Edgar Douglas Adrian

Edgar Douglas Adrian
Biographie
Naissance
à Hampstead
Décès (à 87 ans)
à Cambridge
Pays de nationalité Royaume-Uni
Conjoint Hester Adrian (en)
Thématique
Formation Trinity College et Westminster School
Profession Médecin, personnalité politique, neurobiologiste (en) et professeur d'université ()
Employeur Université de Cambridge (-)
Distinctions Membre de la Royal Society (en), prix Nobel de physiologie ou médecine (), médaille Copley (), médaille royale, Karl Spencer Lashley Award (en) () et Albert Medal (en) ()
Membre de Royal Society, Leopoldina, Académie royale des sciences de Suède, Académie américaine des arts et des sciences, Académie royale néerlandaise des arts et des sciences et Académie nationale de médecine

Edgar Douglas Adrian, 1er baron Adrian, né le à Hampstead et mort le à Cambridge, est un médecin et électrophysiologiste anglais. En 1932, il partage avec Charles Scott Sherrington le prix Nobel de physiologie ou médecine « pour leurs découvertes sur les fonctions des neurones[1] ».

Biographie

Ses débuts

Fils d'Alfred Douglas Adrian, CB MC, conseiller juridique auprès du British Local Government Board, il suit les cours de la Westminster School et étudie les Sciences Naturelles au Trinity College de Cambridge, ville dans laquelle il effectue l'essentiel de sa carrière.

Il obtient son diplôme de médecin en 1915, et entame une activité clinique durant la Première Guerre mondiale au St Bartholomew's Hospital de Londres où il soigne les soldats atteints de lésions des nerfs et les névroses de guerre. Adrian retourne à Cambridge en 1919 et débute en 1925 ses études sur les impulsions nerveuses des organes sensoriels.

Ses travaux

Poursuivant les travaux antérieurs de Keith Lucas, il utilise l'électrométrie capillaire et le tube cathodique pour amplifier les signaux produits par le système nerveux et enregistrer les décharges électriques de fibres nerveuses isolées sous l'effet de stimuli physiques. C'est en 1928 qu'il découvre par hasard la présence d'électricité dans les cellules nerveuses :

« J'avais placé des électrodes sur le nerf optique d'un crapaud dans le cadre d'expérimentations sur la rétine. La pièce était presque obscure et je fus intrigué par des bruits répétés dans le haut-parleur relié à l'amplificateur témoignant d'une intense activité d'impulsions sur le nerf. Ce ne fut qu'en comparant ces bruits avec mes propres déplacements que je me rendis compte que, me trouvant dans le champ visuel du crapaud, ces bruits signalaient ce que j'étais en train de faire. »

Dans une publication-clef de 1928, il établit que si la sensation ressentie lors de l'application sur la peau d'un stimulus constant est forte au début puis diminue ensuite graduellement, c'est parce que les impulsions sensorielles propagées le long des nerfs à partir du point de contact bien que de force constante, voient leur fréquence diminuer progressivement.

Appliquant ces résultats à l'étude de la douleur provoquée par les stimulations nerveuses, il parvint à préciser les aires de réception des signaux nociceptifs dans le cerveau et la distribution spatiale des aires sensorielles du cortex chez différents animaux. Ces conclusions conduisirent à l'idée d'une carte de la sensibilité appelée homunculus du système somesthésique.

Par la suite, Adrian s'intéresse à l'activité électrique du cerveau humain : il utilise l'électroencéphalogramme, une technique mise au point par Hans Berger et ses travaux sur les anomalies des rythmes décrites par Berger ouvrent la voie aux futures recherches sur l'épilepsie et d'autres maladies neurologiques.

Il consacre le reste de sa carrière de chercheur à l'étude de l'olfaction.

Parmi les nombreuses distinctions et récompenses qui jalonnent sa carrière, figurent la Chaire de « Foulerton Professor » de 1929 à 1937, celle de Professeur de Physiologie à l'Université de Cambridge de à 1937 à 1951, de président de la Royal Society de 1950 à 1955, de Master du Trinity College de Cambridge de 1951 à 1965, de Chancelier de l'Université de Cambridge de 1967 à 1975. En 1942 il avait été décoré de l'Ordre du Mérite et fait « Baron Adrian de Cambridge » dans le Comté de Cambridge.

Famille/Descendance

En 1923, Edgar Douglas Adrian épouse Hester Agnes Pinsent (1899-1966), apparentée par son père au philosophe David Hume (1711-1776). Le couple a trois enfants, un fils et deux filles dont :

  • Anne Pinsent Adrian, épouse Richard Darwin Keynes (1919-2010), avec postérité, notamment Skandar Keynes (né en 1991), acteur.

Publications

  • The Basis of Sensation (1928)
  • The Mechanism of Nervous Action (1932)
  • Factors Determining Human Behavior (1937)

Bibliographie

  • Jean-Gaël Barbara, Claude Debru: « Edgar Douglas Adrian et la neurophysiologie en France autour de la Seconde Guerre mondiale », in: Echanges entre savants français et britanniques depuis le XVIIe siècle par Robert Fox et Bernard Joly, p. 285-96, Texte intégral.

Notes et références

  1. (en) « for their discoveries regarding the functions of neurons » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Physiology or Medicine 1932 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 27 novembre 2010

Liens externes

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  • Notices relatives à la recherche : The Academic Family Tree • Bibliothèque interuniversitaire de santé • La France savante • Leopoldina
  • (en) Biographie sur le site de la Fondation Nobel (la page propose plusieurs liens relatifs à la remise du prix, dont un document rédigé par le lauréat — le Nobel Lecture — qui détaille ses apports)