Edmond Derrien

Officier général francais 3 etoiles.svg Edmond Derrien
Nom de naissance Edmond Louis Hyacinthe Derrien
Naissance
Constantine
Décès (à 64 ans)
Constantine
Origine France
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale française
Grade Vice-amiral
Années de service 1900-1944
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale

Edmond Louis Hyacinthe Derrien (Châteauneuf-du-Faou, -Constantine, ), est un officier de marine français.

Biographie

Fils d'un voyageur de commerce, il entre à l'École navale en octobre 1900 et en sort aspirant de 1re classe en octobre 1903. Il embarque alors sur le cuirassé Jauréguiberry en escadre de Méditerranée puis passe en janvier 1904 sur le croiseur Sully à la division d'Extrême-Orient. Après le naufrage de ce navire sur un roc de la baie d'Along, il rentre en France et sert sur le croiseur Desaix en Méditerranée (juillet 1904).

Enseigne de vaisseau (octobre 1905) et officier de manœuvre, il devient second de l'aviso Surprise  dans l'océan Indien puis, en 1908, du Goéland durant les opérations sur les côtes marocaines pendant lesquelles il est blessé (janvier 1909). Il passe alors aux travaux de la mission hydrographique de l'Afrique occidentale et y obtient deux témoignages de satisfaction.

En 1911, il est chargé des torpilles et de l'électricité du croiseur cuirassé Marseillaise en escadre légère et est nommé en 1913, second du sous-marin Mariotte.

Lieutenant de vaisseau (avril 1914), adjoint au commandant de la division des flottilles à Cherbourg (1915), il est envoyé sur sa demande à la brigade de fusiliers marins des Flandres où il commande une compagnie du 2e régiment. Cité à l'ordre de l'armée (), il est promu adjudant de la division des flottilles sur le Marceau à Brindisi et reçoit en janvier 1916 la Légion d'honneur.

Il participe brillamment à l'évacuation de l'armée serbe et obtient en juillet 1916 un nouveau témoignage de satisfaction. En décembre, il devient adjudant de la division du Maroc puis reçoit le commandement de la Luronne à la division des patrouilles de Bretagne avec laquelle il escorte des convois pour l'Atlantique.

Toujours sur le même navire, il dirige après l'armistice l'escadrille de dragage de la Loire et est promu en , capitaine de corvette et officier instructeur sur le croiseur-école Jeanne d'Arc.

Aide de camp du préfet maritime de Lorient (1921), il est aux commandes de l'aviso Regulus à la station de Terre-Neuve puis devient en février 1924, chef d'état-major de la 3e division légère en Méditerranée avant d'être nommé capitaine de frégate en juillet puis, en 1925, sous-chef d'état-major à Lorient.

En juillet 1926, il commande le torpilleur Ouragan et en février 1928, dirige le port de Lorient. Commandant en second de l’École navale (septembre 1928), il obtient un nouveau témoignage de satisfaction et est promu capitaine de vaisseau en .

Auditeur au Centre des hautes études navales (1931), commandant du front de mer de Brest (août 1931) puis de L'Adroit et de la 20e escadrille de torpilleurs en escadre de l'Atlantique (mars 1932), il passe en juillet sur le Lion aux commandes de la 4e division légère puis en novembre 1933, sur le Maillé Brézé  à celles de la 6e division légère.

En juillet 1934, il passe sur le cuirassé Provence en tant que capitaine de pavillon de François Darlan. En août 1936, chef d'état-major de la 2e région maritime à Brest, il est promu contre-amiral en puis, en mai, commandant de la marine au Maroc. En avril 1939, il prend le commandement de la 3e escadre légère puis en février 1940 de la Force Z, participant sur le Émile Bertin puis le Montcalm, à la campagne de Norvège où il est encore cité.

Il revient en juin aux commandes de la 3e escadre légère sur le Milan et l'Aigle  en Méditerranée, prend part au bombardement de Gênes, mérite une nouvelle citation et est nommé en à la tête de la marine de Tunisie.

Vice-amiral (juillet 1941), il devait prendre sa retraite en novembre mais les circonstances de la Seconde Guerre mondiale le font maintenir dans ses fonctions en raison de sa haute valeur militaire[1]. Il se trouve alors en Afrique du Nord au moment du débarquement allié et reçoit de nombreux ordres contradictoires. Il refuse de faire massacrer les hommes débarquant comme il lui est ordonné mais doit céder le à un ultimatum allemand en raison du retrait de l'armée dans le centre de la Tunisie et n'ayant plus aucun moyen de résister.

La justice maritime dessaisie, il est jugé par un tribunal d'armée lui reprochant d'avoir fait capturer quelques bâtiments anciens et désarmés en rade de Bizerte, qui en outre, ne furent jamais utilisés par l'ennemi. Si des circonstances atténuantes lui sont reconnues, il est pourtant condamné, à la réclusion à perpétuité et à la dégradation militaire le .

L'amiral Derrien, détenu à la Maison-Carrée, devenu pratiquement aveugle, reçoit une suspension de peine en mai 1946. Il meurt quelques jours plus tard à l'hôpital de Constantine, le 20 mai 1946.

Un des officiers ayant mérité le plus de citations à l'ordre de l'armée et de témoignages de satisfaction, sa condamnation fut, selon certains, une injustice.

Bibliographie

  • André Figueras, Onze amiraux dans l'ouragan de l'histoire, 1991, p. 19
  • Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Tallandier, 1992, p. 133 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Lassaque, Guerre navale en Norvège: 8 avril-28 juillet 1940, 2003, p. 36
  • Pierre Montagnon, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale, 2011 (Lire)
  • Sébastien Abis, Damien Cordier-Féron, Bizerte, otage de l'Histoire, 2011
  • Raymond Aron, Politique française Articles 1944-1977, 2016, textes précédemment parus dans Commentaire no 28 à 32, vol.8 (p. 446 concernant la condamnation de l'amiral Derrien)

Notes et références

  1. André Kammener dans Du débarquement Africain au meurtre de Darlan, 1947, p. 222 a un avis beaucoup plus négatif sur Derrien. Il écrit : « L'amiral Derrien portait quatre étoiles et commandait en chef. Simple créature de Darlan, il était bon à la mer, médiocre pour le reste et sans idées générales. Doué d'un jugement terre à terre, il ne brillait ni par le prestige, ni par la dignité. On l'appelait l'amiral Der-rien-du-tout. D'une obéissance aveugle, il ne chercha qu'à suivre son chef et ne sut pas bien quel il était. Il ne fit pas son choix au bon moment; il resta passivement dans la ligne de Vichy et fut acculé par les Allemands à une capitulation honteuse, après les avoir servis sans discernement tout en les haïssant ».

Liens externes