à imposer un système de paiement pour accéder au contenu de l'information de son site Web. Ce changement a entraîné une diminution des visites sur le site. Avant de prendre cette décision, El País a été suspendu en 2002 par le Bureau de contrôle numérique de la diffusion en Espagne pendant quatre mois pour avoir commis deux fautes graves[Lesquelles ?]. Le 3 juin 2005 El País remet un contenu gratuit tous les jours, et permet aux abonnés d'accéder à certains suppléments comme le contenu multimédia et les versions PDF des journaux.

Le 6 octobre 2014, El Pais lance une édition en ligne en catalan, elpais.cat, en pleine montée indépendantiste de cette région où il fait concurrence à La Vanguardia, le plus vendu des journaux catalans[15].

Suppléments

  • Lundi :
    • Éducation
  • Mardi :
    • Santé
  • Mercredi :
    • Futur et sciences
  • Jeudi :
  • Vendredi :
    • Cinéma
    • Propiedades, supplément immobilier
  • Samedi :
    • Babelia, le supplément culturel spécialisé en littérature
    • El Viajero supplément voyages
    • La revista del sabado
    • S Moda
  • Dimanche :
    • El País semanal, autrefois intitulé EP[S] - supplément mode, reportage et articles d'opinions
    • Domingo, reportages et interviews
    • Negocios, supplément économique

Suppléments mensuels

  • Motor, supplément sur le monde de l'automobile. Publication le premier samedi tous les mois, et ce depuis avril 2006.
  • Tierra, supplément sur la Nature et l'Écologie, il sort le troisième samedi du mois.

Suppléments disparus

  • Pequeño País, supplément pour les enfants arrêté en 2009
  • Ocio, supplément culturel du vendredi
  • Ciberpaís, supplément du jeudi sur l'informatique et électronique. Arrêtée en septembre 2010, le supplément est remplacé par une rubrique permanente dans le journal appelée Tecnología
  • EP[3], ou connu sous le nom de El País de las Tentaciones, supplément pour les adolescents. Arrêté en septembre 2011 pour avoir sa rubrique uniquement sur le web

Le journal a également cherché à publier des versions locales de El País :

  • Andalucía (1995)
  • Cataluña
  • Comunidad Valenciana (1995)
  • Galicia
  • Madrid (1993)
  • País Vasco (1997)

Directeurs

El País a été dirigé par six directeurs depuis sa fondation en 1976.

En février 2014, il est annoncé que Antonio Caño  sera le prochain directeur du journal. Le , le conseil d'administration ratifie cette décision qui est effective le [11],[12].

En juin 2018, il est annoncé que Soledad Gallego-Díaz  sera la prochaine directrice du journal. Elle remplace Antonio Caño qui paie ainsi les mauvais résultats du journal qui a vu ses ventes fortement diminuées depuis son arrivée en 2014[2].

  • 1976-1988 : Juan Luis Cebrián
  • 1988-1993 : Joaquín Estefanía 
  • 1993-2006 : Jesús Ceberio
  • 2006-2014 : Javier Moreno 
  • 2014-2018 : Antonio Caño 
  • Depuis 2018 : Soledad Gallego-Díaz 

Contributeurs notables

Notes et références

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « El País » (voir la liste des auteurs).

  1. (es) « El Mundo, ABC y La Razón preparan un aumento del precio a 1,40 euros por ejemplar tras la subida de El País: el diario de Prisa ni les consultó ni les informó », sur elpais.com, (consulté le 23 mars 2015)
  2. a, b, c, d, e, f et g (ca) Alex Gutiérrez, « Gallego-Díaz dirigirà 'El País' (cap a l'esquerra) », Ara,‎ (ISSN 2014-010X, lire en ligne).
  3. (es) « Liste des suppléments avec lien ver leur site dédié », sur elpais.com (consulté le 27 novembre 2013)
  4. (es) Estudio General de Medios
  5. Bernard Bessière, La culture espagnole : les mutations de l'après-franquisme (1975-1992), Éditions L'Harmattan, , p. 351
  6. La nouvelle formule d'"El Pais" opère un changement de cap, lemonde.fr, 19 octobre 2007
  7. Planète presse, Courrierinternational.com
  8. (es) Site Web de 24 Horas
  9. Avec El País, imprime toi-même ton gratuit, Libération, 12 mai 2006
  10. (es) [1]
  11. a et b (es) « Antonio Caño, nombrado nuevo director de EL PAÍS », El País,‎ (ISSN 1697-9397, lire en ligne).
  12. a et b (es) « Antonio Caño asume la dirección de EL PAÍS », El País,‎ (ISSN 1697-9397, lire en ligne).
  13. « La Colombie, Interpol et le cyberguérillero », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  14. « Espagne : le coup de barre à droite d'"EL País" (Libération) », Arrêt sur images,‎ (lire en ligne)
  15. « Le quotidien El País lance une version en ligne en Catalan », Ijsberg Magazine, 6 octobre 2014

Voir aussi

Liens externes